II. Coryza chronique
Le coryza chronique, qui est apyrétique et de longue durée, s'accompagne souvent, même lorsqu'il est léger, d'une altération de la voix : elle n'est pas pure et se fatigue très-facilement (J. J. Cazenave). Lorsqu'il est simple et que la sécrétion nasale est très-abondante, on a fait la remarque qu'il peut produire de l'amaigrissement, qu'on serait tenté d'attribuer à une cause organique grave.
Le point capital du diagnostic est de déterminer la cause du coryza chronique lorsqu'il est symptomatique, ce qui arrive le plus souvent. Si l'excrétion nasale est d'une fétidité repoussante, il sera facile de la rattacher à Yozène ou punaisie. Dans les autres cas, on devra songer à un impétigo des narines, à un polype, à des abcès ou des tumeurs sanguines de la cloison nasale, à la morve chronique, à un cancer commençant , ou enfin à la syphilis.
Nous ne faisons que mentionner ces diverses affections, que l'examen des cavités nasales, joint aux phénomènes concomitants, permettra de reconnaître facilement.
Cependant le coryza syphilitique des enfants mérite une mention toute particulière, quoique considéré par quelques auteurs comme ne présentant pas de signes spéciaux. Trousseau et Lasègue (Arch. de méd., 18 Ï7, L XV) ont fait remarquer qu'il était souvent le seul et le premier signe annonçant la syphilis chez l'enfant, et qu'il présentait des caractères particuliers, sinon au début, (lu
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moins au bout de quelques jours; lo liquide devient sanieux, sanguinolent, et, suivant Diday (Traité de la syphilis des nouveau-nés, 185i), il se forme incessamment des croules qui obstruent les fosses nasales. Dans sa marche lentement croissante, ce coryza a moins île tendance à gagner les parties extérieures (où l'on peut pourtant voir, au voisinage des narines, des fissures, des pustules, des ulcérations) qu'à pénétrer profondément vers le pharynx, le voile du palais et même le larynx , où des ulcérations peuvent se former. Les os s'altèrent à leur tour; ils peuvent être expulsés par fragments, et il eu résulte : soit l'aplatissement du nez, soit la perforation de la cloison nasale, que l'on peut constater par l'inspection (Diday). Le diagnostic peut d'ailleurs être Jacililé par la coïncidence d'autres accidents syphilitiques.
CÔTES. — Voy. Intercostales (Régions), et Inspection de la poitrine.
COU. — La multiplicité des organes dont le cou se compose rendrait fort compliqué l'exposé des signes qui peuvent s'y rencontrer. Il est en général facile d'en constater la localisation dans chaque organe de cette région, dont il est spécialement question dans le cours de cet ouvrage. l\ y a un petit nombre de signes qu'il n'est quelquefois difficile d'y localiser anatomiquement au premier abord, comme les soufflés vasculaires, l'énorme tuméfaction du cou qui accompagne des diphthéries très-graves et qui ne tient pas seulement au gonflement des ganglions cervicaux , certains abcès profonds qui viennent se montrer dans cette région, et enfin les signes qui siègent au niveau de la colonne vertébrale cervicale ou dans les muscles qui s'y insèrent, dans les affections diverses comprises sous le nom de torticolis.
COUENNE. — Voy, Sang.
COURBATURE. — Un sentiment de fatigue excessive, d'abattement et de brisement au niveau des muscles, caractérise la courbature. C'est un état passager qui survient chez l'homme bien portant à la suite d'un exercice ou d'un travail forcé, et qui se montre aussi comme phénomène pathologique au début et dans le cours d'une foule de maladies. Dans ce dernier cas, la courbature n'a une certaine valeur diagnostique qu'au début des maladies aiguës, lorsqu'elle se joint à un état de malaise général, à de l'anorexie, à des frissons erratiques, etc., en un mot aux signes d'un état fébrile plus ou moins bien accusé; mais elle se montre aussi bien dans des maladies légères que dans des maladies graves. On a également donné le nom do courbature à la fièvre éphémère (Voy. ce dernier mot).
