‹ Dictionnaire de diagnostic médicalChapitre 36 sur 355 · BASSIN · texte numérisé non relu

BASSIN

coqueluche (Poulet), dans ceux de la rougeole; dans le sang d'un homme mort de fièvre typhoïde; dans les humeurs et les organes chez l'homme et chez les animaux atteiuts de la maladie farcino-morveuse (Christot et Kiener, Acad. des sciences, uov. 18G8). Cependant on n'est pas encore éclairé sur les signes que l'on doit rapporter à la présence des bactéries dans le sang chez l'homme.

BALANITE. — Le diagnostic de la balanite ou inflammation de la muqueuse du prépuce et du gland, et d'où peuvent résulter le phimosis et le paraphimosis, ne présente pas la moindre difficulté. Mais il est important de ne pas confondre avec des chancres, les ulcérations superficielles qui accompagnent quelquefois la balanite. Il faut distinguer la balanite qui complique les véritables chancres ou la blennorrhagie de celle qui est due simplement à l'étroitesse de l'orifice préputial cl à l'accumulation de la matière sébacée entre le prépuce et le gland.

BALLONNEMENT. — Voy. Météorisme.

BALLOTTEMENT. — Le ballottement est un des signes les plus évidents de la grossesse. Il se pratique à l'aide de l'indicateur porté sur l'utérus, en avant du col si la femme est debout, et en arrière si elle est couchée. On refoule brusquement, mais sans violence, cet organe de bas en haut, et l'on sent peu après le choc du fœtus mort ou vivant qui, d'abord soulevé dans le liquide de la poche amniotique, retombe à la partie déclive. Pour obtenir ce signe, il faut que la grossesse soit déjà avancée, car il ne peut malheureusement s'obtenir dans les trois premiers mois, précisément dans la période "de la gestation où il serait le plus nécessaire de diagnostiquer la grossesse {Voy. ce dernier mot).

On a encore donné le nom de ballottement au mode d'exploration employédans les cas de dilatation de l'estomac, et qui consiste à déterminer, à l'aide des deux mains placées de chaque côté de l'abdomen, un bruit particulier ressemlant à celui que rendrait une vessie à moitié remplie d'air et de liquide, et à. laquelle on imprimerait des secousses.

BARBIERS. — Voy, Bkribéiu.

BASSIN. — Si l'on considère la charpente osseuse qui constitue le bassin comme les parois résistantes d'une cavité particulière occupée par des organes très-importants, et analogue à la cavité abdominale proprement dite, on reconnaît que le diagnostic doit revendiquer une foule de notions pratiques très^intéressantes, qui résultent de la contiguïté des organes qui y sont contenus.

Le réservoir de l'urine s'ouvrant à l'extérieur par l'intermédiaire de l'urètre; la fin du gros intestin se terminant par l'anus; et, comme organe intermédiaire chez la femme, l'utérus, qui communique au dehors par le vagin, et qui se rattache latéralement aux ovaires par les trompes et les ligaments larges; le péritoine, dont les replis interposés transversalement forment des espèces de culsde-sac à la cavité péritonéale, et enfin, au-dessous du péritoine, un tissu cellulaire assez lâche, des vaisseaux et des plexus nerveux : tel est l'ensemble des principaux organes contenus dans la cavité du bassin, et qui sont le siège de si<j)tefi nombreux et de maladies locales très-diverses.

Les organes contenus dans le bassin peuvent d'abord, en se déplaçant ou se développant, envahir en haut la cavité ahdominale. La vessie, lorsqu'elle est distendue par l'urine, l'utérus, lorsqu'il acquiert un volume assez considérable par une cause pathologique, une grossesse extra-utérine dans les dépendances de la matrice, le développement de l'ovaire, celui des tumeurs dont ces différents organes sont le siège, et enfin les tumeurs sanguines ou inflammatoires péri-utérines, se portent de préférence vers l'abdomen, où leur ampliation se fait avec

BATTEMENTS. i2i

plus de facilité, la cavité du bassin étant en quelque sorte ouverte et même évasée de ce côté. — Dans l'intérieur du bassin, les organes subissent aussi des changements de position et de direction qui peuvent à eux seuls, pour l'utérus, par exemple, constituer des affections particulières (déviations utérines), mais qui souvent sont le résultat de refoulements et de pressions qui s'expliquent par des lésions voisines. Les déplacements d'organes, les tumeurs de l'intérieur du bassin, peuvent aussi venir faire saillie vers les ouvertures ou les conduits naturels, et surtout vers le vagin.

Les douleurs occupant les organes contenus dans le bassin, les symptômes fonctionnels qui peuvent s'y remarquer, les excrétions auxquelles l'urètre, le vagin et le rectum donnent passage, varient suivant l'organe malade, si la maladie est locale ; mais ils peuvent aussi dépendre d'une affection générale ou éloignée.

