I. Parasites animaux
Il a été question ailleurs (Voy. Entozoaires, Hydatides, Bactéries) des animaux parasites vivant à l'intérieur des organes profonds de l'économie. Je vais m'occuper ici des parasites plus superficiellement placés : des épizoaires, qui vivent sur la peau ou dans la peau ; des parasites qui vivent sous la peau ou dans certains organes facilement accessibles à l'exploration, et enfin des animaux infnsoires que contiennent les liquides excrétés.
A. — Les épizoaires vivant sur la peau comprennent les poux, la puce, la chique, les tiques, largas et le rouget (Moquin-Tandon, Éléments de zoologie médicale, 1800).
ln Les poux comprennent quatre espèces différentes : le pou de la tôle, le
pou du corps, le pou des malades et le pou de pubis. — Le pou de tête, fig. 156, qui se rencontre principalement dans le jeune âge, provoque , par sa présence sur le cuir chevelu, des démangeaisons plus ou moins vives et, comme conséquence du grattage, l'irritation du cuir chevelu et la persistance des éruptions concomitantes. La présence du parasite et les lentes ou œufs, qui se fixent aux cheveux, sont caractéristiques et de constatation vulgaire. — Le pou du corps, fig. 15", qui s'accompagne également de lentes, se rencontre également chez l'adulte et
surtout chez le vieillard. Il produit des démangeaisons et des papules discrètes (prurigo pêdiculaire), comme le pou des nialades, qui donne lieu à une maladie particulière (Vojy. Phthiriase). — Enfin le pou du pubis, fig. 158, peut occuper toutes les parties velues du corps (pubis, aisselles, barbe, cils), excepté le cuir chevelu. Plus petit que les précédents et adhérant fortement aux poils, ainsi que ses œufs, il provoque sur la peau des granulations rouges, et îles éruptions prurigineuses ou eczémateuses.
2° La puce commune, fig. 150 et 1l'»0, outre les phénomènes immédiats que produit sa piqûre, c'est-à-dire la sensation désagréable et la petite élevure
I ig. i'j6. — Pou do la téte. — A, femelle. B. ••xlrémitt; iwMérieuro du mule. C, lente attachco à un cheveu.
/ it/. Iii7.
Pou du corp».
Fi»;. — Pou <lu |> il>i«.
rouge qui en résultent dans la partie atteinte, fait développer quelquefois des plaques analogues à celles de l'urticaire chez les individus à peau fine et délicate. Plus fréquemment ce parasite occasionne des phénomènes locaux plus persistants. Ce sont des taches rondes, rosées, du diamètre d'une lentille, et qui pourraient être confondues avec les taches rosées lenticulaires de la fièvre typhoïde. Elles s'en distinguent cependant en ce que leur centre présente un petit point ecchymotique plus foncé, qui correspond à la piqûre el qui persisle après la disparition des taches. Ces petites ecchymoses violacées uni toutes le même diamètre, ce qui empêche de les confondre avec des pélérhies.
3° La femelle de la
chi({ue, fig. 161 et 10:2, ou puce pénétrante (pulex penetrans), qui ne s'ob serve que dans les pays intertropicaux, particulièrement à la Guyane et au Brésil, est plus petite que la puce ordinaire. Quand elle est fécondée, elle pénètre principalement dans la peau du talon ou sous les ongles
Fiij.
'). — Puce ordinaire. — a b, (femelle, t. a'uf.
m ."île.
Fie. 16U. — Appnrvil buccal de la puce ordinaire, d'u|irè* Mnquin-Tandon.— A, tôle : a, mâchoire gauche, b, mandibules. C, pal[>c labial gauche, d, palpes maxillaires, li, rontelle développé : a, a, mAchoircs. b, b, mandibule*, c, lèvre inférieure. C, extrémité d'une mandibule.
Fig. 161. — Puce chique, d'après II. Karsten.
h'iij. 161, — Chique gorgée, d'après H. Karslen.
des doigts de pied, dans le but de loger et d'alimenter ses petits. Un léger prurit et un point noirâtre indiquent le point où s'est faite cette pénétration ; et si l'insecte n'est extrait, son ventre forme un sac en forme de kyste, qui prend le volume d'un pois ou d'une fève. La tumeur qui en résulte s'ouvre à l'extérieur et laisse écouler du pus sanieux mélangé des œufs de l'insecte, sous forme de globules blancs. L'ulcère peut acquérir une grande gravité et se compliquer, a-t-on dit, de carie des os ou de gangrène.
