ACCOUCHÉE
diversement interprétées ou bien être attribuées à d'autres causes. Le point capital, en pareille circonstance, est la connaissance de l'accouchement comme fait antérieur. C'est en le prenant comme point de départ du diagnostic, en effet, que l'on peut arriver à bien juger les phénomènes observés. Or, deux cas peuvent se présenter* ou bien la femme, ayant intérêt à dissimuler le fait de l'accouchement, cherche à en détourner l'attention du médecin ; ou bien celui-ci est instruit d'une façon ou d'une autre de la parturition qui a eu lieu.
A. — Lorsqu'on sait que l'on a affaire à une femme nouvellement accouchée, ce qui est le cas le plus ordinaire, il est facile de s'expliquer les accidents variés qui s'observent assez fréquemment à la suite de l'accouchement. Les tranchées utérines violentes, qui peuvent dépendre de l'obstruction du col utérin par un caillot adhérent (que le toucher fait facilement reconnaître), et qui cessent après son extraction; la rétention partielle du placenta ; la rétention d'urine; toutes les in flammations qui peuvent atteindre l'utérus, ses annexes ou le péritoine ; \& phlébite utérine, la phlegmatia alha dolens, Yèclampsie; un frisson violent bientôt suivi des accidents généraux et locaux plus ou moins graves de la fièvre puerpérale, que l'on voit ordinairement survenir dans les deux premiers jours qui suivent la délivrance, et principalement chez les primipares : tels sont les accidents qui peuvent le plus ordinairement survenir dans les premiers jours. On voit plus rarement apparaître la nephrorrhagie, suite de contractions abdominales considérables, la névrite par contusion du plexus sciatique (au moment de l'accouchement), les paralysies sans lésions des centres nerveux, avec ou sans convulsion, décrites par Fletwood Churchill, et enfin la mort subite, dont il faut admettre la possibilité.
A une époque plus avancée, on peut rattacher à l'accouchement : certaines inflammations chroniques des organes du bas-ventre, si les symptômes observés datent de l'époque de la parturition; des déviations utérines, et principalement la rétroversion, sans oublier que, chez certaines femmes, l'accouchement fait au contraire disparaître des déviations préexistantes; l'incontinence d'urine par le vagin, qui fait immédiatement soupçonner l'existence d'une fistule vésico-vaginale, facile à reconnaître par l'examen des organes, et qui se trouve ordinairement expliquée par le séjour trop prolongé de la tête de l'enfant dans l'excavation du bassin, au moment de l'accouchement. Des accouchements répétés ont quelquefois aussi expliqué le déplacement d'un rein, rcconnaissable à une tumeur molle et mobile dans le côté correspondant de l'abdomen; enfin, suivant quelques observateurs, certaines maladies chroniques, comme le carcinome utérin, sont généralement accélérées dans leur marche après l'accouchement.
B. — Lorsque la femme refuse d'avouer qu'elle a été mère, et que l'on soupçonne un accouchement antérieur plus ou moins ancien, le simple examen des parois abdominales vient ordinairement lever tous les doutes. Ces parois sont le plus souvent relâchées, ridées et le siège de cicatrices, d'éraillures sous forme de lignes blanchâtres, résultant de l'ancienne extension forcée de la peau du ventre. Le col utérin présente aussi, au toucher et par l'examen au spéculum, des signes manifestes d'une parturition antérieure, qui consistent en échancrures plus ou moins profondes (Voy. Utérus). Le vagin est mou, large, peu ridé.
Quoique l'élude des signes d'un accouchement plus récent soit le plus souvent du domaine de la médecine légale, il me parait utile de les rappeler succinctement. Ce sont : l'écoulement lochial, sanguin, séreux, puriforme ou muqueux, suivant son ancienneté; la tuméfaction et la contusion de la vulve; une déchirure plus ou moins profonde de la fourchette ou du périnée ; le globe
AGNÈS. 13
alérin, douloureux à la pression, faisant saillie à l'hypogastre; le col de l'utérus ^lumineux et son orifice béant ; et enfin la tuméfaction des mamelles, d'où Ton put faire écouler du colostrum ou du lait, même lorsque la tuméfaction a disparu.
ACÉTONE MIE. — Voy. Intoxications.
ACÉPHALOCYSTES. — Voy. Hydatides.
ACHOLI E . — Sous le nom (Yacholie, Frérichs a décrit une affection dont les symptômes auraient la plus grande ressemblance avec ceux de certaines atrophies du foie (ictère gravé); toutefois, dans l'acholie, l'ictère pourrait faire défaut. (Traité des maladies du foie, ch. v, 2- édit.).