Les moyens d'exploration des organes contenus dans le bassin sont nombreux. Dans la région sus-pubienne, que les organes intra-pelviens peuvent accidentellement envabir, on utilise Y inspection , la jmlpation ou pression, la percussion, et parfois V auscultation {Voi/. Hypogastrk). Pour explorer plus profondément les organes, on ne peut y arriver que par les conduits naturels qui s'ouvrent inférieurement, et qui sont l'urètre, le vagin, le rectum. Les deux derniers permettent seuls l'introduction du doigt (toucher), ou d'un spéculum, qui est plus particulièrement employé pour le vagin. Le spéculum ne permet pas d'explorer au-delà des parois vaginales et du col utérin ; il en est de même du toucher. Mais la sonde utérine va plus loin, puisqu'elle peut pénétrer jusqu'au fond de la cavité utérine. La sonde vésicale avec Yendoscope de Desormeaux sont les seuls moyens qui permettent d'explorer l'intérieur de la vessie.

Il est quelquefois nécessaire de combiner plusieurs de ces procédés en les employant simultanément : i° le toucher vaginal ou rectal et la pression suspubienne ; 2° les deux touchers vaginal et rectal ; 3* le cathétérisme vésical et le toucher par le rectum ou le vagin; \° l'emploi du spéculum vaginal et de la sonde utérine.

On utilise l'ensemble des données de diagnostic qui viennent d'être simplement indiquées, pour déterminer la localisation de la lésion dans tel ou tel organe contenu dans le bassin. Quelle que soit cependant la précision des moyens explorateurs mis en usage de nos jours, il n'est pas toujours possible de déterminer le siège anatomique cherché. Cela est surtout vnû pour les parties situées au-delà de la zone qu'il est possible d'atteindre directement ou indirectement dans l'exploration , et qu'on ne peut ni voir, ni toucher, ni sonder. Dans certaines circonstances même, où cette investigation est aisée, il est parfois difficile de décider si un épanchement ou une tumeur occupent l'un ou l'autre organe, l'un ou l'autre tissu. C'est ce qui peut arriver pour leur localisation dans le ligament large ou l'ovaire, dans la cavité du péritoine ou le tissu cellulaire sousséreux, etc. On peut dire qu'en général le bassin participe de l'abdomen pour les difficultés diagnostiques, qui résultent de la multiplicité des organes qui y sont fontigus.

BATTEMENTS. — Les pulsations ou battements sensibles à la palpation ao niveau du cœur ou des principaux troncs artériels, dans l'état sain, sont quelquefois visibles chez les individus très-maigres. L'exagération de ces battements du cœur ou des artères n'est pas très-rare dans les maladies, et c'est un signe qui, localisé dans une région, peut faire trop facilement croire a l'existence d'un anévrvsme. Outre ces battements rasculaires, rhytbmiques comme les battements de l'organe central de la circulation, il peut en exister d'irréguliers

BÉRIBÉRI.

dans les muscles volontaires. Ils sont constitués par des contractions apparentes et partielles des fibres musculaires. De plus, il y a des battements qui donnent à certaines douleurs un caractère pulsatif, et d'autres qui, sans être douloureux, annoncent quelquefois la suppuration d'une inflammation locale (Voy. Convulsions (fibrillaires), Pouls, Pulsations).

BAVE. — Voy. Écume.

BELLADONE. — Voy. Empoisonnements.

BÉRIBÉRI. — Depuis la publication de la première édition de cet ouvrage, où le béribéri était déclaré une affection encore mal connue, elle a été sérieusement étudiée et l'objet d'un important travail de Fonssagrives et de Le Roy de Méricourt (Arch. de méd.7 1861). Depuis cette publication, le docteur Jules Rochard (Nouv. Dict. de mèd. et chir. prat.y 1800, t. IV) et Le Roy de Méricourt surtout (Dict. encyclop. des se. mèd., 1808, t. IX) ont traité de nouveau la question à des points de vue différents. Nous empruntons les matériaux de cet article à la remarquable monographie de Le Roy de Méricourt, qui est la plus complète et la plus récente.

On se rend compte de la confusion qui pendant si longtemps a fait de l'histoire de cette maladie un véritable chaos, quand on voit combien sa physionomie est variable.

Observé d'abord par les médecins militaires anglais, puis par les chirurgiens de marine français et hollandais dans les dernières années, on avait cru longtemps le béribéri propre au climat de l'Inde orientale. Mais on l'a observé en mer sur des transports dans les Indes orientales et en Amérique. Malgré les recherches multipliées qui ont été faites, une foule de points restent cependant encore à élucider. On trouve en première ligne des obscurités à dissiper la question des limites précises de la maladie. Elle est distincte de l'affection dénommée barbiers pour Fonssagrives et Le Roy de Méricourt en 1801, ainsi que pour J. Rochard en 1800; mais les deux maladies n'en font plus qu'une en 1868 pour Le Roy de Méricourt, mieux éclairé par les travaux les plus récents, qui lui ont démontré qu'il s'agissait de deux formes d'une môme maladie, due à une altération du sang.

