AUSCULTATION
Dans ce dernier cas, il suffit d'avoir une fois observé l'attitude dans la marche, le corps se relevant du côté opposé à la paralysie «à chaque projection particulière en avant du membre pelvien affaibli, tandis que le bras paralysé reste pendant et immobile contre le tronc, pour ne plus méconnaître la valeur de cette attitude. Il en est de môme de la démarche de certains paralytiques généraux, lorsqu'il y a plutôt perversion qu'affaiblissement des mouvements musculaires. Ces malades s'avancent par mouvements hésitants, mais saccadés, brusques et de peu d'étendue.
B. — Les attitudes partie lies particulières que provoquent certaines affections locales ont plus d'importance séméiologique que l'attitude générale. — Les douleurs vives, par exemple, commandent souvent des attitudes ou des poses caractéristiques : la main se porte naturellement sur la région douloureuse, la tête s'infléchit vers elle, de même que le tronc, comme pour immobiliser la partie souffrante; dans ces différentes circonstances, {l'expression de la physionomie annonce en même temps qu'une douleur est la cause de l'altitude anomale qui, jusqu'à un certain point, indique le siège de cette douleur. Le membre inférieur étant â demi fléchi, et immobilisé par une douleur vers son origine, doit faire présumer l'existence d'un phlegmon iliaque, avec inflammation de la gaîne du psoas du côté correspondant. — Les affections musculaires, soit par la contraction devenue douloureuse de certains muscles, soit par leur contracture, soit enfin par leur affaiblissement, impriment à certaines parties du corps des attitudes vicieuses qui peuvent mettre sur la voie du diagnostic. Les contractures locales, en dominant l'action tonique des muscles antagonistes, et les jjaraij/stes ou les atrophies, en rendant au contraire, par suite de leur insuffisance, les muscles antagonistes prédominants, expliqueront ces altitudes vicieuses partielles, et ces états pathologiques devront toujours être recherchés. Cette recherche serait inutile, si l'on trouvait : au niveau de la peau, des cicatrices étendues et profondes; au niveau du squelette, des déformations osseuses qui sont le point de départ de l'attitude, comme chez les rachiliques. AURA. — Voy. Épilepsie.
AUSCULTATION. — Pour faire ressortir les applications de l'auscultation utiles à la pratique, en les envisageant d'une manière générale, j'en examinerai successivement le but, Y application et les signes, sans insister sur la théorie des bruits d'auscultation, que j'ai étudiée longuement dans un travail particulier (Arch. géu. de mèd., 1805, t. VI).
1° But. — On sait que l'auscultation a pour objet de recueillir les bruits normaux ou anomaux qui se produisent au sein des organes, et qui ne sauraient, pour la plupart, être perçus à distance par simple audition. C'est principalement dans l'intérieur des voies respiratoires et circulatoires, et au niveau des séreuses de la poitrine et de l'abdomen, que l'on recherche ces signes. On l'applique souvent aussi avec succès â la recherche de la grossesse. Ce n'est que dans un petit nombre de circonstances, ou dans des cas exceptionnels, que l'on a usé de l'auscultation pour le diagnostic de certaines affections de l'estomac, des intestins du foie et de la vésicule biliaire, des reins, de la vessie, de l'utérus, des ovaires, de l'oreille, des parties molles, des os et enfin des articulations.
2° Méthodes d'exploration. — 11 résulte de cette énumération que l'auscultation est employée au niveau de la tête, du cou, de la poitrine, de l'abdomen et des membres. On sait qu'elle se pratique immédiatement avec l'oreille appliquée sur la partie à explorer, ou médiatement à l'aide d'un stéthoscope.
Le premier mode d'exploration, l'auscultation directe, est le plus fréquemment employé au niveau de la poitrine; mais le stéthoscope est indispensable pour
HG AUSCULTATION.
ausculter certaines régions limitées, soit parce que l'oreille ne saurait s'y appliquer convenablement, soit parce que l'on parvient ainsi à circonscrire plus exactement le siège du bruit à percevoir. Des motifs de convenance obligent souvent à se servir aussi de cet instrument pour ausculter les parties antérieures de la poitrine, chez les personnes du sexe.
