SATYRIASIS
scope, selon Virchow; et si l'on n'est pas préparé à les reconnaître, on n'aperçoit qu'un petit trait rougeâtre, ou un amas d'aspect amorphe ; mais en y regardant de près, ces traits deviennent des colonnes rhomboédriques (cristaux agrégés). — 2° Les cristaux à'hémine (Teichmann) ont bien moins d'importance que les précédents, car on les obtient artificiellement, fig. 240, et il n'est utile de les rechercher qu'en médecine légale, comme preuve de la présence du sang, sur les vêtements par exemple. — 3° Enfin la troisième substance cristalline retirée de l'hématine est Yhêmatocristalline, encore très-peu connue, et que l'on ne peut d'ailleurs rencontrer que dans des stades de transition, parce que ses cristaux se détruisent très-facilement. Ces cristaux sont à angles droits parfaits, souvent très-petits.
On considère généralement les pigments comme une provenance du contenu coloré des corpuscules rouges du sang, ou de l'hématine (Voy. Pigment, et Ictère, p. 5i6).
Les globules blancs ou leucocytes diffèrent des globules rouges par leur plus grand volume, leur forme sphéroïdale, leur aspect incolore et leur contenu granuleux, qui apparaît avec un ou plusieurs noyaux, quand on ajoute de l'eau. Ces noyaux deviennent plus distincts par l'addition de l'acide acétique, qui dissout le contenu granuleux. Le noyau se montre alors simple, multiple, ou en voie de division dans la cellule, fig. 241. Ces globules, qui ne se distinguent en rien du pus ( Voy. Pus), ont deux propriétés qu'il faut connaître: d'abord d'adhérer aux parois des vaisseaux lorsque l'impulsion sanguine diminue, puis la propriété de former des amas dans les organes (Voy. Leucémie, Leucocytes).
. Avec un très-fort grossissement, on peut, dans de certaines conditions, trouver dans le sang des infusoires microscopiques (Voy. Bactéries). — D'autres éléments d'analyse microscopique qui peuvent se constater plus facilement sont ceux qui paraissent se rattacher aux embolies et aux infarctus. Virchow a démontré que le prétendu pus trouvé emprisonné dans des caillots sanguins n'était pas autre chose qu'une altération blanchâtre du caillot lui-môme, due à ce qu'il a appelé la régression ou transformation graisseuse. Lancereaux (Car. mèd., 1862) aurait trouvé, dans |le sang d'un sujet qui avait succombé à une endocardite ulcéreuse, des éléments normaux, mais étrangers au liquide sanguin. C'étaient des granulations moléculaires, des globules granuleux, des globules de graisse, des fragments de fibres de tissu conjonctif, et quelques corps allongés et granuleux, en même temps que des éléments identiques se retrouvaient au centre des caillots des artères splénique, rénale et hépatique, à la formation desquels ils paraissaient avoir contribué. On retrouvait encore ces éléments dans un petit foyer qui siégeait dans l'épaisseur de la valvule mitrale, ce qui démontrait leur origine dans les ulcérations des valvules cardiaques. On comprend qu'il serait possible de trouver également dans le sang des éléments microscopiques des concrétions intra-vasculaires qui se seraient émiettés et détachés.
SARCINE — Voy. Parasites (Végétaux), p. 776.
SARCOPTE. — Voy. Parasites (Animaux), p. 766.
SATURNINS (Accidents). — Voy. Intoxications.
SATYRIASIS — Le satyriasis, qui consiste en un penchant irrésistible et persistant à consommer l'acte vénérien, constitue un trouble intellectuel qui correspond à la nymphomanie chez la femme. Il est par conséquent fort différent du priapisme simple, qui est un phénomène local. — Une continence excessive, des lectures et des spectacles lascifs exaltant l'imagination, certains ingesta (cantharides), et aussi certaines affections cérébrales, telles que des lésions du cervelet, dont on a pourtant exagéré beaucoup l'influence pathologique à ce
SCARLATINE
point de vue, sont les causes habituelles du satyriasis, qui peut constituer une simple manifestation de la folie et survenir dans son cours.
SAVEUR. — Voy. Gout, Gustation.
SCAPULUM. — Voy. Épaule.
SCARLATINE. — Comme la rougeole, la scarlatine est infiniment plus fréquente dans l'enfance qu'à l'âge adulte.
