PALPATION
néo- membrane ou dans la cavité arachnoïdienne (hémorrhagie méningée); ces symptômes, on le conçoit, varient suivant le plus ou moins d'abondance de l'épanchement, qui devient la maladie principale (Voy. Hémorrhagie méningée
CÉRÉBRALE, p. 500).
2° La première condition dont il faut tenir compte pour diagnostiquer la pachyméningite, c'est l'état dans lequel se trouve déjà l'individu lorsque se montrent les symptômes de cette affection. On a signalé la démence, la paralysie générale et l'alcoolisme comme précédant le plus souvonl son apparition. Une céphalalgie ordinairement longue, avec vertiges et étourdissements, suivie de somnolence, de torpeur profonde, avec contraction dos pupilles sans strabisme, annoncent le développement de la pachyméningite, dont l'évolution lente est caractéristique. — Les affections avec lesquelles on peut la confondre à cette période sont, suivant Lancereaux, certaines céphalalgies syphilitiques, la dégénérescence .athéromateuse des artères de l'encéphale, la méningite tuberculeuse, les céphalalgies anémiques ou nerveuses. Mais il semble peu important de discuterce diagnostic différentiel, la pachyméningite étant caractérisée, en dehors de ses complications, par des troubles et surtout un affaiblissement intellectuels permanents, qui ne se rencontrent pas dans les affections que je viens de rappeler. Les complications, qui viennent s'ajouter aux phénomènes dont il a été d'abord question, confirment le diagnostic. Ce sont : des congestions avec attaques de perte «le connaissance et paralysies temporaires et mobiles ; et des hémorrbagies dans l'épaisseur des néo-membranes et surtout dans la grande cavité arachnoîdienne. — On peut considérer ces complications et les symptômes qui les précèdent comme des degrés différents de la lésion intra-arachnoïdienne. La formation rapide des néo-membranes peut-elle s'accuser par des symptômes particuliers ? Rien ne le prouve jusqu'à présent, malgré l'exposé séméiologique qu'a tenlé de faire le docteur Aug. Voisin (Voy. p. 504).
3° Le pronostic de la pachyméningite est grave; mais la guérison, d'après certains faits connus, ne paraît pas impossible. La gravité ressort du siège môme des lésions, de l'abondance des épanchements hémorrhagiques, de leur soudaineté, et de celle de la compression du cerveau.
PALPATION. — On doit comprendre sous cette dénomination tous les moyens d'exploration immédiats ou médiats qui ont pour but de recueillir les données diagnostiques appréciables par le toucher.
Ces moyens sontdirects ou indirects. Les premiers se rapportent à la palpât ion proprement dite ; à la pression extérieure avec l'une des mains ou les deux, ou avec un seul doigt; au toucher plus profondément exercé dans la bouche, à l'entrée du pharynx jusqu'à la glotte, et enfin dans la profondeur du vagin ou du rectum. Les moyens indirects comprennent les stylets, sondes ou iyxsti'uments introduits dans l'œsophage, dans le lary nx, dans la vessie, le vagin et l'utérus, le rectum, et dans les ouvertures ou canaux accidentels, dont on peut connaître ainsi la direction et l'aboutissant anatomique.
La palpation directe, appliquée aux parties extérieures, constate l'anesthésie ou l'hvperesthésie, et notamment les foyers de douleurs névralgiques, les indurations de la peau ou des muqueuses accessibles, leurs saillies et leurs rugosités, la flaccidité ou la fermeté des chairs, l'œdème, l'emphysème superficiel et les pulsations du pouls.
A la poitrine, l'application de la main perçoit les battements du cœur ou de sa pointe, les frôlements, les frémissements vibratoires de cet organe ou des tumeurs anévrysmales , la sensation de succussion , les frottements pleurétiques ou péricardiques, les vibrations vocales, et, pendant la percussion, la sen-
PANCRÉAS, PANCRÉATITE.
sation d'élasticité ou dé résistance des parties sous-jacentes au doigt percuté.
La palpation sert en outre à l'exploration des viscères de l'abdomen et des tumeurs qui s'y développent; elle révèle souvent leur degré de sensibilité, leur situation, leur étendue et leur forme, leur mobilité ou leur fixité, leur consistance, leur élasticité, leur fluctuation, et le passage, dans une autre cavité, de liquides que la pression refoule. .J'ai rappelé soit au mot Abdomen (p. 10) soit à propos des divers organes, et au mot Tumeurs, les services que peut rendre la palpation immédiate ou médiate; des redites seraient inutiles. Je rappellerai seulement que, pour la palpation abdominale, le malade doit être couché sur le dos, les jambes et les cuisses étant maintenues demi- fléchies, la tôte relevée par des coussins, et les muscles dans un complet relâchement, ce qu'il n'est pas toujours facile d'obtenir. La palpation abdominale est rendue plus difficile par la sensibilité exagérée ou par l'épaississement accidentel des parois du ventre (embonpoint, œdème, phlegmons), ou par une ascile ; tandis qu'elle est au contraire facilité par la flacciditée de ces parois par suite de la maigreur ou de grossesses antérieures, ou bien après la paracentèse.
PALPITATIONS. — Les battements exagérés du cœur qui caractérisent les palpitations sont quelquefois visibles au niveau de la région précordiale, dont les parois sont soulevées dans une étendue plus ou moins grande. Le plus souvent, les battements du cœur, dont le malade a conscience, se font sentir sous la main appliquée à la région du cœur, ou bien soulèvent l'oreille ou le stéthoscope de l'observateur.
Parmi les conditions pathologiques des palpitations, il n'en est aucune pour laquelle ce symptôme soit pathognomonique. Il faut chercher ces conditions dans les affections du cœur ou du péricarde, dans un simple état fébrile, dans certaines maladies des organes respiratoires, ou dans une état nerveux primitif ou secondaire.
