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PROFESSIONS

rougeur des mains; par le maniement des cocons de vers à soie immergés dans l'eau chaude, qui produisent une affection pustuleuse particulière (mal de bassine). La pulvérisation du quinquina pour la fabrication du sulfate de quinine occasionnerait aussi une maladie cutanée, qui serait quelquefois d'une extrême gravité, selon Chevallier (Acad. des sciences, 1858).

La peau fendillée ou excoriée donne passage à des principes virulents qui sont fort à redouter pour certains ouvriers. Toutes les professions qui exigent le contact d'animaux qui peuvent être atteints de la morve ou du farcin, de la pustule maligne, du charbon, ou la manipulation de leurs débris (peaux, cuirs, poils, laines, crins), exposent à contracter ces maladies, de même que le contact des corps en putréfaction, ou de leurs provenances, déterminent la phlébite ou la lymphangite.

De nombreuses professions exposent à des maladies plus ou moins graves par suite d'inhalations nuisibles ou toxiques. Un air chargé d'huiles essentielles ou d'essences vaporisées, d'émanations putrides, celles du tabac travaillé dans les manufactures, les vapeurs de sulfure de carbone (qui sert à dissoudre le caoutchouc), celles provenant de la préparation de certains produits chimiques, l'iode et le brome, par exemple , méritent une mention particulière. — Les ouvriers des manufactures de tabac éprouveraient, dans les premiers temps de leur travail, des maux de tête, des vertiges, des insomnies, des nausées et surtout de la diarrhée (Mélier, Mém. Acad. de méd., 4840, t. XII). — Le sulfure de carbone produit une intoxication grave (Delpech). — Les fabricants de chromate de potasse, malgré les assertions contraires de Zuber et Erhmann (de Rixheim), sont exposés aux accidents suivants, par ordre de fréquence : î° perforation ou destruction du cartilage de la cloison nasale; 2° ulcérations, tubercules ulcérés des mains, éruptions eczémateuses disséminées , ulcérations perforantes des articulations phalangiennes; 3° bronchites et attaques de suffocation; 4° céphalalgies fréquentes, amaigrissement; 5° ulcères pharyngiens pouvant simuler la syphilis. Ces accidents sont très-rapides (Delpech et Hillairet, Acad. de méd., 1804). — La préparation des couleurs d'aniline donne aussi lieu à la production d'accidents graves sur les organes digestifs et surtout sur le système nerveux : céphalées, vertiges, puis syncopes, et exceptionnellement du coma, parfois du délire et des mouvements convulsifs (Bergeron, Acad. de méd., 1805). — Le phosphore peut produire des accidents graves d'un autre genre , et sur lesquels nous aurions à insister, s'il n'en avait pas été question déjà aux mots Phosphore et Empoisonnements (Voy. pp. 339 et 824).

Mais c'est surtout par les poussières tenues en suspension dans l'air et pénétrant dans les voies respiratoires que les professions exposent fréquemment à des maladies. Elles agissent tantôt d'une manière toxique par absorption, et tantôt par irritation locale.

Les poussières intoxicantes, parfois invisibles, et par suite non soupçonnées, sont principalement métalliques. Les préparations plombiques , arsenicales, mercuriellcs, sont celles auxquelles il faut d'abord penser. Outre les professions de connaissance vulgaire qui exposent à ces accidents (Voy. Intoxications), il en est de moins connues et qu'il est utile de rappeler. Celles concernant la fabrication de la braise chimique ou du charbon de Paris, celle des cuirs vernis (ponçage des peaux), exposent à l'intoxication saturnine; le désuintage des laines et des crins, le maniement du vert arsenical ou de Schweinfurt, à l'intoxication arsenicale, qui se manifeste dans ce dernier cas par de l'œdème et des ulcérations ressemblant à celles de la syphilis (Blandet, Chevallier, Follin, Vemois, etc.); le feutrage des chapeaux expose à respirer des Woillez. — Dict de Diagn. 2« édlt. r>6

m PBOSTATORRHÉE.

poussières contenant du nitrate de mercure, produit l'intoxication mercurielle.