1° Éléments du diagnostic. — Lorsqu'elle est simple et régulière, elle débute ordinairement par de la céphalalgie, de la fièvre et une douleur de gorge , qui vont ensuite en augmentant; parfois il y a des frissons, des vomissements. — Quelques heures, un jour ou deux au plus après ces prodromes, V éruption se manifeste sur la face ou dans les plis du cou, par des petites taches rosées, inégales, irrégulières, déchiquetées, sans saillie, disparaissant momentanément parla pression, s'étendant et se réunissant de manière à former sur tout le corps de larges plaques d'un rouge vif, piquetées d'une multitude de très- petits points d'un rouge plus foncé; dès le second jour, et jusqu'au troisième ou quatrième jour de l'éruption, la coloration rouge et toujours pointillée devient tellement intense qu'elle a été comparée à la couleur du jus de framboises ; cette intensité est plus grande vers les plis des articulations (aines, aisselles) et pendant les paroxysmes de la fièvre ; elle peut persister une semaine; l'éruption produit quelquefois un prurit très-incommode, et souvent on peut y constater à la vue, et plus facilement avec une loupe, des petites vésicules trèsfines. En même temps peau brillante (à -f- 41 et À"2° cent.), sèche, rugueuse ; pouls fort, fréquent, soif vive, sommeil agité; face vivement colorée, un peu bouffie ; yeux vifs, injectés, quelquefois larmoyants, narines enchifrenées, gorge douloureuse, déglutition difficile; les amygdales sont rouges et tuméfiées, parfois recouvertes d'un enduit blanc, pultacé; la respiration est gênée, bruyante, accélérée. — Dans la période de décroissance, avec la diminution graduelle de la fièvre et des autres symptômes, l'éruption cutanée prend une teinte rouge terne ou violacée avant de disparaître complètement. La desquamation de la peau se fait le plus souvent par lambeaux épidermiques irréguliers, d'un blanc mat, secs, souvent très-larges, et dont l'abondance est en rapport direct avec celle de l'éruption. La desquamation par lambeaux épithéliaques peut se faire aussi dans la bouche et dans l'arrière -gorge. Le plus souvent la langue, dépouillée de son épithélium, a une surface luisante et unie, ou bien hérissée de papilles et ressemblant à une framboise.
Dans la scarlatine anomale ou irrégulière, il y a exagération, développement incomplet ou même absence de certains symptômes. Comme dans la rougeole anomale, il peut y avoir au début exagération des symptômes généraux, des troubles digestifs intenses, ou plutôt des phénomènes cérébraux : délire, coma, convulsions ; tous les symptômes de l'invasion peuvent au contraire manquer, et l'éruption être le premier symptôme ; cependant il est rare que l'angine fasse complètement défaut ; l'éruption peut être plus pâle ou plus foncée que d'ordinaire, et ne se montrer que dans certaines régions où l'on ne songe pas à la chercher.
La rougeole présente, outre ces éléments principaux de diagnostic, une foule d'autres données utiles à connaître, et dont il sera question dans ce qui suit.
2° Inductions diagnostiques. — Comme pour la rougeole, le malade se présente ici dans l'une des trots conditions suivantes : au moment des prodromes, pendant ou après l'éruption.
o. — Avant V éruption, l'existence d'une pharyngite aiguë, avec une fièvre
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dont l'intensité a été signalée par beaucoup d'observateurs, et qui est hors de proportion avec les phénomènes pharyngiens, doit toujours faire soupçonner le début d'une scarlatine. Le tracé thermométrique de la fièvre scarlatine us»' a un début brusque comme la variole, mais la température monte bien plus rapidement et
atteint son maximum en vingt-quatre heures, comme le montre la figure 242.
C'est alors que se fait l'éruption. Aucune autre maladie aiguë que la scarlatine n'atteint 40° en un jour (G. Sée, Bull, yen. de thèrapeut., 1809, t. LXXV1).
Lorsque ces données diagnostiques ne pourront pasétre constatées, la pharyngite aura une grande importance si, au lieu d'être simple, elle est pultacée (Voy.
p. 808). Dès l'apparition de la fièvre, on constate, suivant Lasègue, une rougeur de la muqueuse de la gorge qu'on pourrait appeler prémonitoire, et qui , par uue dérogation aux lois habituelles des angines, même de celles qui dépendent d'une maladie générale, envahit la cavité de la bouche plus ou moins en totalité (Traité des angines, 1808). La présomption de l'invasion de la scarlatine se trouvera d'ailleurs promptement confirmée, dans la plupart des cas, par le peu de durée des prodromes, et par la rapidité de l'apparition de l'éruption quelques heures, un ou deux jours au plus après le début. Cette courte durée des prodromes est caractéristique lorsqu'ils s'accompagnent d'un larmoiement et d'un enchifrènement qui pourraient en imposer pour une rougeole à son début. Dans tous les cas, l'apparition de l'éruption est le meilleur signe de la maladie.