1° Eléments du diagnostic. — Le début est brusque ou précédé de prodromes tels que Yala)iguissement, de la faiblesse, des douleurs vagues dans les jambes, un sentiment de constriction à la base de la poitrine , un peud'anhélation pendant la marche; quelquefois il y a des frissons et de la céphalalgie. Dans beaucQup de cas, l'invasion est brusque. Vanasarque est le principal symptôme du béribéri; elle débute par les extrémités, surtout par l'infiltration des malléoles, gagne le tronc, distend souvent énormément le scrotum, la face, le sternum, etc., et devient rapidement générale, sauf à la partie postérieure du tronc, qui est exempte d'infiltration. Les séreuses s'infiltrent, ce qui détermine une dyspnée qui augmente au moindre mouvement ; il y a une anxiété et des douleurs intolérablesy notamment à l'épigastre, qui font parfois pousser des cris déchirants au malade. — D'autres fois ce sont les troubles de la sensibilité et de la myotililé qui prédominent. Il y a de Vanesthésie de la peau des membres inférieurs, la sensation du sol n'est pas nette, il y a de la faiblesse et de Y incoordination dans les mouvements de ces membres (De Meijer). Il y a en même temps hyperesthésie des muscles, dont la moindre pression arrache des cris au patient , tandis que rarement la pression est douloureuse au niveau et dans le voisinage de l'épine vertébrale.

L'intelligence reste intacte, sauf lorsque survient un coma ultime, et le sommeil est troublé par les douleurs musculaires et articulaires et surtout par la

BÉRIBÉRI.

dyspnée. II n'y a pas de fièvre, ni de troubles digestifs, si ce n'est quand la maladie est avancée; alors la fièvre et des vomissements répétés peuvent survenir. Les urines sont généralement rares, plus ou moins troubles, de couleur foncée; elles peuvent être supprimées. Quelquefois les urines sont claires, naturelles ; tantôt elles sont albumineuses, et tantôt ne contiennent pas d'albumine. Il y a des observateurs qui n'en ont constaté dans aucun cas, ou qui a'en ont rencontré que des traces (Richaud).

Inductions diagnostiques. — Le béribéri qui débute par l'œdème ou iaoasarque et par la paralysie des extrémités inférieures ne saurait être mé- «nnudans les contrées où on l'observe, ou bien à bord des bâtiments qui transportent des coolies indiens et sur lesquels la maladie se déclare épidémiquement, tomme on l'a vu en 1801 (Guy, Richaud). Mais lorsqu'une anasarque suraiguë

le caractère principal de la maladie et que les accidents paralytiques font défaut, on pourrait croire à une albuminurie aiguë. On s'était demandé déjà en effet, en l'absence de renseignements suffisants, si en pareil cas les urines n'é- Uient pas albumineuses. Il est reconnu aujourd'hui qu'elles ne le sont que dans un certain nombre de cas; l'absence de l'albumine dans l'urine, lorsqu'elle a Heu, suffit donc pour éloigner l'idée d'une maladie de Bright pour l'ensemble des faits. Lorsque l'albumine est constatée, ordinairement en petite quantité, on ne peut croire non plus à cette affection, attendu que, lorsque l'anasarque prédomine, le béribéri a une marche très-rapide, puisque la mort peut survenir en quelques heures ; et de plus il y a une dyspnée rapidement considérable et une sensation extrêmement pénible de pesanteur et de constriction épigastrique qui donnent une physionomie toute particulière à la maladie. Il y a de plus, dans les cas graves, dans les membres inférieurs, des raideurs articulaires et des douleurs profondes, des engourdissements, des fourmillements, même en l'absence de rentable paralysie.

Mais il arrive que la maladie peut d'abord être caractérisée pendant plu- Heurs jours, non plus par l'anasarque, mais par les derniers phénomènes que je viens de rappeler. La marche est alors incertaine ; il y a de la tristesse, de l'abattement, avec incapacité du travail et de l'exercice ; il y a en même temps l'anesthésie cutanée et l'hyperesthcsie musculaire que j'ai rappelée plus haut; les jambes défaillent sous le poids du corps, et bientôt à la paralysie se joint noe atrophie des muscles des membres, du tronc, de la face, et la mort peut sunreuir par asphyxie. Au début de cette forme de la maladie, on croirait volontiers à une affection rhumatismale, mais bientôt l'enchaînement des accidents tient éclairer l'observateur. C'est à cet ensemble d'accidents paralytiques qu'on l appliqué le mot de barbiers comme désignant une maladie particulière, autre qae Je béribéri. Mais comme ces mêmes accidents se remarquent très-atténués mj très-franchement accusés avec l'anasarque et les autres symptômes du béri- ^ri, il n'v a plus à douter que les deux affections ne doivent en faire qu'une

mie.

Les éléments de diagnostic que fournissent les antécédents sont très-importants. D'abord la marche du béribéri, lorsqu'elle est suraiguë, a par cela

^ême une physionomie toute spéciale qui, dans les contrées où se rencontre r^te maladie, ne permet plus de méconnaître cette dernière. Lorsqu'on voit irs malades quelques jours après le début, les symptômes caractéristiques par -ur groupement viennent donner !la certitude au diagnostic, s'il n'a été que K «pçonné d'abord. — Vétiologie fournit des éléments de conviction non moins pr* ieux D'abord la maladie est épidémique ; et lorsqu'elle est déclarée et connue les moindres indices éveillent l'attention au début de l'invasion des

tS4

Page 1