Les poussières qui ne sont pas toxiques comme les préparations de plomb, d'arsenic, de mercure, exercent leur principale action sur les voies respiratoires De là des bronchites, des laryngites, et la phthisie pulmonaire. La jurande fréquence de la phthisie parmi les ouvriers de cette catégorie a mis hors de doute l'influence de ces inhalations habituelles sur le développement de cette maladie , surtout pour les tailleurs de pierre meulière , les a'g«»*e»rs d ar- ■ mes etc., qui inspirent des poudres siliceuses (Burgoin, Lombard, Desayvres, Peacock). Les batteurs de laine, de lin, de chanvre, sont exposés aux même* accidents; il en est de même des mouleurs en cuivre, qui emploient le charbon en poudre impalpable; enfin les tourneurs en cuivre seraient soumis aux mêmes conséquences lâcheuses, suivant Chatin {Thèse, 1844), en absorbant des poussières cuivreuses, ce qu'aurait démontré l'analyse chimique des poumons faite

par F. Boudet. , .

Les accidents constatés du côté des voies respiratoires chez les aiguiseurs (Desayvres) consistent en une toux sèche ou suivie d'une expectoration blanchâtre, filante, peu abondante excepté le matin, avec vomissements de matières bilieuses ou glaireuses, et un bruit respiratoire moins moelleux qu'à l'état normal; puis surviennent une dyspnée déplus en plus prononcée, des hémoptysies, une matité générale de la poitrine avec respiration affaibli. incomplète, dure, avec craquements. Une expectoration de plus en phu abondante, comme les hémoptysies elles-mêmes, une matité générale de h poitrine avec des râles sibilants, ronflants, caverneux, se manifestent vers h fin de la maladie, ainsi qu'une fièvre continue avec exacerbations le soir, des sueurs et un épuisement graduel jusqu'à la mort. La maladie des mouleurs en cuivre, décrite par Tardieu (Ann. d'hygiène, 1851), a la plus grande analogie avec celle des aiguiseurs, comme l'a fait remarquer Hervieux {Soc. des h&piL, août 1855), si ce n'est que ce sont les particules charbonneuses qui infiltrent les poumons, et qui se constatent dans les crachats des mouleurs en cuivre, tandis que ce sont des poussières siliceuses, chez les aiguiseurs comme chez les tailleurs de pierre meulière, qui encombrent les poumons, qu'il y ait on non en même temps des tubercules.

PRONONCIATION. — Elle est altérée dans les maladies toutes les fois que les mouvements musculaires qui concourent à l'articulation des mots sont gênés par suite d'une affection douloureuse de la bouche, d'une affection locale des muscles qui concourent à la prononciation, ou des nerfs qui les animent, ou enfin des centres nerveux eux-mêmes.

Les affections de là langik et de la bouche, la simple sécheresse de cette cavité, les stomatites intenses, la paralysie de la langue et de l'orbiculaire des \è\res\voy. p. 757), les paralysies gé)iéralisées (parmi lesquelles la paralysie générale des aliénés débute souvent par le trouble de la parole) , certaines atrophies musetdaires (par suite des contractions fibrillaires de la langue^, les intoxicatio)is saturnine ou alcoolique, certaines affections convulsives, comme les convulsions idiopathiques de la face ou la contracture des extrémités généralisée (Corvisart), s'accompagnent de troubles plus ou moins accentués de la prononciation. Celle-ci est encore pervertie ou empêchée dans les maladies cérébrales, et en particulier dans l'hémorrhagie, dans le ramollissement, l'hydrocéphalie.

PROST ATORRHÉE . — On doit au professeur Gross, de Philadelphie, une bonne élude sur la prostatorrhée (The North-Ayner. med.-chirurg. Revieu I8GO).