b. — Cette éruption, on la trouve quelquefois manifeste à l'isthme du gosier avant qu'elle se montre à la peau ; la muqueuse est alors d'un rouge vif avec un piqueté plus foncé. En cas de soupçon de la scarlatine à son début, il ne faut donc pas négliger d'explorer avec soin la cavité buccale et le pharynx, exploration que provoquent d'ailleurs les symptômes ressentis de ce côté par le malade. Quoi qu'il en soit, l'éruption cutanée, dont la durée varie de quatre à six jours dans la plupart des cas, est caractéristique lorsqu'elle est franche, car l'intensité de sa rougeur et son pointillé plus foncé, puis les vésicules miliaires à peine visibles qu'elle présente, ne permettent aucune hésitation, surtout si ces caractères ont été précédés par la pharyngite dont il est ci-dessus question. Mai? malheureusement on rencontre un bon nombre de faits dans la pratique dans lesquels l'éruption, incomplète, fugitive, ou irrégulière, passe inaperçue. Si l'on soupçonne l'a Ile cl ion, on aura soin d'examiner les aines ou le voisinage des aisselles, où l'éruption est parfois limitée.
c. — L'éruption une fois passée, l'existence de la desquamation dans le voisinage des aisselles ou des aines, ou par larges plaques au niveau des extrémités, fera facilement établir le diagnostic rétrospectif de la scarlatine, surtout si les antécédents viennent le confirmer. Il ne pourrait y avoir doute que dans les faits où la desquamation, simplement furfuracée, ressemblerait à celle de la rougeole ;
Fig. 212. — Scarlatine (G. Scoj.
SCARLATINE
mais il faut noter que, dans cette dernière affection, c'est le visage qui est le principal siège de la desquamation, tandis que pour la scarlatine, c'est principalement au voisinage des aisselles ou des aines que l'on en trouve les traces. On a vu la desquamation , qui ne dépasse guère dix ou douze jours, se prolonger vingt jours et plus.
Comme pour toute autre fièvre éruptive, il faut se demander, lorsqu'on a reconnu ou seulement soupçonné la scarlatine, si elle est régulière ou irrégulière, bénigne ou grave, simple ou compliquée. On reconnaîtra facilement, d'après ce qui précède, si elle est régulière, bénigne et simple ; mais il n'en sera pas toujours de même si elle est irrégulière (ou anomale), grave ou compliquée. Il sera question plus loin des complications et de la gravité de la maladie.
Quant aux anomalies qu'elle peut présenter, elles sont nombreuses, car elles portent sur les phénomènes de l'invasion, et sur les caractères ou sur la durée de l'éruption ou de la desquamation. Les anomalies de la marche ou de l'évolution de la maladie ne sont pas moins utiles à connaître. La durée des périodes est irrégulière par la prolongation insolite des prodromes (que Trousseau a vus durer huit jours), par le retard de l'éruption après la cessation des prodromes, par le retard de la desquamation, et par l'apparition également tardive d'autres symptômes, comme l'angine que l'on a vue parfois apparaître pendant l'éruption, ou même pendant la desquamation. Lorsque la scarlatine est anomale, le diagnostic, suivant Trousseau, peut s'établir par la seule considération de l'extrême fréquence du pouls, qui ne se retrouve que très-rarement dans les autres affections que l'on pourrait confondre avec la scarlatine (Clinique médicale, t. I).
La considération des données étiologiques n'est pas sans importance diagnostique. Il est utile de savoir, en effet, s'il existe une épidémie régnante de scarlatine, et si le malade a été exposé à des influences contagieuses : circonstances qui peuvent immédiatement mettre sur la voie de la vérité. Il n'est pas indifférent non plus d'être prévenu que la fréquence de la maladie est beaucoup plus grande chez [les enfants âgés de trois à dix ans qu'à un âge moindre ou plus avancé. Quant à la durée de la période d'incubation pendant laquelle on doit redouter l'influence de la contagion, elle n'a pu être déterminée d'une manière précise. Barthez et Rilliet croient l'incubation moins longue que pour la rougeole.
