MENSTRUATION
dans ce que ses données physiologique:, ou pathologiques ont d'utile au diagnostic des maladies, est celle des limites de la période menstruelle.
Le début plus ou moins prompt de la menstruation, chez la femme, est subordonné, suivant Raciborski, à la puissance du sens génital, qui se manifesterait par la poule spontanée, se continuant périodiquement pendant toute la durée de la période menstruelle (Traité de la menstruation, I8C>8). Cette condition de l'organisation, qui se termine dans la vie d'autant plus tard, en général, qu'elle se développe plus tôt, se manifeste par une première époque menstruelle qui se montre à treize, quatorze, quinze ou seize ans chez la plupart des jeunes lilles, tout en pouvant survenir plus tôt, et même dès râpe de huit ans. La différence des climats ou plutôt de la température moyenne (Raciborski), l'aisance, la pauvreté, le régime alimentaire, etc., modifient le début de la période menstruelle dans ces simples différences de trois à quatre années dans la très grande majorité des faits. Les températures plus chaudes et l'habitation des grandes rilles rendent en général ce début plus hâtif. — Quant à la cessation des règles, elle varie entre vingt-huit à trente ans d'une part, et cinquante-cinq ou même cinquante-huit ans d'autre part, l'âge moyen comprenant la période de quarantecinq à cinquante ans (quarante-six ans environ en moyenne, suivant Raciborski et Dechambre).
Les limites d'âges que je viens de rappeler ne sont pas d'ailleurs absolues ; et il tant se garder de considérer comme morbides un retard relatif ou une ménopause anlicipée,si aucun trouble notable dans la santé ne les accompagne.
Les Iroubcs morbides de la menstruation m'ont occupé déjà ailleurs (Vu//. Ami;- >onnnKE, Dysmknouiiiiki:, I!i.Mor\nriA<;iKS par le vagin, MknoumiàGIE, Rétentions) ; aussi n ai-je à rappeler ici que les influences générales de la menstruation sur la production de certains troubles morbides, et au contraire les influences des maladies sur la menstruation elle-même.
Avant la première menstruation, on voit survenir des accidents plus ou moins prononcés qui se rattachent bien évidemment à la première évolution menstruelle , puisqu'ils cessent dès qu'elle apparaît. Suivant Brierre de Boismont, sur six cent quarante-cinq femmes, un tiers auraient été averties de la première approche des règles par des accidents plus ou moins graves. Moutard-Martin (Thèse, 18M») élève la proportion aux deux tiers. Selon Raciborski, tout ce qui avoisine les ovaires se congestionne alors facilement. Il n'est pas rare devoir des troubles du côté de la vessie, tels que des rétentions ou des incontinences d'urine, quelquefois de Yhématurie. L'excitation des ovaires peut aller jusqu'au degré d'une véritable plilegmasie. et provoquer des mouvements fériles (ouv. cité, |». i\ i). Il peut y avoir quelquefois des troubles nerveux, des syncopes plus ou moins répétées par exemple , et même des convulsions, accidents qui cessent aussitôt après la première apparition des règles (Dupont, Thèse, an XIII).
Banni les phénomènes qui surviennent alors, Moutard-Martin signale comme les plus fréquents ceux de la congestion utérine (Vo;/. p. rï.Jl), assez souvent ceux de la chlorose, plus rarement des névralgies externes, la gastralgie et l'enléralgie indépendantes de la chlorose, l'hystérie, la chorée, l'épilepsie, les convulsions partielles, les furoncles, l'eczéma, l'acné, les abcès. Il faut y joindre des hémorrliagics par d'autres voies que l'utérus (supplémentaires), et, avec Brierre de Boismont, les perversions de l'odorat, du goût, la surdité et même une cécité momentanée.
