‹ Dictionnaire de diagnostic médicalChapitre 318 sur 355 · IV. Insuffisance mi traie · texte numérisé non relu

IV. Insuffisance mi traie

Le souffle de l'insuffisance mitrale est toujours systolique, selon Marey. Ce souffle siège à la base du cœur et se prolonge vers la pointe. Il présente d'ordinaire des renforcements saccadés, râpeux, avec frémissement au palper, et ne se propage pas dans les vaisseaux du cou, ce qui le fait suffisamment distinguer du souffle du rétrécissement aortique et des souffles anémiques, qui sont doux et se propagent dans les vaisseaux. — Le pouls a pour caractère fondamental d'être presque toujours d'une irrégularité complète, et en même temps très-faible.

Uni le plus souvent au rétrécissement mitrrt, c'est une des afleclions les plus fréquentes du cœur. On peut alors constater deux souffles, avec régularité du pouls, comme dans le rétrécissement uni à l'insuffisance aortique ; et l'on pourrait à un examen superficiel confondre ces deux états pathologiques. Mais le défaut de propagation des bruits anomaux dans les vaisseaux du cou suffit pour faire reconnaître les lésions mitrales, car cette propagation ne manque jamais dans le rétrécissement de l'orifice aortique.

Insuffisance tricuspide.

Il est généralement admis que le souffle de cette insuffisance a lieu au moment de la contraction ou systole ventriculaire; mais ce souffle, considéré seul, serait toujours confondu avec celui de l'insuffisance mitrale, s'il ne s'accompagnait pas de pulsations caractéristiques des veines jugulaires ou pouU veineux, qui ne peuvent se manifester que par le fait de l'insuffisance de la valvule tricuspide. Le reflux du sang dans les veines jugulaires est parfois considérable et sensible à la palpation; toujours il l'est a la vue. Nous avons rappelé à l'article Pouls veineux que ce reflux pouvait se faire sentir, non-seulement aux jugulaires, mais au niveau de varices des membres inférieurs et même au niveau du foie, qui est alors soulevé en même temps que les veines jugulaires sont dilatées, pendant lès systoles cardiaques. — Le pouls artériel de la radiale est régulier et sans petitesse, ce qui, joint au pouls veineux, permet de distinguer parfaitement l'insuffisance tricuspide de l'insuffisance mitrale. La figure 250

fde Marey) montre la différence importante du tracé sphygmographique. si on le com-

Fio- 250. — Pouli radial de llnsuffllMIM tricuspide (Marey tig. ï\ i). ri»

pare aux iraces oe i in™

suffisance mitrale. J'ai rappelé à propos du pouls veineux que Marey avait pu, dans un cas exceptionnel, relever le tracé du pouls veineux; mais le plus souvent le praticien ne saurait utiliser cette donnée diagnostique.

L'insuffisance tricuspide ne se rencontre jamais comme lésion isolée du cœur. Elle est due, dans certains cas, à une lésion concomitante d'autres altérations cardiaques; mais fréquemment l'insuffisance a lieu sans lésion de la valvule tricuspide. Cette insuffisance est alors un effet secondaire, tantôt d'une affection matérielle des autres valvules, et en particulier de la mitrale, tantôt le résultat d'un gorgement des cavités circulatoires droites par le sang, par suite des obstacles considérables et suffisamment prolongés qui se produisent fréquemment dans la circulation pulmonaire. La surcharge sanguine du ventricule droit s'étend à l'oreillette sans que la contraction ventriculaire puisse faire accoler

Page 1