C. Autres organes
Les ulcérations développées dans d'autres organes creux, comme les votes biliaires ou les voies ur%naires, ne peuvent être que soupçonnées par le fait de la perforation (péritonite suraiguë) survenant par suite d'une affection constatée ou latente des -organes qui composent ces différentes voies organiques. Ilunsaker (Tlie Now-Orleans med. news, 1857) a vu un jeune homme de vingt-deux ans, robuste, succomber à une péritonite suraiguë par perforation de la vessie due aux progrès d'une ulcération simple qui ne put être constatée qu'après la mort.
ULCÈRE DE COCHINCHINE. — Cet ulcère est encore une de ces lésions qui prennent, dans les pays chauds, des aspects ou des caractères faisant croire à autant d'affections différentes, et qui ne sont que des formes d'une même lésion. Le Roy de Méricourt (Arch. de méd. navale, 1864) a parfaitement démontré qu'il y a identité entre les ulcères dits de Cochinchine, de Saigon ou annamite, de Mozambique, dû Sénégal, de la Nouvelle-Calédonie, de la Guyane, la plaie de l'Yémen, qui tous sont des degrés divers de phagédénisme. II y a donc lieu de les réunir avec lui sous la dénomination iYulcère phagêdénique endémique des pays chauds. Saint- Vel a fait remarquer (Mal. des régions intertropic, 1868) que l'on pourrait y comprendre aussi V 'ulcère des Antilles.
URÉE. — L'urée, substance azolée particulière, est un des principes immédiats de l'urine. Résultat de la décomposition des organes qui se lie à la nutrition, elle existe normalement dans le sang, d'où elle est es* puisée par les reins avec l'urine. Cependant on a admis que jf V\m • urée se forme aussi dans les reins (Bcale). Isolée de l'u- >r <x^.^ rine par des procédés chimiques trop compliqués pour
être habituellement employés dans la pratique, elle se précipite sous forme d'aiguilles longues et soyeuses, et ses cristaux, vus au microscope, forment des prismes à quatre pans, étroits et incolores, jig.ilh. C'est sous forme d'urate qu'on la trouve dans I'urixe.
I URÉMIE. — On entend par urémie une affection qui
serait caractérisée par des accidents nerveux graves, princier// ï"5 — Urée. paiement comateux et plus rarement convtdsifs, ou délirants, attribués à la présence d'un excès d'urée dans le sang,
lorsque cette urée n'est pa« éliminée par les reins ou les urines. Or, comme on ne trouve pas d'urée dans l'urine des albuminuriques, et qu'on est forcé d'admettre que cette uréo reste dans le sang, il s'ensuit que l'on a qualifié précisément de symptômes urémiques les accidents cérébraux de l'albuminurie, et que l'on a admis que les mêmes symptômes, dus à la même cause (l'excès d'urée dans le sang), pouvaient se montrer dans les cas variés de rétentions ou d'infiltration* urineuses.
Cette théorie de l'urémie, formulée en Allemagne par plusieurs auteurs, et principalement par Frerichs, a été étudiée en France, par Cl. Bernard, J. Picard (Thèse, Slrasb., 4850), Henri Tessier (Thèse, Paris, 185G), Luton, Fr. Michel (1800), Cavasse (I8(i1),etc.
Une première objection grave a été faite à cette doctrine. C'est que Yuré? injectée dans le sang des animaux ne produit aucun accident nerveux. Quoique l'on ne puisse conclure des animaux à l'homme, ce fait contradictoire n'en est pas moins très-sérieux, et provoque le doute sur la signification des symptômes cérébraux attribués à un excès d'urée dans le sang. On a expliqué, il est vrai, cette contradiction apparente, en disant que les accidents ne corn mençaient que lorsque l'urée était transformée dans le sang en carbonate d'ammoniaque, qui agirait seul comme poison. Et, suivant Frerichs, cette intoxication serait démontrée par la présence du carbonate d'ammoniaque dans l'air expire par les malades.