4° Les tiques, fig. 163, s'attaquent rarement à l'homme. Elles enfoncent leur bec dans la peau où il se fixe solidement, et absorbent une assez grande quantité de sang pour que leur corps, très-extensible, puisse acquérir le
766 PARASITES. — parasites animaux.
volume d'une lentille en formant une saillie livide qui les fait reconnaître. EUes produisent d'atroces démangeaisons ou des douleurs assez vives. 5° Les argas, fig. 104, sont des arachnides analogues à nos punaises,
mais se fixant au corps de l'homme à la manière des tiques. Ils se rencontrent en Perse et en
Colombie et produisent une vive douleur On les croit susceptibles de déterminer la consomption et
Fig. 163. — Tioue [Ixodes Kv mu s , Latr).
Fig. 164. — Argas de Perso (d« grandeur naturelle et grossie).
Fig. 165. — Hougrl.
même la mort (Fischer) . Suivant Gerstaeker, Yargas reflexus, qui vit sur les pigeons et les oiseaux de basse-cour, déterminerait des accidents analogues â ceux que provoque V argas persicus {Gaz. hebdom., 1800).
G0 Le rouget , fig. 105, qui n'est qu'une larve de trombidion, et qui est assez commun en France de la mi-juillet à la mi-septembre, est connu des habitants des campagnes. Il est à j)eine visible à Vœil nu et de couleur rouge écarlate, il s'insinue sous la peau, à la racine des poils, et de préférence a la partie interne des cuisses et du bas-ventre. Il occasionne des démangeaisons vives, brûlantes, insupportables ; la peau se gonlle et devient rouge, quelquefois même violacée, ou le siège d'un exanthème ou même d'une inflammation jjtistuleuse et l'ésiculcuse.
R. — Parmi les êpizoaires qui vivent dans la peau, on compte : le sa rco/>te ou acare de la gale (Voy. p . 425)-, Vacaropse, ou cheylète de Méricourt, fig. 166,
observé à Terre-Neuve par de Méricourt dans du pus provenant du conduit auditif et chez un malade affecté d'un exanthème; et le démodex, arachnide acarien à forme helminthoïdc (Voy. p. M) qui occupe les follicules (Simon, Henl.e),dans le voisinage du nez principalement, mais ne déterminant aucune action morbide.
Le sarcopte de la gale est aujourd'hui parfaitement connu, grâce aux
I tu. h>0. — Clurvlrt.; d« Mcricourl. 1 , , , „. 7 ~
travaux de Aube, lfcett, Cazenave, Gras, Hébra, Piogey., Rayer, Bourguignon, Lanquetin, Robin, etc. Ce parasite est considéré à juste titre comme l'origine de la gale, affection essentiellement parasitaire, et non constitutionnelle {Voy. Gale). Il règne parmi les Arabes une affection prurigineuse produite, suivant Judée, par un acarien voisin du dermanisy et qui ue creuse pas de sillon dans l'épiderme. Il se voit sur la peau
et jusque sur les vêtements comme des petits points noirs qui cheminent avec vivacité. Une affection analogue, sinon semblable, a été observée en 1866 par Rouyer sous forme épidémique chez des paysans de l'Indre occupés à rentrer des blés altérés par l'humidité. Une rougeur de la peau, avec éruption miliaire et prurit, se dissipait en quelques jours après des lotions vinaigrées ; ces phénomènes étaient dus à un parasite, formant aussi des points noirs se mouvant sous les yeux de l'observateur. Ces points noirs, retrouvés par Robin sur le blé malade, étaient des nymphes d'un acarien dont il n'a pu voir l'animal parfait (Soc. de bioL, 1867).
Il n'existe pas en Norwége, comme on l'a cru d'abord, un sarcopte particulier de la gale. Mais on a reconnu en France que les sarcoptes du cheval, du chameau, du bœuf, du lion, du chien et du chat pouvaient se développer'sur l'homme, et lui donner une maladie cutanée analogue à celle de l'animal.
