PARALYSIES
incomplète, les mouvements qu'il désire exécuter ou qu'on lui prescrit, pour que les paralysies des muscles de relation soient aisément constatées, à la condition toutefois d'éviter les eauses d'erreurs qui seront rappelées lout à l'heure ; tandis que les paralysies des muscles de la vie organique se révèlent par des trouble* fonctionnels auxquels ces muscles participent, troubles très-variés suivant les organes, et qu'il n'est pas toujours facile, comme on le verra plus loin, de rapporter à leur véritable cause.
D'autres éléments de diagnostic au niveau des parties paralysées, principalement des membres, résultent, dans certains cas, de l'abaissement manifeste de leur température, de la faiblesse ou de l'anéantissement presque complet de la circulation, de la sécheresse de certaines muqueuses (conjonctive), de la sécheresse de la peau qui peut devenir squameuse dans les paralysies anciennes, de l'infiltration œdémateuse des membres paralysés, de l'incontinence ou de la rétention des excrétions intestinales ou vésicale, de l'excrétion de la salive, etc.
Enfin, outre l'inspection dont j'ai parlé plus haut, on peut encore tirer parti de l'exploration des muscles par la palpation qui juge de la flaccidité ou du volume de ceux qui sont afleclés, et de l'emploi de Yélectrisation localisée, qui fournit des signes que j'ai rappelés ailleurs (p. 324), et sur lesquels j'aurai à revenir.
J'ai dit que la constatation des paralysies des muscles de la vie animale était facile. Mais il y a quelques restrictions à faire à cette règle, car il y a des états pathologiques qui rendent les mouvements difficiles ou impossibles, et qui ne sont pas des paralysies, mais des pseudo- paralysies. J'ai appelé déjà l'attention sur ce point à propos de la myotilité (p. 060), mais je dois revenir sur cette question et la compléter.
La vraie paralysie est simulée, en effet, par Y immobilisation d'un membre, suite de lésions articulaires ou osseuses, ou de douleurs locales exaspérées par les mouvements, ou bien par une contracture permanente : il me suffit de rappeler ces causes d'erreur, trop grossières pour être méconnues. Cependant l'existence d'une contracture ne devra pas faire rejeter absolument l'idée d'une paralysie, car la contracture se montre quelquefois au niveau d'un membre paralysé. Des difficultés d'appréciation plus délicates peuvent se présenter : lorsqu'il y a défaut de coordination des mouvements simulant un affaiblissement paralytique; ou lorsque l'individu, par le fait d'une perte de connaissauce ou d'un état comateux, présente une immobilité générale qui peut dépendre ou non d'une paralysie; ou bien enfin lorsqu'il y a abolition, non de la myotilité, mais du sentiment d'activité musculaire, c'est-à-dire une anesthésie spéciale des muscles
Il est très-important de tenir compte de ces diverses particularités, dont la dernière, décrite ailleurs (Voy. p. G2), fait que le malade ne peut exécuter certains mouvements musculaires qu'à la condition d'en suivre des yeux l'accomplissement.
Lorsque la paralysie est simulée par un défaut de coordination des mouvements, comme dans certaines paralysies généralisées ou dans les faits compris par Duchenne sous la dénomination à'ataxie locomotrice progressif (Voy. p. 105), les mouvements sont incomplets, irréguliers, saccadés; mais la main ne serre pas avec moins de force qu'à l'ordinaire; les membres inférieurs supportent le poids du corps sans fléchir, et, s'il y a des chutes, c'est parce que les mouvements de locomotion sont mal exécutés, et non parce qu'ils manqueut d'énergie, line faut pas oublier cependant qu'un véritable affaiblissement muscu-
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laire peut coïncider quelquefois avec ce défaut de coordination des mouveipenis volontaires.
L't paralysie peut n'être qu'apparente dans les cas de perte de connaissance ou de coma, dans une profonde ivresse, dans le narcotisme, dans une violente commotion du cerveau. On conseillait de pincer ou de piquer les membres pour s'assurer de leur sensibilité et surtout de leur faculté motrice. Mais les mouvements qui se manifestent en pareil cas, sous l'influence de l'excitation , dans un membre d'abord immobile, ne prouvent pas qu'il y a absence de paralysie, mais seulement que les mouvements réflexes automatiques sont conservés, et que la sensibilité cutanée n'est pas abolie. Quand cette sensibilité cutanée est éteinte, les mouvements réflexes, nuls par la piqûre ou le pincement, peuvent être provoqués par l'excitation électrique des muscles.
Les antécédents, qui comprennent les causes, l'invasion et l'évolution des phénomènes paralytiques, constituent des particularités de la plus grande valeur. L'apparition subite ou graduelle de la paralysie, soit seule, soit avec d'autres symptômes plus ou moins nombreux, et principalement avec ou saus symptômes cérébraux, l'état slationnaire ou progressif des phénomènes, leur fixité ou leur extension graduelle, donnent à la paralysie une diversité d'allures dont il faut grandement tenir compte.
Mais pour décider à quelle paralysie on a affaire, il faut avoir présente à l'esprit la nomenclature méthodique des espèces qui oui été jusqu'à présent constatées. Or, pour en arriver h se prononcer sur ce point difficile, il faut songer successivement aux paralysies dues à des lésions matérielles des centres nerveux, des nerfs, des muscles ou des troncs vaseuf aires ; et, en cas d'exclusion, aux paralysies sans lésions appréciables, dites dynamiques, nerveuses, réflexes, etc., et parmi lesquelles il faut admettre des paralysies symptomatiques ou secondaires, et des paralysies idiopathiques ou primitives.
Voyons quels sont les groupes de caractères qui, pendant la vie, peuvent permettre de formuler le diagnostic des paralysies comprises dans ces trois catégories.