COXALGIE — (jette affection, quoique chirurgicale, doit être rappelée ici comme l'une des manifestations de la scrofule. De plus, il peut arriver que, dans la contractcre idiopalhiquc des extrémités (Rilliet et Barthcz), et dans l'hystérie, il survienne dans l'un des membres inférieurs un état douloureux qui simule parfaitement la coxalgie. Alph. Robert et d'autres auteurs ont cité des faits d'hystérie de cette espèce. La malade de Robert, étant dans le décubitus sur le dos, avait son membre inférieur fortement étendu et son pied tourné dans la rotation en dedans; elle ne pouvait faire le moindre mouvement, et poussait des cris perçants dès qu'on voulait mouvoir le membre. La possibilité de tous les mouvements de flexion, d'extension, etc., pendant l'anesthésiepar le chloroforme, que Rarthez et Rilliet avaient déjà conseillée comme moyen diagnostique de la coxalgie simulée, démontra la nature simplement nerveuse de l'affection.
CRACHATS. — On doit comprendre cette expression dans son sens le plus étendu, et l'appliquer aux matières plus ou moins liquides ou tenant des corps solides en suspension, et qui sont rendues par la bouche par expectoration, par exscréalion ou par simple expuition. On sait que l'expectoration est carac-
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lérisée par l'expulsion hors de la glotte des matières ordinairement liquides, au moyen d'expirations brusques qui accompagnent habituellement la toux. Vexanation consiste à chasser les matières contenues dans le pharynx an moyen il une expiration rendue bruyante par le rétrécissement de celte cavité dû au refoulement de la base de la langue en arrière, pendant l'occlusion des fosses nasales l*ar le voile du palais. Enfin Vexpuition est l'expulsion sans bruit des matières ^tenues dans la cavité buccale; elle est suivie habituellement du crachement. Ces trois inodes d'expulsion des crachats, expectoration, exscréation, expuition, jui se combinent souvent, dépendent du siège que les matières occupent dans les voies aériennes sous-épigloltiques, dans le pharynx ou dans la bouche. Je «•prendrai pas pour point de départ, comme dans un livre théorique, la division des crachats provenant 1° des voies aériennes profondes, i° des fosses nota d'où ils tombent dans le pharynx, 3° du pharynx lui-même, 4° de la touche. Le fait diagnostique le plus général, en effet, est la matière rendue; et h détermination du siège ou de la provenance anatomique, d'après ses caractères, est précisément un des points les plus importants à établir au lit du niaise, ce que l'on suppose déjà fait en adoptant la division qui précède.
1° Caractères. — Les crachats diffèrent par leur volume, leur couleur, leur ousistance, leur odeur, leur saveur et leur composition ; mais tous ces caractères n'ont pas une égale importance.
Le volume des crachats est très-variable, et, à cet égard, ils ne présentent rien »le particulier à signaler, soit qu'on les considère isolément, soit qu'on les nainine réunis. Dans ce dernier cas, le plus favorable à l'exploration, leur ensemble recueilli dans un vase peut donner une idée, sinon du volume, du moins de la quantité de matières crachées dans un temps donné, ce qui est plus ■Ûe à connaître. — Leur couleur est tantôt nulle, le liquide étant aqueux et 'nnsparent, et tantôt grisâtre, opaline, ou opaque et blanchâtre, jaunâtre, jaunonrditre ou plus ou moins jaune vif, jaune-rougeàtre, rose ou rouge plus ou moins foncé jusqu'à la couleur du sang pur, rutilant ou noirâtre; parfois ils sont Qu'eux ou couleur chocolat. La couleur est tantôt homogène et tantôt multiple iu niveau d'un même crachat. — Leur consistance est un de leurs principaux 'araclëres; elle est également très-différente suivant les circonstances, depuis k liquide aqueux et plus ou moins limpide jusqu'à la matière presque solide ou ^me complètement solide; la viscosité des crachats est un état intermédiaire f'ii a une valeur diagnostique incontestable lorsqu'il s'y joint d'autres signes, rMnme je le rappellerai plus loin. — L'odeur des crachats est tantôt nulle, tatèl fade et douceâtre, d'autres fois nauséabonde, et parfois pénétrante, ganfrineuse, ou ressemblant à celle des matières fécales. — Quelquefois ils ont Wnaveur légèrement sucrée, salée, etc., mais ces sensations exprimées par
malades n'ont le plus souvent aucune valeur pratique; il n'en est pas de ^'me, comme on le verra plus loin, des matières liquides franchement acides, '-■Tes ou a mères et qui sont rendues par exscréation.
