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COLIQUES. — COLIQUE VÉGÉTALE

supérieures à la vessie, condition d'ailleurs très-rare, il y aura d'abord eu une hémorrhagie plus ou moins abondante, qu'il ne faut pas confondre avec l'hématurie légère qui accompagne la présence des calculs, et, de plus, on pourra constater l'absence de tout accident antérieur de gravelle.

Le siège occupé par le corps étranger qui provoque la colique néphrétique, ordinairement d'un seul côté, peut-il être déterminé? Jusqu'en ces derniers temps, on était porté à penser que la cessation brusque de la douleur et des accidents concomitants annonçait la chute du calcul dans la vessie. Mais Gigon, dans un travail nouveau sur l'uretère (Union méd., 1856), a démontré que la partie moyenne de ce canal, que l'on croyait cylindrique, présente un renflement fusiforme constant ; on conçoit donc très-bien qu'un calcul engagé dans la partie supérieure rélrécie, que Gigon appelle col uretèrique, puisse se trouver dégagé dans la cavité fusiforme moyenne de l'uretère, et que les accidents cessent sans que le calcul ait gagné la vessie. Il peut même provoquer plus tard une nouvelle colique en s'engageant dans la terminaison plus étroite de l'uretère. Ces alternatives de rétrécissement et de dilatation, qui existent aussi partiellement dans les deux portions rétrécies signalées par Gigon, peuvent-elles expliquer, dans certains cas où un fort gravier chemine dans l'uretère, les intermittences de la douleur toutes les fois que la concrétion gagne une portion renflée du conduit? Mais de pareilles intermittences existent aussi dans la colique hépatique, et cependant les conduits biliaires n'offrent pas la même condition.

Les complications se reconnaissent : la pyèlite, à la présence du muco-pus ou du pus dans l'urine ; la rétention de l'urine et du pus dans le rein, «à la tumeur que le liquide accumulé forme au niveau de cet organe.

3° Pronostic. — La gravité du pronostic de la colique néphrétique est subordonnée aux différentes particularités de cet accident pathologique. Il est plus favorable évidemment : si le corps étranger qui obstrue les cavités supérieures des voies urinaires est susceptible d'être entièrement expulsé avec l'urine, comme les caillots sanguins, les vers rénaux, les graviers de dimensions suffisantes pour traverser les uretères; et si ces graviers ne présentent pas d'aspérités aiguës capables de déchirer la muqueuse des conduits. Le pronostic est très-grave, au contraire, si la colique néphrétique a déjà récidivé souvent chez le même sujet, ce qui annonce que le corps obstruant est trop volumineux ou dans une disposition telle qu'il ne peut être expulsé au dehors, et ce qui doit faire craindre, si elles n'existent pas déjà, les complications graves que les calculs rénaux peuvent produire.

III. Coliques nerveuses. — Longtemps on a décrit comme des maladies différentes un certain nombre d'affections qui doivent être réunies sous une même dénomination, celle de coliques nerveuses. Valleix a rangé sous ce titre les coliques dites d' Espagne, de Madrid, du Poitou, de Devonshire, de Cayenne, de Surinam, et les affections appelées colique végétale, colique nerveuse, névralgie du grand sympathique, gastro-enléralgie rhumatismale, des marins (Langevin), colique névro-gastrique (Baudry), coliques sèches (Mauduyt), etc. Mais il ne faut pas oublier que trois affections différentes, en dehors du béribéri et du barbiers, se trouvent comprises parmi les faits décrits et observés par les auteurs sous ces différents noms: ce sont la colique saturnine, la colique végétale et la colique nerveuse endémique des pays chauds. Je n'ai à m'occuper que des deux dernières.

A. Colique végétale. — On a décrit sous ce nom une colique caractérisée par des douleurs abdominales plus ou moins violentes, que l'on a attribuées à

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(les vins, à des cidres, ou à des fruits acerbes. Depuis que l'on a signalé la similitude des symptômes de la colique de plomb et de la colique sèche des pays chauds, et que, d'un autre côté, on a signalé la sophistication fréquente des vins et du cidre par la litharge, on a rayé du cadre nosologique de la plupart de nos traités de pathologie la colique végétale proprement dite, comme n'existant pas.

C'est une erreur que je ne saurais partager. En province, on est appelé quelquefois à donner des soins pour des coliques dues à l'ingestion d'une certaine quantité de pommes vertes ou de petites prunes sauvages, coliques cédant assez promptement à l'usage d'une boisson aromatique. Cette affection passagère doit être considérée sans doute comme une variété d'entéralgie ; mais sa cause toute spéciale doit lui faire occuper une place à part. Elle est d'ailleurs essentiellement différente de l'affection suivante.

B. Colique sèche ou nerveuse endémique des pays chauds. — Cette maladie existe-t-elle réellement? ou bien n'est-elle qu'une manifestation, soit de l'intoxication saturnine, soit de l'intoxication paludéenne? Telle est la question complexe débattue depuis longtemps entre les chirurgiens de la marine. Comme enlitt* morbide spéciale et endémique dans les pays chauds, et notamment sur la côte occidentale d'Afrique, elle a perdu presque toute son importance depuis la publication de la première édition de cet ouvrage, et cela au profit de l'intoxication saturnine, dont les faits, qualifiés improprement de coliques sèches, se sont tellement multipliés, qu'il semble qu'il ne reste plus de place pour celle dernière affection.