Lorsque la menstruation est établie, on voit le retour des périodes menstruelles s'accompagner quelquefois ou être précédé de troubles nerveux divers, de migraine, de toux spasmodique (Voy. CounarciiE, p. ^ 15), de convulsions,
MENSURATION. — mensuration de la poitrine.
et même de congestion de la moelle. Les hémorrhoïdes et l'herpès labialis se rencontrent aussi dans les mêmes conditions.
Dans des recherches intéressantes sur l'influence des maladies aiguës fébriles sur les règles et réciproquement (Actes de la Soc. des hôpit., 1852), Hérard a établi : que l'éruption menstruelle ne prédispose en aucune façon aux maladies ; qu'elle n'exerce aucune influence sur l'issue des maladies fébriles; et enfin que la marche et la terminaison de ces maladies sont les mêmes, quelles que soient les conditions des menstrues.
A l'époque de la ménopause, la cessation de la menstruation produit des accidents pléthoriques, hémorrhagiques, ou nerveux. Cependant Raciborski croit que les accidents dits pléthoriques sont au contraire anémiques. Il ne faut pas oublier que le vulgaire exagère outre mesure l'influence nuisible de la ménopause, et lui attribue tous les maux qui se déclarent à cette époque de la vie de la femme.
L'influence des maladies aiguës sur les règles se manifeste de la manière suivante : l'écoulement sanguin est supprimé, si l'invasion a lieu pendant la période menstruelle, puis le sang reparaît bientôt, mais en moindre abondance, ce qui fait que la malade attribue souvent les phénomènes qu'elle éprouve à la suppression. Quand l'invasion a lieu dans l'intervalle des règles, le mouvement fébrile peut favoriser leur manifestation si l'époque prochaine n'est pas éloignée du début de la maladie. L'époque qui tombe pendant la période décroissante non fébrile de la maladie, ou pendant la convalescence, manque le plus ordinairement, ou bien, si elle a lieu, l'écoulement est notablement diminué. Enfin, l'aménorrhée consécutive, quelquefois persistante, ne s'observe guère, en général, pendant plus d'un à trois mois.
Quant à l'influence des maladies chroniques sur les règles, on sait combien la suspension prolongée est fréquemment observée dans leur cours.
MENSURATION. — Envisagée dans sa signification la plus large, la mensuration comprend plusieurs moyens d'apprécier l'étendue ou le volume des organes, ou de certaines lésions. La palpation, la percussion, l'auscultation, l'inspection même, peuvent donner une idée plus ou moins nette de l'élendue en surface de l'organe ou de la lésion qui fait l'objet de l'exploration. Quant à la mesure en profondeur, elle ne saurait être aussi bien appréciée de la même manière; et ce n'est que très-approximativement que l'on peut juger par la sensation de résistance à la palpation du degré d'épaisseur des organes. A plus forte raison ne saurait-on admettre que l'on puisse constater l'épaisseur des organes à l'aide de la percussion, comme l'épaisseur des parois du cœur, ainsi qu'on l'a prétendu.
On a plus spécialement appliqué le mot mensuration à la méthode qui consiste à se servir d'un ruban gradué, ou de tout autre inslrument analogue, pour juger du volume absolu ou comparatif de certaines parties du corps. C'est plus particulièrement aux membres, et surtout à la poitrine, que cette méthode d'exploration a été appliquée. La mensuration de la poitrine mérite d'être examinée à part.
Mensuration de la poitrine.
Elle peut être employée pour résoudre certaines questions scientifiques, ou pour fournir des données utiles à la pratique. Malgré son avantage inconteslable dans plusieurs circonstances, un très-grand nombre de praticiens ne l'utilisent jamais. Cette abstention de la mensuration thoracique n'est nullement raisonnée, car il me suffît d'exposer les données générales qui suivent pour démontrer qu'elle est loin d'être sans importance.
