MUCUS
très-peu caractéristiques par eux-mêmes, comme du malaise, de l'affaiblissement, des douleurs très-vives dans les membres et les articulations, et parfois une pleurodynic extrêmement pénible. Lorsque les symptômes de la maladie confirmée se déclarent, le diagnostic cesse d'être douteux lorsque l'origine de l'affection ressort de l'interrogatoire du malade, et s'il a eu, avant le début, des rapports avec des chevaux atteints de la morve.
Les faits les plus difficiles à reconnaître sont ceux où l'obstruction des fosses nasales est le seul symptôme observé, ainsi qu'on l'a vu plusieurs fois. On peut croire alors à un polype des fosses nasales ou à toute autre affection chronique de celte région. — Quand il y a des ulcérations, des abcès, c'est avec la syphilis constitutionnelle que l'on peut facilement confondre la morve et le farcin chroniques. Mais avec les ulcérations dues à la morve, on ne constate pas des bords taillés à pic et un fond grisâtre, une destruction rapide des os du nez, et une marche phagédénique des ulcères pharyngiens comme dans la syphilis; il est rare d'ailleurs que cette dernière affection n'ait pas été caractérisée précédemment par des chancres et des syphilides. Enfin l'inefficacité absolue d'un traitement antivénérien devra donner l'éveil dans les cas douteux, et faire rejeter l'existence de la syphilis.
Il faut toujours craindre, lorsque l'on a reconnu la maladie, qu'il n'y ait dans les fosses nasales et la trachée des lésions ulcéreuses beaucoup plus graves que ne semble l'annoncer la bénignité des symptômes du côté de ces organes. D'un autre côté, il peut survenir comme complications une bronchite capillaire, une pleurésie, ou même une pneumonie, parfaitement caractérisées par leurs signes physiques.
ii° Pronostic. — La mort dans le marasme ou par la transformation de l'affection en morve aiguë, est la terminaison à peu près constante de la morve et du farcin chroniques. La guérison a été moins rarement observée dans le farcin que dans la morve. Monneret (Gaz. méd., 1813), Cazin (Gaz. méd. de Lyon, 1856) et H. Bourdon (Acad. de méd., 1858) en ont publié des exemples; Jules Guérin en a également observé un.
MOUVEMENTS. — Voy. Myotilité.
MUCÉDINÉES. — Voy. Parasites végétaux.
MUCUS. — Les membranes muqueuses sécrètent du mucus, comme les membranes séreuses sécrètent de la sérosité, et dans bien des circonstances ce mucus, expulsé au dehors, constitue une donnée de diagnostic par ses caractères propres, ou plus ou moins modifiés.
Les mucus sont des humeurs ayant pour caractères communs : une certaine viscosité, une consistance plus ou moins filante ou presque demi-solide (due à des substances coagulables nommées mucosines), une teinte grisâtre, transparente ou demi-transparente. Vus au microscope, ils tiennent en suspension : des cellules oVépithélium de la muqueuse dont ils proviennent, et leurs caractères feront reconnaître de quelle muqueuse provient le liquide muqueux; des leucocytes (désignées d'abord comme les globules dits muqueux) qui se produisent avec une grande facilité à la surface des membranes; des gouttes d'huile, des granulations moléculaires, des algues, des vibrions et autres infusoires, lorsque ces humeurs s'altèrent (Ch. Robin, Leçons sur les humeurs, etc., 1867).
Les mucosités excrétées sont un des principaux éléments ou signes des crachats (p. 252), de la dysenterie (où le mucus est mélangé de sang), de la cystite où le mucus est mélangé à l'urine. En général, l'excrétion du mucus résulte d'une inflammation dite catarrhale ou d'un simple flux des muqueuses. Celte
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signification est facilement établie, ainsi que la détermination de la muqueuse qui est le siège de l'hypersécrétion, lorsque le mucus est plus ou moins pur et transparent. Il n'en est plus ainsi lorsque la viscosité du mucus est diminuée, et qu'il est rendu opaque et jaunâtre par la présence des cellules épithéliales ou de leucocytes (Voy. Pis).