Enfin on a trouvé sur le corps de l'homme plusieurs autres acariens imparfaitement connus, ou considérés comme accidentellement déposés sur sa peau, comme les acariens qui existent en abondance sur les volatiles de basse -cour (dermanysses vulgaires). Raynal et Lanquetin ont observé la transmission du sarcopte mutans des volailles à l'homme (Acad. de méd., juin 1859).
C. — D'autres parasites rangés parmi les entozoaires, comme la filaire de Médine ou dragonneau , le distome hépatique, le trichina spiralis, les hydatides , les cysticerques et les œstres ou œstrides de diptères, se développent sous la peau ou dans des organes superficiels. Il en est de même des larves de mussides, ou des insectes non parasites qui se trouvent accidentellement dans certaines cavités plus ou moins profondes, où leur présence pourrait être méconnue.
1° La filaire de Médine ou dragonneau, fig. 167, a le volume d'un la de violon et 0m,5U à plusieurs mètres de longueur; elle est d'un blanc de lait. Elle a été principalement observée en Afrique ainsi qu'en Amérique ; elle est très-rare en Europe, mais elle peut s'y observer chez des individus qui viennent des contrées où elle est commune ; car après avoir pénétré dans un point quelconque des tissus (ordinairement superficiels) elle met un temps assez long à se développer.
Un prurit sous-cutané, qui augmente et finit par devenir insupportable, l'apparition d'une espèce de cordon sous-cutané ressemblant à une veine variqueuse mobile, des douleurs atroces, parfois un peu de fièvre, un petit abcès souvent acuminé, terminé par une vésicule ou par un point noir entouré d'une auréole brunâtre, et qui s'ouvre pour donner issue à un liquide séreux ou purulent, enfin l'apparition d'un filament blanchâtre qui est le ver lui-même ; telle est, selon Moquin-Tandon, la succession des symptômes observés. 11 est essentiel d'enrouler successivement le ver au dehors sans le rompre, car sa rupture entraîne des accidents graves. On ignore d'ailleurs comment se fait la pénétration du parasite, qui se montre presque toujours aux pieds, et dont le siège aux jambes, aux cuisses, au scrotum et à la main est d'autant plus rareraeut observé dans ces parties, qu'elles sont situées plus haut. '
7 /</. 16". — tCmbryotn àt lu litnirc do Illumine. — l,vua au grossissement de 65 diamètres; 2, tête vue au grossissement de 350 diamètres; 3, fragment présentant la nuisance de la queue. En a, l'ami* (Davaine).
768 PARASITES. — parasites animaux.
On n'a jamais constaté la filai™ dans les cavités splanchniques, mais on t'a trouvée assez fréquemment dans l'œil (dans la glande lacrymale, sous la conjonctive, dans le cristallin), dans le nez, la langue , sous la mamelle, au scrotum, à la verge, dans l'aine, à la main.
La diagnostic de l'existence de lafilaire, dilDavaine (Traité des Entozoair es, 18G0, p. 719), est quelquefois fort difficile, et ce n'est que par l'apparition d'une portion de ver au dehors qu'on reconnaît la nature du mal. Sous la conjonctive, la filaire se laisse facilement apercevoir. Lorsqu'elle est superficiellement placée sous la peau, à la verge par exemple, et qu'elle détermine des douleurs, elle pourrait être prise pour une veine ou pour un vaisseau lymphatique enflammés; dans l'aine, la tumeur qu'elle produit a pu être confondue avec le bubon ; enfin dans certains organes, comme le nez ou la langue, la filaire n'a été reconnue que par son apparition au dehors.
2° Le distome hépatique (Voy. Entozoàires, p. 365, fig. 47) a été trouvé chez l'homme, non-seulement dans la veine porte (Duval), mais encore dans des tumeurs extérieures situées à l'occiput (Penn Harris) , à la plante du pied (Giesker et Frey), derrière l'oreille (Fox), à la région hypochondriaque droite (Dionis des Carrières). Davaine, qui rapporte ces observations, pense que, malgré la position sous-cutanée de ces tumeurs, le parasite entraîné avec le sang a pu arriver dans les vaisseaux périphériques et, en s'y arrêtant, devenir le point de départ des phénomènes qu'occasionnent les corps étrangers. L'existence possible du dislome hépatique dans le système circulatoire (prouvée par le fait de Duval) lui semble autoriser celte manière de voir (Ouv. cité , p. 323).
