MORT
moelle soient toujours atteintes? Un certain nombre de faits connus contredisent cette manière de voir. Landry en a communiqué à la Société d'observation de Paris qui semblent l'avoir autorisé à conclure que chaque partie de la moelle épinière peut être considérée comme indépendante.
Quoi qu'il en soit de cette explication , qui permettrait de comprendre les faits en apparence exceptionnels à la règle générale que j'ai formulée plus haut, il ne faut pas oublier que les principaux signes , et en apparence les plus concluants, d'une lésion de la moelle, la paraplégie par exemple, peuvent se manifester sans lésion matérielle de cet organe (Yoy. Paralysies localisées). Ces signes ne sont donc pas pathognomoniques d'une lésion matérielle.
Stich a cherché à utiliser l'étude des mouvements réflexes de la moelle épinière pour le diagnostic de ces maladies (Arch. de méd.f 4857, t. X, p. 221); mais ses recherches ont besoin de confirmation. Il en est de même des données anatomiques que Budge a formulées sur la moelle considérée comme centre génilo-spinal du grand sympathique. On sait qu'il admet, outre le centre respiratoire ou nœud vital : le centre cilio spinal (entre la sixième vertèbre cervicale et la quatrième dorsale), source des mouvements dilatateurs de la pupille et des artères de la tète; et le centre gènito-spinal (au niveau de la quatrième vertèbre lombaire), source du mouvement de la partie inférieure du canal intestinal , de la vessie et des conduits déférents (Acad. des sciences , 1859).
MOLLUSCUM. — C'est une affection rare, encore mal counue, recounaissable aux tumeurs qui recouvrent la peau des différentes parties du corps et qui se remarquent principalement à la face et au cou. Ce sont des espèces de tubercules très-nombreux, d'un volume variable, de celui d'un pois à celui d'un œuf de pigeon, à large base, quelquefois pourtant pédiculés, ayant la couleur de peau, et plus rarement une teinte brunâtre. Leur développement est très-lent. On admet que le molluscum est quelquefois contagieux ; il ne serait fâcheux que dans celte circonstance. Dans les autres cas, il est ordinairement rebelle à tout traitement, et persiste toute la vie, mais sans conséquences fâcheuses.
MONADES. — Votj. Parasites.
MONOMANIE. — Voy. Folie.
MORT. — La question diagnostique de la mort apparente et la question pronostique de la mort prochaine, rapide ou subite, dans le cours des maladies, demanderaient de grands développements.
La première de ces questions, celle de la mort apparente, est du ressort de la médecine légale. Elle peut d'ailleurs se résumer en peu de mots : c'est que, malgré de nombreux travaux modernes, la putréfaction reste le signe le plus infaillible de la mort réelle. On sait que la plupart des névroses (notamment l'hystérie), certaines affections cérébrales, l'ivresse, les asphyxies, peuvent s'accompagner de léthargie ou de mort apparente.
La question pronostique de la mort dans les maladies est aussi importante que délicate. Mais il serait aussi difficile de résumer cette question dans quelques propositions générales qu'il serait puéril d'en rappeler toutes les particularités.
La mort imminente est annoncée par les signes de I'agome, de même que la constatation d'une foule de maladies fait redouter nécessairement, au médecin suffisamment instruit, une mort rapide ou subite, dont il doit signaler L'éventualité comme possible. Les progrès de l'anatomie pathologique, depuis la publication de l'intéressant Mémoire de Louis sur les morts subites (1826), ont
MORVE ET FARCI N. — morve aiguë.
démontré que cette prévision pouvait se formuler dans un nombre d'affections beaucoup plus considérable qu'on ne le supposait. C'est ce qui ressort d'un travail de Aran (Thèse d'agrégation, 1853), qui rappelle que les morts subites sont dues le plus fréquemment à la congestion pulmonaire ou cérébrale, ou aux deux réunies (Devergie).
11 résulte de ce travail que la mort subite a lieu : par rupture du cœur ou des gros vaisseaux, mais plus fréquemment par suite des lésions chroniques de ces organes, celles des valvules du cœur surtout; par tuberculisation des ganglions bronchiques ou oblitération de V artère pulmonaire ; par hémorrhagie de la moelle allongée, de la protubérance ou du cervelet^ ou par congestion cérébrale violente; par ruptures de certains organes abdominaux; par lésions encore mal déterminées des organes sécréteurs de la bile ou de l'urine. D'autres causes de mort subite sont les convulsions chez l'enfant ; les congestions sanguines pulmonaires et cérébrales chez le vieillard, ainsi que la suffocation par arrêt dans le pharynx du bol alimentaire incomplètement broyé par la mastication ; chez la femme, Y état puerpéral, ou plutôt la convalescence qui suit les couches; Y aliénation mentale dans sa forme aiguë, paralytique et épileptique; et enfin l'altération matérielle ou fonctionnelle d'un des organes vitaux de l'économie. Des recherches modernes ont attribué encore la mort subite à la transformation graisseuse du cœur, et à l'oblitération de l'artère pulmonaire par des embolies veineuses.
De ces conditions diverses de mort subite ou rapide, les unes sont imprévues, parce que la cause ou la maladie originelle sont latentes, et le pronostic n'a rien alors à formuler; les autres peuvent, au contraire, être prévues par le fait de la constatation de la maladie que l'on sait pouvoir entraîner une terminaison rapidement funeste.
MORVE et FARCI N. — )e réunis ici ces deux affections, attendu qu'il est admis aujourd'hui que le farcin ne diffère de la morve, appelée aussi jetage, glandage, équinia, que par l'absence des lésions des fosses nasales qui s'observent dans la morve. Cette affection, essentiellement contagieuse du cheval à l'homme, n'était connue que par des observations éparses, dont la première remonte à 1810(Waldinger), lorsque le docteur Elliotson, en Angleterre, publia son Mémoire (4833). En France, Rayer (1837), Vigla (Thèse, 1839), Tardieu (Thèse, 1843), Monneret, Landouzy, Gubler, ont publié des travaux importants dans lesquels on trouve les éléments du diagnostic que je vais rappeler, en traitant à part de la morve aiguë et de la morve chronique, et en y comprenant le farcin aigu ou chronique, dont je signalerai, chemin faisant, les particularités.