MUGUET. — Depuis que le microscope, grâce aux travaux de Berg Bl Ch. Robin, a démontré que l'éruption buccale du muguet n'était qu'un èpiphcnomène parasitaire contagieux, se développant dans des conditions particulières, l'histoire du muguet comme maladie s'est considérablement simplifiée. Les accidents généraux graves qui ont été d'abord considérés comme faisant partie du cortège symplomatique de l'affection sont descendus au rôle de conditions pathologiques favorisant simplement l'apparition du parasite végétal du muguet {Y oïdium albicans de Ch. Robin). Cubler, dans un Mémoire lu I l'Académie de médecine (août 4857), a contribué à faire envisager la question sous son véritable jour (Mémoires de l'Académie de Médec., t. XXII.)
C'est principalement chez les enfants du premier âge qui sucent un bout de sein mal formé, qui sont atteints de diarrhée, d'affaiblissement prononcé, qui sont exposés à de mauvaises conditions hygiéniques, et plus rarement chez l'adulte atteint d'une maladie grave arrivée à sa dernière période (comme la fièvre typhoïde, la phthisie), et quelquefois â marche aiguë, que l'on voit apparaître le muguet. Suivant Gublcr, il ne se développerait que dans les cas où les sécrétions buccales d'alcalines deviendraient acides.
Toute la gravité du muguet, dont j'ai indiqué ailleurs les caractères ( Voy. Parasites végétaux) et les différences avec les fausses membranes diphlhériques (p. 297 et 300), se tire de la gravité même des affections dans le cours desquelles il apparaît.
MUQUEUSES (Membranes). — Ces membranes forment la tunique la plus interne d'un certain nombre d'organes creux, des organes digestifs proprement dits, des voies respiratoires, génito-urinaires, et elles doublent les paupières en recouvrant la surface des globes oculaires. La tunique muqueuse, au niveau de laquelle se passent, pour les premiers de ces organes, leurs phénomènes fonctionnels les plus importants, peut être atteinte de congestion, d'/itfmurrhagie, (['inflammation simple y ulcéreuse y gangrêneuse, et le siéj:e d'un exsudai pseudo-membraneux dans les parties accessibles à l'air ou à l'exploration, c'est-a-dire au niveau des cavités buccale, pharyngienne, des fosses nasales, des voies respiratoires, du pourtour de l'anus et de la vulve, des paupières et des globes oculaires. La moisissure du muguet peut se développer sur toutes les membranes muqueuses à épitbélium dont la sécrétion s'altère. Les muqueuses sont de plus atteintes de lésions fonctionnelles, de flux plus ou moins abondants, symptômes auxquels les anciens attachaient l'importance de véritables maladies.
Les signes que fournissent les membranes muqueuses varient suivant qu'elles sont ou non accessibles à la vue ou à l'exploration médiate par les spéculums, par le palper simple, par les stylets, les sondes, ou par l'auscultation. Dans la profondeur des organes, les muqueuses ne peuvent fournir en général que des signes indirects, résultant surtout de l'évacuation au dehors de matières exhalées ou modifiées, dont les caractères physiques, anatomiques ou chimiques révèlent l'origine.
MUSCLES. — Les muscles striés occupent superficiellement les trois cavités splanchniques et forment presque toute la masse des parties molles des membres. On retrouve encore les muscles composant presque entièrement cer-
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tains organes internes (cœur, diaphragme), et, formés de fibres lisses, dans les parois des organes creux. Je rappelle cette universalité du tissu musculaire pour faire remarquer que les affections propres aux muscles peuvent se rencontrer dans toutes les régions du corps.
1° Maladies. — Vhêmorrhagie intra-musculaire, la myosite ou inflammation des muscles, quelques douleurs particulières (comme le tour de reins, le rhumatisme musculaire), V atrophie primitive ou secondaire, la pseudohypertrophie, la paralysie complète ou incomplète du mouvement, ou du sentiment d'activité musculaire, et enfin les convulsions cloniques ou toniques (contractures, rétractions) : tels sont les principaux états pathologiques ou les affections que l'on peut observer au niveau des muscles volontaires. Mais je dois rappeler encore qu'il existe chez les vieillards un affaiblissement musculaire progressif qui tient à une altération de nutrition des muscles euxmêmes, et qui a été signalé -par Empis (Arch. de méd., 1802, t. XIX), dans un Mémoire dont il a été question au mot Ages (p. 23). Des altérations musculaires accidentelles, constatées au microscope, ont été décrites par Hayem dans la lièvre tiphoïde principalement, et dans plusieurs autres maladies aiguës (Soc. de biol., 1866). Quant aux muscles de la vie organique, on a signalé le rhumatisme, les convulsions (dénommées ici spasmes) et la paralysie, comme n'étant pas très-rares. Les hyperémies sont ducs à la paralysie ou au relâchement des muscles lisses des capillaires.