3° Il peut exister dans les parties superficielles du corps, dans les muscles, un parasite dont j'ai parlé ailleurs; c'est le trichina spiralis (Voy. Trichinose). Je me contente de rappeler encore comme pouvant être constatés à l'extérieur, certains kystes hydatiques, et les cysticerques de la langue ou de l'œil.
4° Moquin-Tandon (ouv. cité) a réuni les faits connus relatifs aux œstres ou cpstrides d'animaux particuliers à l'homme, qui peuvent être déposés dans différentes parties accessibles de son corps, principalement sous la peau. C'est surtout en Amérique que l'on observe les faits de ce genre. Les diptères qui déposent leurs larves (ou œstres) sous la peau paraissent
être des cutérèbres, fig. i08; mais il n'est pas sur qu'ils se rapportent à une seule et même espèce. « Lorsqu'une larve commence à se développer dans un point quelconque de la peau, dit Moquin-Tandon, on éprouve une faible douleur, et l'on distingue à l'endroit du gisement un léger gonflement, percé d'un petit trou, duquel suinte un peu de sérosité. A ce moment, il est facile de se débarrasser
fig. 16$. - Culerebre nuisible [i). et sa j,. •. r • «• • «
larve [«). du parasite : une friction mercunelle, un peu
d'ammoniaque, suffisent pour le tuer. Si l'on néglige ces moyens curatifs, l'animal grossit avec rapidité, s'enfonce plus profondément dans le tissu, et occasionne une tumeur de plus en plus forte et de plus en plus douloureuse. On est forcé alors de recourir à l'extraction. »
5° D'autres faits très-remarquables et des plus graves, que je crois devoir rappeler ici, quoique Moquin-Tandon leur dénie les caractères qui constituent le parasitisme (ouv. cité), sont ceux dans lesquels un diptère musside ou mouche hominivore, fig. 109 et 170, pénètre dans les cavités naturelle* al en particulier les cavités nasales, où il dépose des larves qui se développent
dans les sinus frontaux, et plus rarement dans d'autres parties du corps. On trouve dans les Archives de médecine (1858, t. XI) un intéressant travail sur ce genre de parasitisme , dû à Coquerel , chirurgien de la marine. Le premier il a pu donner les caractères du di-
ptère (lucilia Fi,h 10o. Mouche homi.
hominivorax )
nivore.
Fiy. 1 70. — Larve de mouche hominivore. — a, larre. b, ton extrémité antérieure, e, crochet.
qui a produit
des accidents caractéristiques à Cayenne, où ils ont été observés aussi par Saint- Pairet Chapuis. Mondière, chirurgien de la marine, a constaté, en 1861 , des larves d'œstrides dans des tumeurs furonculeuses multiples développées chez des soldats (Gaz. hebdom., 1862).
Coquerel résume ainsi les symptômes observés au niveau des fosses nasales : * Au début, fourmillement dans les fosses nasales, céphalalgie sus-orbitaire intense; bientôt gonflement œdémateux de la région nasale, se prolongeant plus ou inoins loin sur la face; épistaxis abondantes ; douleur sus-orbitaire toujours plus vive (coup de barre de fer); issue d'un certain nombre de larves, soit par les narines, soit par des ulcérations qui se produisent sur le nez ; symptômes généraux indiquant une réaction inflammatoire des plus vives, propagation de la phlegmasie aux enveloppes cérébrales ou au cuir chevelu, et mort du sujet. Dans les cas les plus favorables, guérison avec perte de substance plus ou moins étendue, et cicatrisation plus ou moins difforme de la région nasale. » Chapuis a plusieurs fois constaté des larves, non-seulement dans les fosses nasales, mais' encore dans le conduit auditif et même dans le grand angle de l'œil.
La sortie spontanée des larves par les narines, ou leur présence dans les solutions de continuité qui se forment à l'extérieur, sont le signe pathognomonique de la maladie, qui serait prise d'abord facilement pour un érysipèle de la face si l'on ne songeait pas aux larves de diptères, et si la pénétration de l'insecte ailé dans les cavités nasales avait eu lieu pendant le sommeil et à l'insu du malade.