Mais l'ammoniaque dans le sang produit-il réellement les accidents dits urémiques? Malheureusement encore pour la doctrine, ce fait fondamental est incertain aussi, puisque J. Picard, qui regarde cependant comme probable l inge nieuse théorie de Frerichs (Gaz. méd. de Strasbourg, 185.r)). a trouvé de l'ammoniaque dans le sang, non-seulement dans l'urémie , mais encore data d'autres maladies (11. Teissier , Arch. de méd.. 1856, t. VIII). De plus. U carbonate d'ammoniaque, injecté dans le sang des animaux, n'a occasionna ni la mort ni les accidents attribués à l'urémie (Cl. Bernard , Façons sur le* liquides etc., t. Il, 1859).
Dans l'état actuel de la science il est donc impossible d'admettre la théorie de l'urémie. On fait par conséquent fausse route en prenant cette doctrine pour base des interprétations cliniques, de même que la théorie de Treitz (amuw- <ftc)/?iV)qui se rattache à celle de Frerichs, malgré des différences importante ( Alt. Fournicr) .
II tant reconnaître toutefois que les recherches qu'a motivées la théorie è
l'urémie sont loin d'avoir été sans profit pour la science. Je citerai, entre les résultats importants qui ont été obtenus, ce fait mis en lumière par les expériences ♦le Cl. Bernard et Barreswill (Arch. de méd., 1847, t. XIII), que l'ablation des reins (ou le défaut du rejet de l'urée par celte voie, par conséquent) fait éliminer immédiatement l'urée du sang par l'estomac et l'intestin (de même que par les sueurs et la salive) sous forme de sels ammoniacaux (phosphate et lactate). L'urée ne peut, en effet, être en contact avec la muqueuse digeslive sans subir cette transformation . Dans des recherches très-intéressantes. Fritz (Gaz. hebrfom., 1860) ayant trouvé un certain nombre de lésions intestinales chez des individus morts de la maladie de Bright, et chez lesquels il y avait eu des vomissements et de la diarrhée avec matières ammoniacales, a vu dans ces évacuations, avec d'autres observateurs, des effets de l'urémie. Il faut consulter le travail remarquable d'Alf. Fourrier (Thèse d'agrégation, 1863) pour avoir un exposé complet de la question aux points de vue théorique et clinique.
La question clinique de l'urémie est importante à connaître, étant observée le plus fréquemment comme complication de la maladie de Bright (Voy. p. 143). Elle doit être considérée, avec A. Fournier, comme une série de symptômes morbides surtout nerveux et digestifs, résultant d'une insuffisance de la fonction urinaire, et paraissant liée ù une affection consécutive du sang.
1° Éléments du diagnostic. — L'urémie survient toujours dans le cours d'une maladie, le plus souvent dans la maladie de Bright. L'invasion des accidents tantôt est soudaine, condition du début sur laquelle G. Sée a beaucoup insisté, et tantôt précédée de prodromes. La céphalalgie avec vertiges, les troubles de la vue et les vomissements sont les principaux; plus rarement il y a des spasmes, des palpitations, quelques incohérences de parole, etc. Les symptômes principaux sont les phénomènes cérébraux comateux, convulsifs, délirants ; mais dans d'autres cas , ces phénomènes cérébraux ne surviennent qu'à la fin, et ce sont surtout des symptômes du coté de la respiration qui caractérisent l'urémie. Les troubles digestifs s'observent dans toutes les conditions.
2° Inductions diagnostiques. — Le point de départ du diagnostic est dans les phénomènes principaux de l'urémie que nous venons de rappeler, dans la forme particulière que présente l'affection. Outre la forme cérébrale, dont je me suis occupé ailleurs à propos de la maladie de Bright ( Voy. p. 142), il y a la forme respiratoire ou dysptiêique et la forme lente.
La forme respiratoire ou dyspnéique n'est pas très-rare. Elle a été observée par plusieurs observateurs, par Hérard (Soc. méd. des hôpit., 1807), Parrot, Dumontpallier, etc. Cette forme d'urémie ne dépend nullement d'une lésion des organes respiratoires, inutilement cherchée sur le cadavre; on a dû la rattacher à une lésion nerveuse, comme l'a fait Bright lui-même. Il survient subitement une difficulté, une anxiété respiratoires, qui vont quelquefois jusqu'à une orthopnée excessive, avec intégrité des organes respiratoires, s'expliquant par une contraction imparfaite du diaphragme (Pihan-Dufeillay). La raucité de la voix et 1 inspiration sifflante, bruyante, croupale, qui accompagnent la dypsnée, ont pu faire croire à une lésion du larynx (G. Sée, Wilks), et deux fois, suivant Christensen, la trachéotomie a été pratiquée inutilement.
