‹ Dictionnaire de diagnostic médicalChapitre 230 sur 355 · NÉPHRITE. — NÉPHRITE AIGUË · texte numérisé non relu

NÉPHRITE. — NÉPHRITE AIGUË

La néphrite primitive ou secondaire pourrait être confondue avec d'autres affections ayant pour siège la région lombaire ou le flanc correspondants : la congestion des reins, la périnéphrite, l'hépatite, la pyélite, le lombago, les coliques néphrétique ou hépatique. — La congestion rénale n'a de commun avec la néphrite aiguë que la douleur lombaire et l'albuminurie. Mais il peut arriver qu'au début des maladies aiguës fébriles la fièvre, des nausées, des vomissements, ou l'extension de la douleur au testicule, ainsi que je l'ai vu à l'invasion d'une variole, viennent donner momentanément le change au praticien, s'il ne songe pas à la possibilité de la simple congestion. — La périnéphrite indépendante d'autres lésions du rein, du foie ou de la rate, ne présente guère de caractères différents de ceux de la néphrite qu'à une période avancée : alors le flanc se bombe, la tuméfaction s'opère surtout en arrière, et l'on sent à la palpation une sorte d'empâtement ou d'œdème, alors même qu'il n'y a pas de fluctuation évidente. Il est surtout facile de confondre la périnéphrite avec la néphrite suppurée. — Vhépatite se distinguera de la néphrite par la tuméfaction régulière du foie et l'absence de troubles du côté de la miction. — Le lombago aigu, exaspéré par les moindres mouvements, ne sera jamais pris, malgré son siège, pour la douleur due à la néphrite. — La violence de la douleur et son retour par accès empêcheront aussi la confusion de la colique néphrétique avec la néphrite aiguë. — A plus forte raison la colique hépatique accompagnée d'ictère ne permeltra-t-elle pas une confusion analogue.

Il est plus difficile de démêler les signes de la cystite et de la néphrite dans un assez grand nombre de cas. On a vu, en effet, des néphrites et des pyélites calculeuses s'annoncer par des douleurs de la vessie ou de l'urètre plus vives que la douleur rénale, et par l'émission fréquente de très-petites quantités d'urine décolorée et transparente (Rayer) ; d'un autre côté, il y a souvent coïncidence des maladies de la vessie et des maladies du rein, ce qui peut faciliter l'erreur.

Les formes les plus importantes de la néphrite aiguë sont la forme simple et la forme calculeuse. La néphrite goutteuse de Rayer rentre dans la forme calculeuse. Quant à la forme rhumatismale, la coïncidence de la néphrite avec le rhumatisme suffit-elle pour l'établir? On peut en douter en voyant la néphrite coïncider également avec une foule d'autres maladies, comme l'a démontré Rayer.

Le degré d'intensité de la néphrite aiguë est surtout subordonné à la terminaison par résolution ou par suppuration, et aux lésions concomitantes des organes urinaires.

Quant aux complications, il y a surtout à redouter les ruptures, parmi lesquelles est celle (heureusement très-rare) que l'on a vue s'effectuer à travers le foie dans le poumon, et la rupture plus commune et rapidement mortelle du foyer purulent dans le péritoine. On a signalé encore, comme complications, des inflammations secondaires (par exemple la péricardite) , et la paraplégie, comme l'ont démontré plusieurs observations de Raoul Leroy, d'Kliolles (Des Paraplégies des memb. infér., 4856), dans lesquelles la moelle était saine.

3° Pronostic. — Le pronostic de la néphrite aiguë est extrêmement variable. Il ne peut être apprécié qu'autant que la cause de la maladie est bien connue et que, par une interprétation rigoureuse des symptômes, on arrive à reconnaître l'étendue et l'intensité de l'inflammation. La terminaison par résolution est fréquente dans les cas de néphrites traumatiques, et dans ceux de néphrites simples qui seraient dues à l'action du froid et de l'humidité. Le pronostic est grave au contraire lorsque la suppuration survient, et ne se fraye pas une issue au dehors par les voies urinaires, par le côlon ou par la peau. Il est grave en-

NÉPHRORRHAGIE.

core dans les néphrites secondaires, lorsqu'elles dépendent d'une affection de l'urètre, de la prostate ou du rein, ou lorsqu'elles surviennent après l'opération de la taille, de la lithotritie, ou après la simple exploration avec la sonde chez les calculeux.

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