‹ Dictionnaire de diagnostic médicalChapitre 341 sur 355 · TUMEURS THORACIQUES · texte numérisé non relu

TUMEURS THORACIQUES

précision aux faits entrevus par Rayer et Friedreich . Ce ne sont pas, en elTet. seulement les tumeurs de la glande pituitairo et de la partie antérieure de la base du cerveau qui produisent une cécité plus ou moins complète, mais toutes les tumeurs situées dans le voisinage des tubercules quadri jumeaux, des bandelettes optiques et du chiasma; car eu se développant, toutes peuvent atteindre les organes visuels et provoquer des névrites optiques, par la propagation du mal, ou par la continuité des fibres nerveuses (mém. cité). — Les mêmes signes ophthahnoscopiques peuvent donc se rencontrer, et se rencontrent en effet avec les tumeurs du cervelet, qui, en outre, s'accompagneraient d'une céphalalgie occipitale pathognomonique (mais non constante), avec douleur à la nuque (Lebert) augmentant à la pression et dans les mouvements, sans phénomènes spéciaux du côté des organes de la génération.

On a signalé une paralysie généralisée comme conséquence rare de tumeurs cérébrales disséminées des deux côtés de l'encéphale.

Quant à la nature des tumeurs inlra-crâniennes, il n'est possible de la soupçonner que lorsqu'il existe dans d'autres organes des tumeurs qui peuvent être multiples dans différentes parties du corps, comme des tumeurs cancéreuses, des tubercules, des hydatides, des tumeurs ou des exostoses syphilitiques. Cependant Aran a décrit une forme particulière de cancer de la dure-mère (cancer vert, chloroma) qui se développerait en tumeur extérieure au niveau du crâne chez les jeunes sujets (jusqu'à l'âge de vingt ans), et qui, après avoir été dures, indolentes, sans changement de couleur à la peau, se ramolliraient et donneraient issue à une matière verte liquide tout à fait caractéristique (Arch. de mèd., 1851* t. IV). Cette espèce de tumeur est d'ailleurs très-rare ; et il en est de même des kystes péri-orbitaires congcnitaiu, qui communiquent avec l'intérieur du crâne, et qui renferment de la matière cérébrale (Robert, Union méd., 1859, t. I, p. 282). On ne confondra pas avec des tumeurs congénitales de cette espèce le céphalém atome du nouveau-né, tumeur sanguine fluctuante de la partie supérieure de la tôle, et dont le pourtour dur simule à la palpation le rebord d'une ouverture circulaire dès os du crâne.

R. — Tumeurs thoràciques.

Tandis que les tumeurs intra-cràniennes ne se manifestent que par des symptômes fonctionnels, celles de l'intérieur du thorax se révèlent en outre à l'observateur par des signes physiques qui contribuent â en faciliter le diagnostic. Néanmoins ce diagnostic ne laisse pas d'être très-obscur dans un grand nombre de cas.

Ces tumeurs se présentent au praticien dans deux conditions différentes : elles sont profondes et sans rapport de contiguïté avec les parois thoràciques ; ou bien elles sont contiguës à ces parois. Cette distinction est indispensable, car les tumeurs profondes sont latentes ou bien ne se manifestent le plus souvent que par des troubles fonctionnels résultant de la compression des organes profonds, et dont l'interprétation est toujours très-difficile ; tandis que les signes physiques fournis par les tumeurs superficiellement placées, ou qui du moins se sont développées jusqu'aux parois thoràciques, permettent de les diagnostiquer plus aisément pendant la vie.

Les tumeurs profondes s'accompagnent de troubles fonctionnels d'autant plus accentués qu'elles sont voisines d'organes importants qu'elles compriment. C'est ce qui a lieu pour les tumeurs du médiastin, qui peuvent comprimer les conduits aériens, vasculaires, ou le nerf récurrent, comme on l'a constate surtout pour les tumeurs des ganglions bronchiques (Voy. p. 144). Ces tumeurs, presque toujours tuberculeuses dans l'enfance, où elles sont fréquemment ob-

TUMEURS. — TUMEURS tmoraciques. 1041

servées (Barthez et Rilliel), se reRContrent aussi à l'âge adulte, mais elles sont beaucoup plus rares. Fonssagrives a communiqué sur ce sujet, à la Société médicale des hôpitaux (1801), un excellent travail dans lequel il démontre que ces tumeurs, en comprimant le nerf récurrent chez l'adulte, produisent quelquefois des phénomènes identiques à ceux de Yœdhne dé la glotte. Les principaux accidents auxquels on peut reconnaître les tumeurs ganglionnaires du médiastin sont la dyspnée avec accès de suffocation, la faiblesse notable du bruit respiratoire à l'auscultation, et des râles sonores ronflants signalés par Barthez et Hilliet, et que Fonssagrives regarde avec eux comme pathognomoniques. La percussion donnerait rarement un son mat au niveau de ces tumeurs chez l'adulte; mais chez l'enfant, Barthez et Rilliel ont constaté une fois la diminution du son, et des phénomènes caverneux à l'auscultation, phénomènes transmis de la trachée à travers les masses tuberculeuses.

Les anévrysmes de l'aorte ascendante sont plus fréquemment observés chez l'adulte que les tumeurs précédentes. Avant d'être caractérisés par une tumeur extérieure pulsatile, ils peuvent çe manifester aussi par des phénomènes de compression des organes internes (Voy. p. 69).