Il y a ensuite la forme lente, à marche continue, et qui débute par une langueur physique et intellectuelle, puis se caractérise par de la céphalalgie, des migraines, par des troubles des sens et surtout de la vue, par une langueur somnolente, puis par un coma progressif. Rarement il y a des convulsions et du délire. Les troubles de la vision présentent celle condition caractéristique qui
les distingue de ceux que Ton observe dans la maladie de Bright, c'est que jamais il n'y a, dit G. Séc, de lésion appréciable à l'opblbalmoscope, qui donne des résultats contraires dans la maladie de Bright (Voy. p. -210). L'ophthalmoscope à ce titre est donc un excellent moyen de diagnostic différentiel.
Jaccoud a observé trois fois une forme convulsive particulière qu'il est dis posé à ne pas croire très-rare, et qu'il appelle tétanique. On la reconnaîtrai! à des contractures partielles (sans convulsions cloniques) qui occuperaient principalement les muscles cervico-dorsaux, d'où l'opistliolonos, et les muscles des membres. Les faits de ce genre doivent être rapprochés de ceux dont il a été question à propos de la maladie de Bright; cependant, chez deux des malades de Jaccoud, il y avait plutôt anurie qu'albuminurie, par suite de lésions graves des reins (Clin. mèd., p. 735, 4808).
On ne peut pas faire une forme particulière d'urémie en se fondant sur la prédominance des accidents gastro-intestinaux, car ils constituent des signes prodromiques ou concomitants des formes précédentes. Inappétence, vomissements, constipation ou diarrhée, voilà en somme à quoi se réduisent les troubles gastro-intestinaux.
Parmi les conditions pathologiques dans lesquelles survient l'urémie, se trouve au premier rang la maladie de Bright idiopathique, puerpérale ou scarlalineuse. On rencontre plus rarement l'urémie dans le choléra dit typhoïde, le typhus, la fièvre jaune, la goutte (Basham), et dans la glycosurie, comme Colin eu a signalé un cas à forme dyspnéique chez un garde de Paris {Go:, hebdom., 18l>8). Mais une origine beaucoup plus fréquente, et sur laquelle uo ne saurait trop fixer son attention, c'est l'ensemble des lésions graves qui peuvent exister du coté des reins, ou celles qui peuvent comprimer les uretères et empêcher la sortie de l'urine (Aran, Proust). Ces lésions ont pour résultat de rendre la fonction urinaire nulle ou insuffisante (Aran; Luton, Thèse, 18"»'.)). J'ai observé deux exemples de ce genre avec des cancers de l'utérus. Wannebroucq (Bulletin mèd. du Nord, 18ï>i) en a vu trois autres.
Dans tous les cas, un état particulier du sang, encore inconnu, peut seul expliquer les symptômes urémiques, ainsi que Rayer l'a prévu en rattachant à celle cause les phénomènes cérébraux qu'il a signalés comme complication des maladies rénales.
Il y a des lésions qui sont consécutives à l'urémie. Treitz a signalé des eschares dans l'intestin et une sorte de dysenterie gangréneuse, à laquelle sueièderaienl des ulcérations, ulcérations qu'il aurait rencontrées parfois aussi dans la bouche. Rien de semblable n'a été observé en France. Comme lésions primitives dans les organes qui sont le siège des phénomènes urémiques, on ne trouve rien le plus souvent, comme G. Sée l'a fait observer (leçons sur U sang et les anémies, 1861). Il n'y a, sous le rapport des lésions, que des faits exceptionnels, comme l'observation de Desnos qui concerne un vieillard de 70 ans, atteint d'hémorrliagic de la protubérance annulaire et ayant présenté une dyspnée suffocante subite, suivie d'accidents comateux; il y avait de l'albumine dans les urines. S'agissait-il ici de symptômes simulant ceux de l'urémie, comme l'a pensé notre collègue, ou d'une urémie réelle? C'est c qu'il nous parait difficile de décider.