Une condition étiologique très-importante pour le diagnostic de la scarlatine, c'est son apparition primitive ou secondaire. Par cela même, en effet, qu'elle apparaît dans le cours d'une autre maladie, la scarlatine est rendue irrégulière ou anomale. Il est donc essentiel de rechercher s'il n'existe pas une affection ancienne chez le malade, dans le cas où l'on n'en aurait pas constaté avant d'avoir soupçonné ou reconnu chez lui la scarlatine.
Le degré d'intensité de la maladie est variable suivant les épidémies, qui sont en général beaucoup plus fréquemment légères que graves. — Les lésions pharyngiennes sont également plus ou moins accentuées selon les épidémies. — Il résulte de ces différences des formes diverses particulières de la maladie ; mais elles ont bien moins d'importance que les formes régulières ou irrégulières dont il a été parlé plus haut, et que celles dont il me reste à m'occuper à propos des complications et du pronostic.
La pharyngite ou pharyngo-laryngile, Yangine scarlatineuse en un mot, peut prendre une intensité assez grande aux dépens des autres manifestations scarlatineuses, pour être considérée comme une complication. Malgré l'opinion
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de quelques autours, on ne saurait admettre qu'elle a le caractère de complication lorsqu'elle est simple ou pultacéc et qu'elle a une médiocre intensité. Dans le cas contraire, la pharyngite peut se montrer grave dès le début, ou dans le cours de la scarlatine, du deuxième au dixième ou onzième jour, selon Bartbex et Rilliet. Elle peut être simple, pultacée ou véritablement pseudo-membraneuse, ou diphthérique ou même gangréneuse, et s'accompagner ou non d'ulcérations ; ce sont des conditions diverses qu'il faut avoir bien soin de distinguer. Dans ces différentes circonstances, les ganglions sous-maxillaires tuméfiés et engorgés peuvent s'enflammer et donner lieu à des phlegmons compliqués d'infiltrations purulentes étendues. Malgré les caractères ordinairement tranchés de ces diverses espèces de pharyngites, ils peuvent faire commettre des erreurs presque inévitables. J'ai vu un adulte qui avait été admis à l'hôpital pour une éruption presque confluente de petites plaques érythémateuses d'un rouge violacé, mallimitées, avec un érythème du nez et une pharyngite intense, avec pla ques blanchâtres déprimées recouvrant manifestement des ulcérations dans certains points, notamment sur le voile du palais. On aurait pu croire à une affection syphilitique secondaire, si l'invasion récente de la maladie, la rapidité avec laquelle la pharyngite céda à quelques cautérisations au nitrate d'argent, la décoloration graduelle des taches, puis la desquamation au cou et aux aines, n'avaient démontré qu'il s'agissait bien d'une angine scarlatineuse pultacée et ulcéreuse, avec éruption anomale. Des faits de cette espèce suffisent pour autoriser à recommander la recherche attentive d'une éruption scarlatineuse dans tous les cas d'angines simples et surtout d'angines complexes par suite d'exsudats pultacés ou diphthériques, de gangrène ou d'ulcérations. Les concrétions pultacées n'ont pas de tendance à envahir le larynx, mais les fosses nasales; quant à l'extension de pseudo-membranes diphthériques vers le larynx, on devra la redouter lorsqu'on aura constaté leur présence dans le pharynx Voy. Diphthérie).
La congestion pulmonaire, qui s'observe au début de la scarlatine comme dans les autres fièvres éruptives, prend-elle quelquefois les proportions d'une véritable complication ? C'est ce qui n'a pas encore été suffisamment établi par suite de la confusion de Phyperémie avec des bronchites et même des pyxeumonies, affections d'ailleurs aussi rares dans la scarlatine qu'elles sont fréquentes dans la rougeole. Les complications gastro -intestinales (vomissements, diarrhée fétide), Y otite, la vaginite (Cormach), sont également rares. D'autres complications s'observent dans la scarlatine comme dans d'autres pyrexies : inflammations des séreuses (méningite, pleurésie, péricardite, péritonite) , phlegmons sous-cutanés survenant pendant la convalescence ; hémorrhagies par diverses voies ou purpura secondaire; accidents atcuciques ou convuhif* au début ou dans le cours de la maladie. Mais la scarlatine présente deux complications qui doivent être considérées comme lui étant particulières, car elles se montrent bien plus fréquemment dans son cours que dans le cours des autres maladies aiguës : ce sont les inflammations articulaires et les hydropisies.
Les inflammations articulaires scarlatineuses, souvent confondues avec le rhumatisme des articulations, se montrent dans la convalescence de la scarlatine et se terminent, dans des cas rares, par suppuration.
