APOPLEXIE
gissement île ces vésicules qui donnent lieu aux signes que j'ai rappelés tout à l'heure. Ces ulcérations sont arrondies, d'un diamètre variant d'étendue jusqu'à celle d'une pièce de cinquante centimes, à bords rouges, enflammés, parfois coupés a pic, et à fond couvert d'une matière crémeuse , jaunâtre , et se cicatrisant plus ou moins rapidement. — Lorsqu'il y a de la fièvre (avec les aphthes confluents] , les phénomènes buccaux ont une intensité proportionnelle qui nuire en même temps l'attention : fétidité de l'haleine, salivation, engorgement des ganglions sous-maxillaires, et, à l'inspection de la bouche, pustules et ulcérations quelquefois confluentes, tant elles sont rapprochées, prononciation et déglutition très-gênées, mastication impossible. Il se joint parfois à ces symptômes des angoisses précordiales, de Y anxiété, des vomituritions (Guersant).
±> Inductions diagnostiques. — Les ulcérations le plus souvent superficielles qui constituent les aphthes discrets sont ordinairement faciles à reconnaître dès que l'attention du médecin a été attirée vers la bouche, où il constate rarement, en même temps, les élevures rouges ou les vésicules qui précèdent ces ulcérations. Cette coïncidence, lorsqu'elle existe, est d'une grande valeur pour le diagnostic. La couche ou plutôt la simple coloration blanchâtre qui recouvre le fond des aphthes ne peut, sans inattention, être confondue avec le muguet, la dipthérie, des ulcérations syphilitiques, ou avec des ulcérations gangreneuses lorsque le sang s'est concrète à la surface des aphthes. Cet exsudât jaunâtre serait palhognomonique selon Worms, en ce que, vu au microscope, on le trouverait formé de globules sphériques , différents des globules graisseux en ce qu'ils réfractent moins la lumière et sont moins accentués dans leurs contours idnz. hehdom., 18(H). — Il est souvent difficile de déterminer la cause des aphlhes discrets, à moins qu'une cause locale, comme la saillie irrégulière d'une dent, n'ait manifestement déterminé la lésion ulcéreuse.
Les aphthes confluents ne s'observent guère que dans la Hollande, l'Inde, la Zélande, où les fièvres continues se terminent assez souvent par des aphthes confluents vers la fin de l'automne ou au commencement de l'hiver. La confluence des lésions buccales, réunie aux phénomènes fébriles, est assez caractéristique, surtout s'il s'y joint, comme commémorâtes, une alimentation grossière, l'usage exagéré de salaisons, d'épices, de boissons alcooliques, d'acides, ou des maladies gastro-intestinales : influences considérées comme favorisant le développement de ces aphthes confluents. La gangrène de la muqueuse les complique quelquefois.
Le siège des aphthes discrets peut rendre leur diagnostic difficile : lorsque, par exemple, ils occupent l'isthme du gosier ou le pharynx, dans un point inac ressible à nos moyens d'exploration. Il résulte habituellement de ce siège pro fond une dysphagie parfois très-douloureuse, qui inquiète les malades, et dont le médecin ne peut que soupçonner l'origine, en l'absence d'autres lésions pharyngiennes pouvant expliquer la difficulté de la déglutition. La présence d'autres aphthes dans des points visibles de la cavité buccale rendra plus probable alors l'existence d'un aphthe pharyngien.
l\° Pronostic. — Le pronostic des aphthes confluents présente seul delà gravité, surtout lorsque la maladie est épidémique, comme on l'observe eu Hollande; la mort peut alors survenir par la transformation gangréneuse. Cette forme confluente constitue une affection qui n'a pas été encore suffisamment étudiée. Les aphthes discrets, sans être dangereux, sont parfois très-incommodes par leur persistance.
APNÉE. — Vog. Dyspnée.