Comme complications de l'urémie, des hémorrhapies ont été signalées par Rayer. Charroi a indiqué les épistaxis comme fréquentes; mais c'est surtout IVIIe^rino Lévi (Thèse de doct., 1801) qui est venu fixer l'attention sur ces complications hémorrhagiques. Outre l'épistaxis, on a rencontré riiémorrliAgv pulmonaire, Yhématémèse , l'hémorrhagie cérébrale, des ecchymoses tain
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internes qu'externes, et même un véritable purpura hémorrhagûjue. La forme dvspuéique de l'urémie serait celle qui s'accompagnerait principalement de ces accidents, suivant Latay (Thèse, 1805).
3° Pronostic. — Quant au pronostic, on peut dire que l'urémie est mortelle dans ses différentes formes. On voit quelquefois, il est vrai, chez les albuminuriques, des phénomènes (principalement gastro-intestinaux) qui paraissent être de nature urémique et qui disparaissent; mais on ne peut être sûr qu'il s'agisse en pareils cas d'une véritable urémie.
URETÈRES. — Profondément situés dans l'abdomen sur les côtés de la culonne vertébrale et dans la profondeur du bassin, les uretères ne sont pas accessibles à l'exploration, même lorsque leur volume est considérablement augmenté par leur distension (Rayer). Lorsqu'il existe un obstacle au cours de l'urine dans le parcours de l'un de ces conduits, cette distension peut pourtant donner à l'uretère le volume du gros intestin (Voy. Tumeurs, p. 1045). C'est là du reste sa principale affection, qui est le plus souvent due à l'arrêt d'un gravier ou d'un calcul. Gigon (d'Angoulême) a démontré que l'uretère présentait deux rétrécissements et deux renflements alternatifs, qui expliqueraient les exacerbations et les rémissions (jes attaques de coliques néphrétiques, les exacerbations se produisant au moment du passage du calcul au niveau des parties les plus étroites, et les rémissions dans la condition opposée. Caillât (Union mèd., 1850) a publié une observation qui semble confirmer cliniquement le fait anatomique.
URÈTRE. — Ce canal, qui est le siège de la blennorrhagie, peut présenter, chez l'homme, une résistance sensible à la palpation lorsqu'il existe dans son intérieur un chancre induré (Voy. p. 107-1), ou lorsqu'un gravier s'y trouve arrêté. L'urètre est surtout le siège de rétrécissements fréquents, que je n'ai pas à examiner. Enfin, en laissant écouler l'urine, il donne très-rarement passage en même temps à des gaz, qui révèlent l'existence d'une fistule vésico-intestinale (Sturm, Deutsche Klinik, 1854), ou bien la putréfaction du sang qui peut séjourner dans la vessie.
URÉTRITE. — Voy. Rlennorrhagie.
URIN AIRES (Appareil, voies, organes). — Les organes urinaires comprennent : 1° les reins, organes sécréteurs de l'urine; 2° les calices et les bassbietSj I'iretère et le canal de I'urétre, qui sont les voies d'excrétion du liquide urinaire; 3° la vessie, qui en est le réservoir. Je renvoie le lecteur aux articles particuliers qui ont été consacrés à ces différents organes, sauf aux calices et aux bassinets, dont les maladies et les signes qu'on y rencontre sont exposés aux mots Pvélite et Rétentions (hydronéphrose).
URINES. — Déjà, dans un assez grand nombre d'articles, j'ai traité des caracières de l'urine et de leur signification dans une foule de conditions pathologiques; je me suis également occupé ailleurs des particularités qui se rattachent à l'émission des urines (Voy. Miction). Je n'ai qu'à coordonner l'ensemble de ces données pratiques et à les compléter.
L'urine normale est un liquide exclusivement excrémentitiel, entraînant hors de l'organisme quatre sortes de produits : 1° l'eau en excès dans le sang ; 2° les principes azotés qui résultent du mouvement de nutrition, et qui sont éliminés sous forme d'acide urique et d'urates ; 3° les sels, qui ont la même origine; 4° les substances non assimilables qui ont pénétré accidentellement dans l'organisme, et auxquelles on peut ajouter les corps qui se sont formés dans l'organisme.
