BILE
cas nouveux. Il ne faut pas perdre de vue que c'est surtout après de longues traversées avec un régime insuffisant que la maladie se déclare. On a incriminé h tort l'usage trop exclusif du riz par les indigènes indiens. Le mal, qui respecte les équipages européens, atteint les matelots et les passagers de couleur qu'il décime cruellement, ce qui tient moins à la différence de race qu'à la différence de l'alimentation. Le béribéri est d'ailleurs très-rare chez les enfants, et les femmes n'en sont pas exemptes. Enfin, si j'ajoute que* les individus chétifs, épuisés par la nostalgie, les excès, les privations, sont les victimes privilégiées du béribéri, » j'aurai rappelé les données écologiques utiles à signaler.
Le béribéri pourrait être facilement confondu avec l'anasarque aiguë et rapide due à la suppression brusque de la transpiration, si dans celle-ci on ne constatait pas l'albuminurie et l'absence des troubles de la sensibilité et des mouvements qui existent dans l'affection qui m'occupe. — Le scorbut qui s'accompagne d'œdème a, comme caractères propres, les pétéchies, les ecchymoses, les raideurs articulaires, les indurations par extravasations sanguines dans les muscles et le tissu cellulaire, l'état fongueux des gencives, les hémorrhagies par diverses voies. — Les hydropisies maremmatiques ont des antécédents qui sont caractéristiques, de môme que la teinte spéciale de la peau , l'engorgement des viscères abdominaux , etc. La forme épidémique du béribéri l'empêchera facilement d'èlre pris pour un rhumatisme musculaire ou articulaire.
Les accidents paralytiques de la sensibilité ou du mouvement pourraient faire croire à une méningite spinale ou une mèningo-my élite, si les particularités de ces accidents paralytiques du béribéri ne coïncidaient pas avec d'autres phénomènes caractéristiques. — Il en est de même de Yatrophie musculaire progressive.
Il faut beaucoup tenir compte des formes du béribéri pour le diagnostic, formes qui résultent du groupement différent des symptômes. La forme hydropique, dans laquelle domine une anasarque rapidement progressive, est toute différente de la forme parahjtique pure, atrophique, où l'anarsaque fait défaut. Il y a aussi la forme mixte , caractérisée à la fois par l'anasarque et les troubles de la sensibilité et de la myotilité.
Enfin on ne doit pas oublier qu'il peut survenir, vers la fin de la maladie, des complications diverses qui rendent compte des lésions anatomiques variées qu'on a constatées après la mort.
3° Pronostic. — Il est généralement tissez sérieux, quelle que soit la forme de la maladie. Il faut savoir qu'il peut survenir des exacerbations rapides, des rechutes imprévues. Les signes pronostiques les plus certains sont ceux tirés de la respiration ; le moindre accident de dyspnée doit inspirer de l'inquiétude. La sensation d'anxiété précordiale et la fréquence du pouls, surtout lorsqu'elle persiste malgré l'amendement des autres symptômes, ont une signification trèsgrave. Il en est de même de la persistance des mauvaises conditions hygiéniques. La mortalité peut être évaluée, d'après un nombre de plus de deux mille malades, au tiers environ.
BILE. — Je n'ai pas à examiner ici le rôle que joue la bile dans les maladies, rôle auquel les médecins anciens attachaient une importance hypothétique trèsexagérée. Il est évident que si l'on s'en tient aux vérités démontrées, nous savons très-peu de chose sur l'influence pathogénique de la bile et même sur les altérations matérielles qu'elle peut subir. La concrétion de la bile en calculs, la coloration de la peau par la bile (ictère), et la présence de la bile dans les matières excrétées, sont les points que j'aurais à examiner, si je n'avais déjà