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qu'elles sont mises en regard des affections qu'elles simulent, est remarquable par sa bénignité. C'est en raison de sa différence intrinsèque avec les affections similaires, qu'il est nécessaire de rechercher s'il y a ou non hyperémie pulmonaire. L'évolution de cette congestion, que révèle la mensuration cyrloiuétrique utilisée à différentes époques de la maladie, donne la meilleure mesure de la gravité ou de la bénignité de l'affection qui en est l'origine. La diminution rapide de l'ampliation thoraeique doit l'aire porter, en effet, un pronostic favorable, tandis que son augmentation ou sa persistance au-delà des limites de la période stalionnaire de la maladie doit faire formuler un pronostic défavorable.
Congestion du foie. — Cette hyperémie n'a d'importance que comme lésion secondaire, du moins dans nos contrées; car, dans les pays chauds, l'hyperémie hépatique peut s'observer au début de l'hépatite , comme nous voyons l' hyperémie du poumon précéder la pneumonie. Je me suis demandé précédemment si l'on pourrait rapporter à la congestion du foie l'ictère que l'on voit se déclarer au début de certaines maladies fébriles; mais c'est une simple question posée et non résolue, qui par conséquent ne doit pas être considérée comme applicable à la pratique. Les congestions du foie les plus ordinaires sont celles qui surviennent dans les affections du cœur, par suite d'embarras ou d'obstacle au cours du sang.
Dans cette dernière condition, la congestion hépatique doit toujours être recherchée avec soin. Elle constitue assez fréquemment alors la cause de l'admission des malades à l'hôpital, en raison de la douleur qu'ils ressentent à la région du foie soit spontanément, soit dans les grandes inspirations, par la toux ou même par l'inflexion du tronc du côté gauche. Si l'on palpe alors immédiatement au-dessous du rebord des fausses côtes, on provoque aussitôt une douleur plus ou moins vive au niveau du bord inférieur du foie, qui est augmenté de volume sans être déformé.
Lapalpation et la percussion permettent déjuger de cette augmentation de volume du foie vers l'abdomen, où l'organe déborde ordinairement d'un ou de deux travers de doigts au plus ; la percussion lait préciser les limites que l'organe atteint supérieurement au niveau de la poitrine. La coïncidence d'une lésion du cœur et la disparition rapide des accidents hépatique» par une application de quelques sangsues à l'anus ne laissent aucun doute sur la nature des accidents hyperétniques observés du côté de l'hypochondre droit. Les signes en sont assez nets pour ne pas laisser croire à une hépat ite, erreur qui a cependant été commise assez souvent autrefois, et qui ne saurait l'être aujourd'hui sans inattention. Une erreur plus facile à commettre est la confusion de la congestion avec Yengorgement bilieux du foie par suite d'une obstruction du canal hépatique ou cholédoque ; mais, dans ces derniers cas, il y a toujours un ictère plus ou moins prononcé, qui manque dans la simple congestion du foie; si l'obstacle siège au niveau du canal cholédoque, il y a en même temps accumulation de la bile dans la vésicule, qui peut être augmentée sensiblement de volume, et enfin les obstacles au cours de la bile étant dus ordinairement à des calculs biliaires, il y a, ou il y a eu, des accidents de colique hépatique.
Pour le foie, comme pour les autres organes, la congestion ne constitue pas habituellement un état pathologique grave par lui-même. Seulement, comme elle est liée ici le plus souvent à une affection cardiaque, elle peut se prolonger longtemps et subir des exacerbations fréquentes, ce qui contribue à aggraver l'état du malade.
F. Congestion de i.a rate. — La congestion de la rate, comme celle du foie, constitue une lésion secondaire, qui, le plus souvent, est liée à l'existence d'une
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fièvre intermittente, comme la congestion du foie l'est habituellement à une affection du cœur. Quoique moins prononcée que dans les cas d'intoxication paludéenne, l'hyperémie splénique des fièvres graves, comme celle qui a lieu dans la fièvre typhoïde, n'en constitue pas moins un fait digne d'être noté comme connexe du fait de la congestion pulmonaire dans les mêmes maladies.
La douleur, habituellement sourde, que produit la congestion de la rate au niveau de cet organe, en est un premier symptôme. Cette douleur de l'hyporhondre gauche se comprend d'autant plus facilement, que la congestion physiologique de la rate au moment de la digestion s'accompagne souvent d'une sensation douloureuse très-vive par la marche ou par la course. Mais ce signe de la congestion splénique est loin d'être constant ; et c'est ordinairement à l'augmentation du volume de l'organe constaté par la palpation et la percussion que l'on juge de son état de congestion plus ou moins considérable Cependant il est facile de confondre au premier abord ce grossissement de la rate par engorgement sanguin avec tout autre développement anomal de l'organe, car son tissu, étant éminemment spongieux et vasculaire, peut prendre, dans tontes les conditions pathologiques, un développement très-variable. Aussi n'est-ce qu'en tenant compte de l'ensemble des symptômes que l'on peut arriver à déterminer la nature de la tumeur de la rate, qu'elle dépende d'une congestion, d'une splénite ou d'une cachexie. Le déplacement du rein gauche venant faire saillie au palper sous les fausses-côtes en impose quelquefois pour une hypertrophie de la rate, comme j'en ai vu récemment un exemple.
G. Congestion des reins. — Selon Cornil, celte congestion ne joue pas un rôie aussi absolu qu'on l'a pensé comme lésion de la maladie de Bright à son début, et comme point de départ de certaines albuminuries aiguës et passagères que l'on rencontre dans plusieurs maladies (Voy. Albuminurie).