De ces accidents, qui ne sont pas rares dans les pays interlropicaux , on doit rapprocher, comme analogues, ceux de l'affection décrite dans l'Inde sous le nom de Peenash, et, parmi les faits qui ont été observés en Europe, ceux de Roulin (Cruveilhier, Anat. pathol. gé»êr.,i. II) et de Cloquet, dans lesquels des larves nombreuses se développèrent dans différentes parties du corps, où elles avaient été déposées par la musca carnaria pendant un sommeil dans la campagne ; ceux de d'Astros, d'Aix (1818), de Loçxand du Saulle (Acad. des sciences)^ qui se rapportent à des larves déposées dans les sinus frontaux; celui de Mac-Gregor (Lond. med. and phys. journ., 1830) relatif à des larves déposées dans les sinus maxillaires d'un homme syphilitique ; ceux de Chevreuil, d'Angers (larves dans le conduit auditif), et Lallemand (larves dans le vagin), etc.
6° Enfin on a rapporté des faits dans lesquels les narines, le conduit auditif et les voies lacrymales ont été envahis non plus par des larves, mais par des insectes parfaits, qui donnaient lieu à des accidents douloureux, parfois extrê-
Woillez. — Dict. de Diagn Le édil. „ 49
PARASITES. - PARASITKS VÉGÉTAUX.
memenl graves. Ce sont principalement les myriapodes et certains coléoptères, parmi lesquels on a signalé les perce-oreilles, qui ont donné lieu à ces accidents. Hope a cité un cas de mort produit par la présence, dans les fosses nasales, d'un tênèbrion de la farine.
D. — On a aussi observé des parasites infusoires dans les produits de sécrétion du corps de l'homme ; et cela devait être, puisque ces animalcules se développent partout et dans tous les temps, au sein des corps vivants comme au milieu des corps inorganiques. On a rencontré : 1* sur les plaies dont les sécrétions étaient altérées, des vibrions; 2° dans les mucosités intestinales, les paramécies, les vibrions, et la eercomonade de Davaine {Voy. fig. 49, p. 365), trouvée dans les déjections cholériques et qui meurt dès qu'elles se refroidissent; 3° dans l'écoulement vaginal ancien ou de nature suspecte, la trichomonade vaginale (Voy. fig. 51, p. 3G6 [Donné, Desjardins), dont la présence coïncide avec des bulles d'air donnant un aspect écumeux aux mucosités (Donné); 4° dans le tartre des dents ou dans l'enduit muqueux de la langue, étendu i d'eau distillée préalablement chauffée, la virgnHnc, et des vibrions particuliers; enfin dans le lait présentant une coloration en bleu ou en jaune, le vibrion cyanogène (Kurhs).
Tous les végétaux parasites qui croissent sur les animaux vivants sont les plus simples qu'on puisse connaître : ce sont des plantes cellulaires : des algues ou des champignons. Ch. Robin en a fait une élude approfondie (Hist. nal. des végétaux parasites, 1853) et, ainsi que Bazin (Leçons sur les aflect. cutanées parasitaires, 1858), il leur attache une grande importance palhogéniqua. Cette importance est incontestable dans un bon nombre de cas, surtout dans les tkignes, mais il en est d'autres dans lesquels le végétal ne parait jouer qu'un rôle secondaire ou accidentel.
On doit reconnaître, en effet, que dans les maladies cutanées parasitaires, il y a très-souvent doute sur les relations de cause à effet entre la constatation du parasite végétal et les lésions locales. D'ailleurs le miscroscope n'a pas toujours démontré la présence du parasite attribué à une maladie cutanée, soit au début de celle maladie, soit dans sou cours, même lorsqu'elle était vierge de tout traitement. Bazin dit que, dans le diagnostic des affections parasitaires, l'examen au microscope lève ordinairement tous les doutes; il y a donc des cas dans lesquels il ne constate pas le parasite. C'est au reste un fait admis par Ch. Robin lui-même (Km. Tarnier, Thèse, 1859).
