‹ Dictionnaire de diagnostic médicalChapitre 339 sur 355 · TUMEURS. — TUMEURS LOCALISÉES · texte numérisé non relu

TUMEURS. — TUMEURS LOCALISÉES

comme autant de problèmes à résoudre, constitue, on le conçoit facilement, une des plus grandes difficultés du diagnostic médical. Le diagnostic local se fonde sur leur siège , leur forme , leur volume, leur consistance , leur mobilité plus ou moins grande , l'existence ou l'absence de fluctuation ou de battements à leur niveau ; mais aucune de ces particularités n'est spéciale à une espèce. Dans un assez grand nombre de circonstances , elles offrent cependant des caractères propres qui ont une très-grande valeur. — Les tumeurs cancéreuses qui sont le principal signe du cancer, sont ordinairement irrégulières, bosselées, comme marronnées , tantôt dures et résistantes , et tantôt offrant une mollesse particulière. — La fluctuation des kystes non distendus avec excès sert à les faire reconnaître, mais ce caractère est en même temps l'origine de confusions fréquentes avec d'autres collections morbides de liquides. — Les tumeurs hydatiques constituent des kystes particuliers , à surface largement arrondie , ordinairement tendus et élastiques, et pouvant donner à la percussion, à la pression, ou à l'auscultation , des sensations spéciales , mais qui ne sont pas constantes , et dont l'absence par conséquent ne saurait faire rejeter l'existence de ce genre de tumeurs. — Des tumeurs dues à l'accumulation de calculs ou de corps étrangers solides, comme des calculs accumulés dans la vésicule biliaire distendue, des noyaux de cerises dans le cœcum, ont également donné lieu à des sensations spéciales à la palpation (sensation de collision). — Les amas de matières fécales présentent quelquefois, en outre de leurs inégalités dures et marronnées, une particularité très-importante que j'ai rappelée ailleurs (V ou. p. 090); c'est leur dépressibilité qui fait qu'elles conservent l'empreinte d'une pression graduée.

Sans rappeler tous les caractères particuliers à d'autres tumeurs , je signalerai la nécessité de tenir compte de l'évolution plus ou moins rapide ou plus ou moins lente des phénomènes , et l'importance des causes traumatiques , qui peuvent produire rapidement des tumeurs hémaliques , ou lentement des tumeurs organiques. Les causes internes ont souvent une utilité clinique particulière. Dans les affections tuberculeuses, cancéreuses, syphilitiques, il suffit de constater une tumeur interne pour soupçonner fortement qu'elle est de la nature de l'une de ces affections , s'il existe déjà dans d'autres parties du corps des tumeurs ou d'autres manifestations caractéristiques de l'une de ces maladies. Il en sera de même pour des tumeurs hydatiques. 11 est clair que , dans ces différentes circonstances , on devra tenir compte de l'ensemble des phénomènes qui peuvent éclairer le diagnostic et que je ne saurais rappeler ici.

Le siège des tumeurs est une particularité des plus importantes , puisqu'elle suffit pour limiter le champ des inductions possibles. Aussi est-ce là la base des distinctions que je vais chercher à établir. Il me suffira, pour certaines régions, d"énumérer simplement les tumeurs qu'on y peut rencontrer , pour mettre le lecteur à même de compléter son diagnostic en ayant recours à d'autres articles de cet ouvrage.

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