AGHORION. — Voy. Parasites (Végétaux).
ACHROMIE . — Voy. Vitiligo.
ACIDITÉ, ALCALINITÉ. — Les réactions acide ou alcaline que présentent les liquides de l'économie ne sont pas sensiblement modifiées par les maladies, comme l'a fait observer Andral (Acad. des se, 1848). Toutefois, les urines, au lieu d'être acides, sont alcalines au moment de leur émission dans la néphrite chronique, la gravelle phosphatique, la myélite. La salive est acide •lins le muguet (peut-être après sa sécrétion), dans certains glycosuries, dans la dyspepsie dite acide ; tandis que les matières vomies peuvent être alcalines N ammoniacales dans la maladie de Bright avancée.
Le médecin utilise l'acidité ou l'alcalinité de certains réactifs comme moyens l'investigation diagnostique. C'est ainsi que Yacide azotique sert à précipiter i albumine de l'urine ou d'autres liquides de l'économie; que Yacide oxalique ht précipiter les sels urinaires ; que Y ammoniaque, en formant avec les globules pyoïdes une masse gélatineuse, décèle la présence du rus, et que la pot<use caustique est employée, soit comme réactif de la glycose, soit comme moyen de déceler la présence de l'ammoniaque dans la matière des vomissements ( Voy. Urémie).
ACNÉS. — En comprenant sous la dénomination commune d'acnés la plufvart des affections des follicules sébacés, on en a compliqué beaucoup le dia- -Tjostic. Pour l'exposer aussi simplement que possible, il faut avoir principalement en vue l'acné vulgaire, évidemment la plus commune, et en rapprocher les autres formes , quoique toutes ne soient pas pustuleuses comme elle. La- *<rne (Traité des angines, 18G8) a tout récemment donné une extension •tavelle aux acnés en admettant une angine acnèique dont il sera question à article pharyngite.
1» Eléments du diagnostic. — L'acné simple présente à considérer : des otites pustules rouges, dures, acuminoes, discrètes, occupant principalement e visage et le dos, et parfois mélangées de tannes ou de follicules acuminés , '■ •nt le pression fait sortir la matière sébacée ; des petites croûtes, parfois à >ine visibles, adhérentes au sommet des pustules et qui tombent sans laisser
cicatrices après elles; des taches d'un rouge violacé, plus ou moins persistâtes, et succédant aux pustules. Ces différents éléments peuvent se trouver >unis chez le même individu.
i> Inductions diagnostiques. — Lorsque l'acné se présente avec ces sii *s locaux, occupant le front, le visage ou la partie supérieure du dos, et qu'elle * remarque chez des jeunes gens ou chez des jeunes filles, il n'est pas vible de la méconnaître, ni de la confondre avec une autre affection cutanée.
♦-n est «le même de l'acné rosacée ou couperose. On rencontre cette dernière fine à Y âge adulte; elle a pour caractère local différentiel de l'acné simple
•ccuper exclusivement la partie centrale du visage, ou le nez seulement, et
ACNÉS.
d'offrir des pustules implantées sur un fond rouge plus ou moins enflammé, parfois variqueux; cette rougeur, à certains moments, peut constituer presque le seul signe apparent de la maladie.