Le fait capital qui domine l'étude pratique de la colique sèche dite des pays chauds, c'est la similitude absolue des symptômes et des complications de la maladie avec les symptômes et les complications de la colique saturnine ou, pour mieux dire, de l'intoxication saturnine (Voy. ces mots). Fonssagrives ainsi que les autres observateurs qui ont considéré la colique sèche comme une entité morbide spéciale ont constaté cette similitude de phénomènes et ne sont arrivés qu'à des différences insignifiantes de fréquence pour tel ou tel symptôme. La colique avec ses caractères de douleur intense, avec vomissements, constipation, liseré gingival ardoisé, puis les paralysies spéciales, et l'encéphalopathie avec ses modalités diverses, sont communes aux deux affections, dont l'évolution est également semblable de part et d'autre. Cela étant admis, Pédologie domine la question ; aussi a-t-elle été le sujet des plus nombreuses controverses.

La colique sèche a été considérée d'abord comme endémique dans les pays chauds. Mais des recherches ultérieures faites depuis la publication du livre de Lefevre, qui a considéré la maladie comme une simple intoxication saturnine (1858), ont démontré que cette endémicité n'était qu'apparente et qu'elle se rattachait simplement à la présence des vaisseaux français dans les parages où la colique sèche était observée. A la suite du rapport de Lefèvre à l'Amirauté en 1858, des mesures sérieuses furent prescrites pour éviter, sur les navires de l'État, l'intoxication plombique attribuée avec raison : 1° aux cuisines distillatoires avec tuyaux en plomb ; "2° aux charniers ou réservoirs d'eau, à siphons de même métal, et contenant de l'eau acidulée; 3° aux vases et ustensiles en étain (alliage a trop bas titre); A0 au mauvais choix des alliages employés à l'étamage des vases culinaires; 5° enfin aux mastics, peintures et enduits plombifères si largement employés sur les navires. 11 résulta de ces mesures sanitaires un fait curieux et important. Les navires partis de France avant l'adoption de ces mesures, se trouvant en station (de 1859 à 1861) sur les côtes occidentales d'Afrique avec d'autres navires soumis avec soin aux réformes prescrites dans le

COLLISION (Bruit ou sensation de).

but d'éviter l'intoxication, ceux-ci furent à peu près exempts de coliques sèches, taudis que des cas relativement nombreux (quarante-cinq) se montrèrent parmi les équipages des premiers. Précédemment (t8,">0 à 1850), Buisson se trouvant en station dans ces mêmes parages sur un navire à voiles sans cuisine ou appareil distillatoire, ni charniers a siphons de plomb, n'eut à enregistrer que six cas de coliques produites évidemment par l'usage de vases dont l'alliage contenait 30 à 40 pour 100 de plomb. Que devient ici l'endémicité? Contre cette cndcmicité, on a fait aussi la remarque que les navires anglais, quoique dans les mêmes conditions d'aménagement que les navires français, étaient à peu près exempts de coliques sèches. On a attribué cette immunité bien connue à ce que les marins anglais ne font pas usage de vin. Or, le vin dissout avec la plus grande facilité des sels de plomb (par l'acide acétique qu'il contient), comme Ta démontré Archambault (Soc. des hôj>., 1804), et son usage favorise ainsi l'intoxication chez les marins de France. L'intoxication est constante au docteur Lefèvre (Et iologie saturnine de la colique sèche, Arch. demcd. nav., 1804), ainsi qu'à Fournier et à d'autres médecins de la marine. D'autres, tout en admettant qu'il y a des intoxications par le plomb, soutiennent encore l'entité de la colique sèche, qui paraît difficile à admettre après le dernier travail de Lefèvre. Bs en font une manifestation de l'intoxication palustre, comme l'avait signnlé Fonssagrives il y a quelques années (i hiion méd., 1850). Petit a insisté sur cette cause {lier, marit. et colon., 1801), ainsi que Vidal (Tli. de Montp., 1803). Petit reconnaît qu'il y a quelquefois intoxication par les sels de plomb, mais surtout et en plus grand nombre des coliques sèches par infection miasmatique, qui constitueraient une névralgie par refroidissement. On a objecté avec raison a cette manière de voir les relevés statistiques faits par Gerf-Mayer (1857) et Poiret (180-2) à la Guyane, ainsi que ceux de Josson (1804), d'où il résulte que la colique sèche est un fait exceptionnel au milieu d'un très-grand nombre d'intoxications miasmatiques (Lefèvre, loc. cit.). La variété et l'importance des documents, dont je n'ai rappelé ici qu'un petit nombre, semblent donc démontrer que l'on doit désormais confondre la colique sèche avec la colique saturnine; et que, si l'on prouve l'existence d'accidents palustres ressemblant à la rolique sèche, ce ne peut être, comme Petit l'a avancé, qu'une névralgie qui n'a de commun avec la colique dite sèche ou saturnine que la douleur intense qui siège au niveau de l'abdomen.

