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PURPURA

PUPILLE. — Voy. Œil.

PURPURA. — Le purpura, qui a pour caractère principal des suffisions hémorrhagiques sous-épidermiques, n'est bien compris que s'il est envisagé séparément comme symptôme ou comme maladie.

I. — Comme symptôme, le purpura consiste en taches d'un rouge sombre ou violacées, plus ou moins foncées, arrondies ou irrégulièrement circonscrite?, ne différant des péléchies que par leur étendue plus grande. Ces taches se développent dans le cours des maladies qui s'accompagnent d'hémorrhagies à siège multiple et que j'ai rappelées ailleurs (Voy. p. 479).

II. — Comme maladie , le purpura , appelé aussi maladie tachetée hèmorrhagique de Werlhoff, est tantôt aigu et tantôt chronique. Il a été l'objet de travaux assez nombreux de la part des dermatologistes et d'une trèsbonne thèse de Bucquoy (1855). Graves a décrit (Clin, méd., 01e leçon) sous le nom A'exanthème hèmorrhagique une variété de purpura qui ne me paraît pas mériter une distinction particulière.

A Y état aigu, le purpura se montre au milieu des plus belles apparences de la santé, quelquefois d'une manière brusque. Il est précédé de quelques symptômes fébriles légers ou d'une véritable fièvre semblable à celle du début des fièvres éruptives, puis il se caractérise par des taches paraissant sur les membres inférieurs, puis sur les autres parties du corps et même sur la face. Ces taches, noires, violacées ou pourprées, qui ne dépassent guère le diamètre de l'extrémité du petit doigt, ne changent pas de couleur à la pression ; elles sont quelquefois précédées de rougeurs papuleuses, et d'autres fois certaines taches se soulèvent en bulles ; elles peuvent être mélangées de véritables ecchymoses, et leur résolution, qui se fait habituellement en dix ou quinze jours, se caractérise par les mômes changements de colorations que si elles résultaient de violences extérieures. Des bémorrhagies par d'autres voies se montrent assez fréquemment, mais non toujours, ce qui a motivé la distinction du purpura en simple ou hèmorrhagique , distinction inutile , selon la juste remarque de Bucquoy, puisque toujours la maladie est essentiellement hèmorrhagique. — Le pouls perd ordinairement sa fréquence après l'apparition des taches; plus rarement il garde ensuite sa fréquence ou présente des exacerbations qui coïncident parfois avec de nouvelles éruptions ou de nouvelles hémorrhagies.

La fièvre au début, les taches, et parfois d'autres hémorrhagies, sont des caractères dislinctifs bien suffisants pour faire reconnaître le purpura aigu, qui s'accompagne quelquefois de douleurs très-vives dans les lombes ou dans les membres, œdème plus ou moins rapide, et enfin de troubles nerveux anémiques. Les douleurs sont dues, dans certains cas, à des épanchements de sang dans les muscles ou les articulations. Gignoux (de Lyon) a signalé les douleurs articulaires comme un signe précurseur de l'éruption dans certains cas (180t»).

Le purpura chronique constitue- t-il réellement une maladie, en dehors des cas où il a succédé à la forme aigue? La réponse n'est pas facile, à mon avis, le purpura chronique d'emblée étant toujours accompagné d'un état cachectique qui doit être considéré comme l'origine de toutes sortes d'hémorrhagies. Si, en outre, on fait la part des cas d'hémophilie pris pour des faits de purpura (purpura prétendu héréditaire), il ne reste pas, à mon avis, de faits sufiisamment probants pour établir que le purpura chronique n'est pas un simple phénomène symptomatique. Ch. Bouchard {Pathogénie, des hémorrhagies, 18(>9) est disposé à le considérer comme une dégénération des capillaires chez les vieillards, dans les parties les plus exposées à la pression et à la distension. Il rappelle que Wilson Fox a trouvé, dans un cas de purpura hèmorrhagique, quelques-

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