La composition des crachats présente surtout des particularités intéressantes <ur le diagnostic. Le mucus, le pus, la sérosité ou le liquide salivaire sont, née le sang, les éléments les plus ordinaires des crachats. Quelquefois ils confinent de la bile, des matières charbonneuses, des fausses membranes, des Valides, des détritus organiques, de la matière tuberculeuse, des cryptogames iroscopiques, des concrétions ealculcuses, des débris gangréneux, parfois ^me des matières alimentaires, et enfin, lorsqu'il existe une communication "iilentelle du poumon avec l'extérieur, des substances introduites dans la "itrine par injection (l'iode, par exemple).
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Le mucus, qui constitue souvent à lui seul les crachats et qui est fourni par les muqueuses, ou plutôt par les glandes qui leur sont annexées, est transparent ou demi-transparent grisâtre, et d'une consistance variable, visqueuse, gluante, ou plus ou moins dense, viscosité qu'il doit à la rnucosim ; le mucus montre au microscope, non pas des globules, comme on l'a dit, mais des cellules d'épithélium pavimenteux ou cylindrique, des gouttes graisseuses, des granulations moléculîurcs, des vibrions ou autres infusoires lorsqu'il n'est pas renouvelé (Ch. Robin). On a considéré comme simplement muqueux les crachats jaunes ou jaune-verdàtres plus ou moins opaques qui ont de la ressemblance avec le pus, et qui doivent réellement cet aspect au pus lorsqu'ils en contiennent des globules.
Le pus est presque toujours plus ou moins mélangé au mucus dans les crachats d'aspect puriforme (muco-pus), etc'est le mucus qui leur donne leur viscosité et les fait flotter à la surface de l'eau. Lorsque les crachats sont entièrement purulents, ce qui est rare, ils sont fluides, en une masse homogène miscible à l'eau, qu'ils troublent et dont ils gagnent le fond ; ils forment avec l'ammoniaque une espèc.e de gelée transparente incolore d'une grande ténacité (Thompson), et ils offrent au microscope des globules de pus ou des leucocytes, qui distin guent le pus du mucus.
La sérosité, dont la quantité varie dans les crachats, se sépare de leurs parties plus compactes lorsqu'ils sont réunis dans un vase, et l'on a tiré de la présence de ces parties plus compactes à la surface ou dans le fond du liquide des inductions sur leur nature. Quoique fondée dans un certain nombre de cas, dans ceux où les crachats contiennent de la matière tuberculeuse, par exemple, cette appréciation n'est pas rigoureusement exacte, car un crachat épais de même nature peut être tantôt plus léger et tantôt plus pesant que la sérosité, suivant la plus ou moins grande quantité de mucus ou d'air qui lui est incorporée.
La présence du sang donne aux matières crachées plusieurs aspects différents, lorsqu'il n'est pas immédiatement reconnaissante par son isolement en stries, en caillot, ou en masse constituant seule les crachats. Incorporé à ces derniers en plus ou moins grande quantité, le sang leur donne une teinte rosée à peine sensible ou plus ou moins foncée s'ils sont opaques, ou bien une couleur jaune clair, orange, safran, s'ils sont visqueux et demi-transparents; parfois ils présentent un aspect brunâtre. On ne saurait trop recommander de ne pas confondre avec du sang les matières colorées provenant des médicaments que l'on donne aux malades (le kermès, l'extrait de ratanhia, par exemple), et qui, en s'attachant aux parois du pharynx, en sont expulsées ensuite. Le microscope, en montrant dans les crachats des globules sanguins, est d'ailleurs un excellent moyeu d'y reconnaître la présence de sang dans les cas douteux.
