RUPTURES
Bright sont ici aussi rares qu'elles sont communes dans la scarlatine. Les hèmorrhagies par différentes voies, par la peau (purpura) ou par les muqueuses l'épistaxis par exemple, sont également rares, et il en est de même des accidents cérébraux ou ataxiques sans affections particulières qui les expliquent. Ces accidents cérébraux pourraient amener la mort chez les très-jeunes enfants à l'époque de la dentition ; et, selon Brachet, l'éclampsie se serait déclarée à la suite de la disparition de l'éruption par le fait d'un refroidissement. La paralysie qui survient dans la convalescence des maladies aiguës peut aussi succéder à la rougeole, comme Bergeron a en observé un exemple chez un enfant qui, après avoir été guéri d'une gangrène de l'oreille consécutive à la rougeole, fut atteint d'une paralysie graduelle des membres du pharynx et du voile du palais (Gaz.des hôpit.y 1808). La rougeole paraît en outre avoir une tendance toute particulière à produire tardivement la gangrène de la boucJie , plus rarement celle du poumon . et enfin la phthisie pulmonaire à la suite de rougeoles survenues au milieu d'une bonne santé. Cette phthisie s'annonce parla persistance de la toux et le dépérissement, tantôt avec fièvre violente et marche aiguë, tantôt sans fièvre (à l'exception de celle du soir) et avec une marche chronique. La tuberculisation, dans cette circonstance, prédomine dans les ganglions, et surtout dans les ganglions bronchiques (Barthez et Rilliet).
Je ne terminerai pas sans rappeler que l'éruption de la rougeole coïncide quelquefois avec d'autres éruptions aiguës, éruptions varioliquesy scarlatine, érysipèle de la face. Les deux éruptions peuvent même se développer et marcher simultanément, avec concomitance de symptômes propres à chacune d'elles.
3° Pronostic. — La rougeole est presque toujours suivie de guérison lorsqu'elle est simple. Elle ne devient grave que par les maladies dans le cours desquelles elle se développe quand elle est secondaire, ou par suite des complications. La mort peut survenir dans la période d'invasion par l'éclampsie et le catarrhe (Trousseau). La rougeole secondaire est d'ailleurs souvent compliquée. La disparition subite ou délitescence de l'exanthème est fréquemment suivie d'accidents graves et même de mort; mais à cet égard il ne faut pas toujours porter un pronostic funeste. Michel Lévy, qui a étudié les faits à ce point de vue, a noté le refroidissement et la diarrhée comme des causes probables de la délitescence, et, comme des accidents consécutifs : une éruption de sudamina sur le tronc, une varicelle, des vomissements, de la diarrhée, l'aggravation de la bronchite, une fois seulement une tuberculisation, et enfin des groupes de complications graves. Dans certains cas, la délitescence n'a été suivie d'aucun accident.
ROUGEUR, RUBÉFACTION. — Voy. Congestions (de la peau). RUPIA. — Voy. Bulles.
RUTPURES. — Les articles consacrés aux communications morbides et aux perforations abrègent beaucoup ce que j'ai à dire du diagnostic des ruptures. Celles-ci donnent lieu aux mêmes accidents que les perforations. Elles peuvent avoir lieu par distension extrême d'organes sains d'ailleurs, comme pour la vessie dans les cas de rétention considérable d'urine, au niveau de Vestomac dans certaines indigestions graves, et enfin au niveau d'ABCÈS (p. "7) ou de tumeurs soumises à une tension croissante de leurs parois (anévrysmes, kystes hydatiques, grossesses extra-utérines, etc.). En général, le plus grand nombre des ruptures, qu'il y ait ou non une lésion préalable, s'effectuent par suite d'une violence extérieure, ou bien d'efforts exagérés de la part du malade. C'est ainsi que l'on a vu des vomissements difficiles occasionner la rupture de l'œso- Woillbz. — DkîL de Diagn. 2* édit 60
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phage (Meyer); c'est là, 0 est vrai, un fait très-exceptionnel. C'est surtout par les violences extérieures traumatiques, coups, chutes, pressions, etc., que se produisent les ruptures, comme celles de la rate, sur lesquelles Yigla a publié un excellent travail (Arch. deméd., 1843, t. III, et 18U, t. IV), celles du foie, des reins, de l'œsophage, du cœur, du péricarde, etc.
Une rupture dont la cause est toute spéciale est celle de l'utérus pendant la grossesse, ou bien au moment de l'accouchement ; il en résulte une péritonite par suite du passage de l'enfant dans la cavité du péritoine. Dans des cas exceptionnels, cette péritonite a guéri, soit lorsque la rupture était trop étroite pour donner passage au fœtus, soit lorsque l'œuf avait été expulsé en entier dans la cavité séreuse, où il avait pu continuer à se développer grâce à des adhérences protectrices, et constituer une grossesse extra-utérine.
