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coloration violacée de la face, de lividité des lèvres, parfois d'agitation extrême et même de mouvements convukifs; ils se terminent après une durée d'une demi-heure à plusieurs heures par l'expectoration de mucosités visqtteuses et filantes, ou d'une fausse membrane, après l'expulsion de laquelle la voix peut reprendre momentanément son timbre naturel (Barthez et Hilliet), jusqu'à la reproduction d'une nouvelle couenne.

2° Inductions diagnostiques. — Il est évident que l'ensemble de ces signes principaux du croup ne pourrait laisser aucun doute sur l'existence de cette maladie; mais, comme j'ai eu souvent occasion de le rappeler à propos d'autres affections, ils sont assez souvent incomplets de nombre. Il y a bien ici un signe pathognomonique, l'expulsion par la toux d'une fausse membrane diphtbérique; mais d'abord ce signe fait souvent défaut, et ensuite, lorsqu'il existe, il faut pour qu'il ait sa valeur que les fausses membranes aient des dimensions et une forme qui autorisent à les considérer comme provenant du larynx.

La présence de l'exsudat fibrineux dans le pharynx est, sans aucun doute, de nature à faire attribuer au croup les accidents laryngiens concomitants qui surviennent assez souvent ; cependant elle ne suffit pas pour faire affirmer que ces accidents dépendent d'un véritable croup survenu par extension des exsudais pharyngiens, car les phénomènes asphyxiques peuvent être dus à d'autres causes que je rappellerai tout à l'heure.

En présence du croup survenant d'emblée, soit comme maladie primitive, soit comme affection secondaire (dans certaines rougeoles, par exemple), avec gène rapidement croissante de la respiration, altération précitée de la voix et de la toux, dyspnée bientôt compliquée d'accès asphyxiques de suffocation, on devra hésiter souvent à se prononcer, si l'expulsion au dehors de fausses membranes ne vient pas révéler la nature diphthérique de la maladie laryngienne. L'engorgement des ganglions cervicaux qui, par sa fréquence dans la diphthérie, est un excellent élément de diagnostic dont on doit tirer parti , peut d'ailleurs être produit par une autre cause. C'est dans les faits de cette espèce qu'ont été commises les erreurs qui ont conduit à trachéotomiser des enfants exempts d'exsudats laryngiens; et il faut avouer franchement que ceux qui ont jeté la pierre à leurs confrères en pareille circonstance, n'ont nullement démontré que, dans les mômes conditions, ils ne fussent pas tombés eux-mêmes dans la même erreur.

Les erreurs de diagnostic sont d'autant plus faciles à commettre que le malade est à l'âge où le croup se remarque le plus fréquemment (de deux à sept ans), et qu'il règne une épidémie de diphthérie. Cette considération de l'existence d'une épidémie diphthérique est très-importante, car elle permet d'expliquer, à tous les âges , l'invasion du croup , et de redouter ces terribles contagions si insidieuses, auxquelles le corps médical, dans ces dernières années, a payé un si large tribut. D'un autre côté, la connaissance de l'influence épidémique ne devra pas faire admettre trop à la légère l'existence du croup lorsqu'il n'existera pas. Des accès de toux, de suffocation et d'asphyxie semblables à ceux du croup peuvent, par exemple, se remarquer dans les cas de corps étranger avant pénétré dans les conduits respiratoires, comme Racle l'a vu chez un enfant de deux ans (Voy. p. 218). De là la nécessité de bien étudier l'ensemble des antécédents et des phénomènes actuels, avant de se prononcer.

Les prodromes ont une réelle valeur lorsque, par exemple, ils consistent en symptômes généraux plus ou moins graves, sans lésion locale apparente qui les explique (Voy. Diphtiikrie), et qui bientôt sont suivis de l'invasion des phénomènes locaux de la diphthérie laryngienne. Il y a tout lieu de croire alors, avant même que se soient montrés les signes les plus caractéristiques (accès de suffoca-

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