NÉPHRITE. — NÉPHRITE AIGUË
rupture de l'abcès dans les voies urinaires; cette rupture peut aussi se faire dans le côlon, le péritoine et même les bronches, ou bien l'abcès peut se porter et s'ouvrir vers les lombes.
2° Inductions diagnostiques. — Les signes de néphrite que je viens d'énumérer sont loin d'être aussi satisfaisants pour le diagnostic qu'ils peuvent le paraître au premier abord. La rareté de la néphrite simple, et au contraire la fréquence des lésions concomitantes, expliquent, avec le nombre souventincomplet des symptômes ou leur signification variée si on les considère isolément, les difficultés que le praticien rencontre. C'est ce qui a fait dire à Rayer que l'exposé général de tous les symptômes que présente la néphrite aiguë forme un tableau confus.
Aussi les symptômes locaux plus ou moins complets, avec la fièvre et les vomissements, ne peuvent-ils permettre que de soupçonner la néphrite, même quand il y a suppuration, comme on le verra plus loin. Pour approcher ou atteindre la vérité, il est donc nécessaire de tenir compte non-seulement des phénomènes actuels, mais encore des antécédents relatifs à l'évolution et surtout à la cause apparente de la néphrite.
Les éléments étiologiques du diagnostic peuvent surtout l'éclairer, en expliquant l'invasion primitive ou secondaire de la maladie. D'abord les violences extérieures portant sur le rein (contusions, plaie, violentes secousses, efforts musculaires considérables avec contraction des parois du ventre) sont quelquefois suivies de néphrite simple, dite alors traumatique; ces causes accidentelles ont une très-grande valeur comme signes anatnnestiques de la néphrite aiguë. Il pourrait en être de même de l'opération de la taille, de la lithotrilie, et même de la simple introduction d'une sonde dans la vessie chez des calculeux, ou de l'action du froid humide. On a aussi considéré comme origine de la maladie l'ingestion des cantharides, du nitrate de potasse, de l'huile de térébenthine.
Mais la cause de néphrite aiguë que l'on peut hardiment rappeler comme la plus fréquente de toutes celles que l'on a à rechercher, est la présence d'un calcul obstruant l'uretère, et produisant la distension et l'inflammation des organes urinaires situés en amont de l'obstacle. La néphrite secondaire, dite alors calculeuse, se reconnaît à ce que le malade a rendu des graviers dans l'urine depuis un certain temps, à ce qu'il y a eu aussi comme antécédents des coliques néphrétiques. Cette forme de néphrite, dans laquelle les urines peuvent passagèrement être sanguinolentes et albumineuses, se confond ordinairement par ses symptômes avec l'inflammation des calices et du bassinet du rein (py élite), dont elle n'est que l'extension. Cette coïncidence constitue hpyélonéphrite.
La distension des organes par l'urine et par le pus, qui a lieu dans ce cas, peut aussi être produite par une tout autre cause que les calculs, ce qui contribue à rendre le diagnostic plus obscur. L'obslruclion de l'uretère est quelquefois due, en effet, à une végétation qui ne peut être reconnue pendantla vie, ou bien à une tumeur comprimant l'uretère. La distension des voies urinaires donne lieu alors à une augmentation de volume et à une grande sensibilité de l'organe que la palpation peut constater. La palpation pourrait aussi avoir auparavant fait connaître la tumeur abdominale comprimant l'uretère, ce qui serait un antécédent très- important. La même distension des voies urinaires, comme cause de néphrite, résulte parfois aussi de certaines affections de la vessie, du canal de l'urètre, du rectum, de l'utérus, et, d'après Rayer, de la paraplégie.