ATROPHIE
j a d'abord les lésions du cervelet, qui s'accompagnent quelquefois de défaut •l'équilibration, d'amblyopie, de paralysies oculo-motrices , avec strabisme et iiplopie ; et la confusion serait facile, s'il n'existait pas, dans les affections cérébelleuses, un état vertigineux (ébriété cérébelleuse de Duchenne) qui manque Uns l'alaxie progressive. Si, chez quelques ataxiques, il y a une diplopie qui ause le vertige pendant la marche, il suffira de fermer l'œil strabique pour faire unouir le phénomène, ce qui n'a pas lieu avec le vertige cérébelleux (Axen- !*id). — Les troubles cérébraux qui existent dans la paralysie générale des amènes, avec l'embarras de la parole et le tremblement des lèvres, la feront facilement reconnaître de l'ataxie-maladie, malgré l'incoordination des mouvements quelle présente. Il faut savoir cependant que les deux affections peuvent être réunies chez le même malade. — La difficulté sera plus grande au premier abord dans certains cas de paralysie générale sans troubles intellectuels; mais liy a ici un signe distinctif excellent, c'est que, dans cette paralysie, il y a faiblesse musculaire réelle, tandis que l'énergie des mouvements est intacte dans l'ataxie. — Il en est de même dans certaines paraplégies incomplètes, ainsi que dans toutes les autres paralysies vraies incomplètes qui sont dues aux causes les plus diverses. — Les troubles hystériques des mouvements présentent quelquefois une certaine ressemblance avec la vraie ataxie, sans qu'il y ait affaiblissement musculaire réel. Ici l'incoordination des mouvements, qui peut être réelle, n'est qu'une conséquence de l'anesthésie, et il faut que la malade voie ixtur agir. Si Ton applique la main sur les yeux de la malade, elle ne se soutient plus sur ses membres inférieurs, et elle tombe si elle est debout ; si elle est couchée, T incoordination motrice cesse si la vue est libre, et si elle est empêchée par l'observateur, la paliente n'exécute pas les mouvements qu'on lui commande et qu'elle doit exécuter. Je dois faire remarquer qu'il faut toujours soupçonner l'hystérie chez les jeunes femmes en apparence ataxiques, et constater comme je viens de le dire la forme réelle du trouble locomoteur.
L'alaxie locomotrice progressive étant bien reconnue, il sera facile d'établir son degré d'intensité ou d'évolution. La localisation des troubles ataxo-locomoteurs permettra de déterminer le siège plus ou moins élevé de la lésion de la moelle, et son développement probable dans les centres nerveux intra-cràniens. Quant à la lésion en elle-même, il sera impossible de déterminer son mode particulier par l'expression symptomatique de la maladie. D'après le docteur W. Gull, on devrait distinguer trois ordres de faits, selon qu'il y a lésion de la substance contractile des muscles atrophiés, lésion des troncs nerveux ou de leurs branches, ou enfin altération de la moelle épinière (Gw/sHosp. Reports,\Hïù\).
On reconnaîtra la forme de cette maladie à la prédominance de tels ou tels symptômes, sans qu'il soit nécessaire d'insister sur ce point. —Quant aux comi-lications, je dois une mention spéciale aux arthropathies consécutives signalées par Benj. Bail (Gaz. des hôpit., 1809), et qui peuvent être prises pour des usions rhumatismales. C'est ce qui m'engage à renvoyer leur étude diagnostique an mot Rhumatisme (p. 931). On doit encore considérer comme des complications les paralysies vraies ultimes, elles eschares au sacrum, qu'amènent l'affaiblissement de la constitution et l'immobilité absolue des derniers temps.
3° Pronostic. — La maladie suit une marche lentement croissante qui doit éire considérée comme fatale jusqu'à la mort. Du moins jusqu'à présent on n'est parvehu qu'à constater des alternatives d'aggravation ou d'amendement, qu'il est toujours difficile de rattacher aux moyens thérapeutiques employés.
ATROPHIE. — On a compris sous cette dénomination des altérations d'organes très-diverses. Mais comme lésion générale appréciable pendant la vie ,