SALIVATION, SALIVE. — L'excès de la sécrétion salivaire, qui a lieu dans l'état sain à la première dentition, ou pendant la grossesse, se produit comme symptôme d'une foule d'états morbides, ou bien constitue par lui-même un état pathologique particulier. On a indifféremment dénommé salivation, ptyalisme, sialorrhée, l'exagération de sécrétion salivaire, qu'il ne faut pas confondre avec le simple écoulement involontaire de la salive par la bouche entr'ouverte par le fait d'une hémiplégie faciale, ou de la paralysie des muscles releveurs de la mâchoire inférieure (dans Yhémorrhagie cérébrale).
La salivation abondante a pour conséquences une soif vive, la gêne de la prononciation et de la mastication, la dépravation du goût. La salive expulsée est presque transparente, un peu visqueuse et facilement reconnaissable. Elle ne sera pas confondue avec les liquides de Yestomac et du pancréas, qui sont quelquefois expulsés par la bouche en abondance dans certaines maladies de ces organes, le liquide étant alors régurgité par l'œsophage, ce dont le malade se rend parfaitement compte.
Le ptyalisme se rencontre : avec les oreillons et dans les autres affections des glandes parotides, qui sécrètent la partie la plus aqueuse de la salive (CL Bernard); dans les affections de la bouche, et principalement dans la stomatite mercurielle, où à la salivation se joint une fétidité extrême de l'haleine; dans les pharyngites primitives ou secondaires; dans la névralgie trifaciale, Yodontalgie, Yhystérie, Yiodisme. Enfin on a admis un ptyalisme essentiel observé chez les femmes nerveuses, et, comme étant plus rare, une sialorrhée intermittente.
Au lieu d'être en excès, la salive fait quelquefois presque défaut; elle est alors épaisse, écumeuse, acide (glycosurie). Son acidité favorise le développement du muguet. Enfin c'est avec la salive, selon Cl. Bernard, que s'élimine principalement l'iodure de potassium qui a pénétré dans l'économie, et qui se montre dans la salive avec une extrême rapidité. Dans le cas où l'on procéderait à l'examen chimique delà salive, il ne faut pas oublier que le sulfocyatture de potassium fait toujours partie des éléments normaux de la salive, comme l'a montré Longet (Acad. des sciences, 1850), et que l'addition du perehlomre de fer donne une belle coloration rouge de sang à la salive, lorsqu'elle est suffisamment concentrée.
SANG. — Malgré les importants progrès réalisés dans l'étude du sang par les recherches remarquables de Berzélius, Chevreul, Andral et Gavarret, Becquerel et Rodier, Denis (de Commercy), Félix Boudet, Lecanu, Gobley, Nasse. Prévost et Dumas, Lehman, etc., l'analyse chimique du sang ne saurait être employée pour éclairer le diagnostic clinique.
Tout en tirant parti des résultats obtenus, quant aux maladies produites par
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les altérations de proportion des principes du sang, et notamment de ses globules, on ne saurait directement utiliser au lit du malade que les caractères physiques que peut présenter le liquide sanguin.
Les caractères physiques du sang (dont je n'ai pas besoin de rappeler la composition) sont faciles a apprécier pour la plupart, soit à la simple vue, soit à ( inspection microscopique. La température du sang et son électricité, étudiées par quelques auteurs, sont plus difficilement constatées, et ne fournissent d'ailleurs aucune donnée clinique de quelque valeur.
Les premiers de ces caractères, immédiatement visibles, résultent de la couleur du sang, de sa densité ou de sa plasticité, et, si le sang examiné est en quantité suffisante, de l'état particulier du caillot et du sérum.
La coloration Au sang, extrait des veines par une saignée, peut être rutilante comme celle du sang artériel, ou bien au contraire être plus foncée en couleur que dans l'état normal, lorsque Ihématose est troublée dans les capillaires ou dans les poumons. Il a rarement un aspect blanchâtre, laiteux ou chyleux, qui dépend d'une matière grasse qui s'y trouve comme émulsionnée. L'addition de l'éther fait disparaître celte anomalie. Sans être lactescent, le sang est souvent décoloré au point de tacher seulement en rose le linge qu'il imbibe, comme on l'observe pour le sang menstruel de certaines chlorotiques. D'autres fois, exhalé par hémorrhagie ou obtenu par tout autre moyen, il est d'une couleur brique tirant plus ou moins sur le brun chocolat, comme on le voit dans des cachexies (dans lesquelles cette coloration du sang fait soupçonner la leucocythémié) et dans des cas de tumeurs hématiques, dont la nature est révélée par la sortie spontanée ou provoquée du sang ainsi altéré . Enfin , mélangée aux exsudais ou aux excrétions, la coloration normale ou anomale du sang est une donnée souvent fort utile au diagnostic, mais souvent aussi la présence du sang peut passer inaperçue ou être mal interprétée (Voy. Hémorrhagies). Mélangé aux concrétions diphthériques, le sang altéré donne aux parties affectées l'aspect gangreneux (Bretonneau).