2° Symptômes. — Les symptômes fournis par les muscles sont assez nombreux. La douleur qu'on y constate est parfois spontanée, mais le plus souvent provoquée par les contractions du muscle, par leur pression ou par leur frottement par l'intermédiaire de la peau (Briquet).
Les sensations douloureuses dans les mouvements doivent être étudiées avec soin au lit du malade; car il peut se faire que ces douleurs aient leur point de départ, non dans les muscles, mais dans les articulations, ce que feront reconnaître les douleurs pendant la flexion ou l'extension opérées par l'observateur. Il est plus difficile parfois de décider si la douleur siège dans les fibres musculaires ou bien dans les filets nerveux, de manière à caractériser une véritable NÉVRALGIE.
Outre la douleur produite pendant les mouvements des muscles, d'autres signes résultent du désordre de ces mouvements mêmes, avec ou sans douleur; ce sont : des contractions fibrillaires visibles, des contractions involontaires ou convulsives plus étendues, tantôt passagères, tantôt continues; la faiblesse ou l'impossibilité même de ces contractions (indiquant une paralysie ou une atrophie incomplètes ou complètes) ; et enfin une incertitude des mouvements musculaires résultant, non plus d'un affaiblissement réel de la fonction motrice, mais de son défaut de coordination {ataxie musculaire, tremblements).
3° Exploration. — Elle s'effectue de différentes manières. — V inspection fait constater la saillie de certaines tumeurs musculaires, les convulsions cloniques ou toniques, la difficulté ou l'impossibilité de certains mouvements, certaines attitudes ou déformations révélatrices d'une lésion des muscles, et leur atrophie avancée et plus ou moins étendue. — La palpation révèle la contracture qui n'est pas visible par le relief particulier du muscle conlracturé ou par la tension de son tendon; elle perçoit, en effet, sa dureté turgescente, dont le siège et la forme sentie ne peuvent laisser de doute à l'observateur sur la réalité de la contracture. Lorsqu'à la dureté du muscle se joignent son extrême sensibilité et la gène dans les mouvements du membre, il peut y avoir myosite (Dionis, Thèse, 1851). On constate aussi par la palpation la mollesse flasque et
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comme graisseuse de certains muscles atrophiés. — En imprimant artificiellement aux membres certains mouvements, on obtient également des signes uliles, soit que Ton constate l'impossibilité de vaincre la résistance d'une contracture, soit que l'on procède comme Duchenne (de Boulogne) pour examiner le degré de force des mouvements partiels des membres : le malade étant couché, on lui fait exécuter les mouvements que l'on veut étudier, et lorsque les muscles qui l'exécutent sont maintenus en contraction, on agit sur l'extrémité du membre en sens contraire. Le degré de force qu'il faut employer pour surmonter les contractions volontaires du malade donneraient une idée assez nette du degré de force de ces contractions (Arch. de méd., 1858, t. XII, p. 654). Les dynamomètres servent à indiquer exactement le degré de la force mus-
Fig. 137. — Le dynamomètre est
I* dan puissant resen spirale et termine
compose :
sort roulé
par deux branches droites O, O, placées parallèlement à côté Tune de l'autre ; ce ressort est mis en tension par l'écartement de ces branches; »• de deux poignées P, P, qui sont fixées à volonté, ou ù l'extrémité des branches, en B, on prés du point du centre, en A, à l'aide desquelles on écarte ces branches; 3* d'une plaque G, placée sur la face antérieure du ressort et sur laquelle sont gravées , sur deux lignes A, D, de* divisions depuis 1 kilo jusqu'à 100 kilos pour la première ligne et jusqu'à 40 kilos pour la seconde ligne ; }« d'une aiguille D, mise en mouvement par l'écartement des branches A, A, et qui marque le degré de force qui produit cet écartemont en s'arnMant snr telle ou telle division de la plaque C. Il peut servir à mesurer la force des fléchisseurs des doigts, comme le dynamomètre de Burq. On le place alors dans la paume de la main, comme l'indique la Gpure. Pour mesurer la force d'un membre, une courroie O étant fixé-e d'une part à l'une des poignées, à l'aide du crochet R, et d'autre part k l'extrémité de la partie des membres dont on veut mesurer la force 'cette conrroic peut être remplacée par une serviette ou un mouchoir plié en cravoto;, on saml l'outre poignée libre et I on tire en sens contraire du mouvement partiel «pie l'on fait exécuter par le sujet, jusqu'à ce que l'on ait surmonté la résistance. Alors l'aiguille D, mise en mouvement par l'écartement des branches O, O, marque, sur la ligne B, si les poignées ont été fixées en bas, el sur la ligue A si les poignées ont été fixées près du point de centre, la puissance du mouvement partiel exécuté.