Parmi les autres formes d'acné, les variétés dites indurée, ponctuée, hypertropiùque, cornée, ne diffèrent de la forme simple que par des caractères secondaires; mais il n'en est plus de même des acnés dites sébacée (Biett), varioliforme (Bazin), atrophique (Ghausit). On reconnaît l'acné sébacée : soit à une couciie huileuse de liquide sébacé enduisant la peau du visage ou une de ses parties, le cuir cbevelu ou toute l'étendue du tégument; soit à une couche squameuse ou croûte lamelleuse molle, d'abord peu adhérente, qui n'est que le produit sébacé solidifié, et sous laquelle la peau, rouge, animée, comme huileuse, montre à la loupe les ouvertures des canaux folliculeux dilatés et parfois obstrués. Ces croûtes lamelleuses deviennent noirâtres si elles sont anciennes, ce qui entraine à des erreurs singulières de diagnostic. — On a donné le nom d'acné varioliformc (Bazin), molluscoïde (Caillault), de molluscum contagiosum (Bateman), d'élevures f olliculeuses (Rayer), A'ecdermoptosis (Huguier), à des petites tumeurs contagieuses, globuleuses, du volume d'un grain de millet à celui d'un pois, distendues ou ridées, sessiles ou pédiculées, sans changement de couleur à la peau, ou rouges, ou comme demi-transparentes, et présentant, comme caractère essentiel, un point noir ou blanc, toujours visible à la loupe, et d'où la pression fait sortir, sous forme vermiculaire, la matière sébacée, qui montre au microscope des globules graisseux, des cellules d'épithélium et presque constamment, suivant A. Hardy {Leçons), des tubes ramifiés et des spores de cryptogame. Cet observateur avait cru d'abord voir dans ces spores l'explication de la contagion, mais il a reconnu plus tard que ce cryptogame se retrouvait souvent au milieu du sébum extrait d'un follicule à l'état normal (Nouveau Dict. de méd. et de chir. prat., I, p. 352). Les tumeurs de celle acné varioliforme sont isolées ou confluentes et se remarquent principalement au front, au visage et aux parties génitales, où leur ombilic empêche de les confondre avec des tubercules syphilitiques (Hardy). — Enfin l'acné atrophique, que Chausit a décrite, est une affection cutanée dont la plupart des signes se retrouvent dans le lupus érylhémateux (scrofulide), et dont elle ne me parait pas suffisamment se distinguer par Y état gras de la surface cutanée, par la présence des pertuis infundibuliformes des
follicules sébacés, par l'aspect piqueté, comme ponctué, des surfaces malades; car ces signes peuvent être une simple coïncidence (Arch. de méd., t. XI, 1858).
Dans l'acné ponctuée, les petits points noirs analogues à des grains de poudre sont le sommet libre d'un amas de matière sébacée contenue dans le follicule, et dans laquelle le microscope rencontre quelquefois l'acare de Simon de Berlin (demodex), fig. lre. On le trouve aussi dans les autres variétés
Fitj 1. — Demoticx. — A, I animal vu du vcnlrc. . , . , «
b, »on vostro i«oié. - c, ton œuf. a acné qui si rapprochent le plus de
l'état physiologique, selon Bazin.
Il résulte de ce qui précède que les acnés ont pour caractère commun la lésion des follicules, et pour caractères distinctifs les différences qui résultent de cette lésion elle-même, de l'étal des orifices folliculeux, de l'excrétion de la
• ACRODYNIE. 15
matière sébacée et de son aspect sous forme de liquide huileux ou de croûtes lamelleuses ou ponctuées. On peut tirer aussi parti pour le diagnostic de quelques données étiologiques : l'acné rosacée est assez souvent la conséquence d'excès alcooliques, d'une prédisposition héréditaire, ainsi que j'en ai constaté plusieurs exemples, et peut-être aussi de l'exposition habituelle du visage à des foyers incandescents ; Biett a observé plusieurs fois l'acné sébacée à la suite de couches. Mais ce sont là des éléments secondaires de diagnostic auprès des signes locaux, les seuls caractéristiques. Les acnés sont des affections chroniques. On rencontre rarement des faits d'acné simple aiguë, avec fièvre initiale intense, comme j'en ai observé un cas à l'Hôtel-Dieu ; dans cette condition, comme dans toutes les autres, les caractères de l'éruption peuvent seuls permettre de reconnaître la maladie.
3° Pronostic. — Le pronostic de l'acné varie suivant son espèce, suivant son ancienneté et aussi suivant la constitution de l'individu. L'acné rosacée est la plus rebelle et fait souvent le désespoir des personnes du sexe ; elle ne guérit que rarement. Les autres formes peuvent se guérir assez rapidement ou persister pendant un temps plus ou moins long ; mais jamais ce n'est une affection grave.
ACOtJMÈTRE. — Voy. Ol'ÏE.
ACRODYNIE. — Cette maladie singulière, qui se montra épidémiquementâ Paris de 18-28 à 4832, et plus tard en Belgique (1846) et en Crimée (1854), a été observée à l'état sporadique dans ces dernières années. On l'avait à tort alribuée en 1828 et 1829 à l'ergotisme convulsif, comme cela a été prouvé par les recherches les plus récentes. Le Roy de Méricourt, constatant la ressemblance de la trichinose et de l'acrodynie dans le mode d'invasion, la marche, la durée et les terminaisons, pense qu'il y a identité entre les deux mabàies (Bulletin de VAcad de mèd., 1865, et Gaz. hebdomadaire de mèd.).