Parmi les autres éléments que les crachats peuvent présenter, les uns se reconnaissent à première vue, soit parce que leur aspect est caractéristique, soit parce que l'on a constaté déjà la présence de ces éléments dans la bouche ou le pharynx; les fausses membranes, certaines altérations organiques, des matières alimentaires, etc., sont dans ce cas. D'autres demandent un examen plus approfondi, et, dans les cas douteux sur la nature «les matières rendues, les réactifs chimiques et l'examen microscopique seront d'un grand secours. R suffit, pour s'en convaincre, de rappeler la bile qui, à première vue, par la coloration jaune qu'elle donne aux crachats, fait croire quelquefois à la présence du sang; ou encore la sérosité des kystes hydatiques; les détritus véritablement gangréneux et difficiles à distinguer à première vue «les fausses membranes colorées par du sang, et des concrétions solides plus ou inoins ramifiées. On a cru d'abord que la matière tuberculeuse était reconnaissable à des caractères propres, mais on a
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été forcé de renoncer à cette idée. On trouve quelquefois des libres pulmonaires dans les crachais (Voy. p. 256, fa. 21); etBennett (184i)ainsi que Remak(1845) unt constaté des cryptogames microscopiques dans les crachats des phlhisiques, mais ils ne sont pas constants {Voy. Parasites [Végétaux).
2* Conditions pathologiques et signification. — En envisageant aussi largement que je viens de le faire les excrétions qui m'occupent, il faudrait rappeler ri comme conditions pathologiques qui leur donnent naissance toutes les maladies qui s'accompagnent de sécrétions anomales, d'exsudats morbides, ou de lésions plus ou moins profondes des tissus, et qui siègent non-seulement dans la bouche et les glandes salivaires qui y aboutissent, au niveau du pharynx, des cavités nasales, des cavités et des conduits aériens, mais encore dans l'œsophage ou même dans les parties plus profondes du tube digestif, ou dans d'autres orgues plus ou moins éloignés. Dans ces derniers cas, il s'établit, à un moment donné, une communication morbide accidentelle avec les cavités aériennes ou la partie supérieure du tube digestif, et il s'y déverse des matières qui viennent se montrer au dehors. Voyons comment on peut arriver au diagnostic de ces affections nombreuses en prenant les crachats pour point de départ.
Nous devons d'abord faire observer que, dans une foule de circonstances, la valeur séméiologique des crachats devient trop secondaire pour attirer l'attention d'un manière spéciale : c'est lorsqu'ils constituent un élément de diagnostic relativement peu important en présence des autres signes d'une maladie d'ailleurs très-évidente, que la lésion soit immédiatement visible comme dans les affections de la bouche et certaines affections du pharynx, ou que cette lésion soit plus profonde.
Mais en dehors de ces faits, il en est d'assez nombreux dans lesquels les crachats sont d'abord les seuls signes qui peuvent conduire au diagnostic, ou bien ils soulèvent par leur apparition dans le cours d'une maladie un nouveau problème à résoudre, soit qu'ils annoncent une complication particulière, soit qu'ils suffisent pour faire revenir sur le diagnostic déjà porté, ou au contraire pour le justifier complètement. Dans ces différentes circonstances, l'élude des crachats est d'une utilité incontestable. Or, avant de chercher à déterminer la condition pathologique de leur apparition, le praticien doit se demander de quel organe ils émanent, déterminer en un mot leur siège anatomique primitif, puis faire de cette détermination la base de ses inductions diagnostiques.