Les douleurs de reins, jointes à l'albuminurie, semblent devoir faire admettre l'hyperémie rénale. Par exemple, on ne saurait expliquer que par celte congestion la douleur lombaire, antérieure à l'éruption, que j'ai constatée chez un sujet atteint de variole, douleur passagère et qui se propageait d'un rein au testicule correspondant, comme dans la néphrite. Les douleurs lombaires remarquées au début des affections générales fébriles, et qui sont surtout fréquentes dans la variole, proviendraient-elles toujours d'une congestion rénale?
Ce qui rend le diagnostic de cette hyperémie si difficile et si souvent imposable, c'est l'impuissance où nous nous trouvons le plus souvent de pouvoir préciser l'augmentation de volume des reins. Quoi qu'on en ait dit, en effet, la palgalion ni la percussion ne sont pas suffisantes pour faire arriver à délimiter les pins, à moins que leur volume ne soit considérablement augmenté.
H. Congestion de l'utérus. — Il semble que la congestion utérine doive tire une des congestions les mieux connues, l'utérus étant un organe accessible ïun-seulement à la vue, mais encore au toucher, et ses cavités même pouvant Hte explorées par un cathétérisme particulier. Cependant on peut dire hardiment que sa congestion, dans l'état actuel de la science, est encore bien mal '•mnue. La difficulté de l'étude des congestions utérines tient à ce que l'on rencontre fréquemment des hyperémies physiologiques chez la femme, et qu'il est difficile de dire où finit l'hyperémie physiologique et où commence l'hyperémie pathologique. De plus, dans un autre ordre de faits, on ne peut établir t une manière précise où finit la congestion morbide et où commence l'inflammation. La congestion utérine pathologique est donc un étal intermédiaire entre ces deux extrêmes : la congestion physiologique d une part, l'inflammation
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tranche de l'utérus de l'autre, et elle constitue un état pathologique vaguement délimité, désigné par les dénominations de congestion active, passive, de fluxion, d'engorgement sanguin, etc., de l'utérus. Cette congestion est pourtant réelle, et elle ne saurait être niée. On peut même dire avec Aran (Leçons sur les maladies de l'utérus, 4858) qu'on ne lui accorde pas une place assez large dans la pathologie utérine, tout en faisant une part trop large à l'inflammation. Comme l'hyperémie des autres organes, celle de l'utérus est tantôt primitive et constitue une maladie a part, et tantôt secondaire à une autre maladie.
1° éléments du diagnostic. — Avec le sens ambigu que présente la congestion utérine morbide, les symptômes qui lui sont attribués doivent se rapporter à la fois à la congestion physiologique et à l'inflammation utérine dans une certaine mesure. On admet, en effet, qu'il y a différents degrés de la congestion morbide, depuis la congestion latente jusqu'à celle qui accompagne l'inflammation, et on lui a attribué, comme moyen terme, les troubles de l'hyperémie menstruelle simple. 11 est donc très-diflicile d'exposer une bonne symptomatologie de la congestion utérine ; aussi n'en rappellerai-je que les signes les moins douteux.
Cette congestion s'annonce par une sensation de pesanteur incommode augmentant par l'exercice, avec tiraillements dans les lombes et dans les aines, par de véritables douleurs qui s'irradient dans le voisinage et qui peuvent être assez violentes pour constituer la colique utérine, et s'accompagner de sensations de contractions exjmlsivcs analogues à celles de l'accouchement, ou d'un véritable ténesme utérin. Il survient quelquefois des cuissons et du prurit à la vulve, des besoins continuels d'uriner et, dans la miction, une sensation de brûlure au passage de ['urine, qui est rendue en petite quantité, suivant Aran, toujours chargée d'urates ou de phosphates, presque bourbeuse. L'utérus, plus volumineux que dans l'état normal, ne peut cependant se sentir au palper audessus du pubis qu'après l'accouchement (Aran); il y donne lieu a une matitê qui persiste après l'émission de l'urine. Par le toucher vaginal, on trouve le col de la matrice volumineux et offrant à son pourtour, suivant Duparcque, un battement prononcé des artères utérines; le toucher rectal, qui peut donner une idée approximative de l'augmentation de volume de l'organe, serait le seul moyen d'apprécier le volume du corps de l'utérus. Il peut y avoir, suivant Valleix, comme phénomènes généraux, dans les cas de douleurs aiguës, du malaise, de l'agitation, de l'anxiété, mais non un mouvement fébrile véritable.
±' Inductions diagnostiques. — D'après ce qui précède, on conçoit combien il doit être souvent difficile de diagnostiquer la congestion utérine morbide de l'hyperémie physiologique apparaissant irrégulièrement hors de l'époque habituelle des règles, et surtout de la véritable métrite, dont les caractères différentiels extrêmes sont seuls assez tranchés pour établir une distinction suffisante. Sans entrer à ce sujet dans une discussion qui ne me parait pas devoir aboutir, dans l'état actuel de nos connaissances, je signalerai les symptômes fébriles, attribués a certains cas de congestion utérine simple par quelques observateurs, et suffisant à d'autres pour faire ranger la maladie parmi les mélrites ; il en est de mémo de certains écoulements blancs ou jaunâtres, considérés comme de nature simplement congeslive ou comme d'origine inflammatoire. Des signes aussi diversement interprétés, d'autres communs à la congestion physiologique ou morbide et a la métrite, sont des éléments de diagnostic bien insuffisants; et lorsqu'une marche et une disparition plus ou moins rapides des accidents ne viennent pas, suit spontanément, soit par suite d'un traitement approprié, éclairer le