Les phénomènes symptomatiques de l'acrodynie, qui est une affection apyrétique, se remarquent du côté de la peau, du tissu cellulaire sous-cutané, de l'appareil locomoteur ou vers'les organes digestifs. L'altération variable des sensations tactiles exagérées, diminuées ou abolies; des contractures, des crampes, et Y affaiblissement paralytique des mouvements ; la rougeur èrythèmateuse des pieds et des mains, des éruptions papuleuses, pustuleuses, et quelquefois une éruption vésiculeuse ressemblant au zona, des furoncles, des pblyctênes, des taches ecchymotiques de couleur cuivrée, ou une desquamation plus ou moins répétée produisant un amincissement extrême de l'épiderme ; des sueurs aux extrémités avec œdème constaté dans les deux tiers des faits par Genest (1829), œdème le plus souvent partiel, mais quelquefois général; de plus la coloration brune et même noirâtre de la peau dans diverses parties du corps, et notamment à l'abdomen, au cou, à la poitrine et au niveau des plis des articulations ; enfin une conjonctivite fréquente et des troubles digestifs assez ordinaires pour avoir été considérés comme fondamentaux : tel est l'ensemble des données symptomatiques du diagnostic. Si j'ajoute que l'évolution de ces phénomènes a été trop variable pour qu'on en pût tracer un tableau régulier, en raison de l'irrégularité de leur succession et de la prédominance de tel symptôme plutôt que de tel autre, on concevra combien il serait difficile, hors le cas d'une épidémie avérée, de ne pas méconnaître la maladie.
Chaque signe prédominant, en effet, peutétre interprété dans la supposition d'une autre maladie. Les fourmillements, l'anesthésie ou l'hyperestésie, et la paralysie musculaire incomplète des membres, pourraient faire croire à une lésion de la m elle épinière; et, s'il s'y joignait accessoirement delà contracture ou des cette coïncidence ne serait pas faite pour éloigner cette idée. La prédo-
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10 ADÉNITE, ADÉNOPATHIES.
minancedes contractions spasmodiques ferait penser à la contracture idiopathiquc; \es éruptions érythémaleuses avec desquamation des extrémités supérieures, à la pellagre; les phénomènes nerveux et paralytiques avec la diarrhée, à Vergotisme convulsif, avec lequel l'acrodynie a beaucoup de ressemblance; l'anasarque, à une maladie de Bright ; et enfin la coloration noirâtre de la peau du cou et des articulations, à une maladie d'Addison (?).
Je n'insiste pas davantage sur le diagnostic de l'acrodynie qui, en général, n'a pas de gravité.
ADDISON (Maladie d'). — Voy. Bronzée (Peau ou maladie).
ADÉNIE. — Voy. Cachexie (lymphatique).
ADÉNITE, ADÉNOPATHIES. — Les recherches histologiques et physiologiques modernes ont profondément modifié l'état, de la science au sujet des ganglions lymphatiques. Toutefois, au point de vue du développement de ces ganglions que l'on a dénommé adénite, adénopathie, les idées nouvelles ne sauraient empêcher d'en faire l'étude diagnostique comme auparavant. Je renvoie au mot Cachexies l'étude de la maladie désignée par Trousseau sous la dénomination insuffisante d'adénie.
Appliquée aux affections que l'on constate au niveau des ganglions lymphatiques, l'expression A'adénopathies est préférable à celle d'adénites, qui exprime seulement les lésions inflammatoires. Caractérisées toujours par le développement des ganglions, les adénopathies sont des tumeurs aiguës ou chroniques que l'on peut seulement constater dans les régions où les ganglions lymphatiques sont ou deviennent accessibles à l'exploration : principalement à la tête, au cou, aux aisselles, aux régions inguino-crurales et, plus rarement, sur les autres parties du tronc ou sur les membres. Or, comme les ganglions, dans ces régions diverses, sont les aboutissants des lymphatiques de parties du corps bien déterminées, il est nécessaire d'avoir bien présentes à l'esprit ces connexions anatomiques, afin de pouvoir facilement, un ganglion étant donné, explorer les parties d'où parlent ses lymphatiques d'origine, ou bien aller au contraire d'une région aux ganglions qui lui correspondent.
1° Caractères. — Les adénopathies, aiguës ou chroniques, constituent des engorgements plus ou moins volumineux d'un ou de plusieurs ganglions lymphatiques, qui sont indolents, ou le siège d'une douleur sensible, surtout à la pression, et qui forment des tumeurs dures, superficielles ou profondes, tantôt mobiles et isolées et tantôt en masses inégales, bosselées, offrant dans les deux cas des saillies arrondies sur lesquelles glisse ordinairemeut la peau, à moins que l'inflammation, devenue péri-glandulaire, n'en ait provoqué l'adhérence à la tumeur. Parfois il survient de la suppuration dans le tissu conjonctif péri-glandulaire, ou dans la glande lymphatique elle-même. On sait que les plaies qui succèdent à ces abcès sont très-lentes h se cicatriser.