PRURIGO. 883

Les symptômes sont assez caractéristiques. Le principal esiY écoulement , en quantité variable, d'un liquide muqueux, le plus souvent limpide et transparent, plus ou moins filant, s'effectuant par l'urètre, principalement au moment des efforts de défécation, surtout s'il y a une constipation habituelle. Une sensation de pesanteur dans la région rectale, des besoins fréquents d'uriner, avec sensation pénible au moment de la miction, des érections morbides, et des rêves lasci/s, caractérisent aussi cette affection. Il en résulte que les sujets atteints sont inquiets, hypochondriaques, se croyant affectés de pertes séminales. — La prostatorrhée, essentiellement chronique, est due le plus souvent à l'abus des plaisirs vénériens et à Y onanisme, à la cystite chronique du col de la vessie, aux rétrécissements de l'urètre, aux diverses affections du rectum, ce qui oblige à un examen de cet organe pour établir le diagnostic. — Il est probable que la prostate est le siège d'un travail inflammatoire, car il n'est pas rare de la trouver plus ou moins tuméfiée et indurée sur le vivant.

Je rappelle ces données fournies par l'observation, parce qu'il n'est pas rare de confondre la prostatorrhée avec les différentes formes d'urêtrite, avec la spermatorrhée et la cystite chronique. — Il n'y a qu'une forme d'urétrite, la blennorrhée, que l'on pourrait prendre pour la prostatorrhée; mais il suffira, pour éviter l'erreur, de tenir compte de l'aspect du liquide, opaque et jaunâtre dans le premier cas, et transparent dans le second. — L'examen microscopique, constatant l'absence des spermatozoïdes dans le liquide évacué, est une excellente preuve qu'il ne s'agit pas d'une spermatorrhée. Mais il ne faut pas oublier que les spermatozoïdes peuvent se montrer dans le mucus de la prostatorrhée dans les cas de défécation difficile , la pression exercée sur les vésicules séminales par les fèces durcies, en même temps que sur la prostate, pouvant chasser dans l'urètre du fluide séminal et des animalcules spermatiques (Voy. Pertks séminales, p. 801), qui se mélangent au mucus, comme j'en ai vu un exemple. — Quant à la cystite chronique, ses signes sont tellement différents de ceux de l'affection qui m'occupe, qu'il faudrait une extrême inattention pour prendre ces deux maladies l'une pour l'autre. Qu'on n'oublie pas cependant qu'elles peuvent coexister ensemble, la cystite agissant comme cause.

La prostatorrhée est une affection bénigne, mais souvent très-prolongée, invétérée même, et alors très -pénible par les désordres psychiques qu'elle engendre.

PROSTRATION. — Voy. Abattement.

PROTOZOAIRES. — Voy. Parasites.

PROTUBÉRANCE. — Voy. Encéphale.

PRURIGO. — i° Éléments du diagnostic. — Des papules discrètes, isolées, se montrant ordinairement à la partie postérieure du tronc et à la face externe des membres, et des démangeaisons parfois intolérables surtout le soir et la nuit, sont les premiers signes de l'affection; mais bientôt le grattage déchire le sommet des papules, où se coagule et se dessèche une petite gouttelette de sang, dont la distribution irrégulière sur la peau et les éraillures de l'épidémie par les ongles constituent encore les traces de la maladie, même lorsque les papules ont disparu. — La marche de cette affection est ordinairement chronique, et souvent très-rebelle. II y a des exacerbations parfois très-vives , avec de l'agitation, de l'insomnie, et même de la fièvre.

2° Inductions diagnostiques. — Le diagnostic du prurigo ne présente pas de difficultés lorsqu'il est simple, et lorsqu'on le rencontre dans ses conditions habituelles : chez des individus qui se trouvent habituellement dans de mauvaises conditions hygiéniques d'habitation ou d'alimentation, dans la malpro-

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prêté ou la misère. Une éruption prurigineuse se montre quelquefois dans les empoisonnements par les narcotiques, ainsi que dans les ictères (Gubler).

