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STÉTHOSCOPE

spontanées, des déformations plus ou moins étendues, que la palpation permet de rapporter aux os, dont le glonllement, la torsion, le ramollissement, peuvent être immédiatement constatés. Ces déformations du squelette sont surtout remarquables dans l'ostéomalacie et le rachitis, dans lesquels elles se remarquent principalement au niveau de la colonne vertébrale et de la poitrine. Le thorax peut offrir fréquemment des défauts plus légers de symétrie (hétéro morphies thoraciques) très-utiles à connaître pour le diagnostic (Voy. Inspection), et qui paraissent dus à de simples influences hygiéniques encore mal connues. Ces hétéromorphies n'ont aucune influence sur la santé. Il n'eu est pas toujours de même des déformations rachitiques ; mais on a singulièrement exagéré leur influence.

STÉATOSE. — On a introduit ce mot en pathologie dans les dernières années pour dénommer la dégénérescence graisseuse des tissus. Mais son étymologie exprime le fait le plus général de la présence anomale ou de l'accumulation insolite de la graisse dans l'organisme, que cette graisse soit déposée en excès, principalement en dehors et au pourtour des organes, ou qu'elle se soit substituée par un travail interstitiel à leurs éléments propres. Considérées dans les organes, ces deux conditions se confondent, en effet, en ce point que, dans la simple accumulation exagérée de la graisse ou polysarcie, comme dans la dégénérescence graisseuse à son début, il y a une infdtralion d'éléments adipeux dans la trame même des organes. Mais il faut considérer que la vraie polysarcie n'entraîne pas d'autres inconvénients que la gène mécanique apportée aux mouvements organiques, tandis que la transformation graisseuse tend à annihiler les fonctions des tissus qu'elle envahit, en substituant un élément inerte à ses éléments actifs. Il y a donc lieu de traiter à part des effets de cette substitution, en donnant au mot stéatose la signification générale que nous lui attribuons.

Entre la quantité de 'graisse qui se trouve dans les différentes parties du corps, dans l'état physiologique, et la polysarcie plus ou moins développée, il y a tous les degrés intermédiaires possibles ; mais on ne saurait dire ou préciser celui qui marque le début de la stéatose polysarcique, de môme qu'on ne peut isoler absolument la maigreur de l'embonpoint. Quoi qu'il en soit, dans l'embonpoint prononcé ou polysarcie, il y a un fait capital : les organes conserveut l'intégrité de leur structure intime. Dès que cette structure se trouve altérée par la substitution de l'élément graisse, il y a transformation, ce qui est toute autre chose.

Je dois donc renvoyer aux mots Transformation graisseuse l'étude diagnostique des stéatoses dans lesquelles celte transformation existe. On Ta signalée, sous le nom de stéatose, dans le foie (foie gras), le rein, les muscles, les vaisseaux et même les os, comme nous le verrons (Voy. Transformation

graisseuse).

STERCORAL (Embarras). — Voy. Occlusions intestinales, p. 090.

STERTEUR. — Le ronflement morbide se rencontre comme phénomène accessoire du coma, ou pendant le sommeil naturel, lorsqu'il existe une lésion pharyngienne, notamment une paralysie du voile du palais ou une hypertrophie des amygdales. Il résulte aussi, pendant la veille, un ronflement ou cornage de certaines compressions de la trachée par des tumeurs. Addison a cru remarquer que le stertor du coma qui survient dans la maladie de Bright, n'était pas rauque et nasillard comme dans l'apoplexie, mais caractérisé par une expiration plus sifflante.

STETHOSCOPE. — Ce précieux instrument d'exploration n'est pas tou-

STOMATITES. 983

jours indispensable, comme le pensait Laennec, à la pratique de l'auscultation. Il n'est véritablement nécessaire que lorsque l'auscultation a besoin d'être limitée à un petit espace, ainsi que cela arrive principalement pour les bruits cardiaques ou vascul aires, moins souvent pour les bruits respiratoires, et enfui dans tous les cas où, chez les personnes du sexe, on veut éviter par convenance d'appliquer son oreille sur la partie antérieure de la poitrine.

STOMATITES. — Les affections variées qui sont comprises dans ce mot ont pour caractères communs : dans l'intérieur de la bouche, une gène ou une douleur augmentant par le contact ou le passage des aliments ou des boissons, par l'exercice de la parole, et surtout par la mastication, qui est rendue parfois impossible ; souvent il y à de la salivation. Ces symptômes provoquent toujours l'exploration de la bouche, qui offre alors des lésions caractéristiques, mais qui varient suivant l'espèce de stomatite : simple ou érythémateuse, mercurielle, argentique, pseudo-membraneuse , aphtheuse, ulcéreuse, gangreneuse. Je n'ai à m'occuper ici que des deux premières, les articles Diputhérie, Apbthes, Ulcérations, Gangrène , suffisant pour résoudre la question du diagnostic pour les autres stomatites. Quant à la stomatite argentiquc, due à l'usage thérapeutique prolongé du nitrate d'argent, elle a été observée à Lyon, par Guipon, en 4805. Elle était caractérisée par une'tuméfaction des gencives, d'un rouge sombre, avec liséré violet près des dents, une très-vive sensibilité de la bouche, et une odeur métallique non fétide de l'haleine. Les incisives avaient une teinte ardoisée.