MENSURATION. — mensuration de la poitrine.
i° But. — La mensuration thoracique a pour objet de constater les dimensions absolues ou relatives de certaines parties de la poitrine, ou bien son ampliation ou sa rétrocession générales, avant qu'elles soient sensibles à la vue, pour en déduire des données utiles à la pratique. Racle, dans son Traité de ' diagnostic, a prétendu à tort que l'ampliation de la poitrine était visible depuis longtemps lorsque la mensuration commonçait à indiquer l'augmentation de volume de la poitrine. C'est le contraire qui a lieu C'était, de la part de Racle, une erreur, ou préconçue involontairement, ou bien la conséquence logique d'une pratique mal faite de la mensuration.
2° Méthode d'exploration. — Le moyen d'exploration le plus ancien et le plus simple, conseillé d'abord par Laennec et étudié plus tard par Colin (Gaz. méd.y 1838) et par moi (Thèse, 4835; Rech. sur Vinspection et la mensuration, 1837), consistait à se servir d'un ruban inextensible, gradué par centimètres, et à l'aide duquel on comparait les deux moitiés droite et gauche du périmètre de la poitrine. Ce mode de mensuration fournit deux chiffres qui, totalisés, donnent le périmètre général du thorax. Ce périmètre serait loin d'être assez exact si l'on entourait simultanément les deux côtés de la poitrine, au lieu de les mesurer successivement. De plus, pour que la périmétrie soit régulière, il faut «appliquer le ruban au niveau de la base de l'appendice xiphoïde, le malade étant à jeun, dans le décubilus, et l'on doit serrer le ruban autant que possible à la fin de l'expiration.
Néanmoins, celte règle de la tension forcée du ruban n'est pas absolue. En employant, à un moment donné, l'application du lacs sans tension, puis avec tension forcée, j'ai obtenu, pour le périmètre général, une différence de 1 à 8 centimètres et plus, qui représente mathématiquement le degré d'élasticité de la poitrine. C'est là un des résultats les plus intéressants de la mensuration du thorax.
On a eu aussi l'idée d'employer le ruban à mesurer le haut de la poitrine au niveau des aisselles, et en comparant ces dimensions du sommet à celles de la base (Hirtz); mais les dimensions supérieures sont trop subordonnées à l'état d'embonpoint ou de maigreur des parties molles, pour être l'expression réelle du volume de la case thoracique, à différentes époques de la phthisie pulmonaire, par exemple. — Enfin d'autres observateurs ont eu 1 idée de mesurer la hauteur de la poitrine dans le cours de certaines maladies , l'abaissement des côtes pouvant être produit par le refoulement du diaphragme. N. Guéneau de Mussy a pratiqué celte mensuration verticale au niveau des deux dernières côtes, et a déduit de celte mensuration spéciale des signes utiles au diagnostic des épanchemeuts pleuréliques.
Chomel a conseillé de mesurer le diamètre du thorax. Dans ce but, il préconisait l'emploi d'un compas d'épaisseur analogue à l'instrument à coulisse dont se servent les cordonniers. Son but était d'obtenir des résullats comparatifs des diamètres antéro-postérieurs des deux côtés dans la pleurésie, en se basant sur "ce fait très-exact, à savoir, que chaque côté de la poilrine représente une demi-ellipse dont les branches peuvent s'écarter par l'ampliation thoracique, sans que le périmètre soit modifié.
L'emploi simultané du ruban gradué et du compas d'épaisseur fournil des résultais réellement Irès-importanls : d'une part le périmètre de la poitrine, et d'autre part ses diamètres. Mais leur signification a été méconnue d'abord par suile de la vicieuse application des deux procédés, et de la difficulté de les employer sur le même malade. J'ai imaginé un instrument très-simple, le cyrtomètre, qui a l'avanlage de faciliter seul et de régulariser l'emploi delà mensu-
G3f> MENSURATION. - MENSURATION DE LA POITRINE.
ration, en ce qu'il fournit à l;i lois les deux sortes de données : le périmètre et les diamètres. De plus, il permet d'obtenir aisément sur le papier le tracé de la courbe circulaire de la poitrine (Yoy. Cyrtomètiie).
