I. Rétrécissement de l'orifice aortique
Le rétrécissement de l'orifice aortique se caractérise par un souffle plus ou moins rude perçu pendant la systole, en même temps que le choc du cœur, mais pouvant se prolonger de manière à couvrir le second bruit. Il a son maximum à la base du cœur et se prolonge vers l'aorte et dans les artèresducou. Le pouls, que l'on a dit à tort irrégulier, est au contraire d'une régularité dont on peut faire un bon caractère du rétrécissement aortique suivant Marey, qui a recueilli un très-grand nombre d'observations confirmatives. L'ondée sanguine franchit péniblement l'étroit orifice ventriculo-aortique ; aussi la diastole artérielle se faitelle plus lentement que de coutume. 11 en résulte que le tracé sphygmographique présente une ascension lente, et par conséquent courbe et oblique, fig. 243 et
Fig. 213
Fig. 244.
068 SOUFFLE (Bruits de). — insuffisance aortique.
244; assez souvent l'ascension se termine en plateau, au lieu d'un angle, par suite de la perte d'élasticité des artères due à des concrétions de leurs parois,
ce qui a lieu surtout chez les vieillards.
L'hypertrophie consécutive du cœur maintient la circulation dans un étal suffisant (Marey). Cependant on a cru remarquer qu'à ce rétrécissement se rapportaient, plus fréquemment qu'à d'autres lésions'valvulaires, la coloration de la face et l'œdème ; mais le praticien tire peu d'avantages de ces symptômes, qui sont loin d'être constants.
Il n'est pas toujours facile de savoir quelle est la lésion qui cause le rétrécissement de l'orifice aortique. Tantôt ce sont des végétations polypeuses qui Ilotlent à l'entrée de l'aorte, tantôt une induration des valvules, qui les empêche de s'ouvrir suffisamment ; cette induration, plus fréquente chez les vieillards, explique la fréquence de ce rétrécissement dans un âge avancé.