La nature même du crachat suffit assez souvent pour révéler son origine. Mais, d'autres fois, le problème à résoudre présente des difficultés, et il faut en chercher la solution dans les antécédents et dans l'état actuel du malade; les conditions accessoires qui se rattachent a l'expulsion des crachats sont aussi des éléments très-importants de diagnostic et qu'il ne faut pas négliger. J'ai déjà traité au mot Hémoriuugies de la provenance anatomique du sang expulsé par la bouche, je ne m'occuperai donc pas ici des crachats véritablement sanguins.
La bouche est le point de départ des crachats lorsqu'il y existe une lésion en rapport avec les caractères offerts par les matières expulsées, et lorsque ces crachats plus ou moins abondants, sont rendus par simple expuition, sans toux ni vomiturition ou effort de vomissement préalable. En l'absence de toute lésion buccale il peut y avoir expuition d'une salive plus ou moins abondante provenant des glandes salivaires, que ces glandes soient ou non elles-mêmes le siège d'une lésion appréciable.
Les crachats qui proviennent des fosses nasales et qui sont expulses a la suite d'un reniflement, le malade ayant la sensation de leur passage des cavités nasales dans le pharynx, ont par cela même un siège facile à déterminer. Il n en
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est plus de même si les mucosités s'écoulent lentement dos cavités nasales dans le pharynx. C'est surtout quand il s'agit de crachats sanguinolents qu'il est important de rechercher si le sang provient ou non des fosses nasales.
On est embarrassé quelquefois pour savoir si des mucosités plus ou moins filantes et rendues par expuition proviennent ou non des votes digeatives profondes. Mais il ne peut y avoir de doutes sur cette provenance si les mucosités sont assez abondantes, si elles contiennent des parcelles alimentaires ou de la bile, et si le malade sent parfaitement les liquides arriver dans le pharynx immédiatement après un effort de vomiturition ou de vomissement.
Les crachats des rotes respiratoires sont aisément rapportés à leur véritable source, car ils ne peuvent être lancés dans le pharynx ou dans la cavité buccale que par la toux ou par une expiration ordinairement forte et brusque, et le malade a parfaitement conscience de leur expulsion. Souvent d'ailleurs l'aspect des crachats eux-mêmes, les symptômes fonctionnels et les signes physiques ne permettent pas de douter de cette origine. Cependant il est une question dont la solution importe beaucoup au diagnostic et qu'il n'est pas toujours facile de décider; c'est celle de préciser la partie des voies respiratoires où se fait l'exsudation. Le malade signale quelquefois un point particulier de la poitrine d'où il sent, dit-il, se détacher les crachats; mais c'est là un élément trompeur de diagnostic. Les signes physiques, le siège des rftles perçus par l'auscultation surtout, sont, avec les autres phénomènes de la maladie, les meilleurs guides pour cette détermination.
S'il est ordinairement facile de reconnaître que les crachats proviennent réellement des cavités buccale, nasale, ou des conduits aériens, il ne l'est pas toujours de décider qu'ils sont formés dans le pharynx. Cette cavité est, en effet, l'aboutissant commun des fosses nasales, du tube digestif et des voies aériennes sousépiglottiques. De plus, la présence seule des mucosités dans le pharynx suffit quelquefois pour provoquer de la toux ou des efforts de vomissement, et l'on pourrait croire alors que ces mucosités proviennent du larynx ou de l'œsophage. Cependant, lorsqu'il n'existe aucun signe de lésions dans les voies digestives ou respiratoires, les signes locaux qui existent du coté du pharynx, et l'exscréation qui en expulse les matières sécrétées démontreront que ces matières en proviennent. Il n'y a aucun doute à cet égard lorsque l'exscréation chasse des petites masses concrètes, de la grosseur d'un petit pois, de couleur grisâtre, de la consistance du suif, d'une odeur repoussante lorsqu'on les écrase, et qui sont fournies par les lacunes des amygdales.
