CORPS ÉTRANGERS
CORPS ÉTRANGERS. — Au point do vue chirurgical, les corps étrangers ont une signification plus restreinte qu'au point de vue de la médecine interne, qui peut à la rigueur considérer comme tels non-seulement les corps solides déposés ou formés an sein des organes, mais encore certains liquides épanchés dans les cavités naturelles ou dans l'épaisseur des tissus, et les gaz qui pénètrent, s'accumulent et même cheminent dans l'épaisseur des organes. Ainsi envisagés, les corps étrangers donnent lieu aux signes et aux accidents les plus divers. Leurs effets généraux sont tantôt l'irritation ou l'inflammation des tissus ambiants, et tantôt des effets physiques de distension, de pression eT d'obstruction s'ils occupent certains conduits. Leur expulsion hors de l'organisme est souvent très-utile au diagnostic (Voy. Abcès, Calculs, Entozoaires, Fistules.)
Une mention particulière doit être faite des corps étrangers qui pénètrent dans les voies aériennes. On doit à Bertholle un excellent Mémoire sur ce sujet {Des Corps étrangers dans les voies aériennes , 1800), dans lequel la question diagnostique est bien traitée.
Corps étrangers dans les voies aériennes. — Les corps les plus divers, des haricots le plus souvent, en pénétrant dans les voies aériennes, produisent des symptômes variables suivant le lieu où ils s'arrêtent, il y a une toux conrulsive initiale, des accès intermittentsde.su/focahoH, un point douloureux < orrespondant au côté ou au poumon intéressé ; à l'auscultation , des bruits localisés de choc, de grelot ou de soupape ; la faiblesse ou l'absence du murmure respiratoire avec sonorité normale à la percussion.
11 faut remarquer que la toux initiale peut manquer si le corps étranger pénètre rapidement au-delà de la glotte, ainsi que j'en ai observé un exemple (pour un haricot), ce qu'il faut attribuer à ce que la glotte seule est immédiatement très-irritable, et non pas l'intérieur du larynx et de la trachée, comme on l'a dit, puisque des cannules à demeure par exemple ne déterminent pas de toux. 11 ne faut donc pas attribuer la même importance que Bertholle h cette toux initiale convulsive ; la menace de suffocation, avec cyanose et turgescence de la face, peut indiquer d'emblée la pénétration, et une fois le corps étranger passé dans une des deux bronches principales, il survient des phénomènes d'inflammation qui peuvent être considérés comme la maladie principale. On a cru à une pneumonio dans le fait que j'ai observé en 1805 à Cochin, et à propos duquel la connaissance du début et do l'invasion me mit sur la voie du diagnostic : c'est en riant au moment où elle mangeait des haricots que la jeune femme avait été prise d'un accès subit de suffocation, considéré par son médecin comme le début d'une pneumonie. Le haricot expulsé par la toux le quinzième jour vint contlrmer le diagnostic que j'avais porté de la présence d'un haricot dans les bronches, en me fondant sur les phénomènes du début et sur les signes trèslocalisés au niveau de l'angle inférieur de l'omoplate droite, signes analogues h reux que j'ai trouvés indiqués par Bertholle dans son Mémoire.
Comme conséquence de l'inflammation produite plus ou moins profondément dans le poumon vers lequel se fait la migration du corps étranger, on a noté des signes d'hépatisation, de vomique pulmonaire (gargouillement, souffle, crachats purulents), la gangrène, la perforation du poumon, la pleurésie. La production de fausses membranes simulant le croup a été observée chez trois enfants : l'un, <|ui avait un grain de blé dans les voies aériennes {Américain med. Times, 1804); un autre, un haricot (Limousin, Union méd. de la Gironde, 1804); le troisième, une poire en verre de boucle d'oreille (Racle, Gaz. des hàp>, 1800).
Si le corps étranger n'est pas expulsé, soit par les voies aériennes, soit a travers les parois thoraciques ou une autre partie du tronc (les lombes), par
248 CORYZA. — coryza aigu
l'ouverture d'un abcès que le corps étranger a provoqué, la morl survient immédiatement ou plus tard, parfois plusieurs années après l'accident, par suite de complications.
CORYZA (hhinitk). — 11 semble que celle affection , par sa simplicité, mérite à peine une mention particulière ; mais si l'on songe aux nombreuses conditions pathologiques dans lesquelles on la rencontre, il est aisé de voir qu'elle présente un grand intérêt diagnostique. Le coryza est aigu ou chronique.