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Foie

Le cancer du foie, qui a été l'objet de travaux importants dus à Amiral, Hevfelder, Cruveilhier, Monneret, Frérichs, est presque toujours consécutif à relui de l'estomac; aussi les troubles gastriques que l'on a signalés au début du cancer hépatique paraissent devoir être rapportés au cancer de l'estomac.

Les signes sur lesquels on se fonde pour diagnostiquer le cancer du foie senties siiivants.il y a d'abord augmentation de volume de l'organe, qui produit parfois une voussure de l'hypochondre droit en arrière (Monneret, Arclt. de méd.j 18r>.r>, t. V); le foie déborde les côtes au point d'envahir quelquefois l'ahdornen jusqu'à l'ombilic, jusqu'à l'os des îles, et d'occuper l'hyporhondre gauche, remontant vers la poitrine jusqu'au mamelon et même au-dessus. On obtient, par la percussion, un «on mat avec résistance dans toute cette étendue, et la palpation au niveau du ventre constate à la surface de l'organe des inégalités dures, bosselées, parfois douloureuses, et provenant des tumeurs qu'il contient. A ces signes se joignent : des douleurs dans l'hyporhondre droit , tantôt sourdes, tantôt lancinantes , s'irradiant jusque vers l'épaule ou le bras droits, augmentant par la pression; un ictère ou une ascite, qui sont loin d'être constants; de la dj/spepsie, de la constipation; de la diarrhée vers la (in ; et, comme hémorrhagies, des pétèchies, des épistaxis ]mt abondantes , et Yhématémèse. La marche de la maladie, ordinairement . fhronique, présente quelquefois cette particularité qu'elle paraît être aiguë et très-rapide (Monneret), sans doute parce que l'affection était restée latente jusque-là.

On voit que les éléments principaux du diagnostic local devront être cherthés dans l'augmentation de volume du foie et dans des inégalités ou tumeurs irrégulières faisant saillie à sa surface. Frérichs insiste particulièrement sur ces inégalités comme sur un des signes les plus importants. Mais ces deux signes ne sont pas toujours parfaitement accusés, soit parce que l'affection n'est pas encore suffisamment développée, soit parce qu'une ascite concomitante nuit à sa recherche, soit enfin parce que l'on rencontre les mêmes particularités avec d'autres lésions du foie pouvant en imposer pour un cancer. Monneret a insisté ?ur des exaœrbations survenant le soir ou la nuit, comme pouvant confirmer le diagnostic : les douleurs deviennent alors plus vives, il y a de l'anxiété, de la dyspnée, de la fièvre, des sueurs, de la céphalalgie, de légères épistaxis.

Parmi les lésions du foie, l'hypertrophie simple, l'hépatite chronique, simple on syphilitique, et les hydatides, sont celles qu'il est le plus facile de confondre avec le cancer du foie, les deux premières surtout, caries hydatides produisent une tumeur globuleuse mieux circonscrite et ne donnant lieu à aucun dépéris- \\ oillez. — Dit t. de Diag. 2« édit.

178 CANCER. — Pancréas, péritoine, reins.

sèment cachectique. Suivant Frériehs, il faut aussi comprendre dans le diagnostic différentiel le cancer de l'épiplûon, celui de l'estomac, celui du rein droit, et la tumeur résultant d'une accumulation de matières fécales dans le côlon transverse (Traité des mal. du foie, chap. xm). En définitive, il n'est possible de se prononcer que dans les cas où le cancer présente l'ensemble des caractères généraux et locaux précédemment rappelés.

On doit considérer comme exceptionnels les faits cités dans lesquels le foie n'acquiert pas de dimensions considérables avant d'occasionner la mort [S. Cruveilhier, Amiral). Ces exceptions , lorsqu'on les rencontre, ne sauraient être diagnostiquées pendant la vie. On a vu aussi l'ascile due au cancer du foie disparaître complètement pendant un temps très-long, quinze mois, pour reparaître plus tard {Compend. de mcd.); mais celle disparition de l'épanehement, loin de nuire au diagnostic, ne pourrait que faciliter l'exploration du foie.

J. Pancréas.

La lésion cancéreuse du pancréas est rarement isolée de manière a donner lieu à des signes particuliers, et c'est surtout an cancer de l'estomac qu'elle se trouve réunie. Dans quelques cas, on a pu cependant l'observer sans complication voisine, du moins avant son extension au-delà du pancréas, et alors on a noté les symptômes suivants : douleurs plus ou moins vives ; expulsion par la bouche de matières filantes, comme salivaires , parfois salivation remarquable par son abondance (Battersby); alternatives de constipation et de diar<* rhèe d'un liquide analogue; sellés graisseuses (Bright, Gould) qu'on a expliquées par le défaut d'êmulsion des corps gras par le suc pancréatique (CL Bernard); enfin, un peu au-dessus de l'ombilic, tumeur épigastrique, mate à la percussion , soulevée par les battements de l'aorte ventrale , et pouvant faire croire par conséquent à un anévrysme. — De plus, on peut observer les conséquences de la compression de la tumeur exercée sur les organes voisins, et d'où résultent : sur le conduit pancréatique, l'énorme distension du pancréas; sur les canaux biliaires, Y ictère et la rétention de la bile; sur le pylore, les symptômes du ca)icer stomacal; sur l'aorte, des troubles circulatoires presque entièrement semblables à ceux de Yanccrysme (Amiral); et enfin, sur la veine porte, Yascite.

Celte simple énumération de signes qui ne se trouvent jamais réunis, et celte série d'accidents de compression, qu'il est très-rare de rencontrer aussi tranchés, joints à la rareté du cancer du pancréas indépendant de celui de l'eslomac, démontrent combien il doit être difficile au praticien de diagnostiquer l'affection. 11 est inévitable, en effet, qu'on la rapporte au cancer gastrique, dans la plupart des eas.

K. Péritoine»

Le plus ordinairement, la lésion cancéreuse n'atteint le péritoine ou ses replis mésenlériques que secondairement à d'autres Cancers abdominaux, et d'une manière limitée, sans susciter aucun signe bien important à constater en dehors de ceux de la lésion principale. Il peut arriver néanmoins, ainsi que nous en avons rencontre un exemple, que le mésentère soit atteint dans une telle étendue, qu'il produise, à la palpalion du ventre, des masses de tumeurs dures, marronnées, inégales, qu'on ne pourrait, avec l'ensemble des symptômes généraux de dépérissement cachectique, rapporter qu'à une affection cancéreuse.

Cependant de pareils faits sont très-rares ; et il nous paraît qu'on- abuse de la facilité que l'on met à diagnostiquer des tumeurs cancéreuses du mésentère, Lorsque l'on constate des tumeurs abdominales d'un diagnostic difficile.

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