COLIQUES. — COLIQUE HÉPATIQUE
Inductions diagnostiques. — La douleur vive, les vomissements, l'ictère avec absence de fièvre, sont les principaux signes de la colique hépatique ; mais l'ictère peut manquer si l'accès est court et suivi du passage du calcul dans l'intestin, ou bien si le calcul occupe le canal cystique, les conduits hépatique et cholédoque restant libres pour le passage de la bile. Dans ces derniers cas, il en est de môme de la décoloration des selles, qui n'a pas lieu non plus. Aucun symptôme pris à part n'est d'ailleurs pathoguomonique, pas plus la distension gazeuse de l'estomac, signalée comme caractère essentiel de la colique hépatique par Starck, que tout autre.
11 n'y a pas de données écologiques assez spéciales pour éclairer le diagnostic, quoique l'on sache que les calculs (cause la plus ordinaire de la colique hépatique) se remarquent principalement à une époque assez avancée de la vie, et peut-être de préférence chez les hommes sédentaires.
Certains commémoratifs ont au contraire une grande importance : ce sont des coliques antérieures, manifestement hépatiques par l'ictère concomitant et l'expulsion de calculs par les selles. — L'évolution des accidents peut aussi éclairer le praticien, car la colique hépatique est caractérisée rarement par un seul accès ; ordinairement une attaque est constituée par plusieurs accès de douleur qui se répètent à des intervalles plus ou moins rapprochés ; un intervalle plus ou moins long, de dix années, par exemple, ainsi que je l'ai observé (Votj. CholÉCTSTITE), peut exister entre les attaques. La cessation brusque de la colique, suivie d'un état de bien-être manifeste, doit foire penser que le calcul est tombé dans l'intestin, et il est important de faire dès lors rechercher si les matières fécales rendues, à partir de ce moment jusqu'à plusieurs jours de là, ne renferment pas la concrétion biliaire ; on devra le supposer dès que les matières fécales, jusque-là décolorées, deviendront liquides et bilieuses dès que les douleurs auront cessé.
La colique hépatique peut être confondue avec les autres coliques ou avec d'autres affections, surtout dans les cas où l'ictère et la décoloration des selles fout défaut. - - La colique néphrétique, lorsqu'elle occupe le côté droit, pourrait ainsi être prise pour une colique hépatique dans laquelle il y aurait irradiation de la douleur le long de l'uretère droit. Mais, d'un autre coté, on aura, comme motifs pour admettre la colique néphrétique, l'émission antérieure de graviers plus ou moins volumineux par les urines, ayant coïncidé avec des douleurs lombaires, et parfois avec une légère hématurie, la rétraction du testicule et enfin l'existence de la fièvre, qui manquent dans la colique hépatique. — La colique saturnine, par l'absence d'un ictère évident, et surtout par la connaissance de la profession du malade, qui l'expose à absorber des sels de plomb, ne pourra être prise pour une colique hépatique sans une inattention grossière.
— Suivant .1. Frank, Y empoisonnement par les poisons minéraux se distingue de la colique hépatique par la continuité et l'abondance des vomissements, la douleur générale du ventre, la présence du poison dans les matières évacuées et par la simultanéité des accidents chez ceux qui ont mangé avec les malades.
— Certaines occlusions intestinales, celles qui ont lieu sans tumeur appréciable, pourraient aussi faire croire à la même colique, d'autant mieux que la distension gazeuse de l'estomac signalée par Starck dans la colique hépatique pourrait simuler le ballonnement du ventre qui accompagne l'occlusion de l'intestin. Mais, dans ce dernier cas, ce ballonnement est ordinairement trop étendu et trop prononcé pour qu'il puisse être attribué à la distension stoma cale ; et d'ailleurs il faut supposer, pour toinher dans Terreur, que l'ictère ou les vomissements slercoraux font défaut : or, cela est rare pour l'ictère dans la
Woillez. — Dict. de Dingn. 2« edit. 1 *