La coloration plus ou moins foncée du liquide sanguin est souvent évidente par la seule inspection des parties extérieures du corps, sans que la vue directe du sang soit nécessaire. La diminution des globules rouges se traduit, en effet, au niveau de la peau et surtout des muqueuses visibles, par une décoloration ou une pâleur caractéristiques (anémie) ; l'exagération de ces globules, au contraire, s'annonce par une congestion active des capillaires donnant à la peau, aux conjonctives, une coloration d'un rouge vif et une turgescence des plus remarquables (pléthore) ; enfin l'imperfection de l'hématose se manifeste par la cyanose plus ou moins généralisée des téguments, et c'est surtout par leur couleur ictérique, que l'on juge de l'altération du sang par les matériaux colorants de la bile, et non parle mélange de la bile entière, comme on le croyait autrefois.
La densité ou la plasticité plus ou moins grande du sang dépend de la proportion plus ou moins grande de ses matériaux solides et principalement de ses globules et de sa fibrine. C'est principalement par la décoloration et par la prédominance de l'eau que l'on juge de la diminution de densité du sang, et, par les conditions contraires, de l'augmentation de cette densité ; or, c'est ce que permet de constater l'examen du sang réuni en assez grande quantité pour qu'il puisse se diviser par le repos en caillot et en sérum.
Cette coagulation du sang se fait plus ou moins rapidement, suivant des conditions encore assez mal connues, et ordinairement elle commence quelques minutes après la sortie du sang de la veine. — Le caillot se compose en grande partie de globules sanguins emprisonnés dans une trame fibrineuse avec une
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certaine quantité de sérum. Les globules sont plus nombreux dans les couches inférieures du caillot, et la fibrine est plus condensée au contraire dans les couches supérieures, où elle forme assez souvent seule une couche blanchâtre ou jaunâtre, d'un à plusieurs millimètres d'épaisseur, et qui constitue la couenne. Cette couenne, à laquelle on attachait une grande importance comme signe de phlegmasie au commencement de ce siècle, perdit celte importance lorsque Andral et Gavarret eurent démontré que, dite inflammatoire ou parfaite lorsqu'elle était épaisse et bien formée à la surface du coagulum, elle se formait aussi dans les cas d'anémie, parce qu'elle résultait de l'excès de fibrine relatif aussi bien que réel par rapport aux autres matériaux solides du sang. — Le sérum, liquide dans lequel nage le caillot, à moins que celui-ci n'adhère par ses bords mut autour du vase qui contient le sang, est ordinairement limpide, d'un jaune verdàtre, parfois rougeàlre, visqueux, d'une odeur fade, d'autres fois tenant les matières colorantes de la bile ou de la graisse en dissolution.
Les signes fournis au diagnostic par les particularités physiques que présentent le caillot et le sérum du sang sont peu nombreux. — Un caillot volumineux par rapport au sérum se rencontre dans les cas de pléthore ; le contraire a lieu dans ceux d'anémie, où le sérum est au contraire prédominant. La fermeté ou la mollesse du coagulum sanguin sont le plus souvent en rapport avec le plus ou le moins de matériaux solides du sang. — Le sérum, par sa quantité plus ou moins grande par rapport au caillot, a une signification qui est l'opposée de celle que l'on attribue au volume du caillot. De plus, le sérum peut présenter une teinte franchemenl jaune ou verdàtre dans l'ictère, et, lorsque les éléments graisseux prédominent dans le sang dit laileux, c'est surtout le sérum qui offre l'aspect lactescent.
L'examen du sang au microscope a révélé scientifiquement des faits d'une haute portée, qui ont modifié profondément les idées anciennes, et fourni de nouveaux éléments de diagnostic. Le microscope montre que les corpuscules sanguins rouges et blancs, et la fibrine contenue dans la partie liquide, sont les
deux principes spécifiques et caractéristiques du sang, et les seuls qui le distinguent des autres liquides de l'économie (Virchow, Path. cellulaire).
