‹ Dictionnaire de diagnostic médicalChapitre 226 sur 355 · I. Myélite aiguë · texte numérisé non relu

I. Myélite aiguë

4° Éléments du diagnostic. — Après des fourmillements et de l'engourdissement dans les doigts et les orteils, quelquefois après des vomissements bilieux ou seulement des convulsions partielles comme premiers symptômes, il survient : une douleur dans une partie plus ou moins étendue du rachis; une paralysie affectant principalement la myotilité et plus rarement la sensibilité qui est parfois normale ou exaltée, paralysie progressive, occupant les deux Woillez. - Dict. de Dlag. 2« édit. 42

MYÉLITE. — MYÉLITE ATGITK.

côtés du corps, et le plus souvent les deux membres inférieurs, la vessie et le rectum; dans certains cas, des secousses convulsives, de la raideur, de la contracture, et parfois des douleurs sourdes dans les membres affectés; un mouvement fébrile existant dès les premiers temps, avec paroxysmes et gène de la respiration. Enfin, suivant quelques observateurs, il y a érection du pénis (rare) et alcalinité des urines.

Mais ces symptômes sommairement indiqués varient suivant le siège de l'inflammation dans les différentes parties de la moelle, comme Ta indiqué OUivier (d'Angers). — Dans la myélite aiguë de la région lombaire, la douleur est bornée à la région des lombes, et la paralysie aux membres inférieurs (paraplégie), à la vessie et à l'intestin, d'où résultent la rétention et l'écoulement involontaire de l'urine et des matières fécales. A ces symptômes se joignent parfois des coliques vives, des contractions convulsives des parois abdominales, et la sensation d'un resserrement douloureux à leur niveau. La myélite de la région dorsale, où siège la douleur, entraîne aussi la paraplégie; il y a des secousses convulsives et continues du tronc, une agitation générale suivie de résolution plus ou moins complète, une respiration courte, précipitée, s'effcctuanl en totalité par l'action des muscles respirateurs externes, et des palpitations irrégulières et violentes. — La myélite cervicale peut être précédée d'un sentiment de gène dans la déglut ition et des autres symptômes du ne angine. La douleur occupe la nuque et la partie postérieure du cou; elle s'accompagne de rigidité prononcée des muscles de cette région et des membres supérieurs; et bientôt aux fourmillements dans les doigts des deux mains succède la paralysie des deux membres correspondants, et presque toujours aussi celle des membres inférieurs; en même temps la respiration est très-pénible, diapbragmatique, et la dyspnée s'accroit considérablement jusqu'à la mort. — Enfin lorsque la myélite siège au niveau du bulbe cèphalique, il survient des symptômes formidables : trouble des sens, délire furieux, trismus, grincements de dents; la langue est rouge, sèche, la déglutition difficile, la parole impossible; la respiration est pressée, tumultueuse; des vomissements surviennent, parfois avec des symptômes à' hydrophobie. A ces symptômes succède une hémiplégie plus ou moins subite, suivie ou non de paralysie générale des quatre membres. On peut observer aussi des phénomènes convulsifs et de la contracture des membres, des battements irréguliers du cœur.

La maladie est remarquable par la rapidité de sa marche, puisque la mort, terminaison la plus ordinaire, survient habituellement du troisième au quatrième jour, parfois môme en quinze ou vingt heures (Ollivier). Cependant on a vu l'affection se prolonger trente jours.

2° Inductions diagnostiques. — Ces phénomènes semblent être au premier abord suffisamment caractéristiques pour ne pas laisser dans l'embarras, attendu qu'ils révèlent évidemment une affection aiguë de la moelle. Mais malheureusement rien dans ces symptômes ne démontre qu'il y ait inflammation.

La connaissance des causes de la myélite ne peut être d'aucune utilité au diagnostic, à l'exception d'une altération constatée des vertèbres (carie scrofuleuse, rarhitïs) ou de causes traumatiques (efforts, chutes, coups violents sur lerarhis, fracture, déplacement des vertèbres). Ces lésions elles mêmes peuvent d'ailleurs produire, au lieu d'une myélite, une congestion ou une hémorrha^ie de la moelle, affections dont le diagnostic différentiel avec la myélite a été jusqu'ici mal étudié, la comparaison ayant porté sur un trop petit nombre de faits.

On a dit que la congestion ne donnait pas lieu a des douleurs persistantes des membres, à de la contracture, à des convulsions partielles, à de la raideur, à

MYÉLITE.

— MYÉLITE CHRONIQUE.

de la fièvre, comme la myélite ; qu'elle s'accompagnait moins fréquemment, et à un bien plus faible degré que cette dernière, de paralysie du ^sentiment, qu'enfin la paralysie du mouvement était moins persistante dans la congestion, et qu'elle ne paraissait pas atteindre la vessie ou le rectum. Mais ce plus ou moins d'intensité ou de fréquence des symptômes est loin de suffire au diagnostic ; et d'ailleurs il est ordinaire que la congestion précède la myélite aiguë. On doit donc reconnaître que les faits observés au lit du malade sont loin de se prêter tous à une distinction suffisante de ces deux maladies. — Il en est de même de la myélite comparée à Yhémorrhagie de la moelle dans les cas où cette hémorrhagie ne se développe pas brusquement (Voy. p. 499). Ici l'erreur est encore d'autant plus facile que le ramollissement qui résulte de la myélite peut pré' céder ou suivre l'hémorrhagie, et que, dans ces cas complexes, un diagnostic précis n'est pas possible dans tous les cas. — La violence des convulsions, avec raideur tétanique du tronc, et les douleurs vives et étendues du rachis, suffisent pour que l'on ne puisse pas prendre une méningite rachidienne pour une myélite.

La myélite aiguë a été jusqu'à présent étudiée d'une manière trop insuffisante pour que j'entre dans d'autres détails relativement à son diagnostic.

3° Pronostic. — On doit s'attendre toujours à voir survenir la mort comme conclusion de la maladie. On ne connaît pas de faits de guérison bien authentiques.

Page 1