PHARYNX
lèvres, el surtout sur les bords delà langue, circonstance qui permet un examen plus facile de la lésion. Au pharynx, c'est surtout sur les amygdales, et plus rarement sur le voile du palais qu'on les constate. Elles sont quelquefois la première lésion secondaire observée ; et alors elles sont bientôt suivies d'ulcérations qui ne permettent plus le doute.
Cependant il est une affection, heureusement fort rare, qui peut être confondue facilement avec la pharyngite syphilitique ulcéreuse, c'est le cancer de la gorge. La confusion est d'autant plus facile que, suivant la remarque de Lasegue (ouv. cité), cette localisation du cancer a toujours été observée isolée au niveau de l'une ou l'autre amygdale II signale surtout une forme épithéliale de cette affection, non encore décrite, et qui, par le développement irrégulierde l'amygdale, son induration, et les ulcérations profondes et irrégulicres qui la creusent, a été prise le plus souvent pour une angine syphilitique rebelle. Mais celle-ci n'entraîne pas d'engorgement ganglionnaire comme le cancer, et n'en a pas non plus la gravité.
PHARYNGORRHAGIE. — Voy. HÉMORRHAGIES, p. 483.
PHARYNX. — Comme la cavité buccale, le pharynx contribue, dans une certaine mesure, aux fonctions de la respiration, de la digestion et de la phonation. 11 est, en effet, comme le vestibule par où passe l'air avant de pénétrer dans les voies respiratoires proprement dites, il ost le principal agent de la déglutition, et enfin il constitue avec les fosses nasales et la bouche une cavité complexe dans laquelle la voix résonne et acquiert son timbre particulier.
\° Maladies, — Les affections pharyngiennes, soit primitives, soit secondaires, soit symptomatiques, sont nombreuses. Ce sont : I'hêmorrhagie pharyngienne ou pharyngorrhagie ;les diverses espèces de pharyngites aiguës, simple, pultacée, diphthérique, gangréneuse, ulcéreuse ; les pharyngites chroniques, crythéniateuse, granuleuse, ulcéreuse simple ou syphilitique, et enfin les dégénérescences organiques, les tumeurs et la dilatation du pharynx.
2° Symptômes. — La douleur spontanée, ordinairement peu vive, est parfois augmentée par le passage de l'air, par l'exercice de la parole, et presque toujours par les mouvements de déglutition. — Les symptômes fonctionnels dont le pharynx est le siège doivent être recherchés aussi à ces trois points de vue, que j'ai signalés plus haut. — Le passage de l'air dans le pharynx est plus ou moins gêné par suite de la tuméfaction des parois phary ngiennes, ou de toute autre cause de rétrécissement de cette cavité, et cette gène de la respiration, beaucoup plus prononcée dans le jeune Age que dans l'Age adulte, peut aller jusqu'à l'asphyxie. La dysphagie est le signe le plus fréquent que présente le pharynx, el le premier qui soit accusé par le malade dans un bon nombre de cas. Enfin la voix prend, dans certaines affections pharyngiennes, un timbre guttural particulier qui seul met quelquefois sur la voie du diagnostic. — Les excrétions du pharynx sont rendues par excréation, et les produits excrétés présentent souvent des caractères très-utiles au diagnostic, comme on peut le voir au mot Pharyngites.
3° Exploration. — Le diagnostic des maladies pharyngiennes n'acquiert de certitude que par l'exploration du pharynx, lorsque les lésions sont situées de telle sorte qu'elles occupent les parties accessibles à la vue et au toucher. L'inspection est facilitée par récartement des mâchoires, en face du jour, par l'élévation du voile du palais, que l'on obtient en faisant prononcer au malade la voyelle A prolongée, comme le conseille Louis, et enfin par l'abaissement de la langue. Cet abaissement de la langue s'opère quelquefois avec facilité par la volonté du malade, mais le plus ordinairement à l'aide du doigt, d'un
PHLÉBITE. — PHLÉBITES SUPERFICIELLES 845
manche de cuiller (moyen lo plus ordinaire) ou d'instruments particuliers, tels que des abaisseurs de la langue, que des praticiens préfèrent, ou enfin à l'aide de §péculum$, qui sont cependant à peu près exclus de la pratique. L'abaisse-langue est indispensable pour voir la lésion de l'angine acnéique, qui occupe le segment sous-amygdalien qui confine à la base de la langue (Voy. p. 808). Malheureusement il peut arriver que ces auxiliaires de l'exploration soient rendus inutiles par l'impossibilité où se trouvent les mâchoires d'être suffisamment écartées l'une de l'autre. On a aussi la ressource de pouvoir introduire l'indicateur entre les arcades dentaires et , en le rapprochant laté- • ralement du fond de la bouche, d'explorer ainsi les parties accessibles au toucher, c'est-à-dire celles qui s'étendent peu au delà de l'isthme du gosier, sauf toutefois dans quelques cas où l'on peut atteindre l'épiglotte et la glotte ellemême.
Enfin je dois rappeler d'autres moyens explorateurs de la cavité pharyngienne. 1° L'introduction d'un stylet ou d'une tige quelconque, au moyen de laquelle on peut détacher du pharynx soit du mucus épaissi qui simule une fausse membrane, soil une pseudo-membrane réelle. Pour absterger l'amygdale ou le pharynx, Lasègue recommande de se servir d'une tige de bois revêtue à son extrémité d'une légère couche de ouate qu'on enroule à la manière des fleuristes, de manière à former un tampon sans qu'il soit nécessaire de l'assujettir avec un fil. 2° L'emploi du microscope permet de rechercher la nature d'un exsudât ou des détritus pharyngiens, surtout pour le diagnostic de la gangrène. 3° Enfin le laryngoscope peut être appliqué à l'exploration des parties du pharynx inaccessibles à l'inspection directe, à l'aide d'un crochet releveur du voile du palais (Voy. Laryngoscopie).
PHLÉBITE. — Sans reproduire les discussions dont cette affection a été l'objet, je rappellerai que l'on ne considère plus aujourd'hui, comme il y a un certain nombre d'années, toute coagulation sanguine dans les veines comme due à l'inflammation de ces vaisseaux. On a reconnu que s'il y avait réellement phlébite dans certains cas, dans un beaucoup plus grand nombre d'autres, il y avait simple coagulation du sang sous l'influence de causes diverses, coagulations spontanées désignées par Virchow sous le nom de thromboses. Une autre confusion faite par beaucoup d'auteurs anciens est celle de la phlébite et de la résorption purulente ou pyémie, qui est quelquefois la conséquence de la vraie phlébite, mais qui, en tout cas, en est parfaitement distincte.
La phlébite étant ainsi restreinte, son diagnostic est très-différent selon la position superficielle ou profonde des veines enflammées, c'est-à-dire suivant qu'elles sont ou non accessibles à l'exploration.