Dans tous les cas, il ne faut pas oublier que, pour l'emploi de l'auscultation, le malade doit avant tout être dans la position la plus convenable pour l'exploration. Qu'il soit debout, assis ou couché, il prendra une attitude régulièrement symétrique s'il s'agit de comparer deux régions latérales correspondantes; ou bien, si l'on explore une région isolément, on fera en sorte que les muscles y soient amincis autant que possible par la position ( Voy. Poitrine). Cependant, si le malade est très-aftaibli et couché, l'on devra, jusqu'à un certain point, se départir de cette règle, et le déranger le moins possible de la position qu'il aura choisie, à moins qu'il ne soit indispensable au diagnostic de procéder à une investigation plus complète que ne le permet son attitude. Dans ce dernier cas, on agira aussi rapidement que possible, surtout si l'on veut ausculter la poitrine en arrière. Il peut arriver aussi que l'attitude assise soit impossible à prendre par le malade s'il existe vers le sacrum une plaie accidentelle, comme dans certaines lièvres graves; on pourra, dans ee cas, ausculter successivement chaque côté de la poitrine, le malade étant couché alternativement sur le côté opposé. Enfin, chez les sujets dont la dyspnée est excessive, avec menace d'asphyxie, l'on devra ausculter rapidement, eu posant à peine l'oreille ou le stéthoscope sur le thorax. Dans le croup, l'auscultation peut, à certains moments, compromettre l'existence, selon Vauthier, qui conseille de s'abstenir, pour peu que les mouvements imprimés à l'enfant amènent de la suffocation (Arch. de. méd., 1848, t. XVII, p. 30).
Quant aux règles particulières à suivre pour pratiquer l'auscultation, je ne puis que renvoyer aux traités spéciaux. J'ajouterai, avec Barthez et Rilliel, que, dans le cas où l'on ausculte uu enfant dans la position assise, il faut se garder d'appliquer l'oreille sur sa poitrine au moment où l'on vient de le mettre sur son séant; car alors il s'agite, sa respiration s'accélère, devient bruyante soit dans l'inspiration, soit dans l'expiration, ce qui expose à de nombreuses erreurs. Si, au contraire, on a la précaution de n'appliquer l'oreille sur les parois de la poitrine que lorsque l'enfant est calme et tranquille, on parvient aisément à constater la pureté du bruit respiratoire, si elle existe. Chez les plus jeunes enfants, l'application de l'oreille, et, à plus forte raison, celle du stéthoscope, les contrarie ou les effraye; ils exécutent alors des mouvements de torsion du tronc en poussant des cris incessants, de sorte qu'on est souvent obligé d'abandonnerrexamen. Si l'auscultation est possible, on fait tenir le jeune enfant par une personne étrangère qui le porte à plat sur ses deux bras, ou bien on soulève d'un main la poitrine de l'enfant de manière que la partie de la poitrine que l'on -veut ausculter fasse une saillie sur laquelle l'oreille s'applique avec facilité (Traite des mal. des enfants, 2° édit. , t. I, p. 17).
Il arrive quelquefois que, chez l'adulte, la respiration n'est pas d'abord entendue, soit que le malade diminue l'étendue ou la fréquence des mouvements respiratoires, soit qu'il respire comme à l'ordinaire. Dans ce cas, on lui fera accélérer la respiration ou faire des inspirations profondes, et, si ces moyens ne suffisent pas pour faire percevoir les bruits respiratoires, on fera tousser le malade. Il est rare que, par ce moyen, l'inspiration profonde qui précède immédiatement la toux ne fasse pas entendre la respiration. 11 faudra donc, dans le cas d'obscurité des bruits perçus, ausculter dans les trois conditions que je viens de