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VENINS

Il y a œdème général ou anasarque si l'obstacle occupe les orifices du cœur droit, les poumons, ou les orifices des cavités gauches. La distension des veines jugulaires est alors remarquable, et il s'y joint quelquefois des batieméats pseudo-artériels (pouls veineux). Ces battements peuvent n'être qu'apparents et dus au soulèvement de la veine par les battements de la carotide, ou bien ils se passent réellement dans les jugulaires et dépendent de l'impulsion en recul que reçoit le sang veineux, par suite, soit d'une insuffisance auriculoventriculaire droite, soit d'une communication accidentelle de l'aorte avec la veine cave supérieure (anévrvsme variqueux). Enfin, l'œdème est remplacé par Pascite, et la stase veineuse par la distension des veines superficielles de l'abdomen, si l'obstacle occupe la veine porte (Voy. Cirrhose et Phlébite, p. 818). La distension des veines de l'abdomen est aussi un très-bon signe du carreau chez les enfants.

VENINS. — Les animaux qui ont été appelés toxicozoaires en raison de l'action de leur venin sur l'homme (Voy. Moquin-Tandon, Éléments de Zoologie médicale), tantôt agissent localement, et tantôt produisent des accidents généraux graves, ou une mort plus ou moins rapide.

Le diagnostic ressort le plus souvent de la connaissance même de la cause qui a produit les phénomènes toxiques. Lorsque les effets du venin sont locaux, et se bornent à une irritation locale avec ou sans gonflement, ils ont généralement peu d'importance. Tels sont ceux qui sont produits par les araignées, les tarentules, les scolopendres, Yornithorrynque,\es scorpions, les abeilles, les bourdons et les guêpes. Plusieurs de ces animaux ont donné lieu à des fables recueillies par le vulgaire, et on a attribué à leur venin des effets graves. Ils ne le sont véritablement que dans des cas exceptionnels, soit dans certaines régions méridionales comme pour le scorpion par exemple;, soit pour certaines espèces qui peuvent occasionner la mort dans nos contrées par la multiplicité des effets toxiques, comme on l'a vue résulter de piqûres d'un essaim d'abeilles sur un même individu.

Les accidents les plus graves sont dus à la morsure des serpents à crochets. On trouve ces accidents parfaitement décrits dans le savant ouvrage de notre excellent confrère le docteur Rufz, sur le serpent de la Martinique (1800). Ces accidents sont variables et plus ou moins rapides. Une douleur vive, cuisante, s'étendant immédiatement à tout le membre qui a été mordu, son gonflement et son refroidissement plus ou moins rapides, sa teinte livide, les phlyctènes qui s'y développent, un malaise indéfinissable, des nausées, des vomissements, des étourdissements, puis de la somnolence et un coma qui peut aller jusqu'à la mort, ou bien des syncopes fréquentes et des sueurs froides et l'isqueuses qui la précèdent : tels sont les phénomènes qui s'observent dans un grand nombre de cas. D'autres fois, le blessé succombe à un phlegmon diffus , à une congestion pulmonaire prise, dit Rufz, pour une pneumonie par certains observateurs. Enfin la mort peut encore être produite par les accidents primitifs se développant tardivement quelques jours après la morsure, alors que le blessé se croit hors de tout danger.

Mais tous les cas de morsure ne sont pas suivis de mort. La guérison peut avoir lieu après des sueurs copieuses survenant le second ou le troisième jour, ou plus lard. Cependant la guérison n'est pas constamment complète, et il n'est pas sans intérêt de rappeler les accidents consécutifs que le médecin peut avoir alors à interpréter. Rufz nous apprend qu'il n'est pas rare de rencontrer des invalides de la piqûre du serpent, qui conservent, à la suite de phlegmons diffus, tes nécroses, des trajets fistxdeux, des ulcères dont la guérison est intenni- Woillez. — Dict. <le DtagD. 2' Mit. 70

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