Les signes fournis par l'urine sont physiques ou chimiques, et, à ce double
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point de vue, ses variations sont très-nombreuses, sans cependant avoir toutes la même valeur séméiologique.
A. Caractères physiques de l'urine.
La quantité, la couleur, l'odeur et la consistance de l'urine sont, avec les caractères physiques que fournissent les dépôts ou sédiments, les seuls qui aient quelque importance. La saveur, d'ailleurs trompeuse, du liquide urinaire ne saurait être utilisée dans la pratique.
1° La quantité des urines rendues varie suivant une foule de circonstances, et principalement selon la quantité des boissons ingérées, selon l'humidité plus ou moins grande de l air , et surtout suivant la température de l'atmosphère. Dans les temps froids comme dans les temps de pluie ou de brouillard, la quantité de l'urine est augmentée, parce que les poumons et la peau excrètent moins de vapeur aqueuse. On doit, à mon avis, ajouter que, dans les temps humides, l'air inspiré fait sans doute pénétrer plus d'humidité dans le sang ( Yoy. Polyurie).
Lorsque la quantité normale de l'urine parait diminuée ou augmentée, on peut s'en assurer d'une manière précise en mesurant cette quantité d'après le? urines recueillies dans les vingt-quatre heures, ainsi que l'ont conseillé Chossat et Becquerel, et en comparant leur masse à celle de l'état normal, qui varierait d'un à trois litres dans l'état de santé.
L'excrétion exagérée d'urine, à laquelle on a donné le nom de diurèse, constitue quelquefois le phénomène terminal ou critique d'une crise nerveuse, comme dans l'hystérie, où un litre d'urine claire et pâle peut être rendu à U fois. Mais c'est surtout lorsqu'elle est habituelle que la diurèse a de l'importance, car on a affaire alors à la polyurie avec ou sans glycosurie. La quantité d'urine émise alors peut atteindre cinq à seize litres et plus par vingt-quatre heures.
Quant à la diminution de sa quantité normale, on n'a guère à s'en préoccuper que dans les maladies aiguës fébriles, pendant lesquelles la sécrétion urinaire peut réellement être très-diminuée : dans la fièvre jaune, le choléra (où elle est supprimée), et dans les affections des organes urinaires sans oblitération des voies urinaires (néphrite aiguë), ou avec obturation des voies parcourues par l'urine. Dans ce dernier cas , c'est l'urine émise qui est plus ou moin? diminuée ou supprimée; mais sa sécrétion peut continuer au niveau des reins, et son accumulation en amont de l'obstacle produire des désordres plus ou moin* graves (Voy. Rétentions).
2° La couleur de l'urine a été l'objet, en Allemagne, d'un grand nombre <lf recherches minutieuses dues à Virchow, Vogel, Muller, Falck, etc., recherches qui ont fait préconiser des colorirnètres de l'urine ; des tables spéciales des couleurs de ce liquide ont même été dressées. La pratique n'a pas encore a profiter de ces recherches, qui ont amené à conclure, entre autres propositions, que l'urine normale doit sa couleur jaune ou rouge à un pigment ayant son origine dans Yhèmatine (Falck, Vogel).
Quoi qu'il en soit, la couleur de l'urine , qui est très-variable, a une valeur séméiologique réelle. Cette couleur peut être jaune très-pàle, jaune clair, jaune, jaune rougeatre, rouge, brune, noire, bleue, ou avoir un aspect lactescent.
L'urine est pâle, aqueuse, dans les maladies nerveuses, dans l'hystérie principalement, dans l'anémie, dans les convalescences déjà avancées. Ce sont les urines dites anémiques par Becquerel. — Klle est plus ou moins rouge ou rouge jaunâtre dans toutes les affections fébriles, ce qui tient, selon V«»gel, * ce que le liquide urinaire contiendrait plus de matière colorante, d'une manièrt absolu»;. - Les urines brunes ou miroires doivent ordinairement cette couleur
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à du sang (maladies hémorrhagiques) ou à une grande quantité de bile (Voy. fièvre jaune), qui, en quantité moindre, donne au liquide urinaire une couleur plus ou moins safranée, teignant en jaune serin les parois du vase dans lequel un l'agite. La rhubarbe et le séné , administrés à l'intérieur, donnent également une couleur jaune à l'urine. Les urines peuvent aussi devenir noires par leur refroidissement s'il existe un cancer mélanotique interne (Voy. Mélànémie).
