ATROPHIE
l'atrophie n'est constatée que par une diminution de volume plus ou moins considérable, soit des parties externes, soit des organes internes.
A. — Vatropliie des parties extérieures, qui est sensible à la vue, a été observée dans des régions plus ou moins étendues, et le fait de la diminution de leur volume, qui se rattache à des conditions pathologiques diverses, sert assez souvent, dans la pratique, de point de départ au diagnostic. L'atrophie générale et uniforme des deux membres d'un côté du corps, jointe à un état paralytique, fait immédiatement soupçonner une hémorrhagie cérébrale ancienne. L'atrophie qui atteint irrégulièrement un plus ou moins grand nombre de parties tient à Y atrophie musculaire si la peau est intacte à leur niveau, et si la palpation sent que les muscles correspondants sont évidemment trèsréduits de volume (Voy. Atrophie musculaire). On peut observer aussi à la face des atrophies qui dépendent de plusieurs causes. Sans que la peau soit altérée, l'un des côtés de la face peut être atrophié dans le torticolis, et rester tel après sa guérison. Bouvier, qui a publié un intéressant Mémoire sur ces inégalités des deux côtés de la face (Bulletin de l'Acad. de mèd., 1852, t. XVII, p. 007), en a attribué l'atrophie unilatérale à l'insuffisance de nutrition, due à la compression des vaisseaux du côté de l'inflexion de la tôte; ce côté est précisément aussi celui qui est atteint par l'atrophie. Après avoir été hypertrophiée par une scrofulide (lupus), la face subit une atrophie irrégulière, dont l'aspect seul suffit pour révéler l'affection cutanée qui en est l'origine. Il n'en est pas de même pour une certaine atrophie unilatérale de la face, qui est assez singulière, et qui a été observée par William Moore chez un jeune homme de dixneuf ans. Des taches, qui s'étaient agrandies successivement en se creusant, et au niveau desquelles \a sensibilité était exaltée, se montrèrent à des intervalles éloignés sur le côté gauche du visage, au menton, sur le front, les joues et audessous de la mâchoire. L'atrophie paraissait concentrée sur les points où se distribue le nerf facial (Dublin Quart. Journ., 1852).
On pourrait rencontrer, suivant le docteur Romberg, des atrophies sans aucune lésion apparente des organes internes et externes autres que l'atrophie, soit de l'un des côtés de la face, d'une moitié latérale du thorax, soit même de toute une moité du corps, ainsi que Parry en avait publié précédemment un exemple. Les docteurs Hueter et Axman auraient recueilli des faits confirmatifs. On se prend à douter, en présence des faits publiés de ce genre, d'un examen suffisant des organes après la mort, soit des centres nerveux et des nerfs, soit des vaisseaux nourriciers ou des muscles des parties atrophiées. On doit donc, avec le docteur Lasègue, qui a fait connaître ces travaux (Arch. de mcd., 1852, t. XXIX, p. 71), laisser à l'ingénieux professeur de Berlin tout le mérite, mais aussi toute la responsabilité scientifique de ces faits nouveaux.
On a signalé encore des atrophies plus limitées : celle des tissus du pharynx, qui a pour résultat l'élargissement de la gorge, dans la pharyngite gra nuleuse (Green), et l'atrophie singulière des testicules signalée par Mulel comme conséquence de l'empoisonnement par des viandes avariées dont on a continué longtemps l'usage.
B. — Quant à Y atrophie des organes internes, elle ne peut être appréciée pendant la vie, comme leur hypertrophie, qu'à l'aide des moyens d'exploration qui permettent de préciser le volume de ces organes. Seulement il est beaucoup plus difficile de constater la diminution de volume, qui constitue leur atrophie, que l'augmentation d'où résulte leur hypertrophie. C'est ce qui' a lieu pour le cœur, le foie, et surtout pour la rate. L'atrophie des nerfs ne s'annonce que par des troubles fonctionnels (Voy. Paralysies, p. 7 20, et P.neimogastriques [nerfs).
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