On peut confondre le prurigo avec le lichen ; mais les papules plus petites de ce dernier, les démangeaisons moindres que dans le prurigo, l'absence de petites croûtes noirâtres au sommet des papules et enfin le siège différent de l'éruption, qui a lieu principalement au visage et aux mains pour le lichen, suffisent pour différencier les deux maladies. Il ne faut pas oublier d'ailleurs que les deux affections peuvent se rencontrer ensemble ; que le prurigo coïncide quelquefois aussi avec la gale et l'eczéma, et qu'il est lui-même compliqué, dans certains cas, de pustules d'impétigo, d'ecthyma.

On a admis différentes variétés de prurigo fondées sur l'intensité du prurit (prurigo mitis, formican$)yel sur le siège de l'affection aux parties génitales ou à l'anus. Celui des parties génitales occupe le scrotum chez l'homme, le pudendum chez la femme, dont le vagin est quelquefois envahi, ce qui peut provoquer l'onanisme. Celui de l'anus {prurigo podicix) accompagne souvent les hémorrhoïdes ou des ascarides du rectum. Dans ces différents cas, le prurit provoque quelquefois une agitation et une anxiété affreuses. On a signalé encore comme espèce particulière très-commune le prurigo scnilis, remarquable par la sécheresse extrême de la peau et la fréquence d'une prodigieuse quantité de poux, qui ont fait dénommer alors la maladie prurigo jn'diculairt (Voy. PuTHIRIASë).

3" Pronostic. — Cette affection cutanée est lâcheuse seulement par l'intensité de prurit qui l'accompagne, et par sa fréquente opiniâtreté, surtout chez les sujets misérables et affaiblis.

PRURIT. — Ce symptôme se rencontre dans des conditions très- différentes. Il constitue un signe fréquent d'affections cutanées, les unes aiguës, parmi lesquelles {'urticaire et l'écréma occupent le premier rang, les autres chroniques, parmi lesquelles les syphilides se distinguent par l'absence de démangeaisons. Le prurigo, la gale, les teignes, sont surtout remarquables par l'acuité du prurit qui les accompagne.

La vulvite et la congestion utérine, l'otite à son début, l'ictère et les parties atteintes par la goutte sont aussi le siège d'un prurit localisé, assez intense pour devenir incommode. Le même phénomène constitue quelquefois une aura épileptique. Mais les affections dans lesquelles le prurit est un signe important sont celles produites par des épizoaires, ou par des enlozoaires des voies digestives (surtout lorsqu'il existe à la fois à l'anus et au niveau du nez). Dans les cavités nasales, le prurit a toujours précédé les accidents graves qui résultent du dépôt de larves de mussides, qui y est effectué quelquefois pendant le sommeil en plein air, dans certaines contrées (Voy. p. 708). Enfin l'ingestion de l'arsenic, et celle de l'opium môme à petites doses, déterminent à la peau un prurit plus ou moins vif.

On a décrit le prurit de la vulve comme une affection particulière, pouvant être l'origine d'habitudes vicieuses en excitant les désirs vénériens. Les faits de ce genre ont besoin d'être plus complètement étudiés. Ou a signalé, comme causes du prurit vulvaire, l'inflammation du vagin, et même de l'utérus, l'abondance des poils (Davis), une constipation opiniâtre; mais les causes qui sont le mieux démontrées sont l'eczéma, le lichen ou le prurigo de la vulve, son inflammation aphtheuse (Dervees), l'accumulation du produit de sécrétion des glande* sébacées, et enfin la présence des oxyures dans le rectum.

PSEUDO-CROUP. — Celle maladie se rencontre habituellement chez les enfants âgés de deux à cinq ans. On doit admettre avec Valleix et plusieurs

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