CONTRACTURES
La constipation dite idiopathique est un sujet bien fréquent de la préoccupalion des malades; aussi rien n'est plus ordinaire que d'en rencontrer qui répugnent à l'administration des médicaments qui peuvent produire ce qu'ils appellent leur édtauffement. Lorsqu'on ne peut rattacher la constipation à aucune des causes précédemment énumérées, elle ne doit attirer l'attention que s'il s'y joint de l'anorexie, de Yempùtemeut dans la bouche, des digestions difficiles, des étourdissements, de la somnolence après les repas, des bouffées de chaleur à la tète, de l'irritabilité du caractère, de l'inaptitude au travail, des borborygme* et de la pesanteur dans l'abdomen. L'essentiel est alors de déterminer la cause de la constipation. Les principales sont le tempérament nerveux, l'âge avancé, la vie sédentaire, une alimentation trop excitante, un régime trop sévère, l'usage des narcotiques ou des astringents, l'habitude de résister aux besoins de défécation, qui entraine la distension habituelle du gros intestin et son atonie musculaire. Aucun signe ne permet d'arriver à en déterminer la cause intime , telle qu'une modification des sécrétions ou l'absorption trop rapide des matières intestinales ; on ne peut que les supposer.
Le pronostic de la constipation varie suivant son origine et suivant les complications qu'elle peut entraîner, comme l'engouement intestinal, les tumeurs hémorrhoïdaires, les fistules anales, et, ce qui est plus grave, les pertes séminales involontaires, suivant Lallemand.
CONTAGION. — Il y a peu de questions médicales sur lesquelles on ait autant disserté que sur la contagion. Le diagnostic et le pronostic n'en peuvent déduire que des applications fort restreintes. On ne doit pas perdre de vue que certaines maladies sont manifestement contagieuses, comme les maladies virulentes, les lièvres éruptives, tandis que d'autres ne le sont que dans certaines conditions. La plus incontestable de ces conditions est l'intensité et la gravité de certaines épidémies, comme on l'a constaté pour la fièvre typhoïde et le choléra, à propos desquels on a discuté à tort sur la contagion ou la non-contagion absolues.
Une question importante sur laquelle le médecin est assez souvent appelé à se prononcer, c'est l'inlluence contagieuse qui pourrait èlre'à redouter pour les personnes qui approchent un malade atteint d'une maladie réputée contagieuse. C'est souvent un problème délicat à résoudre, car on se trouve placé entre deux écueils : celui de l'exagération, qui fait prendre à la famille des. précautions inutiles, et celui d'un optimisme qui méconnaîtrait un danger réel. Le praticien a besoin de toute sa sagacité et de toute son attention pour trancher la question en pareille circonstance. Malheureusement la science n'offre pas de données toujours suffisamment précises; car, dire qu'une maladie est contagieuse, ce ce n'est pas exprimer qu'elle le soit partout et toujours, et nous ignorons à quoi tient la prédisposition, a quoi tient l'immunité des individus dans la plupart des cas. Nous savons seulement que certaines affections, quelquefois contagieuses, comme la fièvre typhoïde, ne se développent qu'une fois dans la vie, et que par conséquent les individus qui en ont été atteints sont indemnes et n'ont pas à craindre une nouvelle atteinte de la maladie; mais pour d'autres affections contagieuses, l'immunité donnée par une atteinte antérieure n'est pas aussi absolue : des récidives, même multiples, de rougeole et de scarlatine ont été observées; et l'on a même vu la variole atteindre deux fois le même individu.
CONTRACTURES. — Au mot Convilsions, nous avons dit la large place que la eonctracture, simple ou combinée aux convulsions cloniques, occupe dans l'ensemble des accidents convulsifs, dont elle forme une division
CONTRACTURES. — contuactures locales passagères. 233
importante : celle des convulsions toniques. Les côntractures sont caractérisées par une contraction de quelque durée, tantôt passagère et sujette à retour, et tantôt longtemps persistante. Au niveau des muscles contractures, il y a ordinairement, pendant la contraction : douleur plus ou moins vive, relief et dureté de la masse musculaire, tension des tendons, raideur et positions forcées des parties atteintes. Ces signes locaux sont très-utiles pour la détermination des muscles atteints de contracture.
Les contractures sont générales ou partielles. 11 a été question des contractures généralisées à propos des convulsions (p. 2 H)); nous n'avons donc à nous occuper que des contractures localisées, soit passagères, soit permanentes.