COLIQUES. — COLIQUE NI.I'IIIIÉTIQUE
colique hépatique, et pour les vomissements stereoraux dans l'occlusion intestinale. — La péritonite par perforation s'éloigne de la colique hépatique par des signes assez tranchés : par la douleur de ventre générale et habituellement excessive au moindre contact, par la lièvre, par la continuité et l'aggravation rapide des accidents, et enfin par l'absence de l'ictère.
La colique hépatique est si rarement le résultat de l'obstruction des canaux biliaires par une autre cause que les calculs, par des ascarides, par exemple, que l'on doit toujours songer à l'existence des calculs. On ne pourrait, eu effet, que soupçonner la pénétration d'ascarides de l'intestin dans les canaux biliaires, en cas de colique hépatique, si l'individu atteint avait récemment expulsé de ces entozoaires, avant l'accès de colique, ou plutôt immédiatement après la cessation des accidents douloureux, comme l'a vu le docteur Schloss (Donlils, Arch. de ntéd.y 18,r>8, t. XI). Mais, dans les faits si rares de cette espèce, la cause de la colique ne serait jamais que supposée, car rien ne peut démontrer qu'alors il n'y ail pas simultanément des calculs dans les voies biliaires et des ascarides dans l'intestin.
Quoi qu'il en soit, la colique hépatique étant admise, il est possible, jusqu'à un certain point, de préciser le siège, dans les voies biliaires, de l'obstacle qui la produit.
Si le calcul occupe le vanal hépatique, a-t-on dit, il y a tout d'abord ictère, douleur violente au rebord des fausses côtes droites, vomissements et, dans certains cas, péritonite suraiguë si le canal se rompt et laisse tomber le calcul dans le péritoine. — Lorsque le calcul est passé de la vésicule dans le canal cystiqite, la bile continuant à (luer dans l'intestin par les canaux hépatique et cholédoque restés libres, il peut n'y avoir ni ictère ni décoloration des matières fécales; mais on peut constater la rétention de la bile dans la vésicule, d'où résulte la distension de ce réservoir, sensible à la palpation et à la percussion {Voy. Kktk.ntio.n [de la bile). — Enfin, si le calcul occupe le canal cholédoque, on observe les signes les plus complets de la colique hépatique; aussi n'ai-je pas à insister sur ce point.
Les attaques de colique hépatique sont parfois accompagnées ou suivies de complications diverses. Ces complications contribuent, dans certains cas, à éclairer le diagnostic de l'attaque, et réciproquement. Il me suffira de rappeler la cfwlécystiie, la rétention de la bile dans la^vésicule, Y hépatite aigué ou chronique, la péritonite par rupture des voies biliaires, et, comme phénomènes dus au passage du calcul dans l'intestin, sa pénétration dans l'appendice iléocu'cal qu'il peut perforer (péritonite suraiguë), et Y occlusion intestinale par un gros calcul ou de nombreuses concrétions biliaires accumulées.
A la suite de la colique hépatique, il peut persister une douleur locale sourde qui tient à des causes différentes, mais surtout à la présence, dans les voies biliaires, d'autres calculs que celui qui a occasionné les accidents récemment observés. De l'arrêt du calcul dans le canal qu'il a parcouru peuvent résulter des attaques de colique hépatique très-prolongées, des dérangements continuels des fonctions digestives, de la tristesse, et un dépérissement prononcé. Ces particularités doivent être présentes à l'esprit de l'observateur.
,1» Pronostic. — Le pronostic de la colique hépatique est le plus souvent favorable, à moins de complications.
II. Colique néphrétique. — La colique néphrétique est produite par la présence d'un corps étranger à l'origine ou dans le trajet de l'uretère qu'il distend.
1° Éléments du diagnostic. — Le caractère symploinatique principal de la
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colique néphrétique consiste en une douleur devenant plus ou moins rapidemont aiguë, pongitwe, avec des battements et des élancements dans la région occupée par un des reins ou par les deux. Cette douleur se prolonge, suivant le trajet de l'uretère, jusque dans la vessie, dans Vaine, dans la cuisse correspondante qui est comme engourdie, quelquefois raide ou tremblante, et, chez l'homme, jusqu'au lestictde, qui est rétracté douloureusement vers l'anneau. Les grands mouvements du diaphragme, l'éternument et, dans la plupart des cas, la pression exercée sur la région rénale exaspèrent la douleur, qui est souvent déchirante, provoque des gémissements, et produit une anxiété et une agitation extrêmes. Il y a parfois auurie complète, et, le plus ordinairement, âysurie avec ténesme, et émission d1 'urine tantôt rare, rouge, épaisse, sanguinolente, tantôt claire, aqueuse, abondante, parfois contenant des graviers ou du pus (lorsqu'il y a pyélite). Il survient aussi du hoquet, des nausées, des vomi- Utritions ou des vomissements, et un ensemble de signes plus ou moins graves qui peuvent résulter de la violence de la douleur.
2° Inductions diagnostiques. — La violence de la douleur, son invasion brusque, son siège, son extension à la vessie, h la cuisse correspondante, et la rétraction du testicule du môme côté, font de cette douleur seule, lorsqu'elle présente l'ensemble des caractères que je viens de rappeler, un signejpathognomonique de la colique néphrétique. Malheureusement elle ne se présente pas toujours avec un ensemble aussi complet, et alors il faut attacher plus d'importance aux autres éléments du diagnostic.
Les eoinmémoratifs ont une grande valeur lorsqu'ils apprennent que le malade a rendu précédemment des graviers avec les urines, des vers rénaux (acéphaloojstes, strongle géant), et s'il y a eu récemment une hématurie assez abondante pour que des caillots en viennent à distendre l'uretère dans leur migration vers la vessie. On devra aussi s'enquérir des causes occasionnelles qui peuvent avoir provoqué la colique néphrétique, due le plus souvent au déplacement d'un ralrul par un effort, un mouvement brusque, par le cahot d'une voiture :
circonstances dont la connaissance vient corroborer le diagnostic porté. La
mardis rapide des accidents observés, leur intermittence, leur courte durée, ijui peut être de quelques heures, et rarement de plus d'un ou de deux jours, leur cessation brusque assez souvent , sont encore des éléments de diagnostic dont il faut tenir compte.
J'ai indiqué plus haut, à propos de la colique hépatique, avec laquelle on pouvait quelquefois confondre la colique néphrétique, les caractères différentiels de ces deux états pathologiques. Il ne me paraît pas utile d'indiquer lf-s différences symptotnatiques qui existent entre la néphrite et la colique néphrétique, vu les caractères tranchés qui séparent ces deux affections.
Une fois la colique néphrétique reconnue, il faut encore déterminer sa cause auatoniique, son siège, et les complications qui peuvent exister.
Quant à la cause anatomique, elle est presque toujours la présence d'un "drul dans les voies urinaires supérieures, soit que ce calcul les irrite el les déchire par ses aspérités, soit qu'il distende douloureusement l'uretère, dont le calibre est insuffisant pour lui donner facilement passage, ce qu'il est d'ailleurs impossible d'établir au lit du malade. La fréquence de celte cause est telle qu'il faut d'abord la supposer, puis l'admettre comme prouvée si le malade a présenté antérieurement des signes de grarclle ; ou ne la rejettera que dans le cas où la présence des acéphalocgsies et des stronglcs dans les voies nrinaîres se serait révélée par l'expulsion préalable de ces helminthes dans les urines. — Si la colique est due à un caillot qui distend les voies urinaires