AVORTEMENT
les observateurs aient jusqu'à présent pu donner une explication satisfaisante de ces différences.
Pour rappeler l'ensemble des bruits respiratoires anomaux, j'adopterai les divisions généralement admises, non qu'elles soient irréprochables, mais elles permettent d'en faire méthodiquementrénumératiun.Barlh et Roger rattachent les altérations du bruit respiratoire à des modifications : 1° de son intensité (respiration forte, faible ou nulle);*'!" âe son rhythme (respiration fréquente ou rare, saccadée, longue ou courte, Jivec expiration prolongée); 3° de ses caractères (respiration rude, bronchique, caverneuse, amphorique);!0 enfin à la production de bruits anomaux spéciaux : bruits de frottement, râles (secs ou sonores, ou humides), auxquels il faut joindre les craquements et le bruit de soupape.
Les phénomènes pathologiques de la voix et de la toux comprennent : 1° pour la voix, des modifications d'intensité ou de timbre ; la simple exagération ou l'absence du retentissement vocal; la voix bronchique, caverneuse (ou pectoriloquie), la voix amphorique; 2° pour la toux : la toux bronchique ou tubaire, la toux caverneuse, la toux amphorique ; 3° enfin, comme phénomène lié à la respiration, à la voix et à. la toux, le tintement métallique.
Le bruit de fluctuation thoracique (par la succussion hippocratique) constitue un appendice de ces différents bruits anomaux.
Les conditions dans lesquelles se montrent ces différents signes ne doivent pas m'occuper ici. On en trouvera l'exposé, avec le complément des généralités de cet article, aux mots Abdomen, Bruits anomaux, Poitrine, Tète, et aux articles consacrés à chaque organe, à chaque signe d'auscultation ou chaque groupe de signes (Voy. Amphoriques, Bronchiques, Caverneux (Phénomènes); Voix thoracique, etc.).
Il est un mode d'auscultation tout particulier préconisé dans ces derniers temps par Collongues, sous le nom de dynamoscopie (Voy. ce mol). AUTOPHONIE. — Voy. Voix thoracique.
AVORTEMENT. — Quoique je n'aie à m'occuper de l'avorlement ni au point de vue de la tokologie ni à celui de la médecine légale, le sujet n'en présente pas moins une certaine importance diagnostique. Les phénomènes séméiologiques qui caractérisent ou qui suivent l'avortement, lorsque celui-ci est dissimulé ou ignoré par la femme, peuvent, en effet, être méconnus, et conduire à de grossières erreurs de diagnostic, principalement lorsque la grossesse n'est pas encore très-avancée.
Lorsque l'on est appelé auprès d'une jeune femme, au moment où se fait l'avortement, il est rare que {'intensité des douleurs de bas-ventre , revenant par crises momentanées et séparées par des intervalles de calme, ne fasse pas soupçonner la vérité, surtout si un état général satisfaisant d'ailleurs, la physionomie naturelle, Yétat normal du pouls et une hémorrhagie utérine coïncident avec ces douleurs. Si la grossesse est assez avancée pour que l'on sente derrière le pubis, ou au-dessus, le globe utérin se durcissant pendant la douleur, et à plus forte raison si le toucher fait sentir un corps arrondi dans le conduit élargi du col utérin, les probabilités se changeront presque en certitude. — Je dis presque, car les mêmes phénomènes pourraient, dans des cas d'ailleurs très-rares, être dus à l'expulsion, au lieu de l'œuf, d'une tumeur polypeuse développée dans l'intérieur de l'utérus. D n'y aura donc certitude d'un véritable avortement que par suite de l'expulsion du produit de la conception. — Des douleurs très-vives, analogues à celles de l'avortement, et avec développement de l'utérus, ont lieu par suite de l'oblitération du col utérin et de la rétention du sang menstruel. Elles pourraient bien également simuler d'abord une parturi-