SUEURS
symptômes et la terminaison funeste. Relativement aux bronchites, aux aphthes, à l'entérite, je me demande avec Valleix si ce ne seraient pas là des lésion* secondaires plus ou moins fréquentes, appartenant à la fièvre miliaire elle-même, au lieu d'être de véritables complications. Quoi qu'il en soit, de véritables complications ont été observées. Ce sont des accès de suffocation, des hémorrhagia multiples, des paralysies consécutives comme à la suite des autres maladies aiguës, et surtout des morts rapides ou subites, survenant dans les premiers jours, alors que rien en apparence ne doive inquiéter dans l'état des malades.
3° Pronostic. — La suette miliaire se termine presque toujours favorablement Mais il faut redouter, soit dans les cas d'éruption difficile ou supprimée, soit dans les cas en apparence les plus réguliers et les plus simples, l'invasion d'accidents nerveux graves, rapidement suivis de coma et de mort, tels que du délire, de l'agitation, delà loquacité, des soubresauts des tendons, des mouvements convulsifs. ou de la stupeur, de la prostration. On est généralement d'accord pour considérer la terreur ou le pressentiment de la mort comme étant d'un mauvais augure, et comme devant faire redouter une issue prochainement fatale. Abel Robert (de Chaumont) pense que la forme rémittente sporadique de la suette est la plus insidieuse, parce qu'elle tue à la façon des fièvres pernicieuses, dont elle ne serait qu'une variété. Dans les cas les plus simples, un malaise avec sentiment d'oppression a été quelquefois le prélude d'accidents ataxiques rapidement mortels, comme Gaillard l'a observé a Poitiers. Ces faits m'ont fait penser, à propos du rhumatisme dit cérébral, que la mort si rapide qu'on observe en pareil cas pourrait bien être due quelquefois à la miliaire avec sueur profuse (offrant les caractères principaux de la suette) que l'on observe assez fréquemment dans le cours du rhumatisme articulaire aigu {Voy. p. 933).
SUEURS. — Les sueurs morbides sont un élément diagnostique important de certaines maladies : dans les fièvres INTERMITTENTES simples ou pernicieuses, dans la phthisie pulmonaire par leur retour périodique et nocturne, dans la SUETTE epidémique par leur profusion extrême, dans certains rhumatismes, plus rarement dans la phlébite de la veine porte (p. 818). Les sueurs doivent être considérées comme un phénomène critique d'une foule de maladies ; mais dans quelles limites? C'est une question de pronostic sur laquelle la science n'est pas encore très-avancée (Voy. Crises). Comme particularité intéressante cl peu connue, j'ai constaté que, dans la pleurésie avec épanchement, l'apparition des sueurs devait être considérée comme un signe de résolution, attendu que, dans les faits que j'ai observés, l'apparition des sueurs coïncidait avec la résorption du liquide épanché.
La sueur plus ou moins limitée au visage et aux extrémités refroidies est un phénomène caractéristique de la syncope et de la défaillance. Des sueurs localisées s'observent quelquefois au niveau d'une moitié du corps sans cause connue (Abercrombie), ou limitées à des parties atteintes de névralgie (Notla), ou dans le cours d'une affection hystérique, rhumatismale, etc. De Graefe a recueilli quatre cas de sueur bornée aux paupières, et dans lesquels la fente palpébrale, baignée par le liquide, présentait l'apparence d'une conjonctivite avec excoriations (Arch. de mérf., 18.VJ, t. XIV). Collmann, de Wurtzbourg, a vu, cbez un hypochondriaque, des sueurs limitées au scrotum et à la partie interne des cuisses, et qui présentaient cette particularité qu'elles paraissaient incolores et qu'elles prenaient ensuite une teinte bleuâtre d'abord, allant jusqu'à la couleur indigo (Wurtzb. med. Zeitschr., 1807). Les sueurs bleues ont été d'ailleurs signalées par dilléreuts auteurs.
On a attribué à l'excrétion sudorale , abondante -et continue, des éruptions