POUMONS
L'inégalité du pouls aux deux radiales, qui est quelquefois une condition physiologique individuelle, peut dépendre d'une tumeur anévrysmale de l'aorte ascendante ou à l'origine de l'aorte descendante, qui gêne la pénétration du sang • dans les artères secondaires du côté où elle siège. — Le pouls cesse d'être perçu au niveau des artères oblitérées par des embolies, ou comprimées par des tumeurs. — Enfin le pouls intermittent, qui dépend de la suspension d'une systole cardiaque ou d'une systole avortée, se rencontre dans des conditions diverses, avec ou sans maladie du cœur, ordinairement dans des maladies graves, ou seulement lorsqu'il existe une grande faiblesse générale. II. Pouls veineux.
Les veines jugulaires présentent assez souvent des battements isochrones aux battements artériels, et visibles dans les espaces post-claviculaires et au-dessus, où les veines distendues forment des reliefs irréguliers. Ce pouls veineux ne peut se produire que par le fait d'une insuffisance de la valvule tricuspide, qui ne clôt pas l'orifice au moment de la systole, ce qui fait chaque fois refluer le sang dans les veines. Graves a constaté les pulsations des veines superficielles de la main chez un malade atteint de pneumonie, ce qui est un fait très-exceptionnel. Mareyavu aussi, avec Gubler et Verneuil, le pouls veineux se manifester non-seulement aux jugulaires, mais encore aux membres inférieurs d'une femme, au niveau de tumeurs variqueuses qui s'y trouvaient. Marey a pu y recueillir un tracé sphygmographique qui montre que la pulsation se faisait en deux temps ou deux soulèvements : le premier faible, dû à la contraction de l'oreillette; le second plus énergique, dû à celle du ventricule. Ce dicrotisme systolique a été constaté aussi parBamberger. SeideletGeigel l'ont également relevé dans un fait très-intéressant de pouls veineux chez une femme de soixante-treize ans, qui présentait non-seulement des pulsations desjugulaires, mais encore des soulèvements isochrones du foie hypertrophié, qui descendait jusqu'à la créle iliaque. Il est vrai que l'insuffisance tricuspide fut trouvée des plus tranchées à l'autopsie, qui montra le ventricule droit très-hypertrophié, et la veine cave tellement dilatée de l'oreillette au foie qu'elle mesurait 12 centimètres de diamètre (Arch. de méd., 1864). Le dicrotisme du pouls veineux offrirait ceci de particulier qu'il se produirait pendant la systole ou l'ascension du tracé, selon Bamberger, tandis qu'il se manifeste pendant la diastole ou sur la ligne de descente dans le pouls artériel. Mais on a vu plus haut que la signification du dicrotisme systolique n'est pas encore bien établie. Nous reviendrons au mot Souffles (cardiaques) sur l'insuffisance tricuspide.
POUMONS. — Ces organes sont en rapport avec les parois thoraciques dans toute l'étendue des régions costales, sauf dans un point limité de la région précordiale et au niveau des côtes les plus inférieures, surtout à droite. L'espace ainsi occupé à droite et à gauche par ces organes peut être diminué, soit par des accumulations de liquides dans les séreuses thoraciques, soit par le développement des organes intra-thoraciques ou des organes abdominaux refoulant le diaphragme (Voy. Poitrine).
Les maladies du poumon qui peuvent être diagnostiquées pendant la vie sont : la congestion, X apoplexie pulmonaire, la pneumonie, la gangrène du poumon, \' œdème, les tubercules (phthisie), la dégénérescence lardacée ou amyloïde; le cancer, les tumeurs hydatiques ou autres, l'emphysème vésiculaire et la perforation accidentelle de l'organe (pneumo-thorax). J'ai traité isolément de ces différents états pathologiques, que je ne fais qu'énumérer.
Parmi les symptômes des maladies du poumon, la douleur qui en accompagne un certain nombre ne résulte que de l'extension de la lésion à la plèvre