Si l'on ajoute à ce défaut de la preuve microscopique le fait contraire de la constatation du parasite au niveau de lésions cutanées d'une toute autre nature que celle qui en est considérée comme l'effel nécessaire, on ne saurait suivre provisoirement Bazin dans tous les développements d^ sa dermatologie parasitaire. Les teignes, comme je l'ai dit précédemment, doivent être rattachées, comme effets, au parasitisme végétal. Les crasses parasitaires de Bazin (« Pityriasis versicolor, pyliriasis nigra, chloasma ou macula gravidarum, tac hes hépatiques, éphélides lenticulaires, etc. ») ne sauraient être assimilées, ainsi qu'il Ta fait, comme autant d'effets du miscrosporon fur fur, fig. 172. Ils en seraient des effets par trop divers. Hardy, quoique partisan de la doctrine du parasitisme, Considère d'ailleurs le pityriasis versicolor comme une affection constitutionnelle; et en l'admettant même comme dû au microsporon furfur, que l'on retrouve en effet au niveau des taches pilyriasiques, on recherche vainement ce parasite au niveau «les taches bistrées des femmes grosses (macula gravidarum) et «les éphélides. A plus forte raison ne saurail-on admettre, avec Bazin, que ■ beau-
coup d'altérations, désignées sous le nom de pourritures, de gangrènes, mêlanoses des muqueuses ou des ulcères, etc., sont produites par des champignons qui se développent sur ces surfaces > (Ouv. cité, p. il 7).
Les végétaux parasites ont des caractères qui ne peuvent être constatés qu'à l'aide du microscope, puisque les dimensions de leurs éléments ne se mesurent que par centièmes ou millièmes de millimètre. Toutefois en se groupant ils produisent sur la peau, sur les cheveux ou les poils, sur les muqueuses, ou dans certains liquides, des agrégats solides, des furfures, des pseudo-membranes ou des sédiments dont l'aspect seul fait deviner ou soupçonner le parasite. Il faut même avouer que, sans ces données extérieures, les signes microscopiques, tout en révélant un végétal parasite, seraient très-fréquemment insuffisants pour permettre d'en établir l'espèce.
On ne saurait nier, en effet, que les végétaux en question, reconnaissables comme espèces lorsqu'ils sont entiers, ne s'offrent le plus souvent à l'observation que par éléments isolés qu'il serait facile d'attribuer à des espèces différentes. Ce doute, que j'ai exprimé en étudiant le parasitisme (1re édit.), a été franchement formulé depuis par différents observateurs, entre autres par Ernest Rallier, qui a admis que les différences des végétaux microscopiques résultaient simplement de Yhabitat ou des lieux différents où le même champignon est transplanté.
Quoi qu'il en soit, les éléments de ces végétaux ne sont qu'au nombre de trois : 1° le mycélium, qui représente le système végétatif, sous forme de tubes ayant 0mn,,00:2 à 0nuu,003 de diamètre, avec une longueur et des bifurcations variables; son examen seul ne saurait servira distinguer les espèces, snivant Ch. Robin; 2* les filaments tubuleux réceplaculaires, réceptacles, tubes sporophores, qui présentent beaucoup de variétés depuis le tube vide jusqu'au tube rempli de spores, qui semblent quelquefois par leur accumulation bout à bout dans le tube transparent former un tube cloisonné ; 3° enfin les spores, sporules, sporidies, corps producteurs de tous les cryptogames, qui sont très-souvent le seul élément que l'on puisse recueillir, et dont le volume variable n'est évidemment pas suffisant pour en faire déterminer l'espèce.
Quoi qu'il en soit, je vais indiquer quels sont les végétaux parasites admis comme incontestables, et les conditions dans lesquelles on les rencontre. Je ferai préalablement remarquer qu'on les trouve sur la peau, sur les muqueuses, ou dans les liquides expulsés de l'économie.
A. Parasites végétaux de la peau.
Ce sont des champignons, à part l'algue leptomitvs Spider midis, découvert par Gubler sur une main blessée, soumise à l'irrigation continue, et que je ne fais que mentionner. Les champignons ont une tout autre importance. Ils comprennent le trichophyton de Malmslen; trois espèces demicrusporon (d'Audoin, mentagrophyte, furfur), l'achorion de Schœnlein, et la puccinie du favus.
1° Le trichophyton tonsurant de Malmsten, ftg. 171, est uniquement
rnmiW iIp snorps rondos nu nvilp*! 17 L "* TricbopbyUw Iuuumdl. — a, cheveu
COinpOSe lie Spores rontlCS OU OVaieS, ma|ado rompu eu un point, b , lllament iuouili-
tranSpareilteS et incolores, de Om,n ,003 à forme constitué J>ar des spores superposées.