Si, au niveau du médiastin, la compression peut déterminer des phénomènes fonctionnels plus ou moins graves, il n'en est plus de même pour les petites tumeurs qui se développent en dehors du médiastin, dans les poumons par exemple, où il faut qu'elles aient acquis un certain volume pour occasionner de la dyspnée. Mais ces petites tumeurs, isolées et superficiellement placées dans le poumon sain, donnent quelquefois lieu à la production de phénomènes singuliers de percussion et d'auscultation, ainsi que je l'ai rappelé p. 50. Il en résulte qu'un souffle localisé, sans râles, a une certaine valeur comme signe d'une tumeur intra-pulmonaire d'un petit volume.

Mais ce sont surtout les tumeurs assez volumineuses pour atteindre les parois thoraciques et y produire une matité d'une certaine étendue, qui s'annoncent par des signes importants.

Des douleurs variables d'intensité, une dyspnée lentement mais incessamment croissante, une toux sèche ou suivie d'une expectoration insignifiante : tels sont les phénomènes fonctionnels, la dyspnée principalement, qui accompagnent le développement de ces tumeurs. Leurs principaux signes physiques sont : une saillie irrégulière d'un des cotés ou sur l'un des côtés de la poitrine, et qui est sans analogue dans l'état physiologique ou dans d'autres maladies, une matité à limites également irrégu Hères, avec absence de tout bruit respiratoire à son niveau, et parfois le refoulement du cœur ou des organes abdominaux.

Mais cet ensemble de signes peut se confondre, et il se confond souvent, en effet, avec ceux d'une pleurésie chronique; aussi les auteurs qui se sont occupés de cette question ont-ils insisté principalement sur leur diagnostic différentiel. Ce diagnostic est sans doute facile lorsque l'on prend pour terme de comparaison l'épanchement pleurétique avec sa ligne de niveau régulière (Voy. p. 839), susceptible de déplacement par les mouvements; avec sa matité procédant de bas en haut ; s'accompagnant d'égophonie ou de broncho-égophonie de plus en plus profonde en descendant, et si l'on oppose à ces signes les limites irrégulières de la matité des tumeurs, l'immobilité de cette matité avec absence de tout bruit respiratoire à son niveau, tandis que ce bruit peut quelquefois être entendu au-dessous. Mais toutes les pleurésies chroniques n'offrent pas les caractères que je viens de rappeler. L'épanchement, en effet, ne présente pas souvent la mobilité de sa ligne de niveau, l'égophonie ou la Woillez. - Dict. de Diagn. 2« édit. * GC

TUMEURS. — TUMEURS ABDOMINALES

broncho-égophonie peuvent manquer, et enfin le liquide épanché est quelquefois limité par des adhérences de telle sorte, qu'elles rendent irrégulières les limites de la matité absolument comme dans les cas de tumeurs solides intrathoraciques. Or, en pareille circonstance, un diagnostic précis est souveut impossible (Moutard-Martin, Oulmont, Soc. des hôp., mai 1850). Il y aurait bien la ressource de pouvoir jusqu'à un cerlain point reconnaître s'il s'agit alors d'une collection liquide ou solide, la première donnant lieu à une fluctuation intercostale (?), et la seconde à une dureté résistante, la première atté nuant les bruits thoraciques et la seconde au contraire les exagérant; néanmoins avec les signes de collection liquide constatée, on pourra hésiter encore entre un kyste hydatique et un épanchcment pleurétique. On doit à Vigla un excellent travail sur le diagnostic des hydatides intra-tboraciques (Arch. de méd., 1855, t. VI), pour lesquelles on a comme ressource extrême une ponction capillaire exploratrice pratiquée dans la tumeur.

On voit quelles difficultés on a à surmonter avant d'arriver à constater l'existence des tumeurs intra-thoraciques, difficultés qui se résument en ce double fait que l'on rencontre tantôt des tumeurs qui'ressemblent à des épanchements pleurétiques chroniques plus ou moins réguliers, et des épanchements chroniques irréguliers par suite d'adhérences anciennes qui simulent parfaitement des tumeurs solides.

En supposant une tumeur reconnue, il s'agit de déterminer son siège au niveau du médiastin, de la plèvre, du poumon, des parois thoraciques, ou même de la partie convexe du foie : question souvent difficile, insoluble même dans la plupart des cas, sauf pour les tumeurs du médiastin, dont il a été question plus haut. Henri Gintrac a étudié dans sa thèse (1815) les tumeurs solides intra-thoraciques situées en dehors des poumons, mais sans avoir pu rendre leur diagnostic beaucoup plus précis, ce qui tient à la difficulté extrême du

En outre du siège, il y a encore à distinguer Y espèce de tumeur à laquelle on a affaire Tout en rappelant la rareté des tumeurs intra-thoraciques en général, je signalerai comme étant le plus fréquemment rencontrés les ané- VRYSMES, le cancer (Voij. p. 17v2), les hydatides, et, comme plus particulières au médiastin, les masses tuberculeuses , que l'on rencontre principalement chez les enfants. Certains goÎthes d'un petit volume, mais s'insinuant sous le sternum, produisent quelquefois les mêmes accidents graves de compression que les tumeurs plus profondes {Voy. p. 451). .

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