Les adénopathies forment des tumeurs visibles à l'extérieur, et parfois même d'un excessif volume au niveau des aisselles ou des aines, où l'on a vu les ganglions hypertrophiés acquérir la grosseur de la tête d'un enfant, dans des conditions dont il sera question tout à l'heure. Le plus souvent le volume des ganglions est bien moindre, et, quelquefois même, il faut une certaine attention pour constater à la pal pat ion des engorgements ganglionnaires multiples qui pourraient échapper à l'exploration en raison de leur petit volume. Il y a plus : ce n'est que par des accidents indirects que l'on peut quelquefois soupçonner l'existence des tumeurs ganglionnaires qui ne peuvent être directement explorées. C'est ce qui arrive lorsque des glanglions profonds, intriqués dans les nerfs qu'ils compriment en se développant, produisent des paralysies, comme celle de
ADÉNITE , ADÉNOPATHTES. 17
la portion extra-crânienne du nerf facial dans la syphilis constitutionnelle. Vautres accidents plus communs, surtout chez les enfants, sont ceux que détermine le développement des ganglions bronchiques produit par l'affection tuberculeuse ou par toute autre cause (Voy. Bronchiques [Ganglions].
Les tumeurs ganglionnaires ont donné lieu à des erreurs de diagnostic contre lesquelles il faut être en garde. On a pris pour des exostoses de simples adé- Mpathies sous-occipitales, à cause de leur position immédiate sur l'os. Une tumeur glandulaire de l'aine, un peu élastique en raison d'un foyer purulent qui existait à son centre , et avec laquelle coïncidaient une constipation opi niâtre et des vomissements de matières stercorales dus sans doute à un engouement stercoral , fut prise pour une hernie étranglée (Macilwain , Surgical *h?erv., 1830).
2* Conditions pathologiques. — A l'exception des causes traumatiques agissant sur les ganglions eux-mêmes , comme le froissement du col d'uniforme diez les soldats (Larrey, Mèm. del'Acad. de mèd., t. XVI), les lésions locales qui donnent lieu à la production des adénopathies sont, suivant Velpeau , à qui l »»n doit d'avoir insisté sur l'importance des lésions locales comme causes d'adénite, les angioleucites et toute inflammation superficielle de la peau, toute l-Liie ou excoriation, toute éruption locale, et même les luxations et les fractares, dans la zone anatomique des lymphatiques qui aboutissent aux ganglions fnjrorgés {Arch. de mèd., 1836, t. X).
Certaines maladies générales ou constitutionnelles déterminent des adénites "U des adénopathies qui tantôt dépendent de lésions localisées de ces maladies Générales, comme des lésions cancéreuses, scrofuleuses , diph théri tiques , et qui taniiM sont sous la dépendance de la maladie générale elle-même. Parmi ces dernières, je dois citer : la tuberculisation (carreau , adénopathie tuberculeuse ie> ganglions bronchiques) , la syphilis constitutionnelle (adénopathies syphiiitiqu€»s indolentes des aines , de l'aisselle , et surtout celles en chapelet à la partie postérieure et latérale du cou) , le cancer , se généralisant dans les gansions eux-mêmes (Bouillaud, Arch. de mèd., 1824 ; Broca, Soc. anat., 1850),
nfin la cachexie, appelée improprement leucocythémie iymphatique , donnant i*u à une hypertrophie spéciale parfois monstrueuse de la généralité des gansons lymphatiques (Voy. Cachexies).
3* Signification. — Les adénites ou les adénopathies sont assez souvent des tonnées séméiologiques qui servent de point de départ [au diagnostic, lorsqu'on ^ constate de prime abord , à la simple vue ou à la palpation. D'autres fois , Hles sont recherchées comme données complémentaires du diagnostic déjà établi "U encore incertain; c'est ce qui arrive, par exemple, s'il existe une des lésions «lérieures qui peuvent donner lieu à l'adénite, s'il existe une angioleucite , si l'on constate une manifestation scrofuleuse d'une autre espèce que l'engorgement ganglionnaire, si enfin on soupçonne l'existence d'une syphilis consti- -Hionnelle.
