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II. Phlegmon péri- utérin

La ressemblance des symptômes de I hematocèle avec ceux de l'affection denommée phlegmon péri-utérin, et la terminaison possible de l'hématocèle par suppuration, font que l'on a souvent confondu ces deux états pathologiques dans les descriptious qui en ont été données. Cette confusion s'explique d'autant mieux que les descriptions du phlegmon péri-utérin ont été faites le plus souvent en prenant pour base la tumeur et les phéuomènes constatés peudant la vie, mais non contrôlés par l'autopsie. Ce qui a contribué encore à obscurcir ta

PHLEGMONS. — phlegmon péri-utérin. 8*23

question des phlegmons péri-utérins, c'est que l'on a cru longtemps que l'inflammation et la suppuration avaient pour siège le tissa cellulaire péri-utérin, tandis qu'il ressort des autopsies faites avec plus d'attention que, hors les cas de phlegmon sous-péritonéal du ligament large, le siège de l'inflammation phlegmoneuse est le cul-de-sac utéro-rectal du péritoine , comme pour l'hématocèle (Bernutz et Goupil, Arch. de méd., 1857, t. IX). La plupart des prétendus phlegmons péri-utérins ne sont donc que des pelvirpéritonites. Or, la pelvipéritonite étant un élément habituel de l'hématocèle (Voy. H kmorrhàgies intrapéritonéales, p. 504), on comprend combien doit être obscur, dans un bon nombre de cas , le diagnostic différentiel de l'hématocèle intra-péritonéale et de la pelvi-péritonite.

De part et d'autre, il y a une tumeur rétro-utérine, dont les caractères distinctifs, quoi qu'on en ait dit, sont insuffisants avant l'évacuation au dehors du sang ou du pus qu'elle contient.

Les signes manifestes d une hémorrhagie interne observés au début de l'hématocèle, et nuls dans la pelvi-péritonite qualifiée de phlegmon, peuvent être utilisés dans les cas d'hématocèle où l'hémorrhagie est rapidement abondante, et dans lesquels la tumeur se montre très-rapidement; mais ces signes peuvent manquer si l'épanchement intenie du sang est graduel (Voy. Hémorrhàgies intra-péritonéales), et si la tumeur se forme lentement.

C'est à propos de ces cas difficiles que l'on a insisté avec raison sur les antécédents et sur l'évolution ou l'enchaînement des phénomènes, que Siredey a ainsi résumés (Thèse, 1860). c Les symptômes de l'hématocèle, dit-il, présentent leur summum d'intensité au début même de l'accident, puis les deux affections présentent, pendant quelques jours , les mêmes symptômes , qui sont ceux de la péritonite pelvienne; mais dans l'hématocèle la résorption de la tumeur se fait beaucoup plus vite que dans la péritonite, la matité (de l'abdomen) est beaucoup plus nette, mieux limitée, et est surmontée par une sonorité tympanique de l'intestin, qui est chassé de la cavité pelvienne, et forme la limite supérieure de la tumeur; tandis que dans la pelvi-péritonite la matité est souvent diffuse, et la percussion donne çà et là de la sonorité tympanique. Enfin il peut se (aire que le liquide s'écoule au dehors, soit naturellement, soit artificiellement : alors il ne peut plus y avoir de doute. »

Ce dernier caractère est évidemment le plus important, mais il s'en faut qu'il soit constant; et d'ailleurs il est tardif, et par conséquent il n'est utilisé que dans des conditions rares. Je ferai de plus remarquer que l'expulsion du sang plus ou moins altéré démontre bien qu'il s'agit d'une hématocèle ; mais que l'expulsion du pus, tout en révélant une pelvi-péritonite suppurée, ne prouve nullement qu'il n'y ait pas eu hématocèle au début.

J'ai dit en commençant qu'il existait un véritable phlegmon péri-utérin, le phlegmon du ligament large. On peut l'observer à la suite de l'accouchement, surtout lorsqu'il y a eu des manœuvres violentes. Il occupe, non la partie postérieure ou antérieure de l'utérus, où se manifeste la pelvi-péritonite, mais seulement l'un on l'autre côté de cet organe. Il y a alors, dit Siredey (Thège citée), un frisson initial très-intense, une tumeur latérale qui vient bomber dans le vagin, dans le rectum, où le doigt découvre une résistance uniforme, œdémateuse, trèsdouloureuse, avec exacerbations de douleurs spontanées, lancinantes ; la paroi abdominale antérieure se soulève immédiatement au-dessus du ligament de Kallope ; elle est rénitente et s'accompagne d'empâtement ; des fusées purulentes viennent disséquer le rectum, où elles s'ouvrent quelquefois ; d'autres suivent le nerf sciatique et viennent se manifester à la fesse, ou bien dans les

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