Fig. 13*. — Dynamomètre Uohcrt et Collin.
Fig. 13V. — Dynamomètre Mathieu.
MYÉLITE. — MYÉLITE AIGUË.
culaire. Les plus commodes etles plus faciles à employer dans la pratique sont ceux de Duchenne , fig. 437, 438 et 439.
Mais, quelle que soit la simplification de ces appareils, ils ne sont pas généralement utilisés. Il faut, lorsqu'on en fait usage, recommander à chaque malade d'user de toute sa force de contraction pendant leur emploi. — Marey, qui a appliqué un appareil enregistreur à la contraction musculaire, parviendra-t-il à simplifier l'instrument de façon à le rendre usuel, comme le sphygmographe pour le pouls? Ce serait à désirer, car le diagnostic des affections musculaires ne pourrait que beaucoup gagner à l'emploi d'un instrument explorateur de ce genre. — Enfin Yèlectrisation, en provoquant la contraction involontaire des muscles, rend au diagnostic des services autrement importants, comme la démontré Duchenne {Voy. Électrisation localisée, p. 343, et Paralysies).
MUSICAUX (Bruits). — Voy. Vasculaires (Bruits).
MUSSITATION. — Le mouvement des lèvres appelé mussitation qu'exécutent certains malades, comme s'ils parlaient à voix basse, est ordinairement rencontré avec des phénomènes cérébraux graves.
MUTISME (accidentel). — Le mutisme accidentel se distingue de l'aphonie, en ce qu'il y a absence de tous les mouvements destinés à produire ou à articuler les sons, tandis que, dans l'aphonie, l'impulsion de l'air et les mouvements pour l'articulation des sons ont lieu, mais le son n'est pas produit.
Le mutisme accidentel peut être causé primitivement par une émotion vive et subite, par la foudre, par Yhystérie (qui pourtant occasionne plus fréquemment l'aphonie). — En dehors de ces trois conditions, le mutisme est symptomatique d'une destruction des nerfs récurrents, d'une hémorrhagie cérébrale, d'un empoisonnement, et, suivant plusieurs auteurs, de la présence des entozoaires dans l'intestin.
Le diagnostic ne présente aucune difficulté, si ce n'est dans la recherche de plusieurs de ces causes. Il est cependant essentiel de déterminer l'origine du mutisme accidentel; car tout le diagnostic est là. Le mutisme simulé est d'ailleurs assez fréquent, et il faut soupçonner cette simulation toutes les fois que l'individu a quelque intérêt à l'adopter, ce qui est fréquent parmi les recrues militaires.
MYÉLITE. — Les recherches les plus modernes sur la moelle épinière et ses altérations ne permettent plus de délimiter comme autrefois le sens du mot myélite. Cette question de la myélite est devenue aujourd'hui très-complexe, surtout en raison des altérations de nutrition intimes de la moelle qui paraissent être la conséquence de l'inflammation, la sclérose par exemple (Voy. ce mot). Cependant au point de vue clinique, et jusqu'à ce que l'on ait définitivement résolu le problème, le diagnostic de la myélite aiguë ou chronique décrite par les observateurs du commencement de ce siècle, doit être conservé, sauf pour la myélite chronique à renvoyer aux articles Ataxie locomotrice progressive, Sclérose et Paraplégie.