APOPLEXIE. — Celte expression, employée autrefois pour désigner toutes
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les affections cérébrales avec perte de connaissance subite et persistante, n'est plus appliquée aujourd'hui qu'à des épanchements de sang en foyer dans l'épaisseur des organes parenchymateux. Mais parmi les apoplexies ainsi comprises, il en est qui sont tout à fait latentes et ne constituent que de simples lésions anatomiques, comme l'apoplexie du cœur, celle des reins, de la rate. L'apoplexie du foie a bien donné lieu à des symptômes; mais ils ont toujours été si variables et si rapidement suivis de mort, que le diagnostic en est impossible.
En définitive, il n'y a que deux espèces d'apoplexies qui soient susceptibles d'être diagnostiquées pendant la vie : Yhèmorrhagie cérébrale (quand on lui conserve le nom impropre .d'apoplexie) et Y apoplexie pulmonaire. J'ai consacré un article particulier à l'hémorrhagie cérébrale, à propos de laquelle j'ai signalé les conditions pathologiques des phénomènes apoplectiformes considérés comme symptôme complexe. Il ne me reste donc qu'à traiter ici du diagnostic de l'apoplexie pulmonaire.
Apoplexie pulmonaire. — Lorsque, dans le cours d'une affection du cœur ou des poumons, à la suite des fièvres graves, ou par le fait de violences extérieures sur la poitrine, on voit survenir une dyspnée plus ou moins rapide avec toux plus ou inoins vive, parfois respiration trachéale entendue à dislance, avec altération des traits, vive anxiété, et une hémoptysie ou très-abondante ou légère, et dont le sang, dans le dernier cas, n'est pas entièrement mélangé aux crachats, on doit penser que l'on a affaire à une apoplexie pulmonaire. Mais il s'en faut que le diagnostic soit aussi simple qu'il le parait à l'exposé des signes qui précèdent; et c'est ce qui a fajt dire que l'on pouvait deviner plutôt que diagnostiquer l'apoplexie pulmonaire (Bouillaud). Laennec considérait comme des signes certains : une hémoptysie très-abondanle, Y absence du bruit respiratoire dans un point limité du thorax, avec râle sotis-cré}àla)tt dans son pourtour. Mais l'expérience n'a pas sanctionné cette description svmptomalique, et l'on a été même jusqu'à nier la possibilité de l'hémoptysie, ce qui est aller beaucoup trop loin. Pour Grisolle, le seul signe important de l'apoplexie pulmonaire est une hémoptysie continue, ordinairement peu abondante, persistant pendajit huit ou dix jours, avec coloration noirâtre du sang. Il s'en faut seulement que l'hémoptysie soit constante, et l'on peut dire qu'il en est de môme de tous les autres signes qui ont été signalés. La matité entre autres, non-seulement peut manquer, mais encore être remplacée par la sonorité normale et même par une exagération tympanique âu son, comme j'en ai observé, à l'hôpital Neckcr, un exemple qui m'a été révélé par l'autopsie {Voy. TYMPANISME). La plus grande abondance du sang ne peut pas non plus servir à distinguer l'apoplexie pulmonaire de l'hémoptysie due à une tout autre cause; et d'un autre côté, l'on n'a pu jusqu'à présent indiquer des signes distinctifs parfaitement nets entre l'apoplexie pulmonaire et la pneumonie, comme cela ressort d'une discussion qui eut lieu à la Société médicale des hôpitaux, en mai 1852 (Union méd.). Le docteur Goschen a vu aussi une pleurésie avec apoplexie du poumon s'accompagner des signes trompeurs d'une méningite (Deutsche Klinik, 1850).
On voit combien sont incertains les signes de l'apoplexie pulmonaire, dont le pronostic est d'ailleurs ordinairement très-grave. Parfois elle se complique de gangrène. Elle peut aussi produire la mort d'une manière foudroyante.
APPÉTIT. — Voy. Faim.
