II. Insuffisance de l'orifice aortique
A celte insuffisance correspond un souffle, ordinairement doux, se produisant pendant le second hruit du cœur ou le remplaçant complètement, et ayanl son maximum au niveau de l'origine de l'aorte, d'où il se prolonge vers la pointe du cœur. Il est, en effet, produit par le passage en retour du sang de l'aorte dans le ventricule. Sibson a prétendu qu'on le percevait très-distinctement au niveau des 3e et 4" vertèbres dorsales. Suivant Duroziez (Arch. de méd., 1861, t. XVII), on trouverait constamment , comme signe univoque de celte insuffisance, un double souffle intermittent crural, qui apparaîtrait toujours si l'on appuyait graduellement le stéthoscope jusqu'à oblitérer l'artère. — Le pouls, en général régulier, a une force considérable, comme l'a signalé Corrigan ; il est vif, rapide, mais dépressible, souvent vibrant, bondissant, et un intervalle très-sensible peut séparer les battements du cœur de ceux des artères (Henderson). Les battements des artères des membres sont partois visibles, même pendant l'élévation de ces derniers. Les tracés oblenus sur la radiale présentent des caractères importants. Ils ont, dans leur période d'ascension, une verticalité qui exprime la brusquerie de l'expansion du vaisseau. Le sommet de
cette ascension verticale se termine par une pointe aiguë ou par une sorte de crochet (Marey), comme le montre la figure
L'insuffisance de l'orifice aortique est une cause de dilatation et d'hypertrophie cardiaques. Cependant les symptômes généraux des maladies du cœur sont inoins prononcés ici que dans le rétrécissement. L'affection peut avoir une longue durée, et la mort a lieu dans la moitié des cas par suite d'une maladie intercurrente. T. Mauriac a signalé la mort subile comme conséquence de cette insuffisance.
Quant aux causes anatomiques de cette lésion, elles sont très-variées; ce sont : la déformation fibreuse, cartilagineuse et osseuse des valvules sigmoïdes,
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SOUFFLE (Bruits de). — rétrécissement mitral
Fig. 247.
les végétations, la soudure de deux ou des trois valvules par leurs bords contigus (Charcelay), leur destruction dans l'endocardite ulcéreuse, et enfin, sans que les valvules soient altérées dans leur texture, le prolapsus d'une de ces valvules, leurs ruptures, leurs déchirures, leurs perforations, qui se produisent quelquefois tout à coup pendant de violents efforts. A. Guyot pense qu'il peut exister une insuffisance aortique temporaire due à une congestion des valvules, et que les dilatations de l'aorte, soit primitives, soit dues au voisinage d'unanévrysme, en produisent quelquefois une permanente, comme toutes les autres énumérées tout à l'heure. J'ai entendu Lucien Corvisarl signaler à la Société d'observation, en 1852, cette même cause d'insuffisance aortique. Cette coïncidence d'un anèvrysme aortique et de l'insuffisance est trèsfréquente, suivant Marey.
Le rétrécissement et l'insuffisance aortiques peuvent coexister, avec double souffle, et fournir alors un tracé qui réunit les caractèresdes deux pouls, fig. 246. — Enfin l'insuffisance avec état sénile des vaisseaux donne un tracé avec ascension verticale suivie du plateau caractéristique, comme le montre la figure 217, ou bien une figure avec irrégularité du tracé, comme seul signe de sénilité. III. Rétrécissement mitral. • On admettait que le rétrécissement auriculo-ventriculaire gauche, ou mitral, se manifestait par un souffle perçu immédiatement avant le premier bruit du cœur (présystolique), pendant ce premier bruit (systolique), ou pendant le second bruit (diastolique), comme je l'ai dit plus haut, lorsque Marey, se fondant sur l'évolution physiologique du cœur, n'admit pas le sou file systolique (ou pendant le premier bruit) cumnie signe du rétrécissement mitral, mais seulement les deux autres; le souffle systolique est dû, selon \ui%kYinsuffisa)tre mitrale. La coïncidence presque constante des deux lésions rend du reste leur étude extrêmement difficile. — Le pouls du rétrécissement mitral simple, avec souffle diastolique (au second temps), et qui est assez rare, n'offrirait pas de caractère bien tranché , suivant les types donnés par lé savant physiologiste que je viens de citer, fig. 248 et 249.
La régularité des pulsations y est assez remarquable. Ils ont ceci de particulier qu'ils diffèrent tout à fait des tracés de l'insuffisance aortique, seule affection qui s'accompagne d'un souffle au second bruit du cœur, comme le rétrécissement mitral . Le pouls de ce dernier est petit et faible au lieu d'avoir l'amplitude apparente et la vibrance de celuWe l'insuffisance aortique.
Les caractères du rétrécissement mitral ne peuvent être assez nettement exposés pour que l'on établisse une différence suffisamment caractérisée entre les
Fir. 2»*.
970 SOUFFLE (Bruits de). - insuffisance tricuspide.
symptômes fonctionnels qui se rattachent à cette lésion valvulaire et les symptômes des autres lésions du même groupe. — Quant aux lésions de ce rétrécissement, elles sont analogues à celles du rétrécissement aortique au niveau des valvules sigmoïdes.