0™»,0U5 de longueur (quelquefois e> *pore' ,ibrM*
U,,,IM,007 à On,<D,OlO) sur 0"",Oûa à O^oot de largeur et donnant naissance à
PABASITES.
des filaments articulés moniliformes (Gruby, Acad. des se, 4844). 11 occupe Y intérieur de la racine des cheveux, et les rend plus fragiles. — Il a été signalé par Gruby comme le cryptogame propre à la teigne tondante de M a h un, et particulièrement étudié par Bazin (Voy. Teignes). Mais on le trouve à la fois dans celte teigne tonsurante, dans la mentagre et Yherpes circiné, ce qui a fait proposer à Hardy de réunir ces trois affections sous la dénomination commune de trichophytie.
2° Le microsporon d'Audoin présente des spores rondes ou ovales, plus petites que celles du trichophyton, les spores rondes ayant 0mm,001 àOaMD,005, et les ovales 0œn,,00i à Om,008; elles sont adhérentes à des tubes et filaments ramifiés ainsi qu'à leurs branches. L'agglomération de ces végétaux engalne les cheveux libres, autour desquels ils forment une couche épaisse de 0n>m,015. — Il produit comme le précédent une espèce de teigne.
3° Le microsporon mentagrophyte engatnerait, en se groupant, le follicule pileux de la barbe el il différerait du microsporon d'Audoin par des spores plus volumineuses, des filaments et des ramifications plus grandes, ainsi que
par son siège autour du poil dans le follicule,
sans envahir la partie aérienne du cheveu, et sans pénétrer dans son intérieur comme le trichophyton (Ch. Robin). 11 serait le cryptogame propre à la sycose; mais telle n'est pas l'opinion de Bazin (Voy. Teignes).
4° Le microsporon furfur d'Eichstedl, fig. 172, est formé de cellules allongées et ramifiées, et de spores en groupes ou amas ayanl seulement quelques centièmes de millimètre de diamètre ; ces spores, qui réfractent fortement la lumière , se rencontrent principalement au niveau des plaques de pityriasis versicolor. 5° Vachorionde Schœnlein, fig. 173 et 174, est le champignon qui, par son agglomération, conslilue les cupules jaunes du favus. Les spores isolées adhèrent souvent à la surface de la portion implantée du cheveu ou des croûtes épi-
Fig. 17i. — JUicrosporon furfur. — a, portion du champignon, b, spores.
e, sporeB en voie de germination.
Fig. 173. — Acborion Schœnleinii.
Fig. 171. — Aohorion SdnjL-nle.nii. — a, b, lilatnents du réceptacle.
e , d, spores.
dermiques. Les favi forment des cupules d'autanl plus régulières qu'ils sont plus petils et ordinairement traversés par un ou plusieurs cheveux. Ils sont logés dans une dépression de la peau parlant de l'orifice des follicules pileux, et non dans les glandes sébacées qu'ils n'atteignent jamais, suivant Ch. Robin.
Ces favi sont durs, cassants, et leur masse se réduit facilement en poussière, qui est composée : 1° de tubes fluxueux, ramifiés, non cloisonnés, vides, ou
contenant de rares granules moléculaires (c'est le mycélium); 2° de tubes droits ou courbés rarement ramifiés, contenant des granules ou des petites cellules rondes ou des cellules allongées, placées bout à bout, de manière à former des tubes cloisonnés (réceptacles ou sporanges); 3° enfin de spores la plupart sphériques libres ou réunies en chapelet. C'est presque uniquement du mycélium qu'on trouve contre la face interne de la couche extérieure.
Les favi paraissent d'abord comme un petit point jaune au centre d'une élévation de l'épiderme qui tombe ; et si on enlève un favus ancien, il se reproduit avec ténacité. Ils causent des excoriations, l'alopécie par compression et l'atrophie des bulbes pileux. Les squames et les croûtes qui les accompagnent sont composées d'un mélange de cellules épithéliales, de globules de pus desséché, de globules de sang altéré, quelquefois de spores du champignon et de granules moléculaires.
L'apparition de la teigne faveuse est due au transport des spores. Reinak a pu se les inoculer au bras. Il ne faut pas croire, en effet, que les favi ne se développent qu'à la tète (Voy. Teignes).
6° Lu puccinie du favus est un champignon microscopique, couleur brun rouge, se développant souvent en quantité considérable comme végétation parasite du favus. Il se compose de deux cellules conoïdes réunies par leur base, fig.
Iir » • . i» h • i i Fi». 175. — Puceima favi.