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II. Myélite chronique

La myélite chronique peut succéder à l'aiguë ou se développer primitivement sous l'influence des mômes causes. Les symptômes seuls présentent dans la myélite chronique, relativement à l'aiguë, quelques particularités, dont la principale est la différence de durée, la forme chronique pouvant se prolonger pendant une ou plusieurs années. Cette particularité, jointe aux sigues de la myélite, rend le diagnostic beaucoup plus facile que pour la myélite aiguë.

Dans la myélite chronique, Louis (Mém. anat.-pathol., 1826) a constaté comme prodromes une douleur fixe et très-limitée au niveau de la colonne vertébrale, avec chaleur incommode, prurit et inquiétudes dans les membres inférieurs, ces dernières sensations se dissipant par la marche. On retrouve ici comme signes de la maladie la douleur, les fourmillements et la faiblesse, qui peuvent persister très-longtemps, puis la paralysie graduelle, occupant presque toujours les membres inférieurs, et d'abord leurs deux extrémités, portant plutôt sur la myotilité que sur la sensibilité (comme pour la myélite aiguë), incomplète dans les premiers temps, et plus sensible par le repos qu'après la marche. Il y a également ici, niais plus rarement que dans la myélite aiguë, de la raideur, de la contracture, des convulsions; toutefois il existe très-fréquemment des petites contractions musculaires involontaires graduelles et indépendantes de la volonté, qui font fléchir peu à peu les membres inférieurs de manière que les talons viennent toucher les fesses, en même temps que les deux membres ont une grande tendance à se rapprocher et à se croiser spontanément (Louis). La paralysie de la vessie et celle du rectum, qui sont loin d'être constantes, viennent lentement aussi et progressivement; elles ne sont caractérisées d'abord que par une légère difficulté d'uriner et d'aller à la selle. II n'y a pas de fièvre.

Le diagnostic de la myélite chronique dépend presque tout entier des inductions que fournit la paraplégie incomplète ou complète (Voy. Paralysies localisées).

Son pronostic est analogue à celui de la myélite aiguë.

NASALES (RÉtiiONs)

MYOSITE. — L'inflammation aiguë des muscles est une affection trèsrare. Dionis des Carrières, s'inspirant des leçons de Velpeau, a réuni dans sa Thèse (1851) les faits connus, d'où il ressort que cette affection, qui s'observe quelquefois d'emblée ou comme complication du rhumatisme musculaire, est caractérisée par un début assez brusque, un appareil fébrile variable, par une douleur très-vive, une tuméfaction et une induration très-remarquables, contenues exactement dans les limites des muscles affectés, et enfin par une gêne dans les mouvements du membre. La résolution est la terminaison la plus fréquente; la suppuration est rare.

MYOTILITÉ. — On peut rattacher à la contractililé des muscles qui constitue la myotilité, les questions diagnostiques relatives aux mouvements musculaires, qui peuvent être affaiblis ou abolis, exagérés, pervertis.

Vexaltation ou {'exagération des mouvements volontaires n'a qu'une secondaire importance comme éléments de l'agitation et de certains délires, et la perversion des mouvements comprend les convulsions (toniques ou cloniques) et Yataxie locomotrice.

Quant à Y affaiblissement ou à Y abolition des mouvements volontaires, ils ne comprennent pas seulement les paralysies complètes ou incomplètes, dont il est question dans un article particulier. Les mouvements volontaires peuvent être diminués ou rendus impossibles, en effet, sans qu'il y ait paralysie dans le sens strictement admis de ce mut. Les affections douloureuses des nerfs (névralgies), celles des muscles et des articulations (rhumatisme, goutte), celles du squelette, comme Yostêomalacie, dans laquelle la faiblesse musculaire générale, jointe à la gêne de la respiration et à la présence des phosphates dans l'urine, a été considérée comme pathognomonique (Beviard), sont les points de départ variés de ces pseudo-paralysies.

Ces différentes causes d'affaiblissement ou d'abolition des mouvements volontaires devraient être désignées par une dénomination spéciale qui manque dans la science. Il y a, en effet, ici un élément diagnostique bien défini, l'affaiblissement ou l'abolition des mouvements, qui s'offre d'emblée à l'observateur, et dont celui-ci doit interpréter la signification, ses inductions s'appliquant au fait tel qu'il se présente. C'est ce que les anciens avaient compris en englobant toutes les difficultés ou les impossibilités des mouvements sous le nom de para- Ivsies : mot impropre sans doute, mais exprimant à leurs yeux une donnée pratique de diagnostic qui, pour être négligée par nous, n'en est pas inoins réelle. Otte donnée générale a des conditions organiques qu'il faut chercher dans le squelette, dans les muscles, dans les nerfs, et enfin, dans les centres nerveux qui sont directement atteints par des lésions locales, ou indirectement par des états généraux particuliers.

On est conduit à étudier la myotilité par les troubles directement constatés ou acecusés par le malade du côté de la locomotion, de la préhension des objets, de la parole, de la respiration; par la difficulté ou l'impossibilité de certains mouvements; par les déformations qui résultent des lésions ou des troubles musculaires (atrophie, contracture) (Voy. Muscles, Paralysies).

NASALES (Régions). — Pour bien interpréter les signes que présentent le nez et les fosses nasales, il ne faut pas perdre de vue que ces organes servent au sens de l'odorat, à la respiration, à la phonation, et que leur occlusion vers le pharynx par le voile du palais est indispensable à la régularité de la déglutition.

