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I. Tumeurs en général

Les tumeurs constituent des masses morbides d'une forme, d'une consistance et d'un volume très-variables, pouvant occuper les diverses parties du corps, se développant dans l'intérieur des organes ou dans le tissu cellulaire qui les entoure, et dont le diagnostic est d'autant plus facile qu'elles sont plus accessibles à nos moyens d'investigation. Elles sont extérieures ou bien elles se développent dans les cavités splanchniques ; mais je m'occuperai spécialement de ces dernières, développées dans 1 intérieur du crâne, de la poitrine ou de l'abdomen.

J'éliminerai dans tout cet article la plupart des tumeurs extérieures qui sont du ressort de la chirurgie, et dont le diagnostic a été l'objet d'un traité complet

TUMEURS. — TUMEURS EN général.

par Armand Després (Traité du diagn. des malad. chirurgicales, 1868).

Les tumeurs extérieures qui intéressent particulièrement le médecin, soul celles qui ont une origine profonde, soit dans un organe ou un tissu intra-splanchnique , soit dans certaines maladies constitutionnelles. Je rappellerai seulement, à ce dernier point de vue, celles qui sont dues à la scrofule, à la syphilis, à la morve (dans laquelle les tumeurs sous-cutanées deviennent rapidement fluctuantes), à l'hémophilie et au scorbut (tumeurs sanguines), et à certaines autres cachexies. La nature de ces différentes tumeurs superficielles se détermine d'après l'ensemble des autres particularités morbides, soit antérieures, soit concomitantes* Parmi les tumeurs extérieures ayant leur point de départ dans une cavité splanchnique, il en est qui sont congénitales. Ce dernier caractère seul peut faire penser quelquefois qu'il s'agit d'une tumeur formée par un viscère voisin faisant hernie par une ouverture accidentelle.

Les tumeurs intra-splanchniques résultent du développement pathologique régulier ou irrégulier d'un organe, ou du développement de masses morbides indépendantes. On sait qu'elles seraient toujours dues, d'après les liistologistes. non plus à des dépôts morbides hétéromorphes, mais à Yhypergenè&e, à Y hyperplasie, à la prolifération de certains éléments anatomiques normaux, plus ou moins altérés ou modifiés. Impossibles à diagnostiquer lorsqu'elles sont latentes, elles peuvent ne se manifester que par des troubles fonctionnels ou par des accidents qui résultent soit de la compression, de l'irritation ou de l'usure des organes voisins, soit des communications morbides, qui s'établissent quelquefois. D'autres fois à ces données diagnostiques se joignent les ressources de l'exploration physique, qui est d'autant plus complète que la tumeur est plus facilement accessible à nos moyens explorateurs.

Lorsqu'on a reconnu l'existence d'une tumeur, un des points les plus difficiles du diagnostic est la détermination de leur nature anatomique, surtout si l'on prend le mot tumeur dans son acception la plus rigoureuse de produits morbides. Au lit du malade, en effet, en présence d'un corps solide ou fluctuant plus ou moins volumineux, formant une masse insolite au milieu des organes, on peut avoir affaire non-seulement à des tumeurs proprement dites, à des masses cancéreuses ou mélaniques, tuberculeuses, fibro-plastiques, fibreuses, syphilitiques, à des kystes simples ou hydatiques, à certaines tumeurs internes qui ne sont appréciables que par leurs effets, comme certaines exostoses intracràniennes, mais encore à des états morbides tout différents de nature, et qui cependant se manifestent fréquemment au praticien par des signes exactement semblables. Ces derniers états morbides sont nombreux. Ce sont des augmentations de volume de certains organes, avec induration d'origine inflammatoire, aiguës ou chroniques, des dilatations morbides et locales d'organes creux, soit vasculaires (anévrysmes), soit d'une autre nature, des accumulations de produits naturels liquides ou solides, comme les matières stercorales dans le gros intestin, la bile ou l'urine dans les voies biliaires ou urinaires (rétentions). D'autres fois, enfin, ce sont de simples agglomérations par des adhérences d'organes habituellement souples, formant une masse qui a tous les caractères d'une tumeur solide.

On voit que la question du diagnostic des tumeurs ne doit pas être limitée à celle des tumeurs proprement dites , telles que les entendent les anatomopalhologisles, mais qu'elle doit comprendre toutes les variétés de tumeurs apparentes qui s'offrent d'emblée dans la pratique , afin d'arriver à déterminer leur espèce.

Celle multiplicité des conditions organiques des tumeurs qui se présentent

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