COMA
gaire, comme les rougeurs dues à la congkstion cutanée, la pâleur annonçant l'anémie locale ou générale, I'ictkre et ses variétés. La coloration ardoisée de tout le tégument par suite de l'ingestion prolongée du nitrate d'argent est plus rare, mais facilement rapportée à son origine par l'interrogatoire. Celte coloralion d'abord bleuâtre, puis bronzée, est plus intense aux endroits où la peau est fine et plus exposée à la lumière, comme à la face et aux mains. L'usage prolongé de l'arséniale de soude à l'intérieur, ainsi que l'a signalé Devergie (Traité prat. des mal. de la peau, 'S" édit., p. 753), donne à la peau une coloration fauve. J'ai vu ce médicament administré par moi à une dame venue d'Afrique et atteinte de fièvres intermittentes rebelles présenter en quelques jours des taches bistrées ressemblant au psoriasis, mais qui, vues à la loupe, montraient une surface légèrement grenue avec un liséré d'épiderme déchiqueté s'insérant au pourtour, et qu'on pouvait prendre à l'œil nu pour des squames de psoriasis. — Une coloration bleue des ongles a suivi quelquefois l'administration interne de l'indigo (Bazin).
Les colorations partielles et accidentelles en dehors des affections cutanées proprement dites sont peu nombreuses. Elles comprennent : d'abord la couleur rusée que présente quelquefois la peau au niveau des articulations atteintes de rhumatisme, au niveau des plaques à'érythème noueux, ou des lymphatiques enflammés (angioleucite) ; les plaques rouges de congestion des joues dans les affections thoraciques; les congestions plus étendues produites par les oblitérations vasculaire* ; la teinte jaunâtre du pourtour du nez et des lèvres dans Vélat dit bilieux; celle plus franchement jaune, qui succède â des ecchymoses partielles et, aux membres inférieurs, à la résolution de l'érythème noueux que je viens de rappeler. Outre ces colorations transitoires, auxquelles on peut ajouter la coloration ardoisée ou bleuâtre de la CYANOSE, il en est qui sont plus longtemps persistantes : telles sont la teinte comme enfumée de la peau dite bronzée, et celle d'une couleur noirâtre, brunâtre ou bleu foncé, qui résulte de l'exsudation pigmentaire caractérisant la chromhydrOSE, et occupant principalement les paupières. Cette dernière coloration se distingue de toutes les autres par la facilité que l'on a d'enlever, pour un certain temps, la matière colorante, en frottant la peau avec un linge imbibé d'huile. Enfin nous terminerons en rappelant les taches brunes ou noirâtres que fait apparaître, dans diverses parties du corps, un bain sulfureux pris par un individu qui a manié ou absorbé des préparations de plomb. Il n'est pas toujours possible de décider si ces taches sont dues â un simple dépôt moléculaire de sel plombique â la surface du corps, ou, comme l'admet Chatin (Thèse, 1811), â la perspiration éliminatrice d'une préparation saturnine qui a pénétré l'économie.
COMA. — 1° En considérant ce symptôme comme un assoupissement morbide plus ou moins profond, il est diriieile de le distinguer, â son degré le plus faible, de la somnolence, dont il n'est que l'exagération. Les variétés de forme que présente le coma n'offrent dans la pratique que peu d'importance. Il annonce souvent un état grave; aussi, dès qu'il est constaté, doit-on rechercher son origine, s'il ne survient pas comme accident prévu dans le cours d'une maladie que l'on observe.
2° La recherche des conditions pathologiques auxquelles se rattache le coma n'est pas toujours facile. Il faut en chercher le point de départ dans une affection encéphalique, ou dans une maladie non localisée dans l'encéphale. Cependant, malgré la diversité de son origine, on a reconnu, dans la plupart des constatations cadavériques, que sa cause anatomique était le plus souvent une compression de la pulpe cérébrale par un épauchement sanguin ou séreux,