A. Stomatite simple.

Elle offre plusieurs degrés d'intensité et d'étendue, et rarement elle est fébrile. Lorsque la stomatite succède à des douleurs provoquées par une carie dentaire, on la reconnaît cà un gonflement avec légère rougeur plus ou moins limitée, et constituant une lésion locale de peu d'importance, à moins que les joues ne participent au gonflement (fluxion) ; elle peut se terminer par un petit abcès auquel succède une plaie qui reste parfois fistuleuse. — Une stomatite plus étendue résulte quelquefois du tartre acculumé sur les dents, du travail de la dentition, du passage de boissons trop chaudes ou de substances irritantes. Les gencives sont alors rouges, tuméfiées, molles, douloureuses. — Quelquefois la stomatite simple est beaucoup plus intense. Les gencives surtout deviennent comme fongueuses, saignantes, s'ulcèrent et suppurent à leur bord libre, se recouvrent de mucosités épaisses et blanches qui se renouvellent ; en même temps la langue se gonfle et conserve l'empreinte des dents; l'haleine devient d'une fétidité extrême, les glandes péri-maxillaires s'engorgent, sont douloureuses, l'écarlement des mâchoires devient difficile ou même impossible, et une salivation abondante de mucosités filantes se fait incessamment. Tout récemmentj'ai observé un fait de cette espèce, à la suite d'un netloyage des dents à l'aide d'instruments mal appropriés et de frictions rudes des gencives avec un liquide alcoolique pur. La stomatite simple à ce degré d'intensité est un fait exceptionnel, car cette intensité doit faire penser tout d'abord à une stomatite due à l'action du mercure, qui produit presque toujours les stomatites les plus graves.

B. Stomatite mercurielle.

Cette variété de stomatite peut ne pas différer, par ses caractères, de la stomatite simple d'une certaine intensité. D'autres fois cette intensité est beaucoup plus grande, et il survient des phénomènes caractéristiques. Il existe alors au début une saveur métallique particulière; plus tard, des douleurs très-vives, une tuméfaction prononcée des glandes salivaires et des gencives, qui s'ul-

STROPHULUS.

cèrent largement ; les dents s'ébranlent et peuvent tomber, Yhaleine devient extrêmement fétide, la salivation très-considérable; le malade peut laisser écouler deux ou trois kilogrammes de salive par vingt-quatre heures ; la fièvre est rare, mais Y insomnie complète. Enfin on peut constater en même temps d'autres signes de I'intoxication mercurielle. Ce n'est que dans des cas exceptionnels qu'il survient une nécrose des os maxillaires.

STOMATORRHAGIE . — Voy. Hémorrhagies, p. 483.

STRABISME. — Le strabisme qui survient accidentellement dans le cours d'un certain nombre de maladies intéresse le médecin, comme signe d'une affection plus ou moins profonde atteignant les nerfs moteurs propres de l'œil.

Les convulsions toniques ou cloniques aiguës produisent des strabismes momentanés qui s'expliquent facilement par le consensus des mouvements anomaux. Des strabismes, également passagers, se rencontrent encore comme symptômes de maladies des méninges ou de l'encéphale. Telles sont la méningite aiguë, Yhémorrhagie méningée de l'enfance (Legendre), certaines affections plus rares du mésocéphale (Godelier), etc. Mais dans ces différentes conditions, le strabisme n'est pas un symptôme isolé; il coïncide avec d'autres symptômes plus ou moins importants.

Rencontre isolé, le strabisme permanent peut dépendre d'affections anciennes, convulsives ou autres. Survenu accidentellement, il dépend d'une lésion directe ou indirecte des nerfs qui animent les muscles propres de l'œil. Ce sont surtout des paralysies localisées au niveau de certains muscles, qui permettent aux muscles antagonistes de faire dévier le globe oculaire, et d'amener par suite la diplopie. Le strabisme en dehors ou externe, observé quelquefois à la suite de la névralgie trifaciale {Voy. p. 671), celui en dedans, produit par la paralysie du nerf pathétique (4f paire), ou du moteur octdaire externe (ti* paire) sont les plus ordinaires. Quant aux causes, ainsi que je l'ai rappelé ailleurs, elles peuvent être locales ou générales, ou bien éloignées, comme la présence des entozoaires dans les voies digestives ( Voy. Paralysies, et en particulier p. 726).

Mais en dehors de ces strabismes, il en est une espèce qui a été désignée sous la dénomination de strabisme optique par J. Guérin , par opposition au strabisme mécanique dû à la prédominance d'action de certains muscles de l'œil (A/ém. sur Vêtiologie génér. du strabisme, 2« édit., 184:1). Ce strabisme optique est dû à des circonstances accidentelles, comme une ophthalmie, une lésion traumatique de l'œil, laissant après elle un obstacle matériel au passage des rayons lumineux (taie de la cornée, déplacement de la pupille, cataracte , etc.). Tous les mouvements mécaniques de l'œil sont ici conservés.