APYREXIK. — Si l'existence des phénomènes fébriles a une grande importance comme élément ou donnée principale du diagnostic, il n'en est plu* de même de l'absence totale de fièvre, ou apyrexie, puisque c'est là l'état physiologique, habituel, de l'organisme. Cependant il est un certain nombre de circons-
ARTÈRES, ARTÉRIEL (Appareil). — aorte et ses divisions. 87
tances dans lesquelles Papyrexie est un signe négatif dont on peut tirer part pour formuler le diagnostic.
L'apyrexie résulte de l'absence des phénomènes fébriles, c'est-à-dire du défaut de fréquence du pouls, et surtout de chaleur exagérée de la peau. Mais, comme je l'ai rappelé à l'article Fièvre, la fréquence du pouls, considérée isolément, ne constitue pas la fièvre, en sorte que l'apyrexie peut très-bien être admise dans certains cas d'accélération plus ou moins continue des battements cardiaques et vasculaires. C'est ce qui a lieu dans certaines affections organiques du cœur, sans que toutefois l'accélération du ces battements soit excessive. Le malade ne présente alors ni l'excitation générale, ni la chaleur fébrile.
L'apyrexie est un des signes principaux de beaucoup de maladies chroniques, et elle peut assez souvent servir à découvrir certaines simulations de maladies aiguës. Mais il y a d'autres circonstances dans lesquelles l'apyrexie constitue au contraire un signe trompeur. Sous ce rapport, il n'y a pas de condition dans laquelle ce signe négatif ait autant d'importance que dans les inlervalles des accès de tièvre ou d'accidents intermittents ; surtout s'ils ont le caractère pernicieux.
ARACHNITIS. — Voy. MÉNINGITE.
ARACHNOÏDE. — Voy. Méninges.
ARSENIC. — Voy. EMPOISONNEMENTS. .
ARC SÉNILE. — L'arc sénile, qui s'observe assez souvent chez le vieillard et quelquefois chez l'adulte, représente un cercle ou un arc opaque et d'un gris jaunâtre, occupant les limites de la cornée transparente, et qui est dû à une infiltration de granulations graisseuses. On a prétendu que l'existence de cette altération, qui ne gêne nullement la vision, était un signe d'une lésion analogue du cœur, qui avait subi la transformation graisseuse. Mais celte coïncidence n'est nullement démontrée comme un fait nécessaire, malgré les travaux intéressants publiés en Angleterre sur ce sujet par Edwiu Canton et Quain (Voy. Transformation graisseuse).
ARÉOMÈTRE. — Les aréomètres sont employés dans la pratique pour rechercher la densité des liquides provenant du corps humain, et en particulier celle des urines. Mais il est rare qu'on en fasse usage, les variations très-précises de la densité n'offrant pas des données très-utiles au diagnostic (Voy. Urines).
ARTÈRES, ARTÉRIEL (Appareil). — Au point de vue du diagnostic, on doit envisager séparément l'appareil artériel du cœur gauche (aorte et ses divisions) et l'appareil artériel du cœur droit (artère pulmonaire).
I. Aorte et ses divisions. — Ces vaisseaux, destinés à la grande circulation centrifuge, doivent être l'objet de considérations pratiques plus nombreuses que l'artère pulmonaire.
Il résulte de la disposition et des rapports anatomiques de l'aorte, que l'on doit, pour le diagnostic, tenir compte de ses différentes parties. La portion ascendante de la crosse étant située vers le niveau de l'articulation sternocostale de la troisième côte droite, il en résulte que c'est à droite de la partie supérieure du sternum que l'on trouvera les signes des lésions de cette portion du vaisseau artériel. Les lésions de la crosse proprement dite seront plutôt cherchées au niveau même de la partie supérieure du sternum , ou au-dessus de sa limite supérieure. Les signes locaux provenant de l'aorte pectorale descendante seront perçus à gauche delà colonne vertébrale dorsale; enfin, c'est entre l'appendice xiphoïde et l'ombilic que se manifesteront les signes fournis par l'aorte abdominale. Dans l'état physiologique, les palpitations ou battements aortiques sont nuls ou difficilement perçus à la palpalion , sauf au niveau de
88 ARTÈRES, ARTÉRIEL (Appareil). — artère pulmonaire.
l'aorle ventrale chez les sujets qui ne sont pas chargés d'embonpoint, ou qui ont les parois abdominales relâchées. Far suite de maladies ou de lésions de l'aorte, ces pulsations peuvent devenir accessibles à l'exploration, principalemnet lorsque le vaisseau se rapproche des parois thoraciques ou abdominales, et à plus forte raison lorsqu'il y a usure des parties solides de ces parois, comme cela peut arriver à la poitrine.