Dans un ouvrage de la nature de celui-ci, je m'en tiens à ce simple exposé, que j'ai dû faire au point de vue du diagnostic d'une maladie qui a été trop longtemps confondue avec I'intoxication satuiimise. (Au point de vue des coliques en général, voyez aussi Pnki matoses.)

COLITE. — Il n'est possible de distinguer la colite ou inflammation du côlon de l'entérite de l'intestin grêle que dans des cas exceptionnels dont il a été question à propos de Fente m te. Quant à la dyssentkiuk, c'est une affection que l'on ne peut considérer comme une simple colite, ainsi que l'ont fait . quelques auteurs.

COLLAPSUS. — Voy. Aoynamie.

COLLISION (Bruit ou sensation de). — Le bruit de collision, perçu par simple audition ou par l'intermédiaire du stéthoscope, provient du frottement réciproque de calculs accumulés dans la vésicule biliaire, lorsqu'il se produit sous les fausses eûtes droites (Voy. Biliaires [ Voies). 11 a été perçu vers la fosse iliaque du même côté, par suite d'une accumulation de noyau.!' de cerises dans l'intestin. Il y a encore collision d'air et de liquide dans le bruit de Ilot (succussion), et pendant la production des râles. Le malade a quelquefois cons-

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cîence de la production de ces collisions diverses, de môme que le médecin peut en avoir la sensation par l'application de la main ou la palpalion.

CÔLON. — Le gros intestin, ou côlon, occupe, chez l'homme sain, les deux parties latérales et la partie supérieure de l'abdomen, en circonscrivant l'intestin ^rêle, qui en occupe le centre. Dans l'état pathologique, le côlon ascendant ou descendant, mais surtout le transverse, subissent des déplacements plus ou moins considérables, soit par suite d'un refoulement, soit par le relâchement du mésocôlon, soit enfin par la distension de la cavité du côlon par des gaz, distension qui peut être telle que le gros intestin soit presque seul en rapport avec les parois abdominales antérieures.

Des obstructiotis intestinales, la rétention des matières fécales dans le côlon, l'inflammation chronique de sa muqueuse, la dyssenterie, le cancer, et enfin la dilatation du côlon, son rétrécissement ou sa perforation, comme pour tous les organes creux, sont les affections que l'on y rencontre.

Quels sont, dans ces différents états pathologiques, les signes qui indiquent que c'est le côlon qui est affecté, et non l'intestin grêle? En dehors de la dysseuterie, dont la localisation anatomique dans le côlon ne laisse aucun doute, les autres états pathologiques où le gros instestin est affecté ne présentent rien de spécial, soit pour la douleur, soit pour les troubles fonctionnels. La diarrhée, par exemple, peut exister dans l'inflammation du petit comme du gros intestin. S'il n'v a pas de diarrhée, les excrétions intestinales présentent cependant quelquefois des caractères tels, quel'on doit supposer la lésion dans le gros intestin. C'est ainsi que, lorsque du pus ou du sang se sont écoulés par l'anus, et qu'ils ont été bientôt suivis de matières fécales moulées et exemptes de ces produits morbides, on doit admettre que la lésion occupe les dernières portions du côlon, si elle ne siège pas au rectum.

En dehors de cette particularité diagnostique, l'inspection du «entre, la palpalion et la percussion peuvent amener à établir d'une manière précise la lésion du gros intestin, sinon dans tous les cas, du moins dans un bon nombre. C'est ce qui arrive lorsque les signes fournis par ces moyens d'investigation sont localisés suivant le trajet, et par conséquent au niveau des côlons ascendant, transverse et descendant. On constate alors, dans la direction que je viens d'indiquer : à la vue, une tuméfaction du ventre; à la palpalion, une résistance plus ou moins prononcée, inégale, comme dans I'enoouement slercoral ; à la perçustion une matité ou une exagération du son. En dehors de ces signes, la localisation, dans le côlon, de l'étal pathologique observé, ne peut s'établir que par l'ensemble des données diagnostiques qui se rapportent à la maladie existante.

COLORATIONS ANOMALES. — Les organes visibles, et la peau en particulier, présentent des modifications de couleur très-diverses, qui souvent attirent immédiatement l'attention du médecin, et servent de point de départi ses inductions diagnostiques.

Ouoique ces colorations anomales aient quelquefois une grande valeur connue signes, je ne crois pas devoir en faire une étude détaillée. Les unes, en effet, ont relativement peu d'importance ; les antres ont été décrites à propos des maladies de la peau (maceles) et d'autres affections auxquelles elles se rapportent ; ou bien ces colorations se montrent au niveau de certains organes accessibles à la vue, et j'en ai parlé à propos de chacun d'eux ; ou enfin au niveau de matières excrétées par d'autres voies que la peau.

En dehors de ces exceptions nombreuses, la peau présente des colorations anomales qui sont générales ou partielles. Les premières sont «l'observation vul-

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