1° Maladies. — Les affections particulières que l'on rencontre au niveau des cavités nasales sont : I'épistaxis, l'inflammation simple aiguë ou chronique (co-

NASALES (Régions). 661

ryza ou rhinite simple), la punaisie ou dysodie (fétidité des narines), et le coryza ulcéreux ou ozène, qui s'accompagne ou non de dysodie. On y rencontre aussi des lésions qui sont communes à d'autres organes, comme l'exsudat diphthèrique (coryza couenneux), le cancer, les polypes et les calculs. De plus, la morve, l'acné, l'impétigo se révèlent par leurs lésions au niveau du nez ou des narines, d'une manière toute particulière.

2° Symptômes. — La douleur qui accompagne les affections des fosses nasales est bien rarement intense; c'est plutôt un sentiment de chaleur, de gène, de tension, de chatouillement, de sécheresse, qu'une véritable douleur. — Quant aux phénomènes fonctionnels, ils se rapportent aux actes que j'ai rappelés tout à l'heure : à l'odorat, à la respiration, à la voix et à la déglutition. L'odorat peut être aboli ou perverti, et la respiration rendue difficile par suite du gonflement de la pituitaire ou de l'accumulation de mucosités, au point d'être inquiétante chez le nouveau-né. On peut en outre constater : Yenchifrénement (qui est parfois le symptôme principal de la morve chronique); des éternuments plus ou moins fréquents; une voix nasonnée, qui peut révéler d'autres affections que celles des fosses nasales (comme la paralysie du voile du palais); le rejet par le nez des boissons ou des aliments, qui provient de l'inocelusion des fosses nasales vers le pharynx; Y écoulement y par les narines ou vers le pharynx, soit de sang pur, soit de mucosités tantôt aqueuses et irritantes, déterminant au pourtour des narines et à la lèvre supérieure un érythème accidentel, tantôt plus épaisses, plus ou moins opaques, d'un jaune verdàlre parfois strié de sang, plus rarement concrètes au point de former une sorte de magma fétide (Voy. Coryza, p. 249), ou contenant des fausses membranes, des fragments de cartilage altérés, des parasites. Tels sont les symptômes dont les fosses nasales sont le siège, sans compter les résultats de l'exploration.

3° Exploration. — L'inspection et la palpation sont les modes d'exploration mis ici en usage, principalement pour constater l'existence des ulcérations.

L'inspection fait constater extérieurement : le gonflement du nez dû à des éruptions externes (comme l'érysipèle et l'éruption varioleuse), sa déformation par des calculs, par des polypes, par l'ozène, la syphilis; Yéryth'eme du pourtour des narines dû au coryza; les pustules et les croûtes d'impétigo qui les obstruent fréquemment. La vue peut pénétrer plus ou moins profondément dans les fosses nasales par les narines, surtout si l'on a soin de placer le malade en face de la lumière, la tête penchée en arrière, et de relever fortement la pointe du nez. On peut y noter de la sorte des lésions internes, et notamment des ulcérations (morve, syphilis, ozène) et même des perforations de la cloison. Enfin le laryngoscope permet de rechercher médiatement l'existence des lésions vers les ouvertures pharyngiennes des fosses nasales, comme l'a démontré Czermak ; mais cette exploration est encore loin d'être sans difficultés sérieuses.

La palpation est également immédiate ou médiate. Elle s'effectue par l'introduction du petit doigt dans l'une ou l'autre narine, ou au moyen de l'indicateur porté par la bouche dans le pharynx au niveau des orifices postérieurs des cavités nasales, ou enfin, par les narines à l'aide d'un stylet mousse, flexible, et recourbé en crochet à son extrémité, ainsi que J. J. Cazenave l'a conseillé.

On introduit ce stylet aussi profondément que possible, puis, en le ramenant d'arrière en avant, on explore avec son extrémité mousse et recourbée toute la membrane pituitaire. Il glissera facilement à sa surface, si la muqueuse est saine, tandis qu'il sera retenu, s'il y a des ulcérations, par leurs bords saillants ou décollés. C'est surtout vers la voûte ou la cloison qui l'avoisine que l'on rencontre habituellement les ulcères.

662 NÉPHRITE. — néphrite aiguë.

NASONNEMENT. — Voy. Voix.

NAUSÉE. — Voy. Vomissement.

NÉO-MEMBRANES. — On a fait jouer dans les dernières années un rôle important à ces fausses membranes, exsudées sur l'arachnoïde, dans la pathogénie de I'hémorrhagie méningée (Voy. p. 500). On les a considérées comme le produit inflammatoire d'une affection particulière décrite par Virchow, qui lui a donné le nom de pachyméningite {Voy. ce mot).

NÉPHR ALGIE. — Voy. VlSCÉRALGIES.

NÉPHRÉTIQUE (Colique). — Voy. p. 198.

NÉPHRITE. — Dans l'étude de la néphrite, je ne puis tenir compte des néphrites qui ne sont caractérisées que par des lésions nécroscopiques, telles que la néphrite gangreneuse et celles dues à des maladies générales, au charbon, à la morve, à la fièvre typhoïde, à la variole, et que Rayer appelle néphrites par poisons morbides. Il ne sera pas question non plus ici de la maladie de BnicnT, dénommée néphrite albumineuse par Rayer, ni de la pyélite, auxquelles j'ai consacré des articles particuliers.

Sans donc adopter entièrement les divisions de Rayer, je puiserai dans son Traité des maladies des reins, le plus complet qui ait été publié sur la néphrite, une grande partie de mes matériaux.

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