Parmi les artères secondaires, toutes n'ont pas une position sous-cutanée ou peu profonde, permettant d'y constater les pulsations artérielles normales qui constituent le poi ls. Les artères carotides, brachiales, radiales près du poignet, les crurales et les poplitées sont celles où cette constatation est le plus facile. Mais dans l'état pathologique, ces pulsations, au lieu d'être senties ou à peine visibles, peuvent être exagérées au point d'être le siège d'expansions rhytbmiques très-prononcées à la vue, partout où les artères sont voisines des parties molles extérieures.
Les artères sont atteintes des lésions ordinaires aux organes creux canaliculés; mais ces lésions ont leurs caractères propres, dérivant de l'organisation anatomique et du but physiologique de ces organes. Les artères sont rarement affectées d'inflammation (aohtitk, artérite). Le plus ordinairement, sans que toutefois la plupart de ces lésions soient communes, on rencontre des dilatations des artères (anévrysmes vrais), des rétrécissements ou des oblitérations (par compression ou par coagulation du sang), des ruptures ou des perforations, tantôt incomplètes et donnant alors lieu à des anévrysmes faux ou disséquants, tantôt complètes, et alors suivies d'uÉMORiuiAGiES internes très-graves. De plus, par les simples effets de l'Age et rarement par suite de l'inflammation, les artères sont atteintes d'iNnuRATio.ws plus ou moins étendues, résultant de concrétions qui se développent vers l'intérieur de leurs parois. Ces concrétions, de même que les caillots sanguins qui peuvent se former dans le cœur, ou pénétrer dans les artères de l'intérieur des tumeurs auévrysmales, constituent, lorsqu'elles sont devenues libres, des EMBOLIES artérielles, qui ont été l'objet de travaux intéressants dans ces dernières années.
La profondeur à laquelle ces lésions s'effectuent les rend souvent latentes. Lorsqu'elles peuvent être reconnues pendant la vie, c'est qu'il existe des signes locaux que l'on constate «à l'aide de Yinspcclion, de la palpationt de la -percussion, de l'auscultation, et de l'emploi iY instrument s particuliers (sphygmographes) imaginés pour constater avec précision les pulsations artérielles ou cardiaques. Ces signes locaux sont principalement des pulsations artérielles, ou bien les signes des tumeurs vasculaires.
IL Artère pulmonaire. — Cette artère a son tronc, qui est très-court, et sa division destinée au poumon droit, très-voisins des parois thoraciques (Voij. Poitrine); et cependant elle ne fournit que des signes obscurs et encore mal définis, dont on ne peut tirer parti. Le rétrécissement de l'artère pulmonaire et son obstruction par des coagulations sanguines sont ses deux lésions principales.
Peacock a étudié le rétrécissement, et il a pu en réunir 70 faits, sur 150 cas de lésions congénitales du comr, ce qui démontre la fréquence du rétrécissement dans cette condition. Malheureusement les signes indiqués par l'auteur manquent de précision, et ne peuvent faciliter le diagnostic (Journ. fur Kinderkrankh., 1855, et Union m éd., 1850). Il en est de même d'un fait rapporté par le docteur.1. Paget (Lond. mcd. chir. Transact., 18ii). Dans le cas de rétrécissement considérable, Peacock l'a trouvé le plus souvent accompagné d'une perforation de la cloison interventriculaire, et, après lui, Meyer, de Zurich, a fait de ce rétrécissement de l'artère pulmonaire la cause persistanle de la communi-