‹ Dictionnaire de diagnostic médicalChapitre 258 sur 355 · Ardsten I a signalée aussi dans le pityriasis · texte numérisé non relu

Ardsten I a signalée aussi dans le pityriasis

B. Parasites végétaux des muqueuses.

Toutes les muqueuses, de même que la peau, sont susceptibles d'être le siège de parasites végétaux microscopiques, dont le développement est accompagné quelquefois de signes caractéristiques importants à bien connaître, dans la bouche par exemple. Le plus souvent, c'est l'examen au microscope des liquides excrétés qui révèle le parasite. Ceux dont la germination s'effectue dans la cavité bucca'e sont les plus importants à bien connaître.

1° L'oïdium albicans, fig. 176, 177 et 178, forme en majeure partie les plaques ou couches d'aspect pseudo-membraneux, d'un blanc de lait, qui constituent le muguet (ou blanchet), et que Ton voit apparaître d'abord sous forme d'un pointillé et se développer dans la bouche des enfants et plus rarement des adultes. Des/i/amcnfs tt(5«/e«a:sporifères, cloisonnés d'espace en espace, souvent étranglés au niveaudes cloisons, decouleur légèrement ambrée, ramifiés plusieurs fois, entre-croisés en tout sens, ayant une largeur qui varie de 0mm,003 à 0mœ,005, et une longueur de 0mtn,05 à 0o,B,,06 ; des spores adhérant fortement aux cellules épithéliales du mucus buccal, spores sphériques uu un peu allongées, à bords nets foncés et à centre brillant, d'une teinte ambrée, renfermant une line poussière, souvent un ou deux granules moléculaires mobiles : tels sont les éléments de l'oïdium albicans vus au miscroscope.

On ne considère plus aujourd'hui le muguet comme une phlegmasie particulière, depuis les travaux de Ch. Robin, Berg, Gubler. C'est une affection locale parasitaire, dont le développement est favorisé par une prédisposition générale de l'économie, et par l'acidité du mucus buccal. On le voit principalement apparaître chez les enfants qui présentent des dérangements des voies digestives, et chez l'adulte dans les derniers jours delà vie, particulièrement chez les phthisiques, à la fin des fièvres typhoïdes, des phlébites, des lymphangites mortelles, etc.

Le muguet peut se développer non-seulement dans les diverses parties de la

PARASITES. — PARASITES VEGETAUX.

bouche ou du pharynx, ce qui est le plus ordinaire, mais encore dans l'œsophage jusqu'au cardia; on l'a rarement rencontré dans l'estomac et dans l'intestin grelc,

ainsi qu'au pourtour de l'anus. Zalewski a trouvé l'oïdium albicans sur la muqueuse gastrique au niveau de petites élévations nombreuses d'un blanc verdatre, de la grosseur d'une tète d'épingle ou d'une lentille, et ayant l'aspect de pustules varioliques en groupe (Berl. Klin. Wochens-

Pif. 176.

Fig. 178.

Fig. 177.

ehr.f 1805). On a constaté assez souvent la transmission dn muguet de l'enfant au mamelon de sa nourrice, par suite «le l'aigreur du lait qui l'humecte, ou du dépôt de mucus acide parles enfants qui tetlent.

Fiq. 1 7f>. — Plaque do muguet an troisième jour, avec lamelle* épitlx^ltitles recouvertes de spores. — a, a, elle» forment des groupes ayant, h, h, la forme do lamelles épilhétiales. e, r, e, des tubes enmmenrent à se développer [Rabin).

Fig. 177. — Fra^monls'de muguet au troisième jour, h 3fto diamètres, entremêlés de cellules d'épithêli'im imbriquées, rouvertes de spores rondes eu ovales et de luhrs du champignon oïdium albicans. — a, cellules d epithélium. A, b, spores isolées on réunies bout a bout. Elles ont de 0 001 a 0,(105 de diamètre. J, filaments cylindrique* tubilieux, cl'ii'i.nut's, «ver granules nvléeulaires in» teneurs. Is ont de 0,003 k 0,004 de large, 0,©S0 à

0. 070 «?e long, r, leur extrémité renflée, g, renflements ovoïdes, à, spores aj»oslées bout i bout.

1, cellule ovoïde terminale Robin).

I iq. I7"<. — Filaments tubuleux. du mngnet bien développé», cylindriques, flexueux, de 0,lt» à 0,600 delong. — a, a, cli»i«onnemen1desiubes.et r, quelques cellules ovoïdes des tubes, d, rf, ramifications des tube*, t, ramification! qui commencent à poindre par une seule cellule (Robin).