3° Signes. — C'est pour avoir d abord exclusivement cherebé les signes Je la mensuration dans la comparaison des périmètres latéraux, ou des diamètres antéro-postérieurs des deux cotés de la poitrine, que l'emploi du ruban gradué, malgré des recherches attentives, n'a pas d'abord donné les résultats qu'on se croyait en droit d'en attendre. Cela vient de ce que les affections thoraciques apparues d'un côté de la poitrine la développent d'abord tout entière, et qu'ensuite c'est secondairement, après cette amplialion générale, que le côté affecté peut prédominer relativement au côté opposé. 11 résulte de là qu'il y a une ampliation générale constante suivie de rétrocession également générale, et que l'on a tout intérêt à constater , en raison de sa fréquence ; tandis que c'est seulement par exception que l'ampliation ou la rétrocession du côté affecte, relativement au côté opposé, peuvent servir de données séniéiologiques.
Une autre conclusion très-importante à déduire de ce qui précède, c'est que l'ampliation ou la rétrocession générales de la poitrine, constatées comme périodes successives dans une maladie , en pratiquant la mensuration à des époques plus ou moins rapprochées, sont plus souvent des signes proiostiqucs que des signes diagnostiques.
Le ruban gradué, ai-je dit, peut donner la mesure mathématique de 1Y*/<(Slicité de la poitrine. J'ai trouvé «pie les différences normales entre les deux périmètres généraux alors obtenus variaient entre C> et !>, et mémo 11 centimètres (l» centimètres A 0 1/2 en moyenne); et que l'élasticité, dans les cas d'engorgements pulmonaires (congestion, inllammation, etc.), pouvait être seulement de 4 centimètres, mais qu'elle était surtout remarquable par ses variations en rapport inverse avec Pamplialion et la rétrocession, de telle sorte que cette élasticité était moindre avec l'ampliation, et plus grande au contraire avec la rétrocession.
Quant à la comparaison des diamètres antéro-postérieurs des deux côtés, je ferai la même réflexion que pour les deux périmètres latéraux : celle, comparaison n'est utile que dans des cas exceptionnels; et c'est d'abord l'augmentation générale qui résulte du refoulement antérieur des parois thoraciques, et ses variations dans les maladies, qui sont généralement utiles. L'ampliation, puis la rétrocession, qui résultent de ce refoulement ou du retrait des parois antérieures du thorax, ne sauraient être négligées , car la poitrine ayant un contour ovale, elle peut se développer notablement en tendant à devenir circulaire, sans que son périmètre varie. Ce principe, appliqué à l'ampliation de chaque côté de la poitrine par Chôme] , ai-je dit, est surtout vrai pour l'ampliation générale du thorax.
Des conséquences forcées découlent de ces remarques; c'est que, pour retirer de la mensuration des résultats satisfaisants, il faut : 1° tenir compte principalement de l'ampliation ou de la rétrocession générales de la poitrine, et secondairement de la comparaison de ses deux cotés, tout en sachant que le côté droit est ordinairement de 1 à :î centimètres plus développé que le gauche; 2" que les variations du périmètre général ou des diamètres antéropostérieurs annoncent celte amplialion ou celle rétrocession de la poitrine, si on les constate à différentes époques de la maladie; 3" que les variations des diamètres antéro-postérieurs, seuls, peuvent révéler cette amplialion .ou celte rétrocession ; -i0 enfin, que les moyens de mensuration qui donnent facilement à la fois le périmètre et les diamètres thoraciques (comme le cyrtomètre)
MÉTALLIQUES (Bruits ou résonnances). 037
sont les seuls à l'aide desquels on peut retirer de la mensuration tous ses avantages.