La fibrine, dès qu'elle est coagulée, se montre sous la forme fibrillaire, fig. 235. Ces
Fig. 235. - Fibrine coagulée i» bu- fibres forment des lacjs nns des réseaUX délimain. — a, fibrilles fines, o, fibrille» gros- «*•»•• •
..ère* et large., c, globules rouge, et cals. Si 1 on examine une goutte de sang au bunc.;reiena. dan. le caillot - orossi.se- moment de la coagulation , on voit se former
me„t : 280 teètri (Virchow). ^ ^ ^ (|
faut noter que le mucus produit des fibres semblables à celles de la fibrine, et que le tissu conjonctif montre aussi des fibres analogues, seulement elles ne sont pas réticulées, mais parallèles entre elles.
Les globules sanguins rouges sont de simples vésicules, fig. 236, contenant dans une membrane close une masse filante colorée en rouge. Ce sont des corpuscules aplatis en forme de disques, déprimés à leur centre sur leurs deux faces, d'une coloration plus vive quand ils contiennent de l'oxygène, plus foncée quand ils ont absorbé de l'acide carbonique. Ils se déforment quand ils sont hors des vaisseaux, et les modifications qui en résultent donnent lieu à de nombreuses erreurs, fig. 237. C'est surtout en perdant leur eau par exosmose que les globules se déforment; mais alors Vhématine reste et se concentre dans le globule. Il résulte de celte concentration trois espèces de cristaux qui pro-
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viennent tous de l'hématine. — 1° Vitfchow a dénommé hématoïdine la métamorphose cristalline la plus commune de l'hématine. On peut quelquefois l'apprécier à l'œil nu quand elle est réunie en masse; quand elle est régulière, elle
/Yff. 23«. 237. Fig. 238.
Fijr. 236. — Globule* à noyau'd'un fœtus humain Agé de six semaines. — a, cellules homogènes, de grandeur variable, avec un noyau simple et proportionnellement volumineux; les unes sont légèrement granulées, le plus grand nombre présente un aspect homogène ; dans un point on remarque un globule blanc, b, cellules à noyaux très-petits et très-nets; leur contenu est rouge, c, l'action de l'acide acétique a rendu les noyaux anguleux et ratatinés; plusieurs sont troubles; à droite on voit un corpuscule granulé. — Grossissement : 280 diamètres.
Fig. 237. — Globules sanguins d'un homme adulte. — a, globule rouge ordinairo ayant la forme d'un disque, b, globule blanc, c, globules rouges vus de coté, appuyés sur leurs bords, cf, globules rouges ayant la forme d'une pile d'écus. e, globules rouges anguleux; l'exosmose leur a fait perdre une partie de leur contenu et a produit leur forme ratatinée, f, globules muges ratatinés, a bords mamelonnés; leur face présenlo un soulèvement semblable à un noyau, g, ratatinement plus complet. A, dernier degré de ratatinement (corpuscules roélaniques). — Grossissement : 280 diamètres.
Fig. 238. — Diverses formes do cristaux d'hématoidine (Voy. Archic. fûr patkol. Anatomie, vol. I, p. 391 pl. III, fi p. II]. — Grossissement : 300 diamètres.
formé des prismes rhomboédriques obliques, d'un jaune rouge A ire ou rouge, dont il a été question à l'article Pigment, fig. 238 et 239. L'hématoïdine est le résultat régulier et typique de la transformation de l'hématine dans les points du corps où se dépose une grande quantité de sang. C'est ce qui explique
Fig. 239. Fig. 241
Fig. 239. — Pigment d'une cicatrice apoplectique du cerveau (Archiv. filr pathol. Anatomie, vol. I, p. 401-454, pl. III, fig. 7). — a, globules du sang devenus granuleux et commençant à se décolorer. 6, cellule de la neuroglie, dont une partie possède du pigment granuleux et cristallisé, c, granules de pigment, d, cristaux d'hématoidine. f, vaisseau oblitéré : son ancienne cavité est remplie d* pigment rouge granuleux et cristallisé. — Grossissement : 300 diamètres.
Fig. 240. — Cristaux d'hémine, obtenus artificiellement du sang. — Grossissement : 300 diamètres.
Fig. 241. — Globules blancs de la veine aracbnoîdale d'un aliéné. — A, globnle blanc frais, a, globule blanc dans son liquide naturel, b, globule blanc dans l'eau. B, globules blancs traités par l'acide acétique, a, c, globules blancs uninucléaires, devenant de plus en plus gros, granuleux, et enfin nucléoles, d, division simple du noyau, e, division du noyau plus avancée, f, h, division du noyau en trois parties. », k, quatre noyaux et plus. — Grossissement : 280 diamètres.
que Lebert ait trouvé ce principe cristallin dans des crachats hémoploïques d'un jaune brun et fétides, dont il a été question à propos de l'hémoptysie (p. 487). Les cristaux d'hématoidine sont le plus souvent très-difficiles à voir au micro-