Fiff. 17i*. — Cryptocoque du fcrmei.l {Cryptococcus crrecùia).

2° Le cryptocoque du ferment (cryptococcus cerevisiœ), fig. 170, est con slilué par des cellules ovoïdes ou sphériques, contenant un ou deux globules brillants. Il résulte de son développement un assemblage de petits chapelets composés de trois à cinq cellules. — Ce végétal a été trouvé par Lebert dans la bouche d'une femme atteinte de muguet, et par Hannover dans l'enduit noirâtre de la langue des sujets atteints d'affection typhoïde. Vogel, qui a aussi trouvé le cryptocoque dans l'urine dos diabétiques, est d'avis, ainsi que Ch. Robin, que sa présence est un épiphénomène sans signification pathologique (Cauvet, Ilist. natur. mêd., t. I).

3° Le lèptothrix buccal, fig. 480, est une algue qui se compose de filaments longs de 0n"n,020 à 0mB,100, et d'une ténuité de 0"",0005, assez raides, droits ou courbés, incolores, ri astiques, généralement réunis par la base à une gangue amorphe, granuleuse, et formant des faisceaux. — On le trouve à la surface de la langue, au milieu des matières accumulées entre les dents, ou dans la cavité des dents cariées. Les liquides de l'estomac et des intestins en contiennent quelquefois.

4° Un végétal parasite nouveau a été découvert récemment par Maurice Raynaud (Union mêd., juillet 1869), au niveau des plaques villeuses noirâtres qu'on rencontre chez certains malades ou vieillards, et qui constituent un état tomenteux comparé à un gazon touffu (Gubler), ou à du blé en partie renversé (Raynaud). La matière, réunie par le raclage et mise dans l'eau, fournit des filaments noirâtres semblables à des poils, ayant un diamètre de deux dixièmes de millimètre, et une longueur atteignant 1 centimètre et plus. Vu au microscope, on voit une substance fondamentale d'un jaune ocreux, formée d'épithé-

Fig. ISO. — Lèptothrix hucea.i.-, d'après Moquin-Tandon.

Fig, 181. — Cylindre cnith^lial piliforme mètres (Raynaud).

- o. oji

Fig. 182

Fragment de cylindre piliforme farci de Fig. 143.— Le même fragment après que les spores spores. 300 diamètres. en ont c'û chassées par expression. 150 diamètres.

Hum, ayant sur les bords l'aspect des barbes de plume, fig. 481. C'est une desquamation des papilles filiformes de la langue, à laquelle se joignent quelquefois des débris épidermiques, des vibrions, des bactéries, des filaments de lèptothrix buccalis, et surtout un nombre immense de spores, fig. 182 et 183,

et

Hff, I «4.— Spores à didérents degrés do germination (Raynaud).

réunis par petits amas de quatre ou cinq au plus, sans traces de tubes sporophores. L'auteur pense que leur multiplication a lieu par gemmation, comme le

montre la figure 484. Ch. Robin et Bulbiaui ont C o çC, été d'accord pour ne voir dans ce parasite ni l'oï-

dium albicans du muguet, ni le leplolhrix de la bouche. Maurice Raynaud l'a comparé au trichophyton, et s'est demandé si l'on ne pourrait pas dénommer l'affection villeuse de la langue qu'il a observée, teigne des muqueuses.

5° Le leptomite (?) de Hannover, fig. 185, est composé de filaments droits et déliés, transparents, ou nuageux et grenus, à rameaux trèsnombreux aussi gros que le tronc. — Hannover l'a trouvé au niveau d'une sorte de bouillie tapissant l'œsophage eicorié, et dans un certain nombre de maladies. <">" La sarone, fig, I8i',, signalée par Goodsir dans les liquides de l'estomac,

forme une éorte de sédimentbrunàtre dans les liquides vomis, attendu qu'elle est plus pesante que l'eau. Il faut donc laisser reposer ces liquides lorsque leur couleur brune y fait soupçonner

l'existence de ce végétal, et c'est dans le dépôt qui se forme qu'il faut le chercher.

Lasarcine (merismopœdia ventriculi, Ch. R.) se présente sous forme pulvérulente, constituée par des masses cubiques, prismatiques, allongées ou irré-

gulières, de couleur brune très-claire, et composées habituellement de 8, 16, 04- cellules cubiques, de 0mm,tX)8 de diamètre, et dont chaque face est divisée en quatre saillies par de légers sillons; elles contiennent un noyau teinte de rouille de (!n,n,,ô(»-> a 0"",004. Pour l'examen au microscope, il faut se servir d'un fort grossissement.