La mensuration cyrtomélrique, dont il n été question an mot Cyrtomëtre, a démontré que l'ampliatioR thoacique , sensible à la mensuration , amplialion (|iii dépend I»' plus souvent de la congestion pulminiaire concomitante, coïncide avec le progrès des maladies oignes fébriles, avec celui de toutes les affections ihoraciqurs aigurs, avec les fièvres êruptives jusqu'à l'apparition de l'éruption ; avec les progrès croissants des èpanchements pleurctiques. La persistance de l'amplialion indique la résistance de la maladie a la résolution , de même que la rétrocession thoracique (uniquement constatée si l'on voit le malade à une période déjà avancée de l'affection) annonce la résolution prochaine ou immédiate des phénomènes pathologiques. Ces résultats de la mensuration peuvent être mis à profit dans les affections du foie.
Une dernière remarque importante à faire esl celle-ci : les variations légères en plus ou en moins , soit un demi ou un centimètre pour le périmètre , soit un demi-centimètre pour le diamètre antéro-postérieur , peuvent être constatées du jour au lendemain, dans la capacité thoracique générale. Os variations légères ne sont parfois (pie des oscillations dont il ne faut pas tenir compte, à moins que les progrès en plus ou en moins ne continuent les jours suivants (Vo;/. Con- CESTIOX PULMONAIRE, PLEURÉSIE, PNEUMONIE, etc.).
MENTAGRE. — Vog. Sycose.
MÉSENTÈRE. — Vog. Êimplooxs.
MÉSOCÉPHALE — Voy. ENCEPHALE.
MÉTALLIQUES (Bruits ou résonnances V — Ces phénomènes comprennent le tintement et les consonnances métalliques.
1" Caractères. — Dans son excellente thèse sur te pneumothorax (1811), Saussier a fait remarquer avec raison (pie le tintement métallique signalé par Laennec est un sigife complexe qu'on doit considérer comme un ensemble de phénomènes sonores qu'il appelle métalliques et que je dénommerai résonnances métalliques, en faisant remarquer qu'ils doivent être distingués des phénomènes amphoriques {Voy. ce mot), quoiqu'ils coïncident fréquemment ensemble.
Les résonnances métalliques se passent dans des cavités inlra-thoraciques plus ou moins vastes contenant un gaz. Klles ont un timhre argentin analogue à celui du bruit qui résulte de la chute d'une goutte d'eau dans une carafe aux trois quarts vide (Laennec). Tantôt c'est un souflle respiratoire ordinairement amphorique , qui s'accompagne de celte consonnance . qui est tantôt comme filée, tantôt brusque et comme saccadée, tantôt enfin constituant un bruit unique et court, analogue à celui que produit la chute de la goutte d'eau ou bien une note aiguë d'harmonica (tintement métallique proprement dit). On perçoit ces résonnances dans un point limité de la poitrine du côté affecté, ou dans une grande étendue, et plutôt supérieurement qu'inférieuremenl; leur production esl spontanée ou provoquée par la toux , par la voix ou par la production de différents bruits dont il sera question plus loin.
2° Conditions pathologiques et signification. — Les bruits ou résonnances métalliques se produisent le plus souvent dans la plèvre contenant un gaz (pneumo-thora.i)y et rarement dans de vastes c 1 cavations turbemdeuses. Ce sont des bruits dont le timbre ordinaire est transformé par la présence de ce gaz. On conçoit très-bien comment, dans les cas do communication delà plèvre avec les bronches, les bruits amphoriques de la respiration , de la voix, de la toux, comment la crépitation d'un liquide traversé par l'air dans la cavité
MÉTÉORISME.
accidentelle ou dans le conduit qui y mène (de Castelnau), comment le décollement des lèvres de ce conduit , comment, en un mot, tous les bruits qui consonnent dans la cavité , peuvent prendre un timbre métallique. Bien plus, les bruits produits en dehors de la cavité , sans perforation, peuvent, en y retentissant, produire (quoique plus rarement) les mêmes phénomènes. Cette remarque de Saussier , à propos du pneumo-thorax sans fistule actuelle , a été reproduite depuis «par d'autres observateurs, notamment par Skoda, qui y a trouvé l'unique explication des bruits métalliques , ce qui est par trop exclusif.