STRANGULATION (Sentiment de). — Cette sensation de constriction à la région cervicale résulte le plus souvent du spasme de l'œsophage, et se rencontre comme un des principaux phénomènes de Yhystèrie, ou indépendamment de cette maladie. Une tumeur cervicale volumineuse peut également donner lieu à un sentiment de strangulation, qu'il ne faut pas confondre avec la sensation de suffocation.

STRANGURIE — Voy. Miction.

STRIDULEUSE (Angine ou Laryngite). — Voy. Pseudo-croup. STRONGLE. — Voy. Entozoaires.

STROPHULUS. — Facile à reconnaître chez les enfants du premier âge aux petites plaques papuleuses rouges ou blanchâtres, à contours irréguliers, que l'on rencontre à la face, au cou et plus rarement dans les autres parties du corps, où elles peuvent paraître et disparaître successivement. Cette éruption sans importance, qui se remarque principalement pendant la première dentition,

SUDAMINA.

ne saurait sans erreur grossière être rapportée à une rougeole irrégulière ou bien à une urticaire.

STUPEUR. — Marcé , dans un intéressant Mémoire lu récemment à la Société des hôpitaux, définit la stupeur « un état particulier du système nerveux caractérisé par l'engourdissement des facultés morales et intellectuelles, l'expression étonnée et hébétée de la face et des yeux, la lenteur et la difficulté des actes intellectuels et des fonctions musculaires. » Cet état, plus ou moins prolongé, ou chronique, est un élément important des maladies mentales proprement dites, ou un symptôme de certaines affections avec lésions cérébrales. Accidentel et aigu, il constitue un des meilleurs signes de la fièvre typhoïde ou seulement de l'étal typhoïde que l'on rencontre dans beaucoup d'autres maladies. La stupeur est encore un élément caractéristique du typhus, de la peste, de la méningite tuberculeuse, des accidents cérébraux de \nmaladie de Bright (p. 1 4:2), des empoisonnements par les narcotiques (p. 31:2).

STYLET. — Voy. Palpation.

SUGCITSSION. — On sait qu'on a donné le nom Aesuccussion hippocratique à un mode d'exploration qui a pour but de s'assurer de l'existence des épanchements dans la poitrine. Il consiste «à imprimer une secousse au tronc en agissant sur les épaules du malade quand il est assis dans son lit, et à écouter si l'on entend la fluctuation du liquide. Le bruit de flot ou de clapotement s'entend à distance ou à l'aide de l'auscultation ; mais il peut aussi être sensible pour le malade lui-même. La succussion n'est pas toujours nécessaire pour l'obtenir : un mouvement un peu brusque du malade suffit pour le produire, et j'en ai vu un marcher avec de grandes précautions pour éviter de provoquer ce bruit qui devenait alors incommode par sa répétition.

il est reconnu aujourd'hui que la présence simultanée d'un liquide et d'un gaz dans la plèvre est indispensable pour la production du bruit de flot, qui devient dès lors un signe précieux de pneumo-hydro-thorax. Mais il ne faut pas croire que ce signe soit pathognomonique de cette dernière affection, car on l'observe dans la dilatation de Vestomac, avec la dyspepsie des liquides, et simplement dans le gros intestin contenant des gaz et des liquides. Bricheteau a constaté le bruit de clapotement à l'auscultation dans un cas A'hydro -péricarde avec gaz.

SUCRE. — Voy. Glycose.

SUDAMINA. — On a donné ce nom à des soulèvements vésiculeux de la couche superficielle de l'épiderme, qui sont incolores, comme perlés, le plus souvent très-fins, rarement larges et bulleux, et que l'on confond souvent à tort avec la miliaire rouge, dont chaque pointillé vésiculeux est entouré d'un cercle inflammatoire. Ils ont été confondus aussi avec l'eczéma hydrargyrique. Les sudamina étant sans couleur particulière, échappent facilement à l'attention lorsqu'ils sont discrets et très petits, comme des grains de semoule ou des petites têtes d'épingle, par exemple. On les découvre quelquefois, avant de les voir, au voisinage des aines ou des aisselles, où ils sont plus communs qu'ailleurs, aux rugosités légères qu'ils forment sur la peau et que l'on sent en y passant légèrement la pulpe des doigts. Une furfuration épidermique leur succède, plus visible quand on frotte fortement la peau.

Les sudamina se rencontrent quelquefois chez les phthisiques et dans les fièvres èruptives; mais dans aucune affection ils ne sont aussi fréquents que dans la fièvre typhoïde t dont ils constituent un des meilleurs signes, comme Ta démontré Louis. Dans les cas douteux de cette maladie, leur constatation est donc extrêmement précieuse.

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