Enfin il peut arriver que les crachats proviennent d'organes plus ou moins éloignés de ceux dont il vient d'être question, par suite d'une communication morbide avec les cavités aériennes; mais il est rare que cette communication iie soit pas brusque et que les matières rendues ne soient pas en grande abondance, ce qui donne un cachet particulier à ces accidents (Voy. Perforations, Ruptures). Dans les cas exceptionnels où le conduit de communication ne laisse passer qu'une petite quantité de liquide, la nature de ce liquide et ses éléments histologiques, rapprochés des syinplômos ou signes qui peuvent exister déjà au niveau d'un organe, suffisent ordinairement pour en faire déterminer l'origine. C'est ce qui arrive pour des collections purulentes, pour des kystes.
Le siège de production des crachais étant établi, on est sur la voie du diagnostic de la maladie principale ou secondaire qui en est l'origine, et nous n'aurions qu'à renvoyer aux mots Pharynx, Fosses nasales, Respiratoires (Organes) pour faire compléter le diagnostic, si les crachats expectorés n'étaient, dans certains cas de diagnostic difficile, les seuls signes sur lesquels on puisse se
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baser pour se prononcer, ou bien si, dans une affection connue, ils n'indiquaient une de ses périodes en particulier.
Parmi les crachats rendus par expectoration, ceux qui sont muqueux se rencontrent principalement dans la congestion pulmonaire, dans la bronchite aiguë ou chronique, mais ils peuvent se montrer aussi dans le cours de certaines pneumonies, de la phthisie pulmonaire encore peu avancée, et dans plusieurs litres affections : toutes les fois, en un mot, qu'il y a sécrétion exagérée de la muqueuse bronchique, soit par inflammation, soit par simple excrétion non inflammatoire, ce que les crachats seuls ne permettent pas toujours de recon- ■ Mitre. Si l'on excepte la pneumonie, dans laquelle les crachats ont une importance particulière, et la simple bronchorrée dans laquelle la sécrétion bronchique de mucus transparent est le seul symptôme, il y a ordinairement d'autres éléments de diagnostic qui donnent aux matières expectorées une valeur secondaire.
Les crachats de la bronchite aiguë sont d'abord transparents et plus ou moins aérés; réunis en masse, ils forment un liquide plus ou moins visqueux, filant, et d'autant plus spumeux à sa surface que les mucosités ont été plus longtemps agitées avec l'air dans les voies aériennes. Plus tard, les crachats deviennent plus opaques, jaunâtres ou jaune-verdatres, puis leur viscosité augmente en même temps qu'ils diminuent de quantité. C'est a cette seconde période de la bronchite aiguë, ou comme élément habituel de la bronchite ou du catarrhe chroniques, que les crachats muqueux avec ou sans pus peuvent ^■tre pris pour ceux de la phthisie; et c'est surtout dans les cas où la bronchite chronique est liée à une dilatation des bronches que cette confusion est facile. L'examen au microscope de ces crachats niuco- purulents peut dans certains cas faire éviter la confusion.
Les éléments de ces (rachats sont, d'après HérardetCornil, auxquels nous empruntons la figure ci-contre [De la Phthisie pal- *on.,l86T) : des cellules cylindriques déformées, distendues, ?ranuleuscs ou colloïdes, et des leucocytes enprande quantité.
Dans la phthisie
pulmonaire^ les ma- /'»</. tO. — I, cellules prismatiques
titres expectorées ïi'onl par elles-mêmes fc valeur séméiologilue que lorsqu'elles contiennent des fragments de substance tuberculeuse, ou lorsque, vers la fin de la maladie arrivée h son dernier terme, elles deviennent puriformes et forment une masse homogène d'un j:ris jaunâtre pale et comme violeté. Il faut, dans le premier cas, se garder do
î, leucocyte avant l'addition d'acide acétique; 3, leucocyte traité par l'aride acétique; i, mouvement» dune cellule cylindrique à cils Yihratilcs expectorée; 5, portion d'une cellule cylindrique devenue nphérique, unalngae à un lencoeyte et ayant conserve ne* cils vihrntile»; 0, fragment d'une cellule cylindrique avec «es cils vihrntile»; 7 et H , grande» cellules cylindrique» et leucocytes devenus vésiculcux ou caloldes ; 9, épithélium cylindrique dont le» noyaux »c multiplient; 10, cellule cylindrique présentant plusieurs noyaux Jlérard et Corail).