On a aussi donné comme preuve à l'appui de l'opinion du médecin de Vienne, des faits de tintement métallique perçu après la thoracentèse par suite de la pénétration de l'air extérieur dans la plèvre, sans perforation pulmonaire; mais il n'est pas prouvé qu'une perforation par le trocart n'ait pas alors eu lieu.
Quoi qu'il en soit, la consonnance métallique n'est pas démontrée pour le bruit respiratoire vésiculaire, mais elle l'est pour des bruits plus intenses, tels que ceux de déglutition dans l'œsophage, et même pour les battements du cœur (Barth). Mais dans ces différents cas, les consonnances métalliques, toujours liées à la présence d'un gaz dans la plèvre, sont beaucoup plus rares que celles qui sont produites dans l'intérieur même de la cavité pleurale.
Trousseau a eu l'idée de provoquer la consonnance métallique dans le pneumo-thorax, en percutant tandis que l'oreille est appliquée sur le côté affecté. Mais il ne faut pas oublier que, dans l'état normal, la percussion auscultatoire produit un cliquetis métallique signalé par Laennec, et semblable à celui que produit sur soi-même la percussion de la main que l'on aurait appliquée sur son oreille.
On a signalé, au niveau du cœur, des battements ayant un timbre métallique à l'auscultation, soit pendant les palpitations énergiques de cet organe, suit dans la péricardite (Bouillaud). Enfin Guillemain a cru entendre à distance un tintement métallique spontané se produisant au niveau d'une tumeur bydatique (Gaz. rnéd. de Paris, 1847).
MÉTÉORISME . — L'accumulation des gaz dans le tube digestif qui constitue le météorisme a reçu également les dénominations de flatulence, flatuosités, ballonnement, et de Ujmpanite intestinale. On le reconnaît à une tuméfaction de l'abdomen localisée ou généralisée, tantôt peu prononcée et tantôt énorme, se distinguant des autres tuméfactions abdominales par le son tympanique que produit la percussion à son niveau. Celle sonorité est parfois plutôt obscure qu'exagérée dans certains cas de météorisme excessif.
Le météorisme, dû au développement et à l'accumulation de gaz dans l'intestin, s'observe d'abord dans les affections localisées dans cet organe : dans l'entérite des nouveau-nés, dans Yentéralgie des adultes, dans la dyspepsie dite flatulente, dans les occlusions intestinales, où le météorisme constitue une donnée dont Laugier a tiré parti pour le diagnostic du siège anatomique de la lésion de l'inlestin. C'est aussi un signe grave de Y affection typhoïde, de la morve, de la péritonite chronique (avec saillies persistantes des anses intestinales); le météorisme est accidentel et passager dans certaines névroses, et notamment dans Y hystérie, où il cesse souvent par l'émission des gaz par la bouche ou par l'anus. Plus rarement on rencontre le météorisme comme signe d'anémie, de cystite aiguë, de métrile ou de phlébite de la veine porte, affeclion dans laquelle le météorisme a été considéré comme un symptôme important par Waller. J'ai vu un météorisme se produire par suite du séjour,
MÉTRITE. — MÉTRITE AIGUË.
et probablement de la fermentation putride du sang d'une épistaxis dans l'estomac et les intestins.
Le météohsme est un phénomène qui n'est grave que lorsqu'il est excessif, ou lorsqu'il dépend d'une maladie grave par elle-même, comme la fièvre typhoïde ou l'occlusion de l'intestin. J'ai vu, chez un vieillard, une dyspepsie tlatulente produire un météorisme devenu mortel par ses progrès excessifs.
MÉTRITE. — L'inOammation de l'utérus présente des caractères différents suivant qu'elle est aiguë ou chronique.