SANGUINES DU CŒUR
POLYURIE. — Si l'on considère la polyurie dans son acception la plus rigoureuse, l'augmentation exagérée de la quantité normale de l'urine, on doit
POLYURIE.
y voir, suivant les cas, un phénomène simplement physiologique, un symptôme, ou bien, suivant quelques auteurs, une maladie distincte.
Comme phénomène physiologique, la polyurie est accidentelle et n'a pas d'importance , mais, comme symptôme, elle a une tout autre valeur.
On la constate d'abord comme phénomène accidentel et subit lorsque, dans le cours d'une rétention d'urine, il y a expulsion de l'obstacle qui la produit, soit dans l'uretère, soit dans l'urètre (ordinairement un gravier, un petit calcul). Mais c'est surtout dans les affections comprises autrefois sous la dénomination de diabète que la polyurie joue un grand rôle. Elle était, en effet, le symptôme commun tle ces affections et les avait fait considérer comme une seule et même maladie. L'examen de l'urine, qui contient ou non de la glycose, apprend facilement s'il s'agit d'un diabète vrai (glycosurie) ou d'un faux diabète, c'est-àdire du diabète dit non sucré ou insipide.
Ce diabète, appelé improprement insipide, puisque des urines contenant du sucre peuvent ne pas être sucrées au goût, comprendrait la polydipsie, dans laquelle, a-t-on dit, la quantité d'urine rendue est proportionnelle à la quantité des liquides ingérés, et la polyurie, qui serait une maladie caractérisée par l'émission habituelle d'une quantité d'urine supérieure à celle des boissons, et présentant des particularités spéciales.
Cette distinction de la polydipsie et de la polyurie, établie théoriquement d'après les rapporls\qui existent entre la quantité des boissons ingérées et de l'urine excrétée, me parait très-contestable. On ne tient pas compte, en effet, de cette particularité importante que l'augmentation des matériaux aqueux de ce liquide a lieu tout aussi bien par l'inhalation pulmonaire de l'humidité de l'air que par les boissons ingérées. Cette origine négligée des matériaux aqueux de l'urine empêche évidemment d'admettre, comme distincte de la polyurie, la polydipsie, qui ne devient dès lors qu'un symptôme commun aux différentes formes de la polyurie.
Considérée comme maladie, la polyurie présente trois formes qu'il est nécessaire de distinguer les unes des autres. — Dans l'une, il y a simplement augmentation relative de l'eau, la quantité des matériaux solides de l'urine étant la même dans les vingt-quatre heures (hydrurie). — Dans une deuxième forme, outre l'abondance exagérée de l'urine, il y a une diminution notable ou même disparition complète de Vurée de ce liquide, ce qui a fait donner à cet état le nom iïanazoturie. — Enfin la troisième forme est fondée, au contraire, sur l'augmentation prononcée de l'urée dans le liquide urinaire.
Les symptômes communs à ces trois formes (dont la première peut cependant être compatible avec une santé générale intacte) sont, non-seulement une augmentation plus ou moins considérable de la quantité des urines émises, mais encore la soif, Y amaigrissement, la dépression des forces, la langueur. *Dans la première forme, on a observé Vépaississement de la salive , la sécheresse de la gorge, et l'émission d'une urine peu ou point colorée, avec diminution de sa pesanteur spécifique. Dans la seconde forme (anazoturie), douleur épigastrique, urine couleur paille, presque sans odeur, et diminution notable de Vurée, que l'on a trouvée constituant seulement la dixième partie des matériaux solides de l'urine au lieu de la moitié. Dans la troisième forme (azolurie), l'urine est également peu colorée et presque sans odeur, mais d'une densité ordinairement élevée qui tient, comme l'a démontré l'analyse chimique, à l'augmentation parfois très-considérable de la quantité d'urée.
On a vu la polyurie succéder à une véritable glycosurie, résulter de maladies fébriles, de lésions cérébrales (Fritz, Gaz. Itebdom., 1850; W. Robcrtz), de
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chutes ou de coups sur la tête, sur la région du foie, sur les reins (ibid., 1860, p. 66). Il faudra donc interroger les malades à ce sujet. Suivant Trousseau (Clinique médicale), le diabète non sucré surviendrait quelquefois chez des individus nés de parents qui auraient été polyuriques, glycosuriques ou albuminuriqees.
11 est important pour le pronostic et le traitement de distinguer à quelle forme de polyurie on a affaire ; il est surtout indispensable de ne pas croire en pareil cas à un diabète sucré.