Quant aux hydropisies aiguës ou chroniques, elles méritent une attention spéciale. L'anasarque est la plus fréquente; mais les hydropisies internes ne sont pas rares. L'œdème pulmonaire, les épanchements séreux de la plèvre, du péritoine, du péricarde, des méninges, et l'œdème de la glotte, peuvent s'observer. Les suffusions séreuses se font quelquefois toutes en môme temps, ce
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qui est plus grave, ou bien successivement. L'anasarque apparaît la première dans la plupart des cas ; elle est surtout à redouter deux ou trois semaines après l'éruption, et ne se montre jamais après la sixième semaine (Guersant etBlache). Elle débute par la face et devient très-rapidement générale. Elle est aiguë dans presque tous les cas, précédée de ûèvre, de vomissements, de diarrhée, de douleurs de bas-ventreet cTtmnes sanguinolentes. Presque toujours, suivant lesuns, toujours, suivant les autres, il y a albuminurie ou plutôt une maladie de Bright qui est le plus souvent aiguë. L'œdème du poumon, selon Legendre (Rech. sur quelques maladies des enfants, 1846), se montre quelquefois d'emblée. Il en est de même de Yhy dro-thorax aigu double (Rilliet) et de Yhydro-pèricarde aiguë (J. Frank, Fraënckel, Barlhez et Rilliet, Thore), dont les principaux signes seraient une dyspnée extrême avec anxiété, et, à la région précordiale, l'absence du bruit respiratoire avec matité. Ces hydropisies se rencontrent principalement chez les enfants délicats et lymphatiques, dans la saison froide ou par suite d'un refroidissement, et plus fréquemment dans certaines épidémies que dans d'autres. Les accidents nerveux qui compliquent la maladie de Bright p. 442), et notamment l'éclampsie (Barlhez et Rilliet), sont quelquefois la première révélation de cette maladie à la suite de la scarlatine, et ils doivent suggérer l'idée de l'examen des urines, que l'on trouve ordinairement albumineuses (Voy. Anasarque, Albuminurie, Bright [Maladie de).
3° Pronostic. —' La scarlatine se termine par la guérison dans la plupart des cas ; mais elle est grave dans certaines épidémies. Elle l'est surtout lorsqu'elle est anomale, lorsqu'elle se déclare dans le cours d'une autre maladie, ou lorsqu'il survient des complications. Legendre a fait remarquer que l'anasarque scarlalineuse aiguë est le plus souvent suivie de guérison. J. Tripe, qui en a réuni plus de trois cents faits, porte la proportion de la mortalité par cette complication à soixante-trois pour cent {Voy. Arch de méd., 1854). On a donné le nom impropre de malignes aux scarlatines devenant rapidement très-graves par l'invasion de complications ou de phénomènes insolites, et dont l'apparition est inattendue et inexplicable.
SCIATIQUE (Névralgie). — Voy. Névralgies, p. 678.
SCIE (Bruit de). — Voy. Vasculaires (Bruits).
SCLÉRÈME, SCLÉRODERMIE. — Cette maladie est caractérisée par la dureté résistante de la peau et des. tissus sous-jacentsy qui produit l'immobilisation de la face ainsi que la gêne ou l'impossibilité de mouvements dans les parties atteintes. Le sclérème est différent chez l'enfant et chez l'adulte.
A. — Chez V enfant nouveau-né, comme l'a démontré Valleix, c'est un véritable œdème dur envahissant successivement tout le corps, plus prononcé vers les parties déclives, avec coloration des téguments en rouge plus ou moins foncé (coloration qui a été prise pour la rougeur d'un érysipèle) et plus tard par une teinte jaune ; la température du corps baisse notablement (de 37° à 33°, selon H. Roger), en même temps qu'il y a une torpeur remarquable de la circulation et de la respiration. — Cette affection de l'enfance survient sous l'influence du froid et des mauvaises conditions hygiéniques ; elle entraîne presque constamment la mort en trois à cinq jours, sans dépasser vingt jours. Legroux a réussi à faire disparaître le sclérème des nouveau-nés par le massage, ce qui démontre sa nature œdémateuse.
Cette affection, facile à reconnaître, a néanmoins une coloration qui a été prise pour la rougeur de Y érysipèle. Quelquefois il y a en réalité à la fois sclérème et érysipèle, comme l'a démontré Elsœsser, de Stutlgard (1852).
B. — Chez Vadulte, le sclérème a été signalé par Thirial dans deux intéres-