Ce végétal ne semble pas réagir d'une manière fâcheuse sur l'économie. Cependant il a été constaté dans des cas de vomissements incoercibles, et comme il donne une couleur brunâtre aux liquides vomis, il est toujours nécessaire de rechercher la sarcine lorsque les matières des vomissements présentent celle coloration, que l'on pourrait attribuer à tort à du sang altéré, et rapporter à une affection organique de l'estomac.

7° V oïdium des poumons, fig. 187, a été signalé par Bennetl dans les crachats des tuberculeux. Suivant Remak (1815), des fibres de mycélium ramifiées en fourche se rencontreraient dans la plupart des crachats des phthisiques. Ce cryptogame, qui est porté sans doute dans les poumons par l'air inspiré, a été

l'uj. l>.'>. — Leptpmitua verii.

U.ttni'

fig.

H6. — Saroitie [itteriimopirdia mttricuti), d'après Moquin-Tandon.

>/rhr

li'i. 1*7. — IJldium «Je* potimont (of'/ium pulmoneum).

Gc

PAROTIDE. — PAROTIDITE.

Fijf, 189 — A«pergillu* Hu conduit auditif externe nxprrgillm [?) auricularù).

Hg. 133. — Loptomite utéricole liptomit\a (?) uterï.

observé aussi par Von Dusch et Pagenstecker. Mais il n'est pas constant, ni réellement utile au diagnostic. Il en est de même du végétal microscopique qui a été trouvé par Langenbeck dans l'écoulement morveux.

8° Waspergille glauque a été trouvé dans une dilatation pulmonaire par Figueira, de Lisbonne (Journ. da socied. das sciencias medicas, 1802), qui eu a donné une bonne figure. Mùhlenbeck, de Mulhouse, a fait connaître l'empoisonnement de deux tonneliers (vomissements, céphalalgie, vertiges, etc.), survenu après avoir brossé un tonneau couvert iVaspergillus glaucus.

9° Un aspergille a aussi élé trouvé deux lois dans le conduit auditif externe, et dénommé auriculaire, fig. 188.

10° Enfin Lebert a rencontré un leptomite sur la muqueuse de l'utérus, f\g. 189. On a trouvé le même genre d'algues : dam le mucus utérin (Wilkinson), mais sans globule de pus; dans fœii, d'où il fut extrait de la chambre postérieure de cet organe, et décrit par Helmhrecht; et enfin dans l'urine {leptomite urophile), où cette algue, très-rameuse, peut atteindre 2 ou 3 millimètres de longueur.

PAROLE. — Voy, Phonation, Prononciation, Alalie, Aphasik.

PAROTIDE, PAROTIDITE. — La glande parotide n'est sentie à la palpation derrière l'angle de la mâchoire que lorsqu'elle est développée par suite d'une cause morbide. Dans ce cas, elle peut acquérir un volume considérable, immédiatement appréciable à la vue. Ce développement a lieu dans deux affections qui sont du ressort de la médecine : dans les oreillons, et dans la parotidite secondaire.

La parotidite survient comme complication dans un assez grand [nombre de maladies internes, et principalement dans le cours ou à la suite de fièvres graves. A une époque plus ou moins avancée de la maladie, il apparait dans Tune des régions parolidiennes, rarement dans les deux, un gonflement avec rougeur, manifestement inflammatoire, se développant avec plus ou moins de rapidité, et se terminant assez fréquemment par suppuration, sauf dans les cas où la parotidite apparait comme complication ultime de la maladie principale. Celle suppuration tend à se faire jour, tantôt à l'extérieur, tantôt à l'intérieur vers le pharynx, où l'on a vu l'irruption subite du pus occasionner la suiïocation en pénétrant dans les voies respiratoires.

La gravité souvent extrême des symptômes généraux au milieu desquels survient la parotidite, empêche fréquemment le malade de manifester de la douleur; mais si la complication parotidienne se montre dans sa convalescence, ou que son état lui permette de rendre compte de ses sensations, il accuse une douleur ordinairement sourde. Elle augmente par les mouvements de la mâchoire inférieure, dont l'écartement est parfois presque impossible par suite de l'extension de l'inflammation vers le pharynx, où la déglutition devient alors douloureuse. Il y a assez souvent de la salivation, et une expuition de matières purulentes souillées de sang, rendues avec efforts de vomissement, lorsque la suppuration se fait jour dans l'arrière -gorge. Si l'inspection de celle-ci est possible, on con-

Page 1