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considérer comme des détritus tuberculeux toutes les stries opaques que présentent les crachats, car, dans la simple bronchite chronique, on peut en rencontrer d'un aspect semblable. Malheureusement le microscope ne peut, comme on l'a cru d'abord, lever les doutes à cet égard, les tubercules n'ayant pas, comme l'avaient pensé quelques micrographes , de caractère spécial. Louis attache avec raison beaucoup d'importance aux crachats striés lorsque l'on constate en même temps les signes d'une caverne tuberculeuse. Il signale aussi l'importance diagnostique de la forme arrondie, pelotonnée des crachats opaques des phthisiques, môme comme premier indice de l'affection tuberculeuse, tout en reconnaissant qu'il y a des exceptions. Le même observateur fait remarquer aussi qu'à un moment donné de la seconde période de la phlhisie, il peut y avoir expectoration d'une énorme quantité de crachats comme puriformes, provenant probablement des cavernes existantes et des bronches, sans que l'on puisse l'attribuer à une masse de tubercules ramollis ou bien à une vomique ouverte dans les bronches (Rech. sur la phthisie, 1813). Très-rarement on trouve dans les crachats des phthisiques des débris visibles du poumon, et surtout des calculs. Cependant le microscope, en permettant d'y consulter la présence de fibres pulmonaires mélangées à des globules purulents, fournit la meilleure preuve de la fonte du tissu pulmonaire, fig. 21.
Le même signe s'observe dans la gangrène du poumon. Enfin, des concrétions
solides ou des corps étrangers ayant pénétré accidentellement dans les voies aériennes, viennent parfois éclairer le diagnostic, obscur jusque-là, lorsque ces concrétions ou ces corps sont expulsés avec les crachats.
Lorsque , dans la dilatation des broncltes, l'expectoration ne se fait pas franchement par crises caractéristiques Fig. ii. — Tuiiercui™ : paquets* «le libres puimo- survenant principalement une ou deux
* paÏÏÏil^uT^0™*0* {UbeH' fois Pariour> el remarquables par l'abondance des matières expectorées, cellesci présentent des caractères qui peuvent être confondus avec ceux des crachats de la bronchite chronique simple ou des crachats des tuberculeux. Rarth, qui a étudié la dilatation des bronches avec tant de soin, n'a trouvé comme caractères distinctifs que ceux qui sont classiques en quelque sorte, et qui, n'étant pas constants, ne peuvent par conséquent s'utiliser dans tous les cas. Il en est de même de ce fait qu'il signale, à savoir que, « dans la phlhisie, les crachats souvent isolés, souvent pelotonnés, plongent habituellement sous l'eau, ou laissent détacher, par l'agitation au milieu du liquide, des grumeaux épais qui se précipitent rapidement au fond du vase; tandis que, dans les dilatations des bronches, les crachats, ordinairement fondus les uns dans les autres, forment une masse de inuco-pus qui, mise dans l'eau, surnage en nappe ou s'y enfonce seulement en partie sous forme d'un nuage demi-opaque, et ne laisse détacher que des parcelles, des filaments qui gagnent très-lentement le fond de l'eau » (Meut, de la Soc. d'observation, t. III).
Si les crachats sanguinolents briquetés se rencontrent dans la pneumonie aussi bien que dans la bronchite aiguë, dans l'apoplexie pulmonaire, et dans des cas de simple exhalation sanguine combinée à des mucosités bronchiques, il n'en est plus de même des crachats visqueux, de couleur roudlèe, abricot , sucre d'orge, sa fruitée, verdùtrc, qui sont bien propres à la pneumonie, et