L'endocardite , la pericardite, les rêtrâcisscmtmts des orifices du cœur, son hypertrophie simple, habituellement rencontrée comme complication de l'emphysème pulmonaire, et plus rarement les insuffisances, sont les aflections cardiaques dans lesquelles on rencontre les palpitations comme symptôme. Elles ont pour caractère de revenir par accès dans la péricardite aiguë. — Les palpitations surviennent dans la première période de Y asphyxie, par le fait de la fièvre; mais celles qui donnent souvent lieu à des interprétations erronées sont les suivantes.
Les palpitations yicrvcuscs sont extrêmement fréquentes , indépendamment de celles que produisent accidentellement la marche rapide et les émotions vives. Elles sont le plus souvent liées à des anémies de cause diverse, parmi lesquelles la plus singulière est la cachexie dite exophthahnique (Voy. p. 160). Les palpitations nerveuses secondaires se rencontrent encore dans les dyspepsies (Chomel), avec des entozoaircs des voies digestives , et dans des névroses de nature diverse, comme dans Yhystèrie et Yètat nerveux.
PALUDÉENNES (Maladies). — Voy. Intermittentes (Affections).
PANCREAS, PANCRÉATITE. — Cet organe a non-seulement pour fonctions de présider à la digestion des matières azotées laissées intactes par l'estomac, comme l'a si bien démontré L. Corvisart, mais encore de transformer l'amidon en sucre, et d'émulsionner, par le suc qu'il sécrète, les matières grasses des aliments qu'il rend aptes à être absorbées par l'intestin. Or, la perturbation de ce dernier fait physiologique et la manière dont se fait la sécrétion du suc pancréatique sont les deux particularités les plus utiles au diagnostic des maladies du pancréas.
PAPULES, PAPULEUSES (Maladies).
L'inflammation aiguë (pancréatite), le cancer, les calculs, les kystes, et les flux de cet organe constituent toute sa pathologie.
Le diagnostic de la pancréatite, étudiée par Bécourt (Thèse, Strasb., 1830) et Mondière (Arch. de méd., 1836), est fort difficile, parce que ses symptômes sont rarement isolés. Us consistent en une douleur épigastrique s'irradiant vers l'hypochondre droit, en une diarrhée de matières ressemblant à de la salive, peut-être avec tension du ventre. Un antécédent important à noter dans les faits observés , c'est que , dans tous , la maladie était due à l'usage du mercure. Mais pour tirer parti de ce fait, il faudrait soupçonner l'existence de la pancréatite; or, la constatation des matières comme salivaires des garderobes pourrait seule en donner d'abord l'idée, si l'on n'en était pas détourné par les symptômes inflammatoires dont le foie et l'estomac sont aussi le siège. La formation d'un abcès pancréatique s'ouvrant dans l'estomac , comme on l'a observé (Fauconneau-Dufresne , Union méd., 1817), n'est guère faite pour éclairer le diagnostic , qui ne saurait être que soupçonné. — La pancréatite chronique donnerait lieu à une salivation continuelle, selon Mondière.
Cette salivation d'une matière salivaire transparente , comme sirupeuse , rendue par expuition , la présence dans les selles de matières grasses non émulsionnées (par défaut de suc pancréatique), signe indiqué depuis longtemps par Bright, et constaté par Cl. Bernard, Eiscnmann (de Prague), Lussana, GeffreyMarston, etc., et enfin Y amaigrissement, sont les signes principaux des autres affections du pancréas. Mais je dois dire que ces signes ne sont pas constants et que l'obscurité du diagnostic est d'autant plus grande que l'organe n'est pas accessible à l'exploration par le palper épigastrique , dans l'état sain, et que , dans le cas où il se forme une tumeur , celle-ci est facilement prise pour une tumeur de l'estomac (Voy. Cancer du pancréas, p. 178).
PAPULES , PAPULEUSES (Maladies). — Les petites saillies pleines et fermes, acuminées ou aplaties, rosées ou sans changement de couleur de la peau, qui constituent les papules cutanées , et que l'on rencontre quelquefois aussi au niveau de certaines muqueuses visibles, doivent être envisagées d'une manière générale au point de vue du diagnostic.
En dermatologie on ne comprend que le strophulus , le lichen et le prurigo dans les affections papuleuses; mais le clinicien rencontre souvent des papules en dehors de ces trois états morbides. — Les taches rosées de l'abdomen observées dans la fièvre typhoïde sont quelquefois assez proéminentes pour constituer des papules rosées. — Dans certaines fièvres éruptives au début de l'éruption, comme dans la rougeole et la variole, les papules de l'éruption donnent quelquefois lieu à des erreurs de diagnostic. La rougeole dite boutonneuse peut, en effet, être caractérisée par des papules discrètes plus ou moins rapprochées qui ressemblent à l'éruption d'abord papuleuse de la variole ; et j'ai vu prendre pour une varioloïde une éruption généralisée (quoique relativement discrète) de taches rosées dans un cas de fièvre typhoïde; cependant le fait est très-rare.
Il est clair que de pareilles erreurs ne peuvent se commettre que par suite d'un examen incomplet, et sans que l'on tienne un compte suffisant des prodromes et de l'ensemble des phénomènes morbides, à moins que ces phénomènes soient incomplets ou mal accusés, ce qui se voit assez souvent dans les maladies fébriles à leur début. L'hésitation est alors naturelle. Quant à la variole, elle a un caractère précieux qu'il ne faut pas négliger, c'est l'existence de papules à l'isthme du gosier, où elles se montrent souvent, alors qu'elles ne sont pas encore suffisamment accusées à la face.