Quelle que soit la voie par laquelle on est arrivé à constater l'adénopathie , le ;< int capital est de remonter à son origine, c'est-à-dire d'établir si elle a pour point de départ une lésion simplement locale ou l'une des affections générales irécédemment rappelées. Velpeau a fait observer que l'origine locale de l'adéno- •athie n'était pas toujours facile à déterminer; il arrive, en effet, que la tuméivtion ganglionnaire persiste après la disparition de la lésion qui en a été l'ori- ?ine. Si l'on songe alors à remonter aux commémoratifo, ;on arrive le plus durent à déterminer cette cause, à moins que la lé^ ait été trop légère pour /'attention ou qu'un long, un très-long intervalle se soit écoulé entre le
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début et le moment de l'observation. Lorsque le dérangement morbide existe encore , son siège dans l'épaisseur ou la profondeur des tissus ou son peu d'importance empêchent aussi quelquefois de le trouver. Il ne faut pas oublier non plus que l'on a admis des adénites idiopatbiques , comme celles de l'aine dues à une marche forcée, et celles du cou signalées par H. Larrey. C'est principalement au niveau de l'aine que les adénites locales ont parfois une origine obscure, et qu'il est important de décider si l'on a ou non affaire à un BUBON.
On voit que la détermination de l'origine réelle des adénopathies peut présenter des difficultés. Or, en pareil cas, la généralisation ou la localisation des engorgements ganglionnaires dans des régions accessibles à nos moyens d'exploration est une condition qui peut avoir son utilité, tomme cela ressort de l'exposé des conditions pathologiques des adénopathies.
Une distinction bien nécessaire à établir entre les lésions cutanées qui peuvent ou non produire des adénites est celle qui coucerne les syphilides et les affections cutanées vulgaires. Ricord professe que les syphilides ne donnent jamais lieu à des adénopathies comme les maladies cutanées vulgaires, ce qui serait un caractère différentiel très-utile dans beaucoup de circonstances. Salneuve, qui a traité ce sujet avec soin dans sa thèse (1852), rappelle que l'eczéma, la gale, l'impétigo, le prurigo et le lichen aigu donnent lieu le plus souvent à la production d'adénites, et que l'on peut utiliser cette donnée en l'appliquant au diagnostic. Pour lui, un eczéma des parties génitales , qui a ordinairement une teinte brune, cuivrée, qui le fait prendre pour une syphilide, devra être considéré comme vulgaire si les ganglions de l'aine sont engorgés, et comme une syphilide s'ils ne le sont pas. Lorsqu'il existe en môme temps une éruption cutanée de nature douteuse et une véritable syphilide, l'état différent des ganglions correspondants, ici sans altération et là manifestement engorgés, servirait , suivant le même observateur, à déterminer la nature différente des deux éruptions. Cependant, pour qu'il en fût ainsi, il faudrait que le principe dislinctif fût absolu de part et d'autre ; que les éruptions vulgaires fussent dans tous les cas accompagnées d'adénopathies, et que les syphilides ne le fussent jamais, ce qui ne me parait pas suffisamment établi , du moins en ce qui concerne les éruptions vulgaires.
ADHÉRENCES. — L'étude diagnostique des adhérences des séreuses présente assez d'intérêt pour motiver cet article. Elles méritent, en effet, une attention particulière, soit en raison des modifications qu'elles apportent dans les symptômes actuels de la maladie qui en est l'origine, soit pour les phénomènes consécutifs qu'elles peuvent occasionner.
À. — La formation des adhérences se rattache intimement à l'inflammation des membranes séreuses dont elles sont toujours la conséquence. Les surfaces opposées de la séreuse se recouvrent de deux pseudo-membranes vascclarisées qui s'unissent entre elles par leur tissu lamineux et par les anastomoses de leurs vaisseaux. Tantôt on peut prévoir leur formation au bruit de fkottkment que fait percevoir l'auscultation, et tantôt elles s'organisent d'une manière latente au niveau d'une lésion locale , par suite d'une inflammation adhésive que l'on ne saurait que soupçonner, et non constater pendant la vie.
Ces adhérences latentes impriment assez souvent une physionomie insolite à des maladies thoraciques ou abdominales. D'abord elles s'opposent à des perforations inlra-séreuses toujours redoutables; ensuite elles permettent à des collections purulentes ou à des kystes d'aller s'ouvrir dans une voie naturelle, audelà des séreuses conliguës. Dans ce dernier cas, la rupture elle-même devient un signe des adhérences, si la lésion qui est le point de départ de cet accident,