PESTE
un soul autre symptôme nerveux prédominant qui ne puisse être pris pour une affection particulière. C'est ainsi que les troubles de la sensibilité générale et spéciale pourraient être considérés comme des signes d une lésion cerebraU ; que la faiblesse et la formication des membres inférieurs pourraient être rapportées à une lésion de la moelle, comme l'ont fait les anciens, qui dénommaient la maladie tabès dorsalis, et. que les troubles gastro-entéralgiques et le dépérissement feraient croire à une Usion de l'estomac. La possibilité de ces méprises démontre toute l'importance du diagnostic.
La forme de l'affection est essentielle à établir ; car il importe de savoir si les pertes séminales sont simplement nocturnes, si elles sont diurnes, et surtout si elles ont lieu seulement à la fin de la défécation ou de la miction . Mais à cet égard le médecin est déjà éclairé par la recherche qu'il a faite de la réalité des pertes séminales involontaires. - Le degré auquel l'affection est arrivée est en rapport avec les trois formes de pertes dont il vient d'être question, et 1 altération plus ou moins prononcée des spermatozoïdes dont j'ai parlé précédemment; aussi ces différents points établis, est-ce seulement sous le rapport de l'état général qui en résulte que le praticien peut avoir à préciser le degré de la maladie. Or, l'altération plus ou moins profonde de la nutrition, et l'intensité plus ou moins grande des troubles nerveux, seront les bases de cette appréciation. — Quant aux complications, il ne faut pas oublier qu'on peut voir survenir la cystiU aiguë ou chronique, des congestions cérébrales, des lésions de la moelle avec paraplégie, Yataxie locomotrice progressive, Yhypochondne et la monomanie suicide. Lisle a eu à traiter des aliénés chez lesquels il a pu reconnaître comme origine de la maladie des pertes séminales involontaires jusque-là passées inaperçues (Bull, de VAcad. de mèd., mars 1851, t. XVI, p. 647).
3° Pronostic. — Le pronostic des pertes séminales involontaires n est fâcheux qu'autant que la maladie est méconnue ou abandonnée à elle-même, et qu'il existe des complications. .
PESTE. — Outre les travaux antérieurs à l'expédition française en Lgypte, un assez grand nombre de documents importants ont été publiés sur la peste par Desgenettes, Larrey, Louis Frank, Pugnet, et, sur la peste de 1835, par Bulard, Clot-Bey, Aubert Roche, Brayer et par Prus {Rapport à VAcad. de mèd. sur la peste et les quarantaines, Paris, 18i0).
1° Éléments du diagnostic. — Ils sont généraux ou locaux. Dans un certain nombre de cas, la maladie débute par des phénomènes généraux graves : lassitude extrême, frissons irréguliers suivis de chaleur sèche, avec fréquence du pouls, qui est en même temps petit et misérable; stupeur, anxiété, tristesse, yeux rouges et hagards, céphalalgie, éblouissements, vertiges, prostration rapidement considérable, station et marche impossibles; insomnie opiniâtre, songes effrayante ou visions, ou bien coma; assez souvent délire variable, paisible ou furieux; respiration anxieuse et accélérée; langue d'abord humide, blanche, comme' nacrée ou jaunâtre, anorexie complète, soif inextinguible; douleurs épigastriques plus ou moins aiguës chez quelques malades; plus fréquemment vomissements tu régurgitations de matières muqueuses ou bilieuses, parfois contenant du sang; constipation ou selles liquides fétides, jaunes ou noires; urines variables en couleur et en quantité.
Outre ces phénomènes, il survient extérieurement des symptômes caractéristiques et qui peuvent marquer le début de la maladie, ou coïncider aver les symptômes généraux. Ce sont : 1° les bubon*, dits pestilentiels, se montrant principalement dans le pli de l'aine, le creux de l'aisselle, et plus rarement au r*u et à la région poplitéc; le charbon pestilentiel, débutant par de petites