— L'urine est quelquefois franchement rouge lorsqu'elle contient du sang qui n'a pas été altéré par son séjour dans les voies urinaires, mais il faut s'en assurer à l'aide du microscope, en recherchant les globules sanguins; car la couleur rouge pourrait tenir à la présence de X acide rosacique. Cet acide n'est que de la matière colorante fixée sur de l'acide urique, et plus souvent sur un dépôt d'apparence amorphe d'urate de soude. On trouve fréquemment cet acide rosacique des urines dans le cours du rhumatisme articulaire aigu (Méhu). — Les urines laiteuses (galacturie, chylurie) doivent cet aspect à la présence de la graisse en émulsion, fig.ïlb. On les observe principalement dans les pays chauds; et lorsque leur apparition a été précédée de pissement de sang, ou bien alterne avec l'hémorrhagie, on a affaire à l'hématurie des régions tropicales (Voy. Néphrorrhàgie).
— Enfin l'urine présente rarement, au moment de l'émission, ou plutôt après avoir été exposée à l'air, une coloration bleue, violette, brune ou noirâtre qui tient à la pré- Ffall]\~x ^ZtZ sence d'une matière colorante que l'on a nommée uroglau- iAciiiair*«d« l'urine chycine (Heller), cyanourine (Braconnot), urocyanine (Mar- !cL',*BJàiê\au micro*cope tin), imrpurine (Golding Bird), fig. 299 et 300. Pour la
plupart des auteurs allemands qui se sont livrés à des recherches très- multipliée sur l'urine, cette substance bleue, qui forme quelquefois de petits cristaux en fines aiguilles de longueur variée, et qui n'est par conséquent pas un pigment, a été rapproché de l'indigo (Hassall, P/u/osop/uc. Magaz., 1853) ; mais l'on n'est pas d'accord sur les conditions pathologiques de sa formation. Virchow a fait remarquer que, de même que pour les autres matières colorantes de l'urine, on trouve habituellement cette substance dans une urine riche en acide urique. Dresser a constaté la coloration bleue dans l'albuminurie (Arch. fur path., 1854). Gubler, après avoir signalé les urines bleues dans le choléra, les a retrouvées dans d'autres maladies (Soc. des hÔpit., mai 1859). Enfin on a trouvé que la matière colorante bleue était une fois, non une substance analogue à l'indigo, mais du prussiate de fer (bleu de Prusse), chez un hydropique prenant de Véthiops martial.
D'autres colorations accidentelles de l'urine peu importantes, mais nécessaires à connaître, sont celles qui sont dues au passage dans l'urine des matières colorantes, non- seulement de la rhubarbe et du séné dont il a été question plus haut, mais encore du sulfate d'indigo, de la gomme gutte, de la casse, de la garance, du bois deCampêche, des betteraves, des baies d'airelle, de mûres, de merises.
3° L'odeur de Uurine est altérée dans les maladies. Elle est quelquefois ammoniacale et trouble au moment de son émission, ou après son refroidissement et son repos, ce qui est dû, dans les deux cas, à la décomposition putride des matières azotées de l'urine et presque exclusivement de l'urée. L'odeur exhalée par l'urine révèle quelquefois la pénétration dans l'économie de certaines substances, de médicaments ou d'aliments particuliers : l'essence de térébenthine (qui donne a l'urine une odeur de violette), l'inhalation du sulfure
URINES
/'Yy. 277. — Mucus d une urine saine.
Fig. 179. — Moules consistant en mucus de la partie droite des tubes urinifére»
(L. Beale).
J-itj. 279. — Epithélium rénal. — n.
cellule traitées par l'acide acétique.
/ïj/. 280. — Epilhûlium du bassinet et du rein (Beale,.
/=Ï0. 28t. - Epithélium * I uretère (L. Boalcl.
vA «a0 1
rt>V.:
Fig 282. — Fornica différentes d'épilhélium de la vessie.
H(). 283. — Epithélium du vagin.
Fitj. 2? 4. — Epitbélium du vagin.