CATALEPSIE
des membres inférieurs, ascite peu considérable, et surtout dilatation des veines superficielles du ventre.
Inductions diagnostiques. — La présente des tumeurs constatées par la palpation dans la région ombilicale, et les accidents de compression, constituent, avec làge (les sujets, les bases du diagnostic. Barthez et Rilliet attachent une grande importance a la dilatation des veines de l'abdomen lorsqu'elles s'étendent en rameaux flexueux jusqu'à la poitrine, s'il n'existe pas de tuméfaction morbide du foie ou des signes de péritonite chronique. A une époque où l on soupçonnait l'existence du carreau chez tous les enfants qui présentaient nn ventre volumineux, on a nécessairement commis bien des erreurs de diagnostic, et admis souvent l'existence de la maladie alors qu'elle n'existait pas. On sait aujourd'hui que la tuméfaction de l'abdomen n'est pas constante dans la phthisie mésentérique, et que la même tuméfaction peut se rencontrer dans beaucoup d'autres circonstances; il est inutile de les rappeler, attendu que la valeur de ce signe dans l'affection qui m'occupe est très-secondaire.
Des tumeurs abdominales autres que des ganglions tuberculeux pourraient induire en erreur, et faire croire à l'existence du carreau lorsqu'il n'existe pas. Telles sont les matières fécales accumulées dans quelques points de l'intestin (engouement intestinal), mais dont le siège vers le flanc ou la fosse iliaque gauches, et la disparition sous l'influence d'un purgatif, sont assez caractéristiques. Telles 6ont encore les tumeurs tuberculeuses développées dans Tépiploon et au voisinage de l'ombilic, qui ne peuvent d'ailleurs donner lieu A une méprise fondamentale. Quant aux tumeurs non tuberculeuses du foie, de la rate, du pancréas, il faudrait examiner bien superficiellement l'enfant pour les considérer comme des ganglions tuberculeux.
On ne doit pas oublier qu'il peut survenir, comme complications : une véritable péritonite aiguë due à la présence des tumeurs tuberculeuses des ganglions, ou un étranglement intestinal par des brides d'adhérences qui se sont formées dans le péritoine (Guersanl).
> Pronostic. — Le pronostic de la phthisie mésentérique est subordonné à relui de l'état général, et les accidents locaux qui en dépendent sont bien loin 'l'offrir la gravité de ceux que déterminent les tubercules des ganglions bronchiques ou ceux développés dans le péritoine. Plusieurs auteurs pensent même que les tubercules des ganglions mésentériques peuvent guérir, s'appuyant sur le fait de leur transformation crétacée, qui a été plusieurs fois bien constatée.
CATAIRE (Frémissement). — Voy. ce dernier mot.
CATALEPSIE. — i° Eléments du diagnostic. — Cette névrose, a laquelle Bourdin (1811) et T. Puel (Mèm. del'Acad. de médecine, Paris, 1850, t. XX) ont consacré des traités spéciaux, est caractérisée par des accès survenant irrégulièrement et pendant lesquels l'intelligence et les fonctions sensoriales sont tout d'abord abolies, dans la plupart des cas, en môme temps que les muscles de la vie de relation restent dans le degré de contraction dans lequel les a surpris l'accès, quelque pénible ou bizarre que soit la position. On peut forcer l'extension des muscles du malade, mais alors ils conservent la nouvelle position qu'on leur donne ; cependant il survient assez souvent et peu à peu de légers mouvements involontaires et des oscillations qui font revenir le membre ou le tronc jusqu'à un point d'appui. En même temps, la mastication est impossible, sauf dans des cas rares ou les malades mangent avec avidité ce qu'on leur met dans la bouche (Bourdin); la température des extrémités est sensiblement abaissée, la circulation lente et faible, de même que la respiration; le pouls est d'ailleurs normal,
484 CAVERNEUX (Phénomènes).
2° Inductions diagnostique*. — L'immobilisation des contractions musculaires, survenant par accès plus ou moins prolongés, est le signe pathognomouique de la catalepsie, dont la constatation n'oflre aucune difficulté. Parmi les questions complémentaires du diagnostic, la plus importante est celle de déterminer si la catalepsie est primitive ou secondaire. Cette dernière forme a été observée, en effet, dans un assez grand nombre de maladies : dans divers genres de folie, dans Yhystêrie, le tétanos, les fièvres intermittentes, et dans certaines maladies aiguës, telles que des affections cérébrales et la fièvre typhoïde. On a rapporté également des faits très-probants de catalepsie vermineuse (Davaine, Traité des entozoaires, p. 5i). J'ai observé une catalepsie chez une jeune fille hystérique, atteinte de choléra èpidèmique, et chez laquelle la catalepsie sembla avoir été provoquée par les crampes cholériques (Annales nièd.-psych., 2,! sér., t. III). Enfin le docteur Vogt (de Wurzbonrg) a signalé la catalepsie comme endémique et héréditaire dans le village de Billingshausen, où la moitié de la population en aurait été atteinte, sans que la cause ait pu être déterminée.
:J° Le pronostic de la catalepsie ne doit être formulé comme inquiétant que dans les cas de complications, et lorsque la catalepsie se transforme en une autre névrose plus grave, comme Yèpilepsie. V hystérie , des convulsions caractérisent aussi cette transformation. En général, le pronostic est peu grave. On a vu l'apparition du flux menstruel enrayer complètement la maladie.
CATARRHE. — On ne voit nullement la nécessité de conserver l'expression de catarrhe ou de maladies catarrhales dans la pathologie, si ce n'est comme expression d'un phénomène d'hypersécrétion accidentelle des muqueuses. Cette hypersécrétion constitue simplement un symptôme ou signe ordinairement lié à l'inflammation aiguë ou chronique des muqueuses, à des flux sans inflammation, quelquefois à la simple congestion des muqueuses. Les phénomènes aigus du catarrhe sont principalement observés dans la grippe, dans la rougeole à son début, et dans plusieurs autres maladies fébriles.
CATHÉTÉRISME. — A défaut d'autre expression plus convenable, on doit appliquer celle de cathétérisme à l'introduction, faite dans des buts divers, de tiges solides, pleines (stylets) ou creuses (sondes ou bougies) dans des conduits naturels ou accidentels. Ainsi envisagé, le cathétérisme est utile au diagnostic médical, comme un moyen d'exploration des fosses nasales, du larynx, de Y œsophage, de la vessie, de la cavité utérine, et enfin des plaies fistuleuses communiquant avec les viesères (Voy. Déviations utérines, Fistules, Larynx, Œsophage, elc).
CAVERNEUX (Phénomènes).
1° Caractères. — Le bruit respiratoire caverneux est un souffle inspiratoire et expiratoire que peut remplacer un raie à grosses bulles, appelé gargouillement, lorsque la cavité dans laquelle se passe le phénomène acoustique est . obstruée par des liquides. La résonnance caverneuse de la voix et de la toux semble, comme le souffle caverneux, se passer dans des cavités pulmonaires moins vastes que pour les bruits dits amphoriques, et plus vastes au contraire que pour les bruits dits bronchiques. On ne saurait donner une définition pins précise de ces sensations acoustiques. C'est ce qui fait que Skoda, se fondant sur ce que, de la respiration soufflante la plus faible au souffle amphorique le mieux caractérisé, il existe des nuances intermédiaires infinies qui s'enchaînent insensiblement les unes avec les autres, a nié l'existence du souffle et des autres bruits caverneux, attribués à la présence des cavernes. Cette manière de voir