Quoi qu'il en soit, le pronostic de la polyurie n'offre pas ordinairement une grande gravité, quoique sa marche soit lente, et qu'elle ne tende pas naturellement à la guérison, quelle que soit la nature de l'urine excrétée. Cependant l'affection peut devenir sérieuse dans l'anazoturie et l'azoturie, par l'émaciation qu'elle produit et qui a été quelquefois suivie de mort. Il ne faut pas non plus oublier que des hémorrhagies peuvent survenir comme complications. Ch. Bouchard (Pathog. des hémorrhagies , Th. d'agrégat., 1869) rappelle les apoplexies rétiniennes (Galezowski) et des hémoptysies (Béhier) comme ayant été observées.
PONCTIONS EXPLORATRICES. — On a conseillé de faire ces ponctions à l'aide d'un trocart capillaire pour connaître la nature du liquide que l'on suppose être contenu dans certaines tumeurs. On a considéré l'emploi de ce moyen explorateur comme sans aucun danger. Cela est vrai dans la grande majorité des cas ; mais il ne faut pas oublier que ces ponctions ont été quelquefois suivies de mort. Moissenet en a rapporté un exemple (Soc. des hôpit., 1858).
Cette réserve faite, on doit reconnaître que les résultats des ponctions exploratrices sont souvent très-importants. A la tête, dans I'hydrocéphalie, elles font distinguer répanchement séreux de répanchement sanguin (ou sanguinolent), qui constituent les deux formes, essentielles à connaître, de cette maladie. A la poitrine et dans d'autres régions, elles permettent d'établir que I on a affaire à un abcès ou à une collection purulente, à des collections séreuses, à des hydatides [Voy. p. 522), ou à des tumeurs solides.
La paracentèse abdomiuale ou thoracique joue aussi le rôle de ponction exploratrice, en dévoilant la nature du liquide épanché, et, au niveau de l'abdomen, en permettant une exploration plus complète par la flaccidité des parois abdominales qui en résulte.
PORRIGO. — Ce nom est donné à une foule d'affections cutanées très-diverses occupant le cuir chevelu, et notamment à I'impétigo et au favus.
PORTE (Veine). — Voy. Veines.
POTT (Maladie de). — Voy. Rachis, p. 900.
POT FÊLÉ (Bruit de). — Ce bruit anomal de percussion, essentiellement aigu et rappelant le bruit du choc d'un vase fêlé, a été signalé par Laennec comme signe d'excavations tuberculeuses dans la région sous-claviculaire. Il se produit lorsque les parois thoraciques sont souples, et que la caverne, située superficiellement, contient à la fois de l'air et du liquide. On doit recommander au malade de tenir la bouche ouverte ou plutôt de respirer librement pendant que l'on pratique la percussion.
On ne saurait cependant considérer le bruit de pot fêlé comme pathognoraonique d'une excavation du poumon, quoique ce soit fréquemment une caverne tuberculeuse qui le produise. La présence d'une excavation accidentelle n'est pas, en effet, une condition absolument nécessaire. Tout le monde sait aujourd'hui que le bruit de pot fêlé est constaté quelquefois sous la clavicule dans certains cas Répanchement pleurétique, comme variété du bruit anomal signalé dans cette condition par Skoda. Je l'ai constaté aussi sous la clavicule
POULS. — POULS ARTÉRIEL
dans le cas de pneumonie de la base, et à la partie postérieure de la poitrine chez un jeune enfant de trois à quatre ans, percuté pendant l'action du pleurer POU. — Voy. Parasites.
POULS. — Les anciens, privés des enseignements de l'anatomie pathologique et de nos moyens de diagnostic, avaient étudié les qualités les plus subtiles du pouls, attribuant à beaucoup d'entre elles des significations hypothétiques ou de nulle valeur, mais aussi ayant formulé des données d'une assez grande valeur pour la pratique. Réduite à ce qui est positivement établi, l'étude du pouls a une grande importance clinique, et la question pourrait prendre facilement des proportions considérables si je la traitais à fond, au lieu d'en signaler simplement les particularités le plus utiles au praticien. L'emploi du sphygmographe de Marey a donné une impulsion toute nouvelle à l'étude de cette question, et l'a pour ainsi dire régénérée en établissant des principes physiologiques nouveaux, qui ont été pour la pathologie l'origine féconde de données diagnostiques utiles.
Je vais traiter à part du pouls artériel et veineux.