PLEURÉSIE. — PLEURÉSIE AIGUË
taux, Test au contraire très-fréquemment en province, principalement chez les habitants des campagnes où règne une certaine aisance. Or, il est peu de praticiens qui, dans ces dernières circonstances, n'aient observé fréquemment la disparition presque instantanée des accidents dus à la pléthore avec récoulement du sang de la saignée pratiquée pour les combattre. J'ai moi-même constaté maintes fois ce fait, qui est d'observation vulgaire. La vieille doctrine de la pléthore se trouve donc complétée, mais non renversée, par les remarquables travaux de Andral sur l'hématologie.
On reconnaît la pléthore aux signes suivants : face vivement colorée, œil brillant; lourdeur, tension, et parfois douleurs de tête, troubles de la vue; étourdissements, surtout après les efforts ; bourdonnements et tintements d'oreille; lassitude générale; sommeil facile, lourd, troublé par des rêvasseries; bouffées de chaleur à la face ; battements du cœur prononcés, mais sans bruit de souffle, sauf dans les cas de complication du côté de cet organe (Andral); pouls large, fort, résistant; sentiment de plénitude de la poitrine; enfin anorexie, dégoût des aliments, constipation.
La pléthore est une cause de congestions ou d'hémorrhagies qui lui donnent souvent une physionomie particulière : telles sont les congestions vers la tète, qui s'accompagnent de céphalalgie opiniâtre ou d'épistaxis comme principal symptôme; telle est la congestion pulmonaire qoi produit une oppression plus ou moins prononcée. Andral a démontré que c'était par erreur que l'on considérait la pléthore comme une cause prédisposante d'inflammations.
Comme dans la plupart des maladies, il est rare que tous les signes de la pléthore existent chez un même individu; aussi le diagnostic n'en est-il pas toujours bien évident. Une alimentation trop abondante et trop substantielle, une vie trop sédentaire et le retour du printemps sont des causes dont la constatation sera utile au diagnostic.
On évitera de confondre la pléthore proprement dite avec les stases veineuses qui résultent des affections du cœur et surtout des obstacles au cours du sang veineux dans la veine cave supérieure. De même on n'oubliera pas qu'il se fait sous l'influence d'un état tout opposé du sang, l'anémia, des congestions qui produisent des symptômes analogues à ceux de la pléthore, et qui peuvent d'autant plus en imposer que, dans certains cas d'anémie, la face, loin d'être pâle, est plus fortement colorée que d'habitude (Voy. Anémie, p. 00). Mais c'est surtout lorsqu'il y a surabondance de l'élément aqueux du sang, qu'il y a pléthore séreuse, ainsi que l'a signalé Beau, que l'on observe tous les signes de la pléthore, autre preuve de l'augmentation de la masse du sang comme condition à laquelle se rattachent la plupart des symptômes attribués à cette affection.
PLEURÉSIE. — L'inflammation de la plèvre n'est bien connue que depuis Laennec. Elle a été après lui l'objet de travaux nombreux, parmi lesquels je rappellerai ceux de Andral, Louis, Chomel, Barth, Stokes. Heyfelder, Hirtz, Damoiseau, Netter, Landouzy, Bouillaud, Ch. Baron, etc. J'afmoi-mème publié dans le Recueil de la Société d'observation (1857, 1. 1), et poursuivi depuis, des recherches sur l'emploi du cyrtomètre dans la pleurésie, auxquelles j'ai fait quelques emprunts dans cet article. Le nombre considérable des publications relatives à cette maladie s'explique en partie par ce fait important que son diagnostic, très-simple au premier abord, est cependant loin d'être tel dans une foule de circonstances, que la pleurésie soit aiguë ou qu'elle soit chronique.